Taxés d’antisémitisme, les cinémas Utopia ripostent dans le prétoire

Utopia, un nom aux belles consonances, pour un réseau de salles de cinéma d’art et d’essai implanté à

jeudi 16 septembre 2010

Taxés d’antisémitisme, les cinémas Utopia ripostent dans le prétoire

Utopia, un nom aux belles consonances, pour un réseau de salles de cinéma d’art et d’essai implanté à Avignon, Bordeaux, Montpellier et Toulouse, qui a joint le geste à l’utopie en s’engageant publiquement pour Gaza en juin dernier.

Jetant le pavé dans la mare de la grande famille du cinéma, atone après l’assaut tragique de la flotille de la liberté, la direction des cinémas Utopia, n’écoutant que son courage, s’était illustrée par un coup d’éclat inédit : déprogrammer une comédie israélienne « A 5 heures de Paris » pour mettre en pleine lumière la fureur guerrière d’Israël. Un geste quasi héroïque en France compte tenu de l’opprobre qui l’a aussitôt frappé, avec son flot d’accusations nauséeuses qui l’ont éreinté en place publique.

Aujourd’hui, c’est dans le prétoire du TGI de Paris que les cinémas Utopia contre-attaquent, afin de réhabiliter leur honneur sali par le réalisateur-écrivain Yann Moix, qui les a accusés d’antisémitisme dans un billet enflammé paru dans le Figaro en 2009.

Ce dernier s’était livré à une diatribe sans nuance après avoir lu un article de la gazette Utopia sur le film palestinien d’Elia Suleiman « Le temps qu’il reste », relatant l’existence des « milices juives » et « la lobotomisation sioniste », des mots proscrits en France qui ont valu à son auteur, Patrick Guichard, gérant d’Utopia Avignon, et à sa direction, les jolis noms d’oiseaux : "affreux, sales et méchants"...

Une accusation d’antisémitisme n’arrivant jamais seule, elle s’ensuivit de la plainte déposée par l’Association culturelle juive des Alpilles pour provocation à la violence et à la haine et injures publiques.

Loin de se démonter, Patrick Guichard porte le fer là où ça fait mal, et répond à son tour à la violente charge de Yann Moix en l’attaquant en justice, et en exigeant 5 000 euros de dommages et intérêt.

"Ces milices juives ont existé ; on est en 1948, c’est un fait historique". Et d’ajouter : "Il y a deux choses en fait : d’une part, le discours de Yann Moix, rebelle télévisuel au discours absurde. D’autre part, cette manière qu’a l’Association culturelle juive des Alpilles de nous emmener au tribunal, à l’image de notre époque : le côté procédurier prend le dessus, on refuse tout débat contradictoire. Si l’association nous avait demandé un droit de réponse dans la gazette, on aurait peut-être dit oui » se défend au quotidien La Provence Patrick Guichard, un professionnel qui ouvre ses salles obscures à des œuvres venues des cinq continents et à des débats sur l’actualité brûlante, un tantinet trop idéaliste pour une société française murée dans un sectarisme unilatéral...

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