Ramadân, mois de l’abstinence, abstinence du moi, est aussi le temps de la générosité. Qui se refuse à assouvir ses faims s’invite au festin de Ramadân, at-tarâwîh. Il est des lieux d’assemblée vibrant de lumières dont les coeurs résonnent du vivant Appel de Dieu, le Coran. Chaque soir, les fidèles se pressent, blanche foule ressuscitée, pour s’abreuver de la « Parole de Dieu », éternellement vivante au c¦ur de chacun, âmes desséchées que le Coran irrigue. C’est donc au festin de Dieu, fête de vie, que nous sommes en Ramadân conviés.
Ramadân,
mois de l’abstinence, abstinence du moi, est aussi le temps de la générosité.
Qui se refuse à assouvir ses faims s’invite au festin de Ramadân, at-tarâwîh.
Il est des lieux d’assemblée vibrant de lumières dont les coeurs résonnent du
vivant Appel de Dieu, le Coran.
Chaque
soir, les fidèles se pressent, blanche foule ressuscitée, pour s’abreuver de la
« Parole de Dieu », éternellement vivante au cœur de chacun, âmes desséchées
que le Coran irrigue. C’est donc au festin de Dieu, fête de vie, que nous
sommes en Ramadân conviés.
Les
prières dites de tarâwîh, c’est-à-dire « prières des repos »
du fait des pauses et des temps de dhikr aménagés, sont pour la Communauté une
occasion unique de se retrouver par la prière et l’écoute fervente du Coran. Si
les difficultés de la journée relèvent du jihâd individuel, les ftûr
d’innocentes agapes, les « repos » de tarâwîh sont le
partage, la participation collective au festin du Livre.
Chaque
nuit il nous est ainsi donné de pouvoir revivre en nos coeurs la redescente du Qur’ân,
la Récitation, miracle infiniment répété : “Mois de Ramadân
où il fut révélé le Coran ” S2.V185. Goûter le Coran
arabe ; la majesté du propos, la somptueuse beauté de l’image, l’impérieux
appel, la sévère mise en garde, la proche douceur de la Miséricorde, le
souffle, la présence, la transcendance et l’intime proximité. Ramadân nous
offre un espace de temps unique, une invitation aux banquets des tarâwîh par la
célébration du Coran, la commémoration de sa révélation.
Mais,
comme à toutes fêtes, certains esprits chagrins qui ne se veulent inviter, font
entendre leurs dissonances : les prières de tarâwîh ne sont
qu’innovation, bida‘a. Le mot est lâché ; et voila que ce festin ne
serait plus que nourriture interdite. Or donc, chaque année, lors que l’immense
majorité des croyants recherchent avidement la lumière du Coran, un groupe
s’obscurcit tout à son inquisition. Nous découvrons alors avec stupeur que depuis
plus de mille quatre cent ans des générations de musulmans se perdent en leur
égarement.
Nous
pourrions donc discuter du concept de bida‘a et de ses applications,
nous ne le ferons pas en cette réflexion. Ce mot, bida‘a, incantatoire,
si ce n’est talismanique, ils aiment le prononcer à l’arabe, sans doute pour
éviter de dire sa signification simple : innovation en matière
religieuse. Nous savons tous que le Prophète a dit : « Toute
innovation religieuse est égarement » et cela se comprend, ce travers
humain a frappé de plein fouet les religions soeurs.
Nous
savons aussi qu’il n’a pas dit que cela conduirait en Enfer, l’interpolation
textuelle est manifeste et n’a été retenue que par An-Nasâ’î. Dieu connaît
parfaitement Sa créature, ses faiblesses, son imagination entropique, c’eût été
condamner l’homme d’avance au détriment de sa propre foi.
Nous
savons aussi ce que Muslim a rapporté : « Quiconque aura institué
une bonne pratique en islam en aura la récompense. S’y ajoutera celle de ceux
qui l’auront mise en œuvre sans, qu’à ceux-là, il ne soit en rien retiré du
bénéfice de leur acte. Quiconque aura institué une mauvaise pratique en islam
en supportera les conséquences. Il portera de plus le fardeau de ceux qui
l’auront mise en œuvre, sans qu’ils ne soient pour autant allégés de leur
propre charge. » Il y aurait bien à dire quant à ce texte, mais, tout
du moins, pouvons-nous y noter comme l’expression d’une volonté régulatrice,
ceci afin que le débat nécessaire puisse avoir lieu sereinement.
Car,
nous aimons voir là comme une forme de débat, certes réduit ou réducteur, mais
bien présent tout de même. Il nous faut reconnaître que la vie intellectuelle
ne fut jamais aussi intense en islam que tant que durèrent les oppositions,
tout consensus châtrant court la pensée. Il en est donc à nouveau ainsi, et,
concernant la dorénavant rituelle bidaatisation des tarâwîh de Ramadân,
nous entendons le propos de divers groupes manifestant par ce biais leurs
différences et leurs existences. Au gré des courants, d’autres ne savent plus
comment naviguer alors qu’une saine et vaste majorité reste insensible à ses
querelles de minarets…Ils jeûnent, ils prient tarâwîh, ils espèrent pardon et
miséricorde de leur Seigneur.
Nonobstant, tout contradicteur est une grâce
pour l’autre, l’éloge de la différence n’étant pas ici à confondre avec l’éloge
des différents. Dès lors que le débat n’est point un pugilat, il a pour mérite
de nous imposer réflexion quant à nos croyances et pratiques, l’altérité a
toujours de sain d’impliquer la remise en cause de soi.
A vrai dire, nos apprentis censeurs ne
condamnent, nous semble-t-il pour les plus raisonnés, que le fait de prier
les tarâwîh collectivement à la mosquée. Là résiderait la terrible bida‘a
de Ramadân.
Nous pourrions rappeler à certains ce que Ibn
Taymyya, grand rhéteur devant l’Eternel, en dit : « L’innovation est
contre la sharia, et la sharia est ce que Dieu et son Prophète ont ordonné ou
conseillé. A moins que ces choses aient été faites du temps du Prophète
comme par exemple la prière du tarâwîh en commun… »
href="#_edn1" name="_ednref1" title="">
class=MsoEndnoteReference>[1]
Il faudrait donc que les apprentis donneurs de
fatwa y regardent à deux fois avant que de se brûler la plante des pieds sur
les traces incandescentes de Ibn Taymyya.
