Sus au minaret ! Le nouveau cri de guerre de militants du FN à Bayonne

Enfourchant leurs destriers pour éradiquer un islamisme un peu trop galopant à leur goût, des membres actif

lundi 10 août 2009

Enfourchant leurs destriers pour éradiquer un islamisme un peu trop galopant à leur goût, des membres actifs du FN du Pays Basque cherchent désespérément à se remettre en selle, à l’heure où leur formation politique exsangue et disqualifiée n’est plus que l’ombre d’elle-même.

Alors que les grands travaux de la première mosquée qui verra le jour à Bayonne - en retrait du centre ville – sont bien avancés, permettant à terme à près de 3 000 musulmans de la côte basque de pouvoir se recueillir dignement, une plainte déposée le 31 juillet contre cette construction pour « excès de pouvoir dans l’attribution d’une parcelle de terrain, et irrégularités dans les obligations légales de transparence vis à vis du projet final », a jeté un pavé dans la mare de la communauté musulmane locale.

Sous le pseudo à l’évocation pastorale qui fleure bon le terroir « le Comité de Défense des Paysages de France », une cinquantaine d’activistes du FN se mobilisent, se défendant de tout esprit partisan, mus par la seule défense de la démocratie en danger et d’un patrimoine national en péril. Chimère, quand tu nous tiens…

Sus au minaret ! tel est en filigrane le cri de ralliement de nos cinquante réfractaires. Leur angle d’attaque s’est imposé de lui-même : l’édification d’un minaret haut d’une dizaine de mètres, un symbole architectural qu’il leur était facile d’agiter en épouvantail d’une invasion en marche…

Donnant le ton, Louis-Pierre Clementi, Président du Comité et Secrétaire départemental du FN pour les Landes, a lancé les hostilités dans une métaphore pour le moins vénéneuse : « Nous agissons par principe de précaution, comme pour de l’arsenic que l’on vous aurait peut-être mis dans votre verre d’eau », assénant : « Nous n’avons rien contre les musulmans mais la présence d’un minaret, visible de partout et duquel va jaillir des prières en arabe, et pas en français, nous nous y opposons ! ».

De son côté, Mohamed Nejjoum, Président de l’association des musulmans de la côte basque et artisan de ce projet, loin de baisser les bras, voit au contraire dans ces basses manœuvres, familières du FN, le bien-fondé de la mosquée conforté : « Le discours de l’extrême-droite se nourrit des fantasmes de salles de prière obscures et dissimulées. Ce projet à Bayonne, c’est tout le contraire, puisque le lieu sera identifié, accessible, transparent, afin de visualiser l’existence d’une communauté ouverte au dialogue inter-religieux, républicaine ».

N’est-ce pas là la meilleure réponse à opposer à des populistes en déroute, qui souhaiteraient revenir à l’âge d’or de leur parti, au temps des mots d’ordre ultranationalistes qui galvanisaient l’opinion publique ?

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