Un futur Musée du Louvre à Abu Dhabi

Après une base militaire permanente, une majestueuse incarnation d’un futur Musée du Louvre verra le jour

jeudi 28 mai 2009

Après une base militaire permanente, une majestueuse incarnation d’un futur Musée du Louvre verra le jour à l’horizon 2013 à Abu Dhabi qui, sous l’impulsion de Nicola Sarkozy, devient le haut lieu du savoir-faire technologique et de la richesse patrimoniale de la France à l’étranger, moyennant une contrepartie financière des plus substantielles.

En avant-première de ce projet de grande ampleur, le président Sarkozy a inauguré une exposition le 26 mai dernier, au cours de son déplacement officiel dans l’Emirat, en présence du prince héritier, Mohammed bin Zayed Al Nahyan, conçue symboliquement autour d’une statue en bois polychrome du XVIème siècle représentant un Christ montrant ses plaies. Positionné aux côtés d’une amphore grecque, d’un bouddha chinois et d’un Coran mamelouk, le choix de cette œuvre n’est bien entendu pas anodin : « créer des ponts entre nos peuples à travers le premier musée universel hors d’occident » telle est la vision empreinte d’humanisme qui anime notre président dès lors qu’il a franchi les frontières nationales !

Confiés au célèbre architecte français Jean Nouvel, les travaux de cet édifice démarreront au cours de l’été sur l’île Saadiyat, en face d’Abu Dhabi. A terme, c’est un complexe culturel gigantesque qui sortira de terre composé de cinq musées prestigieux, dont outre le Louvre, le Musée national Zayed, le Musée Guggenheim d’art moderne, un Musée maritime et un Centre des arts vivants. Pris à parti par des ONG des droits de l’Homme qui ne cessent de décrier les conditions de travail des ouvriers sur l’île, la grandeur d’âme de Nicolas Sarkozy ne s’en est trouvée nullement affectée, se dédouanant de toute responsabilité en insistant sur le fait qu’Abu Dhabi est maître d’œuvre du projet.

Les musées français vont ainsi planifier plusieurs expositions et prêter jusqu’à trois cents oeuvres d’art par an, le temps qu’Abu Dhabi constitue ses propres collections. Recevant une contrepartie très substantielle, le musée parisien a perçu 1 milliard d’euros de l’Emirat, dont 400 millions pour l’utilisation du nom du Louvre pendant trente ans, une gratification qui n’a pas manqué de défrayer la chronique en France, le musée ayant été taxé de vendre son image et ses collections au plus offrant.

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