Un réfugié afghan a été tué ce dimanche matin à Paris

Les conditions d’accueil et de vie des exilés à Paris conduisent à des tensions qui peuvent expliquer l

mardi 7 avril 2009

Les conditions d’accueil et de vie des exilés à Paris conduisent à des tensions qui peuvent expliquer l’accident tragique survenu dimanche 5 avril 2009 lors d’une bagarre dans le 10ème arrondissement.

Ces exilés ont fui les persécutions et la guerre et espéraient pouvoir construire leur avenir en Europe.

Mais beaucoup d’entre eux errent désespérément en clandestins, de pays en pays, faute de pouvoir demander l’asile ailleurs qu’en Grèce, comme l’impose la Convention de Dublin (de l’Union européenne), premier pays où, pour la plupart d’entre eux, ils ont fait l’objet d’une prise d’empreintes digitales.

Les conditions d’accueil des demandeurs d’asile y sont régulièrement dénoncées par des associations de défense des droits de l’homme, notamment la Coordination française pour le droit d’asile (CFDA), ainsi que par le Haut Commissariat aux Réfugiés (HCR).

Nombreux sont ceux qui se retrouvent en France et, décidant d’y demander l’asile, ne disposeront ni de logement ni d’allocation soit parce que leurs empreintes digitales ont déjà été prises ailleurs ("Dublin"), soit parce que, faisant l’objet d’un Arrêté Préfectoral de Reconduite à la Frontière (APRF), ils sont soumis à une procédure dite "prioritaire",soit faute de place en Centres d’Accueil pour Réfugiés (CADA), ce qui les contraint à vivre et dormir dans les rues et parcs du dixième arrondissement, alors même que des places sont laissées vides dans les centres d’hébergement d’urgence (pour "raisons budgétaires").

Ils se retrouvent donc dans la rue, à la merci d’interpellations ou d’arrestations par la Police. C’est ainsi qu’ils étaient plus de 80 samedi soir 4 avril aux abords de la gare de l’Est, parmi lesquels 6 mineurs âgés de 14 à 17 ans.

Le MRAP dénonce ces conditions d’accueil inacceptables qui ne peuvent conduire qu’à des tensions qui, pour la première fois depuis la fermeture de Sangatte, ont entraîné la mort d’un exilé à Paris

Paris, le 6 avril 2009.

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