Tous mercredi 24 à 18H30 devant le ministère des affaires étrangères !

L’assassinat du Cheikh Yassine à Gaza par un hélicopère israélien et de plusieurs dizaines de Palestinie

mardi 23 mars 2004

L’assassinat du Cheikh Yassine à Gaza par un hélicopère israélien et de plusieurs dizaines de Palestiniens dans la Bande de Gaza au cours des derniers jours, dont plusieurs enfants, est destiné à provoquer un, deux, trois nouveaux Madrid.
En éliminant le dirigeant islamiste palestinien, Sharon compte à court terme sur des réactions de protestation dans les territoires occupés, éventuellement aussi de la part de la minorité palestinienne d’Israël, qui seront comme d’habitude noyées dans le sang, car pour Sharon, il y a toujours mieux que l’utilisation de la force : c’est l’utilisation de plus de force encore, quitte à ce que le peuple israélien en paye lui aussi les conséquences.

Mais en éliminant le chef d’un mouvement, le Hamas, dont il avait lui-même favorisé l’émergence, dans les années 1980, le gouvernement israélien savait pertinemment qu’il frappait aussi un symbole religieux, touchant l’ensemble du monde musulman, et plus seulement la Palestine. Cet assassinat ne répond à aucune considération opérationnelle, d’autant moins que dans la période récente, ce même Cheikh Yassine avait fait de manière répétée des offres de trêve à Israël, avec suspension des attentats contre la population civile israélienne en échange d’une suspension des assassinats ciblés.

De fait, les dirigeants israéliens, qui se considèrent comme la pointe avancée de l’Occident dans le monde musulman, veulent la généralisation de la guerre, et ils ont été les premiers à traiter le peuple espagnol de « lâche », et de « dégonflé », pour avoir sanctionné électoralement le belliciste Aznar, et obtenu le rapatriement prochain du contingent de l’armée espagnole en Irak, où cette dernière n’a évidemment rien à faire.

C’est également l’analyse du pacifiste israélien Uri Avnery, qui a mis en garde ses compatriotes sur la folie meurtrière de leurs dirigeants : "en assassinant Cheikh Yassine, écrit Avnery, Sharon et sa clique ont ouvertement déclaré la guerre à l’ensemble du monde musulman, et détruit ainsi un peu plus encore les chances de résolution, aussi maigres qu’elles aient été, d’un conflit jusqu’à présent circonscrit, vaille que vaille, à une sphère binationale."

Comme le reste des dirigeants du monde entier, le gouvernement français a condamné lundi à la mi-journée, cette nouvelle escalade voulue et décidée par Ariel Sharon, contre l’avis d’une partie de son propre gouvernement. Mais il n’a pas pour autant renoncé à recevoir Ariel Sharon en France.
Dans un tel contexte, le Quai d’Orsay confirmait néanmoins lundi le projet de visite de Sharon le mois prochain. Interrogé par des journalistes sur la question de savoir si la mort de Cheikh Yassine avait quelque peu modifié la donne, un porte-parole du ministère français des Affaires étrangères a répondu lundi matin : « Nous ne ferons pas de nouvelle communication officielle avant jeudi ou vendredi ; dans l’attente, je vous renvoie aux déclarations antérieures du ministre », c’est-à-dire l’annonce officielle, par Dominique de Villepin, que le Premier ministre israélien viendrait à Paris « en avril ».

Officieusement, on ajoutait au ministère des Affaires étrangères, que le voyage de Sharon, s’il était maintenu, interviendrait « vraisemblablement dans les premiers jours d’avril ».

Il nous faut donc, plus que jamais, amplifier la protestation contre cette provocation annoncée. Nous appelons à nous rassembler devant le ministère des affaires étrangères demain mercredi 24 mars à partir de 18h30 pour exiger :

  • L’annulation de la réception en France du criminel Sharon
  • La protection internationale du peuple palestinien
  • Des sanctions contre Israël

(Premiers signataires : AFPS - CAPJPO - CCIPPP - Coordination des comités Palestine - GUPS, Abnah Philistine, AFPEC, Association des Palestiniens de France)

Des affiches et des cartes postales contre la venue de Sharon seront disponibles à l’occasion de ce rassemblement.

Des milliers d’entre vous ont déjà pris la plume, et il faut continuer de le faire, en écrivant (sans mettre de timbre, le port est gratuit) à :
M. Le Président de la République,
55 rue du Faubourg Saint-Honoré,
75008 - Paris

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