Tsahal, la démesure va-t-en-guerre

Poussée à son paroxysme, la stratégie belliqueuse déployée par Israël depuis l’origine de sa fondation

mercredi 29 avril 2009

Poussée à son paroxysme, la stratégie belliqueuse déployée par Israël depuis l’origine de sa fondation en terre palestinienne applique aveuglément le vieil adage « la fin justifie les moyens », se protégeant systématiquement derrière le bouclier de la Shoah pour parer à toutes éventuelles accusations de colonialisme jusqu’au-boutiste, de barbarie, voire depuis Gaza de génocide. Passée au sas de l’analyse rigoureuse de Samy Cohen, directeur de recherche à Sciences Po, dans son ouvrage « Tsahal à l’épreuve du terrorisme », la pertinence de sa réflexion au sujet de la proportionnalité des ripostes israéliennes, devenues l’infâme marque de fabrique de l’Etat Hébreu, mérite d’être soulignée :

“La riposte disproportionnée est un élément essentiel de la culture stratégique d’Israël”, constate avec impartialité Samy Cohen. “C’est un ensemble de croyances, d’attitudes et de pratiques concernant l’usage de la force, auquel ont adhéré pratiquement tous les dirigeants civils et militaires d’Israël. Tout le reste passe au second plan : l’efficacité d’une pareille vision, les atteintes aux civils de l’autre bord, les dégâts faits à leur relations avec le monde arabe et avec leurs alliés occidentaux, la dégradation de leur image dans le monde, la déligitimation, in fine, de leur propre combat.”(1)

Pointant du doigt l’absence de scrupules et de remise en cause en profondeur d’Israël qui, à défaut de lui avoir ouvert les yeux sur ses impasses et sur ses échecs cinglants, l’aurait à tout le moins honoré, Samy Cohen observe sous la forme d’un réquisitoire que « Tsahal devrait au moins manifester de l’empathie à l’égard de la population palestinienne, montrer qu’elle se soucie de son sort quotidien. (2)

Conditionnés par des politiques qui sont parfois animés d’un esprit plus va-t-en-guerre que les militaires eux-mêmes, la droitisation des citoyens israéliens s’est inexorablement renforcée au fil des années au cœur d’une société pétrie de contradictions, où des voix dissonantes, minoritaires, tentent néanmoins de se faire entendre.

Notes :

(1) et (2) : interview extrait de l’article du Monde par Benoît Vitkine

Publicité

commentaires