Friday 22 August 2008

Syrie-Sommet arabe : le contournement du dernier récalcitrant arabe

Par *René Naba
jeudi 20 mars 2008

La Syrie est, à son tour, sur la sellette, après l’Irak qui a implosé en 2003, la Libye qui s’est caramélisée, en 2006, dans la foulée de sa reddition au diktat américain pour sauver son révolutionnaire dirigeant Mouammar al-Kadhafi et l’Egypte qui s’est neutralisée et marginalisée du fait de sa cavalcade solidaire dans sa pactisation avec Israël, en 1979.

L’éternel trouble fête de la politique arabe fait l’objet d’une manoeuvre de contournement de la part des grands pays arabes en vue de provoquer sinon l’effondrement du régime baasiste, à tout le moins à le forcer à rompre avec son allié iranien et à annoncer sa reddition au nouvel ordre américain que les Etats-Unis et leurs grands alliés régionaux, l’Arabie saoudite et l’Egypte, tentent vainement d‘instaurer au Moyen-Orient depuis le début de la présidence de George Bush il y a huit ans.

Unique pays se réclamant de la laïcité dans le Monde arabe, mais partenaire stratégique de l’Iran, l’unique régime théocratique se réclamant du chiisme, la branche rivale du sunnisme, segment dominant dans les pays arabes, la Syrie est simultanément et cumulativement accusée d’être un foyer du terrorisme international, un pivot de l’axe du mal, le phagocytaire du Liban et de la Palestine, le fossoyeur du leadership libanais. En un mot le grand perturbateur d’une paisible et riante zone par excellence : le Moyen-Orient. Une thèse relayée sans retenue et avec une belle unanimité par les grands médias occidentaux tant dans la presse audiovisuelle que dans la presse écrite, tant par les intellectuels médiatiques que par les scribouillards besogneux.

Pointée du doigt pour sa responsabilité présumée mais non avérée dans l’assassinat de l’ancien premier ministre libanais Rafic Hariri, la Syrie est mise en quarantaine diplomatique par les Etats-Unis, frappée d’un boycottage de fait des grands pays arabes qui lui imputent la vacance du pouvoir au Liban, régulièrement soumise de surcroît, en toute impunité, à des coups de butoir d’Israël, tantôt par un mystérieux raid aérien au dessus du nord syrien, à l’automne 2007, tantôt par l’assassinat sur son sol d’un chef militaire du Hezbollah Imad Moughniyeh, le Maître d’oeuvre des opérations anti-occidentales au Moyen-orient depuis vingt ans.

Mais ce paria là, selon le schéma occidental, se trouve être en phase avec la multitude des « laissés pour compte » de la paix, à tout le moins perçu comme tel au delà des turpitudes dont il peut être à tort ou à raison crédité, qui voient en lui l’ultime porteur de la revendication nationaliste arabe, à une période de l’histoire marquée par une déperdition identitaire et une religiosité régressive. Redoutable honneur qui lui vaut l’hostilité sans nuances des pays qualifiés de « modérés » dans le jargon diplomatique et médiatique occidental, principalement l’Arabie saoudite, l’Egypte, la Jordanie c’est-à-dire les régimes affligés des mêmes tares d’autoritarisme, de népotisme et de corruption que le régime syrien mais que leur alignement docile au camp occidental exonère de toute critique.

1ère séquence (1966-1976) : Le Roi Saoud et le coup de force anti-baasiste du colonel Salim Hatoum

D’emblée, le régime baasiste syrien dirigé par les Alaouites, une secte minoritaire de l’Islam, a été perçu comme un usurpateur, comme frappé d’une tare congénitale et fera l’objet de menées hostiles en conséquence. A sa naissance en 1966, alors qu’Israël entreprenait le détournement des eaux du Jourdain pour anticiper ses besoins hydrauliques futurs, opération qui relevait théoriquement d’un acte manifeste de casus belli, le Roi Saoud d’Arabie, hanté par le prestige du président égyptien Nasser et désireux de détourner les regards sur la corruption du Royaume, se lance dans une opération de déstabilisation de la jeune équipe baasiste de Syrie fraîchement parvenue au pouvoir.

L’opération saoudienne de diversion est particulièrement malvenue en pleine ébullition nationaliste consécutive au détournement des eaux du Jourdain. Les révélations d’un des participants sur une contribution royale saoudienne de l’ordre d‘un million de dollar à la conjuration dirigée par un colonel félon syrien Salim Hatoum et fomentée par le futur premier ministre jordanien Wasfi Tall, à l’époque membre de l’Intelligence Service britannique (1) entraîne l’éviction de Saoud au profit de Fayçal au trône d’Arabie, sans que cette sanction ne calme le courroux égyptien. Victime collatérale des conflits de puissance, Kamel Mroueh, le fondateur du journal « Al-Hayat », le chantre de la coopération saoudo-américaine, est assassiné en 1966 par un fier à bras de Beyrouth à l’occasion du 10me anniversaire de l’agression tripartite franco-anglo-israélienne de Suez contre Nasser, le chef charismatique du nationalisme arabe et adversaire résolu de la dynastie wahhabite.

Une trêve de seize ans s’installe à la faveur de la guerre de 1967 et la montée en puissance de la guérilla palestinienne qu’il importait de juguler, que la Syrie s’appliquera à mettre au pas d’ailleurs, puis celle d’octobre 1973 et de la montée en puissance des pétromonarchies du Golfe consécutif à l’embargo pétrolier et au quadruplement du prix du pétrole. Une période au cours de laquelle le nouveau maître de la Syrie, le général Hafez al-Assad, apparaît comme le meilleur garant des intérêts occidentaux au Liban : Appelée en renfort des milices chrétiennes au Liban, l’armée syrienne participe au siège du camp palestinien de Tall Zaatar, favorisant son éradication, en Août 1976, n’hésitant pas un instant à briser l’élan révolutionnaire du camp palestino-progressiste avec l’assassinat dans une zone sous contrôle syrien du chef de la coalition, le dirigeant druze du parti socialiste progressiste, M. Kamal Joumblatt.

Curieusement les pays occidentaux continueront de couvrir d’éloge l’irakien Saddam Hussein, malgré ses turpitudes et d’opprobre son rival syrien Hafez al-Assad, malgré ses gestes de bonne volonté répétitives à l’égard de l’Occident.

2ème séquence (1976-1986) Fahd et la révolte des Frères Musulmans de la ville syrienne de Hama.

Faysal, réservé à l’égard des Américains, s’était juré d’aller prier à Jérusalem libérée. Il sera assassiné par l’un de ses neveux, en 1976. Son successeur effectif, -après le bref interrègne du Roi Khaled, sobre et malade-, Fahd, à la jeunesse débridée, donnera libre cours à son amour immodéré pour son protecteur américain et les délices de la vie occidentale. Frappé d’hémiplégie, en 1995, il sera maintenu sous perfusion pendant près de dix ans gouvernant en état léthargique son royaume à une période charnière de l’Histoire contemporaine marquée notamment par les attentats antiaméricains du 11 septembre 2001, la guerre d’Afghanistan et la guerre d’Irak (2003). Mais entre temps que de signalés services rendus à son maître américain, au détriment de la plus élémentaire solidarité arabe, qui explique sans pour autant justifier son maintien en survie artificielle pendant une décennie (1995-2005).

Prise en tenaille par Israël et la Turquie, barrée par son rival baasiste l’Irak de Saddam Hussein, la Syrie s’appliquera à desserrer l’étau dans une alliance de revers avec l’Iran, l’ancien gendarme américain du Golfe, devenu sous le régime Khomeiniste, le nouveau croquemitaine des pétromonarchies du Golfe. Mal lui en prit. En 1982, dans la foulée de l’annexion de Jérusalem, en décembre 1981, alors qu’Israël se préparait à porter au pouvoir son protégé libanais le chef phalangiste Bachir Gemayel, une révolte est fomentée, à Hama, dans le nord de la Syrie, par les « Frères Musulmans », l’organisation clandestine financée par l’Arabie Saoudite, en février 1982, à quatre mois de l’invasion israélienne du Liban, déclenchant une sévère répression qui fera selon des informations de presse plusieurs milliers de morts. C’est Damas qui sera blâmée par la communauté internationale pour sa férocité et non l’Arabie saoudite qui attisait le feu intégriste. C’est le président Hafez al-Assad en personne qui sera pointé du doigt et non son propre frère, le Général Rifaat al-Assad, le chef des brigades de la défense, la garde prétorienne du régime, l’ordonnateur des massacres.