Bien souvent, c’est encore ici le cas, les
divergences s’établissent autour des mêmes textes, problématique de
l’intelligence des lectures donc. Toute contestation, toute opposition,
qu’elles proviennent de musulmans ou de non musulman, doivent se traduire, non
point par une fin de recevoir ou pire un rejet, mais entraîner un retour
réfléchi à nos sources, nous concernant le Coran et le Hadîth.
L’Islam est religion de références et l’homme
lieu d’interférences.
Le Coran incite, certes, aux prières nocturnes,
acte purement surérogatoire et donc par essence non codifié. Mais il n’évoque
pas en particulier les prières de tarâwîh.
LES ENSEIGNEMENTS DE LA SUNNA QUANT AU
TARÂWÎH
Les hadîths en question sont tous fort connus,
ils sont au nombre de cinq et figurent dans les grands recueils au premier lieu
desquels ceux de Al Bukhârî et Muslim. Al Bukhârî les a réuni pour la plupart
au chapitre intitulé « De la prière de tarâwîh » Nous les
citerons et les analyserons en leur intégralité :
Hadith 1 :
D’après Abû Hurayra le Prophète a dit : « A qui prie les nuits de
Ramadân avec foi et conviction sincère il sera pardonné ses pêchés
passés. »
Le message est clair, le Prophète a encouragé à
intensifier la prière nocturne pendant Ramadân, prière par ailleurs sans
caractère obligatoire le reste de l’année et, de même, ici prodiguée sur le
mode du conseil. L’expression « A qui prie les nuits de Ramadân »
indique bien qu’il s’agit de la prière établie toutes les nuits de Ramadân.
Hadîth 2 :
D’après Aïsha : « Au cœur d’une nuit le Messager de Dieu sortit prier
en la Mosquée. Des hommes prièrent alors avec lui. Au matin la chose se
sut et ils furent [la nuit suivante] alors plus nombreux à prier avec
lui. Cela se sut, et à la troisième nuit ils furent encore plus nombreux,
le Messager de Dieu pria et ils prièrent avec lui. A la quatrième nuit,
la Mosquée ne put contenir les nombreux fidèles mais le Prophète ne sortit
prier que pour la prière de l’aube. Lorsqu’il l’eut terminée, il se tourna vers
les gens, prononça l’attestation de foi, et dit : « Je n’ignorais pas
que vous étiez ici mais j’ai craint que cela ne vous devienne
obligatoire et que vous l’abandonniez. »
Le Prophète décéda et la situation était
ainsi.
Le hadîth est en soi
explicite mais il nous faut signaler une erreur de traduction aux conséquences
fâcheuses. La traduction princeps de « Sahîh Al Bukhârî »,
celle de Houdas et Marçais, sert de matrice quasiment à toutes les autres
productions alors même qu’elle comporte un bon millier d’approximations ou
erreurs.
class=MsoEndnoteReference>
style=';'>[2]
Leur traduction dit : « Des fidèles firent la même prière que lui »
ce qui pourrait laisser entendre que ces fidèles imitèrent son exemple sans
nécessairement avoir prié sous sa direction d’imâm. Ceci alors même que le
texte arabe énonce sans ambiguïté : « Des hommes prièrent avec
lui ». La différence est significative puisque est ici posé le
principe d’une prière surérogatoire célébrée sous la direction du Prophète,
principe même du tarâwîh tel que nous le connaissons et qui sera confirmé par
les hadîths à suivre.
Un lecteur attentif pourrait
observer qu’il n’est pas dit en ce hadîth que cela se déroulait durant
Ramadân ! C’est exact, mais, en réalité, Al Bukhârî a rapporté au chapitre
dit « Du tahujjud » une version abrégée du même évènement où
Aïsha précise que cela se déroula pendant Ramadân.
Ceci étant, le hadîth, lorsqu’on le lit en son
intégralité, montre parfaitement que le Prophète après avoir dans un premier
temps dirigé cette prière de Ramadân ne sortit pas de sa demeure au quatrième
soir. Puis, qu’après avoir gagné la Mosquée et dirigé la prière de l’aube il
tint un propos dont on peut ainsi commenter la trame : « [Bien que je
ne sois pas sorti prier cette nuit à la Mosquée] Je n’ignorais pas que vous
étiez ici [c’est-à-dire que vous étiez rassemblés en la Mosquée pour prier
avec moi] mais [si je ne suis pas sorti de mon domicile pour venir prier
avec vous cette nuit, c’est que] j’ai craint que cela ne vous devienne
obligatoire et que [par la suite ne pouvant l’assumer] vous
l’abandonniez. »
Ce qui est ici exprimé est la délicate attention
que le Prophète portait aux musulmans. Il s’inquiéta de ce que la passion des
fidèles ne vinsse à l’emporter, et que leur amour pour le Prophète et le Coran
ne les poussât à s’imposer cette prière qu’il n’avait par ailleurs que
recommandée (Cf. hadîth 1). Par volonté d’allégement et par miséricorde pour
les plus faibles il craignit que cela pût s’ajouter aux fatigues du jeûne.
La phrase « J’ai craint que cela ne vous
devienne obligatoire et que vous l’abandonniez. » n’est pas à
comprendre comme signifiant « j’ai craint que Dieu ne vous le rende
obligatoire par prescription ». Un hadîth rapporté par Al Bukhârî et
Muslim explicite la philosophie du Prophète en la matière : D’après
Aïsha : « Le Prophète délaissait parfois certaines oeuvres surérogatoires
alors même qu’il les désirait, et ce uniquement par crainte que les gens ne
s’en rendissent la pratique obligatoire. Ainsi ne pria-t-il jamais la prière
surérogatoire de la matinée alors que je la faisais moi-même. »
href="#_edn3" name="_ednref3" title="">
class=MsoEndnoteReference>[3]
En résumé, est donc confirmé en ce hadîth que
la pratique du tarâwîh en commun est une sunna à caractère non obligatoire. Le
Prophète la recommanda, la pratiqua seul, mais aussi en
compagnie des musulmans.
