USA : la chapelle universelle du Pentagone, la mosquée de la réconciliation à New York

Au pays de cocagne où les rêves, dit-on, se vivent éveillés, les paradoxes jaillissent et se juxtaposen

lundi 30 août 2010

USA : la chapelle universelle du Pentagone, la mosquée de la réconciliation à New York

Au pays de cocagne où les rêves, dit-on, se vivent éveillés, les paradoxes jaillissent et se juxtaposent faisant des Etats-Unis une terre de contrastes saisissants.

L’une est une chapelle, l’autre pas. La première a pris ses quartiers dans l’enceinte du Pentagone, au lendemain du 11-Septembre, à proximité de l’endroit où un avion détourné s’était écrasé, la deuxième est une mosquée, encore à l’état d’ébauche, du côté de New York, qui réveille les vieux démons.

La chapelle du Pentagone se veut temple universel, ouvert à toutes les obédiences, protestants, catholiques, juifs, mormons et hindouistes, mais également aux musulmans enrôlés dans la grande muette US. Le projet hautement inflammable de la mosquée près de Ground Zero se veut résolument réconciliateur, au risque de creuser un gouffre d’incompréhension là où il s’agit de resserrer des liens de confiance.

Si la chapelle a été aménagée avec la bénédiction de l’armée américaine, la mosquée a été, de son côté, plébiscitée par la municipalité de New York et défendue par le Président en personne. Dans les deux cas, la volonté manifeste d’écrire une nouvelle page dans le strict respect des valeurs essentielles prônées par la première puissance mondiale semble bien présider à l’édification de ces deux lieux de culte.

Dans l’aile ouest du Pentagone, les militaires musulmans sont de plus en plus nombreux à franchir le seuil d’un temple pluriconfessionnel dédié au souvenir de l’attentat qui a bouleversé le monde, se prosternant sur leur tapis de prière sous l’inscription gravée sur une image du Pentagone et ornée de l’aigle américain : "Unis dans le souvenir, 11 septembre 2001". Pour nombre des 3 000 musulmans qui font carrière dans l’armée Outre-Atlantique, pratiquer sa foi dans l’enceinte prestigieuse du Pentagone s’inscrit dans la grande tradition de tolérance des Etats-Unis, qui érige la liberté de culte en principe fondateur.

Alors que la perspective de la mosquée met en ordre de marche les plus dogmatiques des évangélistes américains et leurs ouailles, tout en donnant du grain à moudre aux agitateurs de tous ordres, redoutables dans les mises en scène d’épouvante, l’agression au couteau d’un chauffeur de taxi à New York qui avait le seul tort d’être musulman jette le trouble, et électrise un climat devenu anxiogène.

Quand les murs de la chapelle universelle du Pentagone entendent et reçoivent toutes les prières, la future mosquée près de Ground Zero aimerait, quant à elle, les exaucer toutes dans un nouveau pacte citoyen.

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