Ce frère cadet du président syrien, un homme aux multiples ramifications et trafics qui sera banni par la suite de son pays, mais continuera de bénéficier curieusement de la mansuétude occidentale sans doute en raison de ses alliances matrimoniales avec la famille Fustock qui fera de lui, le beau frère de l’actuel roi Abdallah d’Arabie et du député maronite libanais Nassib Lahoud, perpétuel candidat à la présidence libanaise. C’est la Syrie alaouite enfin qui sera déclarée « ennemi de l’Islam » pour avoir maté une rébellion fondamentaliste que toutes les armées du monde aussi bien arabes qu’occidentales pourchassent désormais au nom de la « guerre contre le terrorisme ». La Syrie couverte de plumes et de cendres, alors que l’Algérie, l’Egypte, le Maroc et la Tunisie, sont magnifiés pour avoir éradiqué l’intégrisme tandis que l’Arabie fondamentaliste est couverte d’éloges pour ses présumés progrès dans de parcimonieuses réformes démocratiques.

Dans ce climat d’opprobre généralisé, la Syrie présente au Liban depuis 1976 à la demande des chefs maronites en mauvaise posture à l’époque, sera contrainte à retirer se troupes, en juin 1982, dans la foulée de l’invasion israélienne du Liban. Une décennie infernale (1979-1989) s’ouvre alors à l’Occident au Moyen Orient : Destitution du chah proaméricain et assaut contre les Lieux Saints de la Mecque, en 1979, assassinat de l’égyptien Sadate, pactiseur d’Israël, en 1981, mise en échec du traité de paix libano-israélien, en 1983, attentats contre les QG occidentaux à Beyrouth, en 1984, spirale des otages occidentaux au Liban (1984-1988), attentats de Paris (1986-1988). Une décennie infernale qui s’achève avec la chute du Mur de Berlin (1989) l’implosion de l’Union soviétique et l’affirmation de l’Imperium américain sur le plan mondial, l’hégémonie israélienne sur le plan régional et, sur le plan arabe, la prépondérance saoudienne sous la tutelle des Etats-Unis.

3ème séquence (1986- 2006) - L’Arabie redécouvre les vertus de l’Arabisme

L’Arabie saoudite, le plus intransigeant ennemi d’Israël sur le plan théorique, aura opéré le plus grand détournement du combat arabe, soutenant l’Irak contre l’Iran dans la plus longue guerre conventionnelle de l’histoire contemporaine (1979-1988), le détournant du coup du champ de bataille principal, la Palestine, déversant des milliards de dollars, et, surtout, déroutant la jeunesse arabe et musulmane vers l’Afghanistan, à des milliers de km du champ de bataille palestinien, contre un ennemi athée certes mais allié des Arabes, l’Union soviétique, le principal fournisseur d’armes de pas moins de six pays arabes (Syrie, Irak, Algérie, Libye, Soudan et Yémen), un utile contrepoids en somme à l’hégémonie américaine.

L’Organisation de Libération de la Palestine, éradiquée du Liban, cède la place à des guérilleros d’un type nouveau les combattants islamistes chiites, le Jihad islamique, puis le Hezbollah, galvanisés par les succès de la révolution iranienne sur le front irako-iranien. La Syrie, boutée hors du Liban, en 1982 s’y redéploie progressivement avec le consentement américain pour neutraliser la région frontalière libano-israélienne. Désireuse d’obtenir la caution de la Syrie pour une intervention contre l’Irak envahisseur du Koweït, en 1990, Washington lui donnera même le feu vert à l’éviction du chef militaire chrétien libanais le général Michel Aoun, qui assurait intérimaire de chef de gouvernement, et son remplacement par Elias Hariri, un président sans relief face au flamboyant nouveau premier ministre Rafic Hariri (1992), nouveau parvenu sur la scène libanaise à la faveur de la financiarisation de la vie publique internationale.

Le milliardaire libano-saoudien, à la carrière météorique, exercera le pouvoir pendant dix ans, plus qu’aucun président libanais, à coups de menaces de démission (4 en dix ans), soit en moyenne une menace tous les 30 mois, dans un rare exemple de confusion entre la gestion du domaine public et de son de son patrimoine privé avec les encouragements admiratifs des dirigeants occidentaux en tête desquels le Président français Jacques Chirac.

L’attentat du 11 septembre 2001 contre les symboles de l’hyperpuissance américaine démasque les complicités saoudiennes dans la montée en puissance de l’intégrisme antioccidental. Bien que quinze des dix neuf kamikaze ayant participé au raid du 11 septembre soient de nationalité saoudienne, l’administration Bush, plutôt que de frapper le Royaume Wahhabite, le foyer et le terreau du fondamentalisme, va répliquer en Afghanistan et en Irak, les deux points de percussion de la coopération saoudo-américaine dans la sphère arabo-musulmane à l’époque de la guerre froide soviéto-américaine, gommant ainsi au passage toute trace de leurs forfaits antérieurs, se faisant à bon compte une nouvelle virginité politique sous la bannière de la lutte pour la promotion de la démocratie dans le monde musulman. Mais la destruction de l’Irak place paradoxalement la Syrie et l’Iran en vainqueur a posteriori d’un Saddam Hussein leur plus implacable ennemi depuis deux décennies, et, par effet d’aubaine, consacre l’Iran comme puissance régionale de fait. Un résultat inacceptable pour George Bush, le grand ordonnateur de ce chaos destructeur pour la population locale et corrosif pour l’Amérique elle-même.

La Syrie et l’Iran sont placés dans l’axe du mal, Yasser Arafat est méthodiquement confiné dans son complexe de Ramallah dans une sorte d’étouffement symbolique de la revendication nationale palestinienne. Le décès du chef historique de la Résistance palestinienne au terme de trois ans de confinement hideux (novembre 2004) , l’élection dans la foulée deux mois plus tard à Bagdad, l’ancienne capitale des abbassides, d’un Kurde à la tête d’un Etat irakien doté d’un nouvel emblème aux couleurs kurdo-israéliennes (Bleu jaune) (Janvier 2005), le basculement dans le camp américain de Jacques Chirac, le principal opposant mondial à l’invasion américaine de l’Irak, accrédite à tort ou à raison l’idée d’une vaste conjuration occidentale visant à mettre au pas tout récalcitrant à l’ordre américano-israélien dans la zone (septembre 2004).

A l’instar du journaliste pro saoudien Kamel Mroueh, quarante ans plus tôt, Rafic Hariri, le meilleur ami du président français Jacques Chirac, l’homme lige des Saoudiens qui symbolisait par excellence le ralliement au camp occidental, sera à son tour une victime collatérale du conflit des puissances. Il périra carbonisé dans un attentat le 14 février 2005, terrible séisme politique qui met en branle une mécanique inéluctable contre la Syrie et l’Iran.

Pour la deuxième fois de son histoire, l’armée syrienne est contrainte de se retirer du Liban. Le principe d’un tribunal à caractère international est décidé pour juger les assassins de l’ancien premier ministre libanais, au terme d’une enquête diligentée par un fonctionnaire missionné par les Nations Unies. Un tel dispositif, singulier dans les annales judiciaires internationales, ne sera curieusement pas imposé au Pakistan lors de l’assassinat de l’ancien premier ministre Benazir Bhutto, en décembre 2007. Le président pakistanais, il est vrai, est gratifié du titre d’ « allié majeur des Etats-Unis » dans sa guerre contre le terrorisme, qui confère à son titulaire une immunité et le dispense de fastueuses explications. Ce qui n’est pas le cas de la Syrie et de l’Iran.