Enfin, signalons que la dernière phrase « Le
Prophète décéda et la situation était ainsi. », qui ici pourrait
signifier que le Prophète décéda immédiatement après ce récit, n’est pas
due à Aïsha mais est une interpolation parfaitement signalée par Ibn Hajar al
‘Asqalânî, nous la retrouverons là où elle doit figurer.
Hadîth 3 :
Rapporté par Al Bukhârî au sujet de la prière de nuit. D’après Aïsha : « Le
Prophète avait une natte qu’il étendait dans la journée et qui lui servait de
paravent la nuit. Des gens se regroupaient alors et priaient derrière
lui. »
Il a été rapporté plusieurs
épisodes authentifiés similaires. Il apparaît donc que le Prophète priait
certaines prières surérogatoires, c’est-à-dire non obligatoires, en commun et à
la Mosquée. Ceci est donc sunna, tout du moins pour les prières surérogatoires
de la nuit, tahujjud. Or, le tarâwîh n’est rien d’autre que cela.
Hadîth 4
> : D’après Zayd ibn Thâbit au même chapitre que
précédemment : « Le Prophète s’isolait [le rapporteur
ajoute : Je pense qu’il a dit à l’aide d’une natte] durant Ramadân. Il
y pria quelques nuits et certains de ses Compagnons prièrent avec lui.
Lorsqu’il s’aperçut de leur présence il demeura assis. Puis, il alla les voir
et leur dit : Je sais ce que j’ai vu de vos agissements ; priez donc,
ô hommes, en vos demeures car la meilleure des prières est celle que l’homme
accomplit en sa demeure, sauf les prières obligatoires prescrites. »
Ce récit ressemble à celui
rapporté par Aïsha au hadîth 2 mais il s’agit bien d’un événement différent. En
effet, Aïsha précise que chaque soir de ce Ramadân là le Prophète quittait sa
chambre pour aller prier la nuit dans la Mosquée. Par contre, pour le Ramadân
indiqué par Zayd ibn Thâbit, le Prophète faisait en réalité la retraite de la
dernière décade dite ‘itikâf en la Mosquée. Dans les deux cas il se
produisit la même chose, le Prophète accepta la prière en commun quelques nuits
puis en vint à la refuser, ce qu’exprime la phrase : « Lorsqu’il
s’aperçut de leur présence il demeura assis » c’est-à-dire qu’il
demeura assis derrière son paravent de sorte que les fidèles ne puissent plus
suivre sa prière.
La raison de ce refus en est
ensuite donnée : « Je sais ce que j’ai vu de vos agissements ;
priez donc, ô hommes, en vos demeures. La meilleure des prières est celle que
l’homme accomplit en sa demeure, sauf les prières obligatoires prescrites. »
Pour bien comprendre ce
propos il faut s’en référer à une autre version de ce même récit, rapportée
elle aussi par Al Bukhârî toujours selon Zayd ibn Thâbit, où l’on lit que
les fidèles ne voyant pas le Prophète sortir de son abri de nattes ils
« élevèrent la voix (pour l’appeler) et jetèrent des petits
cailloux sur la porte (de son abri). Le Prophète sortit alors fâché et
leur dit : Vous montrez une tel zèle que j’ai craint que cela ne
vous soit obligatoire. Priez donc en vos demeures car la meilleure des prières
est celle que l’homme accomplit en sa demeure, exception faite des prières
obligatoires prescrites. »
Ainsi, le « Je sais
ce que j’ai vu de vos agissements » est aussi à mettre en
relation avec un écart de comportement commis par les fidèles présents cette
nuit là qui allèrent, poussés par leur excès de zèle, jusqu’à importuner le
Prophète faisant retraite. Leur insistance à vouloir accomplir un acte
surérogatoire pourrait s’opposer finalement à la sincérité qui préside à la
spontanéité et engendrer une ostentation délétère… Dans ce contexte, et
uniquement dans ce contexte, l’on peut alors comprendre la portée exacte de son
propos : « Priez donc en vos demeures car la meilleure des prières
est celle que l’homme accompli en sa demeure, exception faite des prières
obligatoires prescrites. »
Le Prophète a parfaitement
discerné le risque ostentatoire encouru : « Je sais ce que j’ai vu de
vos agissements », et il indique ce qui est meilleur pour la piété
sincère et l’éducation spirituelle car les prières nocturnes en particulier
n’ont de valeur que selon cette perspective. Telle est la signification de ces
mots : « Priez donc en vos demeures car la meilleure des prières
est celle que l’homme accomplit en sa demeure ».
De plus, littéralement, et
le contexte l’indique, il ne s’agit nullement en cette parole d’interdire, mais
de conseiller ce qui est meilleur, la nuance est d’importance. Ceci est par
ailleurs logiquement confirmé par les faits. D’une part, le Prophète a accepté
initialement de prier ces prières en commun avant de se raviser pour les
raisons que nous venons de mentionner et, d’autre part, d’autres hadîths
authentifiés témoignent du fait que les Compagnons priaient à titre
surérogatoire dans la Mosquée. Par ailleurs le Prophète a dit : « Etablissez
une part de vos prières [surérogatoires] en vos demeures afin de
ne pas en faire des tombes. »
class=MsoEndnoteReference>
style=';'>[4]
Que l’on n’aille pas prétendre qu’il aurait interdit cette pratique par
notre hadîth car un conseil ne peut abroger une recommandation.
Signalons que la traduction
de Houdas et Marçais est ici encore fautive : « Dorénavant ;
ô fidèles, priez dans vos demeures, car la meilleure prière pour un homme est
celle qu’il fait chez lui, à moins qu’il ne s’agisse de la prière canonique. »
Le « Dorénavant priez dans vos demeures » n’est pas conforme
au texte arabe et pourrait laisser effectivement entendre qu’il y eut une
possibilité existante et qu’elle aurait été par ce mot dorénavant interdite.
