Succès de la marche des indigènes

Le collectif initiateur de l’Appel « Nous sommes les indigènes de la République ! » se félicite du s

dimanche 8 mai 2005

Le collectif initiateur de l’Appel « Nous sommes les indigènes de la République ! » se félicite du succès de la manifestation qu’il organisait à Paris le 8 mai 2005.

Sept mille manifestantes et manifestants ont défilé dans l’enthousiasme et l’émotion pour demander : Justice, Egalité, Dignité.

La variété des cortèges, la détermination des participantes et des participants, la confiance dans l’avenir des mobilisations que l’on pouvait lire sur les visages nous confirment dans l’analyse que nous tirions de notre réunion du 16 avril dernier : la dynamique des indigènes de la République est bien partie.

Huit mai, jour de fête, jour de deuil. Par milliers, celles et ceux qui héritent de la mémoire coloniale ont voulu montrer à la République ses contradictions, en rappelant que le même jour où prenait fin la seconde guerre mondiale par la capitulation des armées nazies, de nouveaux massacres ensanglantaient les peuples vivant sous la domination coloniale de la France : Ceux de Sétif et de Guelma au cours desquels étaient assassinés par milliers les algériennes et les algériens qui réclamaient égalité, justice, dignité, et indépendance. Bientôt suivis de massacres toujours plus terribles, du Cameroun à Madagascar, ces crimes ont sombré dans l’oubli de la bonne conscience républicaine : c’est une fierté des ‘indigènes de la République’ que d’avoir pu contribuer à les sortir de cet oubli, que d’avoir rappelé la société française à son devoir de mémoire. Au cours d’une cérémonie émouvante au cours de laquelle un rescapé de Sétif a pris la parole, la place du 8 mai 1945 a été débaptisée en « Place Sétif-Guelma - en mémoire de tous les crimes coloniaux ».

Le Ministre français des Affaires Etrangères, Michel Barnier, prétend qu’il serait déjà temps de tourner cette page de l’histoire. Avant de la tourner il faut que la société française prenne le temps de la lire. Nous préserverons la mémoire vivante des crimes du colonialisme, tant que cette mémoire ne sera pas devenue un héritage commun. Nous veillerons sur cet héritage par respect pour l’histoire et les morts. Et par respect pour l’égalité et les vivants, tant qu’il y aura en France des ‘indigènes de la République’, nous lutterons contre les discriminations et humiliations qui caractérisent le néo-colonialisme, par lequel le passé colonial de la France demeure présent dans la vie quotidienne de millions de personnes.

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