Le tribunal international pour le Liban et la menace potentielle nucléaire iranienne constituent les deux instruments de la diplomatie occidentale pour amener à résipiscence les deux réfractaires à l’ordre américain, quand bien même la menace nucléaire iranienne se trouve au stade virtuel et sa réalité contestée par les services américains, quand bien même elle est postérieure de soixante ans à la menace nucléaire israélienne, bien réelle, qui hypothèque tout règlement qui ne souscrirait pas au diktat israélo américain.

Israël et les alliés Libanais de l’Amérique subiront cumulativement revers militaires et camouflets politiques depuis 2006, entravant considérablement la mise au pas du Liban, au-delà, la Syrie, l’Iran et la portion palestinienne sous l’autorité du Hamas. C’est ainsi que dans une démarche symétrique mais non synchronisée, le Hezbollah infligera en effet à Israël, l’été 2006, un retentissant camouflet militaire, dont le Hamas s’en inspirera avec succès en mars 2008 au moment de l’invasion de la bande par les forces d’occupation israéliennes, alors que parallèlement les dirigeants maronites, Nassib Lahoud et Amine Gemayel étaient battus répétitivement dans une compétition électorale, dans leur propre fief du Metn, par le principal allié chrétien du Hezbollah le Général Michel Aoun, un échec comparable au revers électoral du président palestinien Mahmoud Abbas face à ses opposants islamistes. Une séquence à tous égards calamiteuse pour l’administration néo-conservatrice américaine.

Le Royaume wahhabite vit comme une rente de situation l’Islam et le pétrole, les deux vecteurs de sa puissance. Puisant son magistère moral de la présence sur son sol des principaux Lieux Saints de l’Islam (La Mecque et Médine), et sa puissance financière de ses gigantesques réserves énergétiques, il consacrera l’essentiel de ses efforts à combattre plus qu’aucun autre pays le nationalisme arabe, mettant sur pied l’Organisation de la Conférence Islamique (OCI), une structure de diplomatie parallèle concurrente de la Ligue arabe. Dans la foulée du revers militaire israélien au Liban, l’été 2006, il se muera, à la grande stupéfaction de la quasi-totalité des observateurs internationaux, en parangon de l’Arabisme. Le chantre de la fraternité islamique pendant trois décennies, accusera, sans vergogne, la Syrie d’avoir pactisé avec l’Iran, la perse antique, pays musulman certes mais non arabe. Une tare indélébile pour le nouveau porte-étendard de l’arabisme

Le « péril chiite » succède alors au « péril rouge » qu’Américains et Saoudiens avaient combattu sans relâche, les décennies précédentes. Dans la foulée du revers militaire israélien au Liban, l’été 2006, l’Arabie se redécouvre arabe pour se démarquer du triomphe du Hezbollah, la milice chiite Libanaise. Négligeant son premier vecteur transnational MBC (Middleast Broadcasting Corporation), elle se sera dotée auparavant d’une chaîne transfrontière du nom d’« Al-Arabiyah » comme pour mieux revendiquer son arabité, un terme qu’elle avait pourtant banni de son lexique diplomatique pendant un demi-siècle.

Ce comportement s’apparente à une mystification. Mais le Royaume qui aura lancé deux plans de paix pour le règlement du conflit israélo-arabe (Plan Fahd, en 1982, Plan Abdallah, en 2002), sans rencontrer le moindre écho tant du côté américain que du côté israélien, ne déviera jamais, malgré cette rebuffade, de sa ligne, à savoir l’alliance privilégiée avec le grand protecteur du principal ennemi des Arabes, Israël, l’usurpateur de la Palestine au regard d’une large fraction de la population saoudienne et arabe, faisant droit à toutes ses requêtes sans hésitation sans la moindre retenue. Et pour cause.

La dynastie wahhabite aura été le principal bénéficiaire du travail de sape opéré depuis trente ans par les Américains et les Israéliens pour réduire la résistance du noyau dur du Monde arabo-islamique : neutralisation de l’Egypte par le Traité de paix avec Israël (1979), destruction de l’Irak (2003), étranglement de la Syrie (2004), caramélisation de la Libye (2005), isolement de l’Iran (2006) au point qu’Israël apparaît en fin de compte comme le meilleur allié objectif des Wahhabites, rare conjonction de deux régimes théocratiques dans le Monde, l’Etat Hébreu n’étant démocratique que pour la fraction juive de sa population. Dans ce contexte, l’Organisation clandestine « Al-Qaida » d’Oussama Ben Laden et la chaîne transnationale arabe « Al-Jazira » apparaissent, rétrospectivement, comme une excroissance rebelle à l’hégémonie saoudienne sur l’ordre domestique arabe, tant dans le domaine politique que sur le plan médiatique

Le sommet de Damas et la concentration navale américaine au large du Liban

Le Sommet arabe de Damas, le premier de l’histoire contemporaine à se tenir dans la capitale le syrienne, devrait symboliquement réunir la Syrie face à tous ses adversaires réunis. Mais les deux patriarches octogénaires arabes, l’égyptien Hosni Moubarak hanté par l’obsession de sa sécurité du fait des nombreux attentats dont il a été l’objet, une vingtaine en 27 ans de règne, et le saoudien Abdallah, tous deux préoccupés de leur succession pourraient le boycotter arguant du blocage de la situation libanaise dont ils imputent la responsabilité à la Syrie, exclusivement à la Syrie, et non également à leurs interférences permanentes sur la scène libanaise d’une intensité comparable à celle de la Syrie, matérialisée par les injections financières régulières de l’Arabie pour le réarmement des milices privées sunnites, leur entraînement en Jordanie et leur encadrement par l’Egypte (2).

La concentration navale américaine au large de Beyrouth a officiellement pour objet de faire pression sur la Syrie et l’opposition libanaise pour faciliter l’élection d’un président de consensus pro-occidental au Liban. Elle vise en fait à percer la carapace du noyau dur du monde arabo-musulman par son maillon faible, le Liban où les pays occidentaux disposent d’une large gamme d’alliés recrutés parmi les anciens chefs de guerre féodaux et claniques, les Chrétiens Samir Geagea et Amine Gemayel, le druze Walid Joumblatt ainsi que leur principal bailleur de fonds, le sunnite Saad Hariri, tous opportunément reconvertis dans la défense de la Démocratie qu’ils n’ont jamais pratiqué et la défense des Droits de l’Homme qu’ils ont constamment bafoués.

Détail piquant qui illustre l’indigence de la « diplomatie du carnet de chèques » maniée de tous temps par les Saoudiens : l’homme en charge du dossier libanais en Syrie pendant trente ans, celui-la même qui était craint par les diverses factions libanaises et redouté par les chancelleries arabes et occidentales qui tonnait la foudre et ordonnait les accalmies, à ce titre responsable au premier chef des dérives syriennes au Liban, le vice-président de la République syrienne Abdel Halim Khaddam.

M. Khaddam, le bien nommé, dont le patronyme en arabe signifie littéralement « le serviteur », reniera singulièrement son militantisme après avoir abusivement ponctionné le Liban, opérant par cupidité la plus retentissante reconversion de l’histoire politique récente, finissant sa vie en factotum de son coreligionnaire sunnite libanais Rafic Hariri. Le millardaire libano-saoudien gratifiera amplement ce transfuge de son reniement en lui offrant la résidence du nabab pétrolier grec Aristote Onassis sur la plus célèbre artère de la capitale française, l’Avenue Foch, alors que son pendant français, l’ancien président Jacques Chirac avait droit à un appartement avec vue sur Seine Quai Voltaire à Paris. Judas a trahi son Seigneur pour trente deniers. D’autres trahisons valent certes leur pesant d’or mais accablent le renégat d’un discrédit à vie.

Ramollir le noyau dur du Monde arabe par l’invasion répétitive de Gaza, fief du mouvement islamiste Hamas, le harcèlement du Hezbollah par des opérations de diversion des politiciens libanais, la neutralisation de la constellation du Douwal al Moumanah, l’alliance de fait entre le Hamas palestinien le Hezbollah libanais, la Syrie et l’Iran qui se considère comme le système de pré alerte visant à immuniser le monde arabo-musulman contre le virus de la soumission à l’hégémonie israélo-américaine. Epuiser le dernier îlot de résistance en prélude à une éventuelle offensive contre l’Iran qui donnera la possibilité à George Bush d’opérer une magistrale culbute, passant, de par son piètre bilan, de pire président des Etats-Unis, au plus grand génie politique de l’histoire contemporaine. Donne crédit supplémentaire à cette hypothèse, la démission à la mi-mars de l’amiral William Fallon, commandant en chef du commandement central, la zone couvrant l’arc de crise allant de l’Afghanistan au Maroc, en désaccord avec la stratégie de l’administration néo-conservatrice.