Notre traduction « Priez donc en vos demeures… »
href="#_edn5" name="_ednref5" title="">
class=MsoEndnoteReference>[5] est
fidèle à la lettre et au contexte qui, comme nous l’avons montré, permet seul
de comprendre la signification et la portée toute relative de cette réflexion
du Prophète. En une autre version de ce récit clef rapportée par Al Bukhârî, et
toujours selon Aïsha, elle formule ainsi le propos du Prophète : « J’ai
vu ce que vous avez fait, et ce qui m’a empêché de vous rejoindre et uniquement
d’avoir craint que [cette prière nocturne de Ramadân] ne vous parût une
obligation. »
Les conclusions de ce hadîth
corroborent et explicitent les précédentes : Les prières surérogatoires
nocturnes peuvent être accomplies en commun à la mosquée ou chez soi. Le
Prophète a prié le tarâwîh en commun, il en a accepté le principe.
Par ailleurs, en
conseillant les prières surérogatoires dans le secret des maisons, il a
rappelé, à juste raison, que l’on devait en la recherche de l’agrément divin
se défier de toute ostentation.
Hadîth 5
> : Il est, paradoxalement, au cœur de la controverse, alors même
qu’il nous fournit des informations historiques de premier ordre. Un homme,
Umar, répète-t-on à l’envi, aurait institué une innovation rituelle peu après
le décès du Prophète ; qu’en est-il réellement ?
Ce hadîth est rapporté par
Al Bukhârî selon Ibn ‘Abd, Al Qârî
title="">
style=';'>[6] :
« Une nuit de Ramadân je me rendis à la mosquée avec Umar ibn al Khattâb.
Les hommes étaient répartis en groupes épars. Certains priaient seuls, d’autres
dirigeaient la prière en petit comité. Umar dit alors : Je pense que si je
les réunissais sous la direction d’un seul récitant cela serait plus parfait.
Puis il mit son projet à exécution et les rassembla sous la direction de Ubayy
ibn K‘ab.
Une autre nuit, je me
rendis [à la mosquée] avec Umar et les fidèles
priaient sous la direction de l’imâm récitant.
Umar dit : Quelle
excellente bida ‘a que celle-ci !
Il ajouta, mais la partie
(de la nuit) où ils dorment est meilleure que celle où ils prient. Il voulait
dire que les gens priaient au début de la nuit mais qu’il aurait préféré que ce
fût vers la fin. »
Les traqueurs de bida‘a, ou
ceux qui de principe détestent Umar, voient là la preuve de sa culpabilité,
c’est lui qui a institué la bida‘a de tarâwîh et, qui plus est,
il se fait gloire de son forfait : « Umar dit : Quelle
excellente bida ‘a que celle-ci ! »
Ce hadîth est précédé du segment interpolé que
nous avions signalé en fin de hadîth 2. Il s’agit en fait d’une remarque de Ibn
Shihâb disant : « Le Messager de Dieu décéda et les gens demeurèrent ainsi.
L’affaire resta comme telle sous le califat de Abû Bakr jusqu’au début du
califat de Umar », ensuite le même Ibn Shihâb rapporte notre hadîth.
Ceci pour comprendre que lorsque nous lisons : « Les hommes
étaient répartis en groupes épars. Certains priaient seuls, d’autres
dirigeaient la prière en petit comité » nous sommes bien en présence de la
pratique des Compagnons laquelle, comme nous l’avons vu, est conforme à la
latitude que le Prophète avait laissé quant à tarâwîh : ils priaient à la
mosquée, seuls ou en groupes. Ce faisant, Umar, mesurant la situation,
c’est-à-dire le désordre qui en résultait, prit l’initiative de généraliser une
des solutions permises et de réunir l’ensemble des fidèles présents en la
mosquée pour le tarâwîh sous la direction d’un seul imâm. Il n’ y a là aucune
trace d’innovation puisque nous voyons en la mosquée des groupes prier en
commun exactement comme l’avait fait le Prophète à cette occasion. Le fait que
le Prophète ait eu des scrupules à généraliser ces prières surérogatoires et,
de même, qu’en des circonstances particulières il ait conseillé de privilégier
leur pratique à domicile, n’impliquait en rien que cela fut interdit. Le texte
de l’introduction de ce hadîth prouve d’ailleurs par les faits que les
Compagnons l’avaient compris ainsi et qu’ils continuèrent à prier les tarâwîh à
la mosquée.
Donc, Umar, n’a en rien « innové » au
détriment de la Sunna ! Il n’a fait qu’organiser ce que les diverses
possibilités engendraient comme perturbation au sein de la mosquée. Il nomma au
demeurant Ubayy ibn Ka‘b, un des meilleurs connaisseurs et récitateurs du Coran
parmi le Compagnons du Prophète. Voyant par la suite l’harmonie de la prière
toute ainsi concentrée sur la récitation et l’écoute du Coran, il
s’exclama : « Quelle excellente initiative ! »,
et non pas « Quelle excellente innovation » !
Comme le fit observer fort
judicieusement Ibn Taymyya, l’emploi du mot bida‘a par Umar en ce propos
est littéraire et sans rapport avec le sens technique qu’il prit
conceptuellement par la suite. En d’autres termes, les dictionnaires en attestent,
bada‘a c’est bien sûr produire une chose nouvelle, d’où innover,
mais aussi tout simplement commencer, d’où initiative. Qui
plus est, ce verbe, et donc le terme bida‘a, signifiait alors être
étonné, émerveillé de la perfection d’une chose. Littéralement, Umar
exprimant son enchantement dit : « Quelle excellente chose si parfaite ! »
Bien que cette traduction soit la plus juste nous nous contenterons de :
« Quelle excellente initiative ! »
Evidemment, il ne s’agit
nullement ici de jonglerie étymologique mais bien de mettre en évidence le seul
sens qui soit conforme aux éléments narratifs et informatifs fournis par ce
hadîth, le tout en parfaite cohérence avec l’ensemble des hadîths que nous
venons d’éxaminer
Faisons observer que la
décision, l’initiative, de Umar, sa “bida‘a” donc, a été spontanément suivie
par les Compagnons. S’il s’était agi d’une quelconque forme d’innovation
religieuse nul doute qu’ils auraient contesté sa décision. Ce hadîth, ni aucun
autre, ne signale de tels faits. Bien au contraire, son initiative souleva
l’approbation générale. Umar n’est donc pas un mubtadi’, un innovateur
invétéré, et le tarâwih en commun à la mosquée n’est en rien une
innovation, une bida‘a…
Toujours au sujet de la
fameuse phrase de Umar : « Quelle excellente bida ‘a
que celle-ci ! » il nous faut signaler qu’elle est donc a tort
exploitée dans le débat entre « bonne bida‘a » et « mauvaise
bida‘a », Umar étant alors considéré comme ayant énoncé le principe de
bonne bida‘a. En réalité, Umar a dit très précisément : « ni‘ma-l-bida‘atu
hâdhihi ». Le pronom démonstratif « hâdhihi »,
« celle-ci », n’est jamais rendu dans les traductions, « Quelle
excellente “bida‘a” que celle-ci », alors même que sa
présence indique grammaticalement que Umar ne parle que de ce qu’il vient de
faire réaliser, une action concrète déterminée, cette initiative ci, et non
point d’un concept général, la bida‘a, fût-elle bonne, telle qu’entendue en
sharia.
