Une apprentie voilée réhabilitée, un centre de formation condamné

Un voile lavé de tout soupçon d’ostentation et réhabilité en appel par la justice, l’épilogue judicia

mardi 8 juin 2010

Un voile lavé de tout soupçon d’ostentation et réhabilité en appel par la justice, l’épilogue judiciaire est suffisamment rare pour que le cas de l’apprentie, exclue d’un centre de formation pour port de tenue islamiquement trop visible, soit cité en exemple.

Une jeune femme, un peu trop couverte, forcément suspecte, qui a eu le tort de méconnaître les codes vestimentaires de rigueur pour se fondre dans notre République, et de ne pas opter pour la fameuse petite tenue passe-partout, seul gage d’une citoyenneté irréprochable, dont la vue tranquillise immédiatement les esprits laïcs de l’enseignement, prêts à lui passer avec un laxisme invétéré toutes ses audaces...

Devenue paria au sein du centre de formation des apprentis francilien qu’elle avait intégré, à l’été 2005, pour suivre le master 2 « d’audit comptable et financier », l’étudiante voilée, opiniâtre, a réussi à faire pencher la balance de la justice en sa faveur, en obtenant la condamnation du centre de formation par la cour d’appel de Paris au motif de discrimination.

La cour d’appel a en effet infirmé le jugement rendu à Créteil et condamné l’Association pour la formation en alternance (Afuna), qui gère le CFA SUP 2000 de Saint-Maurice (Val-de-Marne), à une amende de 3.775 euros, tandis que la directrice du CFA a écopé d’une amende de 1.250 euros. L’Afuna et la directrice devront en outre verser solidairement 10.500 euros de dommages et intérêts à la victime.

Un bras de fer juridique remporté à la force du poignet, et avec l’appui de la Halde (Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité), par une jeune femme qui ressort aujourd’hui la tête haute, blanchie de la pernicieuse accusation de prosélytisme, et confortée dans une intime conviction : aucun centre d’enseignement supérieur, ni aucun diplôme ne peut justifier qu’on lui impose de renoncer à un droit individuel fondamental en tombant le voile.

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