Le Monde arabe constitue avec l’Amérique latine l’une des rares de zone de contestation de l’hégémonie américaine. Au delà des vives critiques fondées et justifiées sur les turpitudes syriennes, l’hermétisme de son régime, son autarcie, sa bureaucratie et son népotisme, comparables en cela aux autres régimes arabes même les plus proches de la grande démocratie américaine, si l’implosion du Liban venait à surgir entraînant dans son sillage le collapsus de la Syrie, une longue période de servitude et de tribalisation s’ouvrirait alors pour les Arabes, Sunnites et Chiites, Salafistes ou Soufistes, Malekites, Chaféites, Hanafites ou Hanbalites, Kurdes et Druzes, Alaouites et Wahhabites, voire même Maronites.

Et Le Liban chéri ne sera plus qu’un « Hariristan » à l’image du Kurdistan irakien, voire même du bantoustan palestinien que les Israéliens et les Américains s’appliquent à édifier sur les lambeaux de la Palestine. Et la perte du Liban sera alors pleurée comme l’aura été la perte de la Palestine, comme auparavant la perte de l’Andalousie : abondamment

Avec pour reliquaire, en guise de méditation aux apprentis sorciers qui sillonnent ce pays depuis si longtemps en toute impunité, cette apostrophe du poète français Jean Racine :

Pleure, Pleure cette nuit cruelle

Qui fut pour tout un peuple une nuit éternelle.

http://renenaba.blog.fr

Références

1-La Révolution dans la rancoeur » (Editions Julliard 1967), ouvrage épuisé, du journaliste libanais Edouard Saab, ancien Rédacteur en chef de l’Orient - Le Jour et ancien correspondant du journal Le Monde au Liban, tué durant la guerre civile libanaise.

2-Les étranges alliances des groupes radicaux islamistes. Enquête sur l’implantation d’Al-Qaida au Liban cf Le Monde diplomatique-février 2008 de Fida’a Itani

Sur le même thême, Cf aussi l’article de Seymour Hersch dans le New Yorker (mars 2007) sur les affrontements du camp palestinien de Nahr el Bared, nord du Liban, entre l’armée libanaise et des groupés armés palestiniens sunnites. Affrontements de trois mois particulièrement meurtriers pour l’armée libanaise qui se sont achevés par la reddition du camp mais l’évaporation mystérieuse du chef du commando palestinien, -ainsi que ”The Middle East, the Gaza Bombshell” by David Rose - April 2008- Vanity Fair.

*René Naba

Ancien responsable du monde arabo-musulman au service diplomatique de l’Agence France Presse, ancien conseiller du Directeur Général de RMC/Moyen orient, chargé de l’information.

Rene Naba est l’auteur des ouvrages suivants :

« Liban : chroniques d’un pays en sursis » Editions du Cygne janvier 2008 , « Aux origines de la tragédie arabe » - Editions Bachari 2006. "Du bougnoule au sauvageon, voyage dans l’imaginaire français"- Harmattan 2002.

« Rafic Hariri, un homme d’affaires, premier ministre » (Harmattan 2000). « Guerre des ondes, guerre de religion, la bataille hertzienne dans le ciel méditerranéen » (Harmattan 1998).

Du même auteur, à lire en ligne sur Oumma.com :

Vos réactions et commentaires sur cet article

Par Guiason - le 21 mars 2008
Je suis d’accord à 100%. René Naba perçoit toujours les situations avec réalisme et intégrité. La Syrie est isolée, son seul partenaire est l’Iran. On cherche à isoler l’Iran et la Syrie, deux partenaires dont on veut couper la solidarité, quand ce lien sera coupé, l’attaque de l’armée américaine pourra alors s’effectuer avec certainement un bombardement aérien pour faire tomber ces régimes et mettre à la place des regimes soumis à la "paix américaine", c’est-à-dire l’ordre américain.
Par Rachid ZANI - le 21 mars 2008
A ce cher David dont la vocation est la continuité à colporter le message subliminal de ces propagandistes haineux : http://www.rue89.com/2008/03/20/goasguen-les-palestiniens-et-le-peuple-sauvage-de-terroristes N’était-ce pas là encore la preuve du deux poids deux mesures ? Alors que l’occident dénonce l’attentat de la yeshiva, pourquoi ne dénonce t-on pas avec la même verve, les 130 tués par l’aviation israélienne parmi lesquels figure des enfants en bas-age dont un nourrisson notamment ? Pourquoi l’armée israélienne continue t-elle à "liquider" les opposants alors que le hamas à appeler à un cesser le feu unilatéral ? Sans doute à cause de la sacro-sainte notion de "démocratie" dont vous êtes féru David , nest-ce pas ?
Par Sophia - le 20 mars 2008
Bonnes questions Andalus et pourquoi ne pas continuer : est que la création d’Israel justifie la mort de milliers de libanais et de palestiniens ?
Par ideal - le 20 mars 2008
Andalus : moi entre des meurtriers comme georges bush et ben laden, tony blair et saddam hussein je n’en choisis aucun. Je préfére une autre alternative. : celle de la paix entre les peuples.
Par Fany - le 20 mars 2008
Comme dans toute colonisation les peuples n’ont pas le droit de disposer d’eux-memes.Hier au nom de la civilisation aujourd’hui au nom de la democratie.C’est une recolonisation avec pillage, torture,propagande et humiliations.Avant d’envahir l’Irak,Bush a vu le film la bataille d’Alger.Ce qui signifie qu’il s’inspire des pires methodes coloniales.Je pense que les peuples arabes ont bien compris que c’est une colonisation plus hard que celle d’hier.Donc qu’on ne vienne pas disserter sur le retard et le manque de democratie dans les pays arabes qui croulent sous le joug d’un colonialime a l’autre sans avoir le temps de se relever.De plus le conflit Israel-Palestine,la politique etrangere americaine et le petrole sont des sources d’alienation.La syrie recalcitrante n’a pas que des saints en face d’elle.
Par Nanny - le 20 mars 2008

la plupart des intervenants se croient obligés d’aller dans le sens de ceux qui dénoncent les régimes dictatoriaux des pays Arabes.

1° Cela ne regardent que les peuples de ces pays 2° il est ridicule d’ajouter du crédit aux dénonciations de ceux qui ont été nos colonisateurs car ils ne peuvent par magie se préoccuper de notre bien être après nous avoir exploités 3° lorsqu’on sait avec quel cynisme ils poussent les dirigeants à se faire la guerre, à opposer les peuples, à les déstabiliser , à faire des individus des agitateurs ou des espions

Ces dictateurs font du mieux qu’ils peuvent dans des contextes difficiles , dans un monde dominé par les intérêts de peuples féroces qui ne sont gouvernés que par leurs intérêts. Evidemment, après avoir appauvri, tué et fait disparaître les autres peuples , ils peuvent se vanter d’être démocratiques.La Syrie est un peuple ancien, raffiné, civilisé et le fait que les Syriens garde leur fierté et ne vont pas à la soupe américaine ( si tant est que cette soupe ne soit pas au final financée par les Arabes) c’est la preuve que de petits peuples peuvent résister et la résistance a un coût que d’aucuns appellent dictature alors que c’est le reflexe de se souder autour d’un chef lorsque le danger rôde.Dans le monde Arabe le danger n’a pas fini de rôder.