Enfin, les dernières
phrases, mal traduites encore par Houdas, nous disent : « Mais la
partie (de la nuit) où ils dorment est meilleure que celle où ils prient. Il
voulait dire que les gens priaient au début de la nuit mais qu’il aurait
préféré que ce fût vers la fin. » Cela indique seulement que Umar
pensait plus méritoire encore de prier les tarâwîh en fin de nuit…
En synthèse nous pouvons
lire encore une fois Ibn Taymyya : « Quant au tarâwîh, il faut
savoir que le Messager de Dieu, SBSL, en a fait une sunna pour sa
Communauté et il l’a prié avec eux en commun un certain nombre de nuits.
De son temps, l’on priait le tarâwîh soit en commun, soit
individuellement, mais il ne fut pas prescrit obligatoirement de faire
cette prière. Lorsque mourut le Prophète,
style='font-size:8.0pt'>SBSL, la sharia était
établie (sic) et lorsque Umar fut Calife il réunit les gens sous l’autorité
d’un seul imâm, c’est Ubayy ibn K‘ab qui dirigea ce tarâwîh sur ordre de
Umar. »
class=MsoEndnoteReference>
style=';'>[7]
style='color:red'>
CONCLUSIONS.
Les prières de tarâwîh
font donc partie intégrante de l’Islam. Les textes, les preuves scripturaires,
existent, elles sont explicites et là réside la force de l’Islam et l’assurance
de la foi. Mais les textes ne sont que des interfaces, des miroirs reflétant
les lumières comme les doutes des âmes…
Prier le tarâwîh,
seul ou en commun, à la mosquée ou pas, est une sunna, ce qui en soi
indique que cette pratique n’a de valeur réelle que si elle émane d’un élan du
coeur, d’un mouvement de sincérité. En cela réside le secret de l’adoration
surérogatoire, an-nawâfil, car, au delà des actes obligatoires, la
proximité en Dieu en résulte : « …Mon serviteur ne s’approchera de
Moi par rien qui ne me soit plus agréable que l’accomplissement des obligations
que Je lui ai prescrites. Et Mon serviteur ne cessera de se rapprocher de Moi
par les actes surérogatoires, an-nawâfil, jusqu’à ce que Je l’aime. Et lorsque
Je l’aime... »
class=MsoEndnoteReference>
style=';'>[8]
Ramadân, le Jeûne, appelle
les hommes à Dieu, il dilate leurs cœurs et leur offre des horizons plus
élevés, une pause dans le tumulte de la vie. Par ces mots : « Mois
de Ramadân où fut révélé le Coran », nous sommes invités au festin
de Dieu, la Révélation. Ce mois béni doit nous mettre à l’écoute du
Coran ; chez nous, dans l’intimité de nos nuits, à la mosquée, ruche
vibrante de la « Parole de Dieu », en secret et en public. Les actes
ne valent que par l’intention qui les préside.
Ramadân est le mois de
l’abstinence et de la profusion ; abstinence de tout ce qui n’est pas
Dieu, profusion des actes d’adoration et des grâces divines : “…Quelques
biens que vous fassiez, Dieu en a connaissance. Faites donc provende car le
meilleur des viatiques est la piété…”S2.V197.
Le Coran conclut le chapitre consacré au Ramadân
sur cette indication : “Lorsque Mes serviteurs t’interrogent à mon
sujet…En vérité, Je suis proche et Je réponds à l’appel de celui qui Me désire.
Qu’ils Me répondent donc vraiment, qu’ils croient en Moi afin de suivre la
bonne direction.”S2.V186.
Que Dieu agrée notre jeûne
et nos prières.
class=MsoEndnoteReference> class=MsoEndnoteReference>[1] > In : Majmu‘u-l-fatâwâ T23 : 3
class=MsoEndnoteReference>
class=MsoEndnoteReference>[2]
> Nous citons là le travail du Professeur Hamidullah
qui a édité en 1981 un inestimable correctif de la traduction du Sahîh Al
Bukhârî par Houdas et Marçais. D’expérience, ce travail est loin d’être
totalement exhaustif.
class=MsoEndnoteReference> class=MsoEndnoteReference>[3] > Chapitre du tahujjud.
class=MsoEndnoteReference> class=MsoEndnoteReference>[4] > Hadîth rapporté par Muslim.
class=MsoEndnoteReference>
class=MsoEndnoteReference>[5]
> Le texte arabe porte : « fa sallû
[ayyuhâ-n-nâsu] fî buyûtikum » » où le « fa » a
valeur corrélative, ce que nous avons traduit par « donc »
dans « Priez donc en vos demeures ». Par contre, l’adverbe « dorénavant »,
signifiant « à partir du moment présent », introduit une notion de
discontinuité, comme une annulation de ce qui précède. La traduction :
« Dorénavant priez dans vos demeures » est donc fautive.
class=MsoEndnoteReference>
class=MsoEndnoteReference>[6]
> Ici une erreur de Houdas qui écrit
‘Abdelqâri !
class=MsoEndnoteReference> class=MsoEndnoteReference>[7] > In : Al fatâwa al kubrâ ; kitâb as-salat.
class=MsoEndnoteReference> class=MsoEndnoteReference>[8] > Hadîth qudsî rapporté par Al Bukhârî.
