Une affiche à la SNCF stigmatise une nationalité : choquant et indigne

C’est un mélange entre bêtise humaine, stéréotype et racisme caractérisé qui se reflète dans une peti

jeudi 25 février 2010

C’est un mélange entre bêtise humaine, stéréotype et racisme caractérisé qui se reflète dans une petite affichette de couleur rouge, dont le journal en ligne « Rue89 » a révélé l’existence.

L’affichette, découverte le 1er février dernier par l’écrivain Mouloud Akkouche alors qu’il effectuait un trajet dans un train régional dans les environs de Toulouse, stigmatise tous les membres d’une nation.

En effet, on peut y lire, dans une orthographe approximative : « Ces dernières semaines des soucis ont été rencontrés avec des Roumains. En effet de nombreux vols de bagages ont été constatés.(…) tous les faits de roumains (sic) doivent être signalés » au PC national de sûreté de la SNCF.

Il importe en premier lieu de préciser que ce n’est pas une nationalité, ni une appartenance « ethnique », qui confère la qualité de voleur. S’il existe des groupes de personnes commettant des vols et ayant, le cas échéant, la nationalité roumaine, l‘immense majorité des ressortissants de ce pays ne s’en rendent absolument pas coupables ; pas davantage que, par exemple, l’immense majorité des Français, Italiens, Estoniens ou Brésiliens…

Probablement, derrière la nationalité roumaine, était-ce un « groupe » que l’auteur ou les auteurs de cette affichette cherchaient plus particulièrement à stigmatiser, celui des Rroms originaires d’Europe de l’est, réveillant ainsi des stéréotypes et préjugés ancestraux mais non moins profondément racistes et dangereux. Ce sont de tels préjugés qui ont conduit, dans l’histoire récente européenne, à un génocide au cours duquel lequel plus de 500.000 Rroms ou autres personnes d’origine « tzigane » ont été annihilés. Au moment de la sortie d’un film bouleversant évoquant une partie de cette histoire - « Liberté » de Tony Gatlif - il n’est que temps de s’en souvenir.

Selon les informations disponibles, aucun passager de la SNCF ne se serait plaint de la note. En fin de compte, ce sont des contrôleurs de la SNCF qui, ayant découvert cette affichette dans leur casier, se sont plaints de son contenu. L’affichette a ainsi été retirée au bout d’une semaine. Ce sont ces salariés qui ont donné une leçon de conscience citoyenne, que le MRAP tient à saluer.

Alors que le comité de Toulouse du MRAP a adressé un courrier à la direction concernée de la SNCF, le MRAP demande à cette dernière de tout faire pour faciliter l’identification des auteurs de l’affiche et se réserve la possibilité de toute action judiciaire qui pourrait être entreprise, au titre de l’incitation à la haine ou à la discrimination racistes.

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