Par Ideal - le 20 mars 2008
Non David CHemla c’est pas vraiment ma tasse de thé. La paix aux conditions d’Israel, à l’avantage d’Israel, à la faveur d’Israel et dans les intérêts d’Israel. Non rien de nouveau, rien d’interressant dans ces écrits. désolée !
Par alandalus - le 20 mars 2008

c moi je sais très bien que les américains ne sont pas des saints !

je ne trouve aucune excuse aux occidentaux qui ont soutenu et armé le régime de saddam pas plus que je ne trouve d’excuses à la françafrique ! mais est ce que l’union soviétique faisait mieux ? est ce que l’héritage colonial suffit à justifier la corruption et le sous développement économique dans le monde arabe ? est ce que l’existence d’israel justifie la confiscation des libertés et les dictatures ?

non. et c’est pour ça qu’entre george bush et ben laden, entre tony blair et saddam hussein, je n’hésite pas un quart de seconde !

david

Par alandalus - le 20 mars 2008

Ideal, dans les journaux, il y a de tout : le monde et libé sont plutôt défavorables à israel, le point et le figaro plus favorables. toutes façons, il est tout à fait normal de dénoncer les erreurs d’israel et elles sont nombreuses mais ça m’énerve qu’on présente le hamas et le hezbollah comme de gentils petits partis politiques avides de paix et de coexistence. parce que le hezbollah a quasiment les capacités de destruction d’une petite armée régulière grâce à la syrie et à l’iran. le hamas c’est presque ça aussi.

en ce qui concerne les tirs de missiles, comment voulez vous qu’israel fasse ? il n’y a plus un seul israélien civil ou militaire à gaza depuis plus de 3 ans et le hamas continue à tirer quotidiennement des dizaines de missiles sur des territoires qui sont israéliens depuis 1948 ! quel pays resterait les bras croisés ? je ne dis pas que je trouve que c’est bien de répliquer comme israel le fait : ça n’a pas fait diminuer les tirs ! mais qu’est ce qu’il peut faire d’autre ? est ce que l’onu acceptera d’envoyer des casques bleus empêcher ces tirs ? est ce que le hamas accepterait que ces casques bleus viennent à gaza ? j’en doute beaucoup. donc en attendant, israel réplique. c’est terrible, mais je ne vois pas vraiment ce qu’il peut faire d’autre.

en ce qui concerne le hamas et le hezbollah, ça ne vous choque pas que leur projet soit quasi totalitaire ? qu’ils aient mis en place une véritable police de la vertu presque aussi dure que celle des talibans ? qu’ils tirent délibéremment depuis des zones remplies de civils pour pouvoir accuser israel de tuer des enfants au cours des représailles ? moi si.

c’est pour cela que je pense que le hezbollah et le hamas sont les pires ennemis des palestiniens qui veulent la paix. et on sait très bien que c’est la majorité.

c’est pareil qu’en israel : il y a des tarés qui veulent transférer les arabes israéliens et les palestiniens de l’autre coté du jourdain ! il y en a qui veulent le grand israel ! mais ce n’est pas la majorité !

je ne juge pas les iraniens en fonction de ahmadinedjad ni les palestiniens en fonction de nasrallah ou des leaders de cheikh yassin. je sais que le nationalisme palestinien vaut mieux que le hamas.

fais la même chose : ne juge pas israel en fonction de barukh goldstein ou yigal amir ! le sionisme ne se résume pas à shamir, bibi ou sharon (qui a quand même évacué gaza !).

en palestine, en israel il y a des modérés qui ont conscience que la seule façon d’arrêter la guerre c’est de reconnaitre la légitmité de l’autre partie.

d’où mon conseil de lecture : batisseurs de paix de david chemla.

david

Par Sophia - le 20 mars 2008
Alandalus : un petit conseil d’ami tu devrais un peu moins regarder les journaux télévisés de TF1 et Antenne 2 parce que cela ne te reussi pas. La propagande semble un peu trop bien prendre sur toi et semble stériliser tes neurones. Tu as tendance à reprendre mot pour mot les arguments de ceux qui veulent justifier l’injustifiable.
Par Fany - le 20 mars 2008
Andalus affirme que ce sont les irakiens qui commettent les attentats !En realite personne n’en sait rien.La seule chose de sure c’est que du temps de Saddam il y avait zero attentat.Ce qui laisse a croire que les forces colonisatrices provoquent directement ou indirectement les attentats.Pour en revenir a la Syrie tant que la politique occidentale dans la region sera une politique d’affrontement entre les puissances et tant que le probleme israelo-palestinien ne sera pas resolu les nations arabes seront soumises et sur leur garde pour entreprendre un changement necessaire.En d’autres termes quand fichera-on la paix aux arabes ? Au propre comme au figure !
Par cmoi - le 20 mars 2008
A David alandaloussi, l’Irak était plus stable sous le règne du dictateur Sadam. Ce Sadam, comme tu le sais, a été soutenu, armé par les états unis. Bien sûr quand il massacrait les Kurdes ou les chiites, les occidentaux fermaient leurs yeux. Il doit y avoir une centaine de milliers de morts civils et ces morts ne sont pas tous attribués à ce que tu appelles, contrairement à moi, à des terroristes. Les américains sont loin d’être des saints et, comme tu le sais aussi, ne se sont pas installés en Irak, en bafouant toutes les lois internationales, pour instaurer la démocratie. Ils y sont pour contrôler les ressources énergétiques. Ils n’ont rien à fiche de la population irakienne. D’ailleurs ils tuent pas mal de femmes et enfants mais à chaque fois ils parlent de dommages collatéraux. Enfin bref arrête de regarder la Une et de lire le figaro ou le point
Par ideal - le 20 mars 2008
Oui andalus vous avez raison ce ne sont pas les américains qui tuent mais les terroristes. Les américains eux sont plus civilisés, ils utilisent des moyens plus radicaux armes bactériologiques, bombes à fragmentations, tortures, viols, meurtres commis par les mercenaires et de préférence, sur les enfants, les femmes, les vieillards mais surtout sur les hommes désarmés Mais cela c’est de la guerre propre, pas de bruit, pas de journalistes pour voir, pas de témoins puisque systématiquement massacrés.
Par Laurent - le 20 mars 2008

M. Naba, de nombreuses erreurs viennent discrediter certains de vos propos, tant sur l’equilibre strategique de la guerre froide que sur l’Arabie Saoudite.

Dire que l’URSS fut un allie arabe, c’est tout bonnement mystifier la complexe realite historique. L’URSS fut tout d’abord le premier pays a’ reconnaitre de jure la creation de l’Etat d’Israel. Par la suite, si elle accepta de livrer de armes et de fournir des conseillers militaires et civils -notons que les Etats-Unis en firent de meme vis à vis de leurs relais locaux- ce ne fut que pour maintenir des Etats Arabes dans sa sphere d’influence. Jamais l’Union Sovietique ne decida de soutenir suffisamment les Etats Arabes ou la resistance palestienne pour que celles-ci soient en mesure de vaincre "l’entite sionniste".

Un perpetuel statut-quo permettait a’ l’URSS de maintenir la dependance -et par la’ la fidelite- des Etats Arabes. Leurs causes n’apparaissaient aux yeux du Kremlin que comme des donnees secondaires, lorsqu’elles n’etaient pas tout simplement ignorees.

Concernant l’Arabie Saoudite, les fautes melent le factuel a’ la lecture ideologique.

En 1966, tout d’abord, le Roi Saoud n’etait plus le souverain -et ce depuis deux ans- apres que ses freres l’aient exile au profit de Fay#al, en 1964.

Mais surtout, dire que l’Arabie Saoudite etait contre le nationalisme Arabe est une grossiere simplification, pour ne pas dire une contre-verite.

Fondateur de la Ligue Arabe des 1945, les dirigeants successifs de l’Arabie saoudite ne se sont pas oppose au nationalisme Arabe mais au "Socialisme Arabe" de Nasser, qui bien qu’evoquant regulierement la fraternite arabe, a caus’e ou soutenu plusieurs guerres intra-arabes (separation de l’Egypte et du Soudan, guerre au Yemen et en Oman, putchs manques en Jordanie et dans la peninsule, etc.) Enfin, quand l’Egypte se retrouva ruinee suite a’ sa terrible defaite en 1967, et la fermeture temporaire du canal de Suez qui s’en suivit, c’est bien vers la solidarite arabe de l’Arabie saoudite que s’est tourne le Rais Egyptien lors de la conference arabe de Khartoum, allant meme jusqu’a’ accueillir en personne le Roi Faycal a’ sa descente d’avion ! Un comble quand on sait les tentatives de coup d’Etat que le Caire prevoyait. Mais conscient de l’importance fondamentale d’une cooperation Le Caire-Riyad, Fay#al accepta de subventionner massivement l’economie Egyptienne. Ces subventions ne s’arreteront d’ailleurs que lorsque Sadat trahit ce que Fay#al appelait "l’Unite Arabe", en choisissant de negocier unilateralement avec les Israeliens.