Commentaires
merci dr pour ce texte
Assalamou ’alaikoum wr wb,
Ramadan Moubarak à tous les musulmans. Je remercie le docteur ’Ajami pour ses nombreuses contributions. Je le félicite pour la qualité de sa langue et la beauté de ses métaphores (la mosquée, ruche vibrante de la « Parole de Dieu »ainsi que de la rigueur de ses raisonnements.
J’ai une question essentielle à vous poser en espérant, inch’Allah, une réponse. Il me semble que beaucoup se pose cette question et qu’il serait sain et utile d’y apporter une clarification. Quelle est votre formation théologique, Docteur ’Ajami (pourrions-nous également connaitre votre prénom ?) ? Etes-vous autodidacte, érudit ou avez-vous suivi un cursus en études religieuses ? N’y voyez aucun mal ou aucune mauvaise intention. Il me semble qu’il est naturel d’en savoir un peu plus sur un écrivain qui par ses interventions régulières a le mérite d’enrichir le débat et de nourrir des positions théologiques pour le moins anti-conformistes (j’emploie cette formule de manière générale, non spécifiquement pour ce texte ). Je vous remercie d’avance et vous souhaite un excellent mois de jeûne, de prières, de pardon et de rapprochement avec le Saint (Al Qouddous).
Prodigieux et plein d’enseignements.
Merci Docteur de porter la lumière de la connaissance jusque dans nos cœurs.
Puisse Dieu vous auréoler de Sa Grâce
et de Sa Majesté
Puisse Dieu vous ouvrir les portes de la félicité
Pour les efforts que vous consacrez à Le Sublimer.
Inch Allah
Il est une question dont j’aimerais vous faire part Docteur et je profite en vous interpellant à cet effet qu’il vous plaise de m’accorder de votre temps si précieux pour ouïr votre avis :
Je lis et relis le Coran maintenant de puis quelques années.
Le Verbe de Dieu m’apparait à chaque fois comme un renouveau,un recommencement dans sa compréhension au regard du temps qui passe inéxorablement.
Et à chaque étape,c’est un peu plus de lumière.
Alors que je lisais la Sourate Houd,le verset 7 m’interpella subitement.
"7. Et c’est Lui qui a créé les cieux et la terre en six jours, - alors que Son Trône était sur l’eau, - afin d’éprouver lequel de vous agirait le mieux. Et si tu dis : "Vous serez ressuscités après la mort", ceux qui ne croient pas diront : "Ce n’est là qu’une magie évidente."
Mes connaissances en matière coranique sont bcp trop limitées et je crains d’être totalement ignorant quand à la nature du trône et son rapport avec l’eau.
J’ai bien tenté de cliquer ici et la en vain,la question reste suspendue.
Encore un long article passionnant !
Je me souviens d’un jeune imam informaticien qui me racontait ces prières nocturnes si intenses.
C’était à Corbeil, il y a 6 ou 7 ans...
Il y a plus de 40 ans, j’ai vécu au Sacré coeur de Paris une nuit de prière (chrétienn cette fois), nous avions établi des tours de garde...Ce souvenir ne me fait pas confondre deux religions. Il me rappelle que prier est un acte libre à la maison, à la mosquée ou à l’église...
À vous donc, Dr. Al-’Ajamî, merci de vos analyses et
Bon ramadân !
Par quelle espèce de sortilège la prière, quelle quelle soit (collective, individuelle, surérogatoire, obligatoire) pourrait être une "innovation" alors qu’elle est un pilier de la foi ? Le fait même d’opposer un argumentaire savant à des personnes qui avancent des arguments défiant toute logique me paraît une perte de temps...temps mieux utilisé à prier.
C’est la première fois de ma vie que j’entends une telle chose.Puisque "tarawih" serait "bida‘a", bah alors, j’y vais plus moi....
@Hayat, bien vu
Chère Hayat,
Un autre article d’Oumma nous interroge sur le temps et son bon usage...
Celui du Dr. Al-’Ajamî est exégétique. Il analyse avec soin des ahadîth utilisés par des juristes pour "codifier" la prière des croyants et "interdire" certaines pratiques. Ils ne manquent pas de logique et cet article se situe sur ce plan. Il nous montre aussi que prier est un acte libre qui favorise l’initiative.
Je pense à un autre hadîth qui évoque le voyage nocturne du Prophète, hors du temps et quasi de l’espace. Au Prophète qui interroge Dieu sur la prière, Dieu répond 50 fois par jour. Muhammad en parle à Moïse qui lui dit de demander un allègement. Le Prophète obtiendra la réduction à cinq prières par jour…Cette réduction de 50 à 5 mérite sans doute une réflexion puisque lorsqu’on aime, on ne compte pas…La prière n’est-elle pas un acte d’amour pour l’éternité ?
L’idée des prières surérogatoires m’a toujours étonnée. Toute codification est donc relative ainsi que toute interdiction. Le jeune imam informaticien dont j’ai déjà dit un mot avait reçu le message des Tijanî, des spirituels qui affectionnent les prières nocturnes. Qui pourrait leur interdire si ce n’est pour des raisons de sécurité ? Chacun est capable de critiquer les arguments sécuritaires…Tout croyant dispose du temps d’aimer et d’adorer Dieu seul ou avec les autres, librement ?
salam aleykum
merci d’ avoir consacré une argumentation aussi longue que claire pour quiconque cherche la verité en toute objectivité.
djazakumullah khayral djazaa
Salam’alaykoum,
Vous auriez dû préciser docteur que les seuls à parler de Bid’ah du Tarawih sont les Shiites Imamites puisqu’ils détestent Umar Ibn Al Khattab (raa).
Assalam 3aleykum,
Merci Dr Ajastami pour votre position heureusement très conforme, parfaitement sunna, en phase avec la majorité de nos frères et soeurs. Puisse l’exhaltation de la prière collective, du souvenir, de la récitation du Qur’an (coeur-an !) demeurer la norme la plus conformiste ! La moins originale ! La plus humble !
