USA : le bilan de l’ouragan Katarina alourdi par la guerre en Irak

Tout, dans l’enchaînement des événements, illustre l’incompétence criminelle des « responsables »

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mercredi 31 août 2005

La colère était vive, jeudi aux Etats-Unis, contre l’incurie manifestée par le gouvernement face à l’ouragan Katrina qui a frappé le sud du pays, faisant de nombreuses victimes, et d’immenses dégâts matériels.

Selon le gouverneur de l’Etat de Louisiane, le plus touché, avec celui du Mississipi, par la catastrophe naturelle, le bilan final s’établira en milliers de morts.

Mais alors que les autorités locales, débordées, ont fait le choix de laisser pourrir les morts pour consacrer tous leurs moyens au secours des vivants, perchés sur les toits de leurs maisons pour échapper à l’inondation, des accusations accablantes pour le gouvernement de George Bush étaient lancées, à partir de faits objectifs.

S’agissant des moyens humains disponibles pour les secours, il apparaît ainsi que les unités normalement prévues pour gérer les situations d’urgence, à savoir la Garde Nationale, sont, sur le terrain, en sous-effectifs criants. La Garde Nationale (une pour chacun des 50 Etats formant les Etats-Unis) est une milice, faite de volontaires qui servent généralement deux ans avant de retrouver leur activité civile ; sa mission théorique, comme son nom le suggère, est de protéger le pays, pas d’aller faire la guerre à l’étranger.

Mais il se trouve que l’administration Bush, manquant de soldats dans l’armée (car elle a jusqu’à présent privilégié les achats de matériels assurant des bénéfices colossaux aux industriels qui les fabriquent et ne trouve pas beaucoup de volontaires, même bien payés, pour aller se battre sur le terrain), a tout simplement puisé dans la Garde Nationale pour faire sa sale guerre en Irak.

Quelque 4.000 membres de la Garde Nationale de la Louisiane sont actuellement en Irak, tout comme 1.800 hommes de la Garde Nationale du Mississipi. Autant qui ne sont pas sur le front des gigantesques inondations provoquées par Katrina. Circonstance aggravante, la Garde Nationale compte dans ses rangs une proportion importante de professionnels de la protection civile, notamment des pompiers et des personnels de santé (médecins, infirmiers, etc.), qui, dans leurs casernements quelque part en Irak, regardent impuissants, à la télévision, leurs concitoyens dans l’épreuve.

Tout, dans l’enchaînement des événements, illustre l’incompétence criminelle des « responsables » du pays pourtant le plus riche du monde. A la Nouvelle-Orléans, on manque même d’hélicoptères pour aller larguer des sacs de sable sur les digues rompues, alors qu’en Irak, des centaines de ces machines sont utilisées jour et nuit pour tenter de mater la résistance.

La presse américaine a même révélé jeudi que des plans avaient été établis de longue date pour renforcer les digues qui protègent la Nouvelle-Orléans, une ville partiellement construite en-dessous du niveau de la mer. Mais après le 11 septembre 2001 et le lancement de la « croisade contre le terrorisme », puis avec l’invasion de l’Irak, les crédits prévus à cet effet ont été annulés, et transférés aux budgets militaires ! Il n’est pas étonnant dans ces conditions que le coût de la guerre en Irak, qui atteint près de 6 milliards de dollars (5 milliards de dollars) par mois pour les seules dépenses opérationnelles, ait désormais rattrapé celui de la guerre du Vietnam.

Mais pour Bush et consorts, un coupable a quand même été trouvé : les auteurs de pillages dans les magasins abandonnés de la Nouvelle-Orléans, contre lesquels, fait sans précédent depuis très longtemps dans l’histoire des Etats-Unis, l’armée elle-même vient d’être mobilisée.

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Auteur : CAPJPO

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