Plus recemment dans le domaine de la solidarite economique entre pays arabes, rappelons que l’Arabie saoudite est le createur et le premier financier de la Banque Islamique pour le Developpement qui est particulierement active en Egypte, au Soudan, au Maroc et au Yemen.

Dans le domaine de la cooperation politique arabe, Riyad est a’ l’origine du Conseil de Cooperation du Golfe Arabe, cree en 1981, qui a harmonise les programmes scolaires des pays de la peninsule, harmonise les pratiques tarifaires et lance des projets communs dans les domaines de la Defense, de la Culture, des infrastructures regionales (autoroutes, voies ferrees, etc.) Le CCG devrait d’ailleurs lancer sa monnaie unique en 2011-2012.

Des discours incantatoires et ephemeres nasseriens a’ l’austere pragmatisme saoudien, certes bien moins charismatique, l’Histoire du monde Arabe a tranche.

Pour comprendre cette region, un peu plus de rigueur de la part de tous serait la bienvenue.

Laurent

Par Ideal - le 20 mars 2008

Andalus : Vous dites que ce site est 100 % défavorable à Israel, c’est surement vrai mais avouez qu’il est pratiquement le seul et que les sites, journaux, livres, hommes politiques etc...sont favorables à 100 % à Israel. Nous sommes donc encore trés loin d’un quelconque équilibre la dessus.

Je comprends et respecte le fait que vous défendiez Israel. Ce qui est gênant c’est la manière dont vous le faites. En effet, les israeliens qui ont chassés les palestiniens de leurs territoires, massacrés leurs ancêtres, fait exilés leurs famille, pillaient leur terre, bombardaient régulièrement les territoires occupées sous n’importe quel prétexte, poussés les Palestiniens vers des enclaves stériles et j’en passe, se permettent de poser leurs conditions aux Palestiniens. Inverser les rôles à coup de propagande, de lois et de fric faut oser le faire, en mettant à égalité une armée d’une puissance comme israel avec un mouvement comme le Hezbollah ou le Hamas. En bombardant des civils palestiniens à coup d’armes ultra sophistiqués, pour répondre à des tirs de missiles qui blessent plus qu’ils ne tuent. En violant tous les accords d’Oslo....enfin nous savons tous, vous comme moi ce qu’il en est.

Nous savons aujourd’hui qu’Israel ne veut aucunement la paix avec les Palestiniens, qu’Israel veut tous les territoires sans exception ce que le ministre israel à traduit par la "shoah aux Palestiniens" et si Israel pouvait en plus déborder sur les territoires alentours elle le fairait sans gène si l’Iran et la syrie ne lui faisaient pas barrage.

Par alandalus - le 20 mars 2008

urluberlu je ne rentre pas dans ce débat : je pense le sionisme légitime parce que les juifs sont un peuple et comme tous les peuples, ils ont droit à leur Etat. or, le seul endroit du monde où ils ont le droit de le construire cet Etat c’est sur la terre de leurs origines, même si ces origines sont très très lointaines et partiellement mythiques : en israel. t’es pas d’accord, ça m’est bien égal. en fait t’es le symétrique des pires faucons du likoud qui disent : "les palestiniens, c’est pas un peuple c’est juste des arabes. des pays arabes il y en a plein et en plus ils ont déjà leur Etat : la jordanie." tes propos me paraissent aussi inacceptables que les leurs.

les israéliens d’aujourd’hui n’accepteront jamais de partir et tu le sais très bien : ils se sont battus pour avoir leur Etat et ils se battront pour le garder. donc si tu restes sur ta position "que les juifs rentrent chez eux", tu exclus d’emblée la négociation et donc la paix. donc tu n’as rien d’autre à proposer aux palestiniens que la poursuite d’une guerre qu’ils mènent depuis 60 ans sans succès. l’autre solution, c’est une position de compromis, comme moi : 2 Etats pour 2 Peuples. solution comme je l’ai dit partiellement injuste mais la seule qui ait une chance de déboucher sur la paix, la création d’un Etat palestinen et la fin des violences.

le 20 mars 2008

"Les Etats-Unis ont permis de démocratiser l’Irak et de libérer son peuple de tyrannie de Saddam Hussein"

Ce n’est pas moi qui le pense, mais notre ministre des affaires étrangère...vous savez bien celui qui transporte des sac de riz sur son dos à la télé...

et dire qu’avec des conneries pareilles il est devenu ministre...

Si quelqu’un cherche un poste à responsabilité dans ce gouvernement vous savez ce qu’il vous reste à dire...

C’est malheureux mais c’est comme ça...

Pour l’Irak c’est fini, il faut maintenant s’en prendre à la Syrie

Exemple de phrase pouvant vous faire briller : "La monarchie baassiste instauré par la famille Assad opprime le peuple Syrien, qui cherche à se libérer de cette Tyranie. Nous avons "le devoir" d’aider ce peuple"

Par alandalus - le 20 mars 2008

amazone le post ne m’est pas adressé mais j’y réponds quand même : quels "colons" américains ? il y a des rednecks du texas installés à bassorah ? première nouvelle ! qui aujourd’hui perpètre des attentats contre les CIVILS irakiens ? ce ne sont pas les soldats américains que je sache : ce sont des terroristes irakiens, oui des terroristes parce que si c’étaient des résistants ils viseraient des soldats américains et pas leurs propres compatriotes civils. je ne me souviens pas que jean moulin ait jamais fait sauté un car scolaire à paris, ni en allemagne d’ailleurs.

faut arrêter de divaguer.

david

Par Urluberlu - le 20 mars 2008

Hey Andalus,

Tu parles des "israéliens russes, maghrébins ashkénazes" et je rajoute les éthiopiens, les américains et les européens etc, ils n’ont qu’a commencer par rentrer dans leur pays respectif ! Sa fera déjà moins de monde au tour de la table pour régler le problème !

On amène des gens d’autres pays s’approprier des terres et pour cela on a rasé des villages et expulser des gens de leur propres terres.. C’est rien d’autre que de la colonisation depuis 48 et même avant (48 n’étant que l’officialisation et l’aval international, enfin l’aval des plus forts quoi)... Bien entendu les juifs qui étaient déjà là on toute leur place sur ces terres !

Je te dis juste, la France est restée en Algérie 130 ans, a tenté de tout détruire culturellement, a importé des populations, on aurait pu croire que c’était fini mais "chassez le naturel et il revient au galop", tôt ou tard l’histoire réparera les erreurs des hommes qu’on le veuille ou non, je ne me fais pas de soucis sa peut prendre 130 ans ou plus mais tout rentrera dans l’ordre.

J’attends déjà ta réponse de sioniste en mal de légitimité....

Quand à l’article de Mr Naba, encore une fois magnifique, merci de nous faire profiter de votre savoir et de vos analyses toujours aussi intéressantes !

Par Amazone - le 20 mars 2008

A Louis : Je trouve vraiment que vous ne manquez pas de toupé. En effet, venir nous parler d’instabilite en Irak où les morts se comptent par milliers... si la mort de milliers de femmes et d’enfants, la destrustruction de tout un pays, le pillage de toute une civilisation, le vol des richesses, l’installation des colons américains, le viol des femmes et l’importation de la mort à grande echelle ne se traduisent que par le mot INSTABILITE, y’a de quoi désespéré de la nature humaine !

Mais il est vrai Louis, que ce n’est pas votre pays qui est en lambeaux, ce n’est pas votre femme qui est violée, ce ne sont pas vos enfants qui meurent sous les bombes, ce ne sont pas vos frères et soeurs qui sont torturés et ce n’est pas vous qui risquez de mourir à n’importe quelle seconde lors d’un si hypocrite dommage collatatéral.