Un petit rappel à nos frères au coeur desséché obsédés par la traque de la Bida’a et la paille dans l’oeil de leur frère alors qu’ils ne voient pas la poutre qui est dans le leur :
"Les serviteurs du Miséricordieux sont ceux qui marchent humblement sur la terre ; et lorsque les ignorants leur adressent la parole, ils répondent : « Paix ! »" (S25 V63)
"Ceux qui ne jugent pas d’après ce que Dieu a révélé, ceux-là sont les injustes !" (S5 V45)
Assalamou alaykoum,
je n’ai pas lu l’article dans sa totalité, mais j’ai tout de même une interrogation : quel est ce groupe qui prétend que les Tarawih sont une innovation ? le fait qu’un groupuscule ( à identifier) puisse affirmer une chose qui apparemment semble être ignorée par la plupart d’entre nous, mérite-t-il qu’on lui accorde une importance au point d’écrire un article aussi développé ? Dans ce cas il y a des énormités beaucoup plus graves et malheureusement extrêmement répandues qui nécessiteraient une attention au moins aussi grande (voir du côté du "chirk" par exemple).
Autre point : certes la prière "des Tarawih" n’est pas une bida’a. C’est une sunna à caractère non obligatoire. Il est tout de même étonnant, encore une fois, de voir les mosquées bondées pour cette cérémonie (ce qui est une excellente chose) et dans le même temps, voir ces mêmes mosquées sous-peuplées aux heures des prières OBLIGATOIRES (Surtout pour les prières du Icha et du Sobh. Même en pays musulmans). Là est le problème ! l’inversion des priorités et le traitement des problèmes sur le même plan. Et nous assisterons comme chaque année à une désertification des mosquées juste après le Ramadan et on reprendra le débat, de haute importance, à savoir si les burgers de KFC sont Hallals ou Harams.
salam,
@yahya mirhawa
Au sujet du profil du dr, tu brules !!!!
Bonne continuation pour la résolution de l’énigme.
Chez les musulmans il y a peu de vrais penseurs et malheureusement beaucoup de ressasseurs.
Bon Ramadan !
Salam aleykoum chercheurs et chercheuses de vérité
Merci au Dr Ajami pour cet excellent exposé.
Les hadiths des points 2 et 5 me paraissent particulièrement convaincants et la démonstration longue mais claire me semble probante.
Les croyants qui prient Tarawih recherchent la satisfaction de Dieu -Exalté Soit-Il-, demandent Sa Grâce, Sa Miséricorde, Sa générosité et Son Pardon ainsi que la proximité avec les autres musulmans durant ce mois sacré : que le Très-Haut nous en pardonne.
Je fait le voeux que ceux qui remarquent que les fidèles sont moins présents à la mosquée durant le reste de l’année soient indulgents et prompts à pardonner leurs frères et leurs soeurs, inchAllah -cela bien que le pardon et la condamnation en matière d’adoration appartient à Dieu -Exalté Soit-Il- seul.
Et Dieu -Exalté Soit-Il- Est le plus Savant, Il est l’Omniscient, le Très Miséricordieux, le Tout Miséricordieux.
Que ce ramadan nous rapprochent de Dieu -Exaté Soit-Il-, de Sa Création et de Ses Créatures, inchAllah.
Il semble effectivement que certains fréquentent plus KfC que les mosquées...sans quoi il sauraient que cela fait de nombreuses années que chaque ramadan on nous casse la tête avec la bidaa de tarawih...au point que des émissions y sont consacrés sur le câble et que le doute s’installe...manipulez manipulez il en restera tjrs quelque chose...merci pour ces éclaircissements
Au festin du ramadân est un titre un peu paradoxal puisqu’il s’agit du jeûne du ramadân.
Nous retrouvons vite un autre paradoxe, un islam avec et sans mosquée.
Des divergences s’expriment ainsi. Elles montrent bien qu’il n’y a pas des bons et des mauvais musulmans mais qu’il convient de revenir aux sources scripturaires.
Elles expriment que jeûner corporellement n’empêche pas de festoyer, se nourrissant après la rupture du jeûne de la parole de Dieu.
Ce festin est libre et généreux, solitaire ou avec les autres, à la maison ou à la mosquée.
L’essentiel est de trouver un lieu pour la convivialité avec les plus pauvres, un lieu qui fasse entendre la parole de Dieu.
On dit très justement que ventre affamé n’a point d’oreilles. Il est donc logique qu’un corps nourri et qui a bien dormi soit disponible, à l’écoute de la parole de Dieu. Il pourra alors se prosterner librement pour le Tarâwîh...
Cordialement.
Un très bon article qui nous pousse une fois encore, à croire encore plus en Dieu et en ce qu’il nous procure. Merci pour cette lecture.
Lucas
Je n’ai plus les moyens d’aller jouer sur un casino en ligne pourtant j’adore ce casino et les tables de jeu qui y sont proposées.
yahya mirwaha nous parle d’un autre pseudo Mahmoud Hussein,qui représente deux intellectuels égyptiens qui se posent de bonnes questions, contextualisent le Coran mais parviennent difficilement à en découvrir le sens spirituel.
Le Dr. Al-’Ajamî se pose des questions semblables mais donne des réponses à la fois éxégétiques, juridiques et historiques, fondées sur le Coran et les ahadîth.
Dans cet article, il analyse des ahadîth dont des traductions maladroites ont été utilisées d’une manière sans doute trop passionnelles. Il contextualise certes mais son point de vue exégétique va plus loin, dévoilant le sens véritable de la prière et de l’écoute de la parole de Dieu qui a traversé les siècles sans aucune ride.
La contextualisation ne permet pas l’abrogation du Message que l’homme reçoit mais qu’il refuse d’entendre à travers le temps et les histoires des hommes, ni plus ni moins aujourd’hui que dans le passé.
Nos anciens n’étaient pas des primitifs ! Ils étaient capables comme nous d’aliéner autrui , de lui empêcher toute initiative, de contester l’égalité de droit, de prier avec ostentation et ne pas découvrir la nouveauté des Textes sacrés.