Un proverbe arabe dit :"celui qui n’a jamais été victime du feu ne peut en ressentir la douleur"

Par alandalus - le 20 mars 2008

Lous je suis d’accord avec toi sur un point : les palestiniens sont victimes de l’histoire. mais ils ne sont pas les seuls : quid des turcs de grèce et des grecs de turquie expulsés en 1920 ? quid des allemands expulsés de pologne ou de tchecoslovaquie ? quid des hindous du pakistan et des musulmans de l’inde expulsés en 1947 ? et quid des juifs des pays arabes ? les "échanges" de population sont nombreux dans l’histoire. ça veut pas dire que ça se fait sans douleur et que c’est "juste" : c’est juste que c’est la seule solution pour arrêter le massacre !

évidemment que la solution 2 Etats pour 2 Peuples est partiellement injuste : les palestiniens peuvent dire tel aviv c’est chez moi ! mais il y a des juifs qui sont présents à bethleem à nazareth ou à hébron depuis des centaines d’années et pourtant ils vont bien être obligés d’évacuer la cisjordanie !

la solution de 2 Etats c’est la moins mauvaise parce qu’elle permet de concilier les deux nationalismes, c’est à dire à la fois de les reconnaitre comme légitimes et de limiter leurs prétentions. et je pense sincèrement que c’est la seule façon qu’il y ait la paix : l’idée d’un Etat binational est un leurre ! car comment imaginer que deux peuples qui se sont fait du mal depuis 60 ans puissent du jour au lendemain se trouver une quelconque solidarité ? les israéliens russes, maghrébins ashkénazes ont déjà du mal à se mettre d’accord entre eux ! et les arabes non plus ne sont pas les meilleurs amis du monde : regarde les rapports entre tunisie, maroc et algérie, les tentatives d’union arabe syrie, égypte, les rapports jordanie syrie ! personne ne leur demande de former un seul Etat : pourquoi le demander précisément aux israéliens et aux palestiniens ?

david

Par Urluberlu - le 20 mars 2008

Lous,

A quand une intervention USA/Europe en Chine, en Egypte, en Jordanie (pays alliés des USA), en Tunisie, au Maroc et en Algérie aussi ! Car tout ces pays sont tenus par des dictateurs qui font et feront tout pour rester au pouvoir, ha oui mais c’est vrai Chine à part (trop puissante) les autres pays sont des suppôts des USA... (je ne parle pas des pays d’afrique sub Saharienne...)

Je résume,

 Tu es dictateur et agi dans mon intérêt (même contre ta population), je te soutiens a la vie a la mort (de ton peuple).
 Tu es dictateur ou pas et tu agis contre mon intérêt, je te bombarde, toi et tes civils bien sur, au pire je te boycotte pour faire souffrir ton peuple...

Le Hamas palestinien avait respecter une treve totale d’un an avant son election par le peuple palestinnien, il a été aussitot boycotté, pourquoi ? Il ne reconnait pas israel, bizarre israel ne reconnait pas la palestine et pourtant elle sous perfusion depuis sa création...

Gardez votre morale à géométrie variable...

Et je le répète Saddam n’était pas un tendre, c’était un dictateur on est d’accord !

On impose pas un mode de gouvernance ou une culture, il faut que le changement vienne de l’intérieur, c’est là votre problème.... Et il faut accepter que certains peuples vivent différemment des occidentaux avec d’autres valeurs ! Qu’est ce que la démocratie sinon la loi du plus fort en nombre...la majorité a elle toujours raison ??? pas forcement...

Par Lous - le 20 mars 2008

alandalus que dirais-tu à enfant palestinien dont les grands parents ont été chassés de leur terre et de leur logment, qui demande justice, et qui demande de revenir sur sa terre. Tu lui diras désolé, mais c’est trop tard, restes où tu es et si tu reviens chez toi, il y a un risque de guerre civil.

Drôle de façon de répondre à une injustice

Par alandalus - le 20 mars 2008

lous, si les réfugiés palestiniens (3,5 millions de personnes avec leurs descendants) rentrent en israel, ce ne sera pas 2 Etats pour 2 Peuples : ce sera : 1 Etat pour deux peuples : israel avec 5 millions de juifs + 1,5 million d’arabes israéliens + 3,5 millions de réfugiés avec guerre civile assurée et 1 Etat pour 1 peuple : la cisjordanie et gaza vidés de leurs juifs je te confirme que cette solution ne me convient pas ni surtout aux israéliens !

l’intégration des arabes israéliens est évidemment un gros problème, comme dans tous les pays du monde où est présente une forte minorité. néanmoins, ils bénéficient de beaucoup plus de droits que les citoyens égyptiens ou syriens ou libanais. il y a évidemment beaucoup de choses à faire mais israel demeure ce qui se rapproche le plus d’une démocratie dans la région. la moins mauvaise solution serait qu’israel s’engage dans la voie d’un patriotisme constitutionnel à l’allemande selon la formule d’habermas, qui permettrait de concilier l’idéal sioniste d’un foyer national juif et la nécessité de prendre en compte la réalité de la population israélienne.

la guerre démocratique, je ne connais pas. et tirer des missiles depuis des zones civiles, c’est démocratique ? crois tu qu’isarel continuerait à bombarder gaza si les hamas arrêtait de balancer des qassams sur sderot et ashkélon qui je le rappelle sont dans les frontières d’israel depuis 1948 et non 1967 ?

là aussi, tu vois, les tors sont partagés.

david

Par Lous - le 20 mars 2008
alandalus, tu es contre le droit au retour des Palestiniens qui ont été chassés de leur terre , de leur maison. Etonnante démarche pour quelqu’un qui se veut pacifiste. Israël est une démocratie, en théorie, est-elle démocratique pour tous les arabes israéliens ? Tu sais je suis un peu bête, mais je note beaucoup d’incohérence dans tes propos ? Les bombardements de populations civiles sont-ils un acte démocratique ou une nouvelle conception de la démocratie à coup de canons ?
Par alandalus - le 20 mars 2008

homa j’ajoute que contrairement à la syrie, israel est une démocratie. ça veut pas dire que c’est la maison du bonheur mais ça fait quand même une sacrée différence avec la syrie !

david

Par alandalus - le 20 mars 2008

Homa,

c’est bien le problème : comme 100% des articles sont défavorables à israel sur ce site, je ne peux jamais expliqur que, bien que je sois sioniste et donc attaché à l’existence d’israel, j’ai plein de réserves à faire sur sa politique passée et présente.

je l’ai dit 150 fois : je suis favorable à la solution 2 Etats pour 2 Peuples qui implique :
- la reconnaissance de la légitimité du sionisme et du nationalisme palestinien
- l’évacuation de la cisjordanie le long de la ligne verte (avec rectifications de frontières si accord entre les parties)
- la renonciation au droit au retour en israel des réfugiés
- le partage de jérusalem, capitale des deux Etats

est ce que ça fait de moi un "impérialiste" ?

si malheureusement cette solution n’a pas encore été adoptée, c’est la faute des israéliens et des palestiniens.

les israéliens qui n’ont pas arrêté l’extension des implantations depuis oslo, qui n’ont pas su profiter de la "fenêtre de tir" entre la mort d’arafat et l’élection du hamas, qui n’ont pas su se mettre la communauté internationale de leur côté au moment de l’enlèvement des soldats par le hezbollah, qui doivent lever les mesures qui entravent la circulation des personnnes et le développement économique de la cisjordanie

les palestiniens qui n’ont pas non plus voulu ou pu faire diminuer la violence pendant oslo, qui n’ont pas su se rendre compte que malgré ses défauts, barak était le premier ministre israélien qui a fait (et fera) le plus de compromis, qui n’ont pas compris que la relance de l’intifada équivalait à un suicide politique dès avant le 11 septembre, qui ne se rendent pas compte qu’israel n’acceptera jamais que des missiles pleuvent sur ses villes depuis un territoire qu’il a évacué.

le défi n’était pas très difficile à relever.

ça te va ?

david

le 20 mars 2008

Très bon article. Comme d’habitude.