Pas toujours d’accord avec le Dr. Ajami (docteur en médecine, pas en théologie), je dois avouer que je le suis dans cette discussion sur la prière de tarawih en tant que sunnah. D’ailleurs, ceux, parmi les sunnites, qui déclarent tarawih comme une innovation sont ultra-minoritaires. Les débats de mouches du coche portent en général sur le nombre de rakahs. Mieux vaut suivre l’exemple du Prophète [saw] dans la mesure de nos moyens spirituels. S’il priait chaque nuit de Ramadan, chez lui ou en congrégation, la raison en est juste et bonne pour nous. Imaginons que tarawih serait au mois du Qur’an ce qu tahajjud est au reste de l’annee. Ne tombons pas dans des exercices à couper les cheveux en quatre, comme le peuple de Moussa [aw] lorsqu’Allah leur demanda de sacrifier une genisse... Rappelons enfin que le commentaire raisonné des hadiths est une science : ne suffit de lire l’arabe, ou de connaitre (ou de rejeter) 4 ou 5 hadiths pour se poser en exégète en chaise longue.
Je suis écœurée par ces comportements de chiens maigres qui veulent absolument savoir qui est Dr Ajamî, la plupart pour dire il n’est pas ci, il est pas ça, il a une drôle de tête ce gas là, il a pas le bon profil...vous vous prenez pour qui, pour les rois de l’embauche, les profilers en chaises longues ! ; Pour une fois qu’un homme nous parle sans vouloir que l’on parle de lui, respectez donc son intimité. Il y a assez de gens qui veulent que l’on parle d’eux mais qui n’ont rien à dire...et Oumma en compte..
Qu’en ramadan, comme après, l’on puisse se laisser aller à de tels écarts de comportements me navre profondément. Ressaisisse-vous...ne cherchez pas à manger la viande de votre frère,elle est pas halel.
L’article du Dr. Al-’Ajamî se présente d’abord en deux parties différentes. La première exprime l’attente d’un croyant, vécue à l’occasion du Ramadân 2010 au Maroc. Après le jeûne d’un jour, il prévoit un festin qui le nourrira spirituellement de la parole de Dieu, lors de cette période de repos. Le Tarâwîh signifie : prières du repos.
Il les définit comme "partage, participation collective au festin du Livre, célébration du Coran commémoration de sa révélation." Chacun sait que le Coran est apparu pour la première fois lors de cette période.
Il sait aussi que cette célébration est considérée par certains comme une "innovation blâmable".
Il observe cette divergence et propose de l’expliquer.
La seconde partie de son article est plus longue. Elle analyse les raisons scripturaires d’une telle contestation.
Un croyant pouvait se contenter du premier moment, suffisamment probant. La célébration du Coran ne nécessite-t-elle pas spirituellement la rupture avec tant d’habitudes trop enracinées ?
La seconde partie de cet article expose autre chose : un travail exégétique d’un autre ordre.
Une question serait de savoir si les prières du tarâwîh seraient des innovations blâmables. Le Dr. Al-’Ajamî analyse à la fois les prières traditionnelles du "tarâwîd" et les bida’a considérées parfois en langues occidentales comme des innovations blâmables.
Il montre que le blâme n’est pas innocent et qu’il dépend pour les Occidentaux notamment d’erreurs de traductions. Les connaisseurs de la langue arabe savent bien qu’il peut aussi s’agir d’initiatives louables.
"Abou Tahar al Tlemceni" le reconnaît mais poursuit sa condamnation du Dr. qui n’a fréquenté aucune université de théologie Algérienne !
" c grave" développe sa calomnie…
L’essentiel est ailleurs. Reste à relire l’article du Dr.et à repérer ses raisons de croyant et d’arabisant, connaisseur de plus des traductions en langues européennes. Il reste sans doute important de relire le Coran comme une totalité cohérente et particulièrement pendant cette
Période du Ramadân ? Par delà sans doute l’interrogation sur le nombre de rakat-s prévus pour les prières du tarâwî….
Cette lecture attendue par le Dr. peut avoir lieu en commun, comme le proposent un grand nombre de musulmans et à la mosquée ou ailleurs, "à la maison", voire même individuellement selon les recommandations du Prophète et probablement sans faute grave de théologie ?
Je constate que de nombreux auteurs publiés par Oumma.com ne font l’objet d’aucune "identification publique", sans que cela ne soulève de questionnements ou de polémiques.
Ne serais-ce pas plutôt la teneur générale quelque peu "bousculante" des idées développées par Dr Al Ajamî ; remettant en cause sans trop de ménagement le prêt à penser communément servi , qui dérange ?
Je ne sais pas si c’ est grave mais Maamar Metmati passe très mal à la TV. J’ai fait pourtant un effort pour comprendre : il juge que les prières du tarâwî ne sont pas "sunnan" mais je n’ai pas saisi pourquoi...
Ce n’est pas grave !
La démonstration du Dr. Al-’Ajamî est claire et capable d’accorder les esprits. Il prévoit et explique les contradictions...par surcroît...
Ces joutes, polémiques et attaques aux personnes par hadiths interposés sont bien détestables et dérisoires... bien loin également de l’essence du message qui demande à chacun, à son niveau, de tendre vers le meilleur de lui même, la prière étant quand même un moyen fondamental de parvenir à cet état "d’âme apaisée".
"Sur toutes vos divergences, le jugement "appartient à Dieu. Tel est Dieu mon Seigneur ; en Lui je place ma confiance et c’est à Lui que je retourne"
[42:10] La consultation (Achoura)
"Il vous a légiféré en matière de religion, ce qu’Il avait enjoint à Noé, ce que Nous t’avons révélé, ainsi que ce que Nous avons enjoint à Abraham, à Moïse et à Jésus : "Etablissez la religion ; et n’en faites pas un sujet de division" .
42, 13 La consultation (Achoura)
En ce mois béni, tendons vers le Haut, insha’Allah.....
Hayat a dit :
Je constate que de nombreux auteurs publiés par Oumma.com ne font l’objet d’aucune "identification publique", sans que cela ne soulève de questionnements ou de polémiques.
Ne serais-ce pas plutôt la teneur générale quelque peu "bousculante" des idées développées par Dr Al Ajamî ; remettant en cause sans trop de ménagement le prêt à penser communément servi , qui dérange ?
O combien vous avez raison ! Vous mettez le doigt exactement là ou ça fait très mal.