Ce qui choquant, c’est l’hypocrisie des occidentaux, que les médias pseudo indépendants (cf les liens médias-politiques-financiers) relayent sans aucune critique.

On nous parle souvent des droits de l’homme bafoués en Syrie, en Iran...mais on ferme souvent les yeux sur le totalitarisme du royaume saoudien.

Sans vouloir défendre le régime syrien, je pense que la Syrie moderne doit être cité en exemple d’un point de vie cohabitation religieuse. J’ai des amis Syriens Chrétiens qui ne cessent de le confirmer.

La Syrie est souvent montrée du doigt dans les divers rapports des ONG (comprenez bien organisations financées par les gouvernements occidentaux pour des fins d’ingérence). En effet la Syrie ne fourni aux 1.5 millions de réfugiés irakiens toute l’assistance nécessaire. Je rappelle que le PIB de la Syrie ne dépassent pas les résultats annuels d’Exxon....

Equilibre des forces oblige, à camp pro US, il faudra un camp anti US. Lorsque l’Egypte a changé de camp, l’Iran a pris as place. Toute action entraîne une réaction, c’est de la physique. Même les Etats-Uniens ne peuvent rien y faire.

Ce qui esr rassurant, c’est que ce pays est en phase de déclin : Intolérance, volonté de guerre, libertés bafouées, complexe militaro-indusriel à son appogée....des signes qui ne trompent pas. La crise des subprimes ne va pas tarder à ébranler la puissance US

Par Lous - le 20 mars 2008

A urluberlu, vous avez un raisonement urlubuesque.

Pensez-vous que les millions de vitimes de Saddam Hussein, les kurdes, les chiites, les sunnites, ce peuple irakien qui a subi le règne de ce dicateur sanguinaire sans scrupule, prêt à massacrer une partie de son peuple pour se maintenir au pouvoir.

Vous voulez que je continue. l’Irak passe par une phase d’instabilité, mais retrouvera bientôt sa grandeur passée.

Par Ernest - le 20 mars 2008
La Syrie joue le rôle de bouc-émissaire. Rôle joué auparavant par l’Irak. La Syrie et l’Iran sont sur la liste : « régimes à abattre » des faucons de Washington qui sont déterminés à déclencher une nouvelle guerre, alors que les USA entrent dans une grave crise économique. La guerre est souvent un des moyens requis pour sortir de la récession. La Syrie et l’Iran futurs victimes de la crise des subprimes américains.
Par Urluberlu - le 20 mars 2008

Lous,

à la question "Qui regrette aujourd’hui le régime de Saddam Hussein ? ".

Je répondrai les centaines de milliers si ce n’est les millions d’irakiens morts à cause de la guerre et ses conséquences, les millions de personnes qui font partis de ces familles touchées..... ? Les chretiens d’Iraks qui étaient biens plus en sécurité sous Saddam que maintenant ? Les familles americaines, anglaises qui comptent aussi leur morts pour des interets financiers ? Les familles de tout ces gens pris en otages et egorgés ? Daniel Pearl ? La liste est elle assez longue ??

les USA on fait une guerre dans le mepris du droit international (pas de mandat de l’ONU, rappelons le quand même, c’est donc une agression...), intervention basé sur des mensonges, ou sont les armes de destructions massives ? Ou sont les armes chimiques ? ou sont les preuves du soutien de Saddam a Al Qaida ??

Ouvrez un peu les yeux et arrêter de regarder la télé !! Je dis pas que Saddam était un tendre mais qu’il y avait mieux que la guerre pour le peuple irakien et pour le monde....

Andalus, un pays du moyent orient ou historiquement les couleurs des différents drapeaux sont rouge,blanc, vert, noir et qui passe du jour au lendemain a un drapeau bleu bien sur que c’est louche ne faites pas l’aveugle !!

Par Homa - le 20 mars 2008
alandalus, toi qui est un défenseur d’Israël, c’est ton droit amigo. Mais ce que tu reproches à la Syrie, on peut faire le même constat pour Israël. Oserais-tu le faire par intégrité et par souci de justice. C’est un petit défi que je te lance, toi qui joue les fier-à-bras et nous fait la petite leçon à chaque fois que tu apparais.
Par Lous - le 20 mars 2008
Personne je dis bien personne, pas même les syriens ne pleureront l’effondrement du régime syrien fondé sur la terreur. Qui regrette aujourd’hui le régime de Saddam Hussein. Personne ! Que les USA attaquent la Syrie, peut contribuer à changer ce régime de fer et implacable.
Par Bancoque - le 20 mars 2008
C’est toujours un bonheur de vous lire Monsieur Naba. Vos articles sont des petites merveilles de connnaissance. Un plaisir toujours renouvelé.
Par Jabri - le 20 mars 2008
Les Etats arabes sont tous des états au service des USA et de leur politique de domination et de refonte de la région vers toujours plus de désordre, de pauvreté et de violence. Il n’ y aucun régime arabe qui mérite notre respect.
Par alandalus - le 20 mars 2008

"Etat irakien doté d’un nouvel emblème aux couleurs kurdo-israéliennes (Bleu jaune)" : ce simple bout de phrase montre le caractère partisan de tout l’article. avoir du bleu dans son drapeau implique-t-il nécessairement d’être un suppôt des "impéralistes" ?!

on a bien compris la pensée de m. naba : l’intégralité des maux du moyen orient s’explique par l’influence de l’amérique et de ses alliés. par voie de conséquence, tout régime s’opposant à cette influence est forcément digne de respect même quand il s’agit d’un régime quasi totalitaire comme la syrie.

ainsi, pas un mot sur la confiscation des libertés, ni sur la corruption, ni sur la situation économique catastrophique de la syrie, pas un mot sur l’absence de reconnaissance du liban par la syrie, pas un mot sur le marchandage accepté par la syrie lors de la première guerre contre l’irak en 1989-90 (accords de taef), pas un mot sur le sponsoring que la syrie a accordé aux milices chrétiennes d’ali hobeika qui ont perpétré les massacres de sabra et chatila. et last but not least, m.naba, dont le sens de l’ironie me surprendra toujours, qualifie la syrie de régime "laïc" !

bref, on rie bien mais on n’apprend pas grand chose.

Par Jean christophe - le 20 mars 2008
D’après vous, Mr NABA, les Frères musulmans sont des intégristes. Si le régime syrien détruit la moitié de la ville de HAMA à coups de canon c’est de la faute des frères musulmans bien sûr. Ah bon, ce n’est pas l’ancien dictateur qui a envoyé ses troupes pour massacrer les femmes et enfants à HAMA mais c’est son frère et puis c’est les Saoudiens qui ont financé ces intégristes. Avec ce genre de raisonnement, on peut trouver des excuses à tous les criminels du monde entier : c’est l’Iran qui finance les intégristes du Hamas donc d’après vous c’est normal que les israilien se "défendent" comme ils le font à GAZA.
le 20 mars 2008
salam : Franchement monsieur rené NABA ; je ne vois pas l intérêt de votre article . Voila un pays arabe courageux malgré tous ses défauts , qui soutient contre vent et marrais un pays frère et musulman ; qui est sous les projecteurs occidentaux et qui risque de subir le même sort que l iraq ; mais que moi j admires et soutiens. Ce n est pas par ce que l iran est un pays chi’ite qu il ne doit pas avoir notre soutien contre cet occident arrogant et impérialiste . Je vois que les arabes on la mémoire courte ; et surtout des convictions volatile . Ici je ne parle pas de conviction religieuse . Soyons solidaire avec nos frères syriens et iraniens . Car pour moi l axe du mal ; c est avant tout : l amérique israel et l angleterre . Tous ensemble contre l hégémonie occidentale ; et ne rentrons pas dans leurs jeux on nous divisant . Avec l aide de Dieu in chaa allah on gagnera cette guerre idéologique . wa assalam (moha)
Par Pousta - le 20 mars 2008
Merci Mr NABA pour ce cours magistral d’histoire contemporaine. J’espère vous relire encore et encore sur ce site.
Par Dalino - le 20 mars 2008
La Syrie est un Etat néfaste pour la région. L’Etat surien a pratiqué la repression sur son propre peuple.

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