Soulaimane Chemlal, fondateur d’Avant l’Heure : l’islam en héritage

Parce qu’il est toujours temps de s’imprégner des sources scripturaires, d’approfondir ses connaissance

mardi 29 juin 2010

Soulaimane Chemlal, fondateur d’Avant l’Heure : l’islam en héritage

Psychologue de formation, Soulaimane Chemlal a créé la maison d’édition Avant l’Heure, qui a fait de l’enseignement et de la transmission de l’islam sa pierre angulaire, sous un angle original, pédagogique et attractif, susceptible de passionner un large public de 7 à 77 ans, musulmans comme non-musulmans.

Parce qu’il est toujours temps de s’imprégner des sources scripturaires, d’approfondir ses connaissances, voire de découvrir la quintessence du message coranique, parce que Soulaimane Chemlal a reçu l’islam en héritage, Avant l’Heure aspire à répondre aux questions essentielles que se pose tout croyant, mais également aux interrogations profondes qui taraudent la société française sur l’islam. Rencontre avec le fondateur et auteur d’une maison d’édition qui a choisi de mettre l’islam en mots et en scène pour faire sens.

  •   Soulaimane Chemlal, vous êtes à la fois le fondateur et unique auteur de votre société d’édition « Avant l’Heure ». Quelle est la vocation essentielle de votre structure, dont l’appellation est riche de sens ?

    Oui, c’est vrai, mais nous comptons soutenir dès que possible, in châ Allâh, d’autres auteurs. Certains nous ont déjà fait part de projets de haut niveau fort intéressants, toutefois notre priorité du moment est de présenter notre politique éditoriale et de développer notre notoriété.

    Avant l’Heure a trois grandes vocations : d’abord celle de présenter l’islam en français, son esprit, ses principes, ses croyances et sa spiritualité de manière pédagogique, claire et très accessible, pour tous. Nous proposons des livres faciles et agréables à lire, qui sont des ouvrages de science religieuse susceptibles de susciter l’intérêt d’un public de toutes sensibilités et croyances, mettant en lumière l’influence des connaissances sur la vie du croyant. Celle ensuite de rendre accessibles à tous les lecteurs francophones des connaissances religieuses détaillées, authentiques et pointues, non vulgarisées, avec un niveau d’explicitation que l’on ne trouve généralement qu’en arabe. Enfin, celle de présenter des connaissances dans une perspective pragmatique, en les expliquant et en soulignant de quelle manière elles modifient la compréhension et le comportement du croyant.

    Nous sommes convaincus que ce qui distingue les croyants entre eux, ce n’est pas tant l’étendue de leur savoir, ni ce en quoi ils croient, ni leurs pratiques, que la force du lien qu’ils ont avec Dieu, la force des sentiments d’amour, de vénération, d’espoir et de crainte qu’ils éprouvent vis-à-vis de Lui. C’est tout cela qui donne vie et valeur aux croyances et à la pratique du croyant. C’est tout cela qui sera jugé dans l’Au-delà et que contiennent nos livres, car ce sont des points essentiels que tout croyant doit avoir mûri avant de mourir. Précisément Avant l’Heure.

  •   Quel a été votre parcours avant de vous lancer dans cette aventure éditoriale ?

    Je suis psychologue de formation. J’ai enseigné la psychologie et effectué des recherches dans les domaines du raisonnement, et des relations entre la pensée et le langage. Les systèmes de compréhension et de transmission de l’information chez l’être humain sont au cœur de mes préoccupations. Ils sont au cœur de l’islam bien évidemment. Sur le plan clinique, il m’arrive encore de faire des consultations, mais peu par manque de temps. Côté religion, j’étudie depuis le berceau, d’abord avec mon père, puis avec des enseignants en religion et des imams, dont certains accordent une grande attention à ce que nous éditons. Sur le plan éditorial, apprendre sur le tas, par soi-même, n’est pas la panacée. J’ai donc travaillé pour des maisons d’édition généralistes ou éducatives afin de développer mes compétences.

  •   Vous êtes l’auteur prolifique d’une collection de romans sur l’islam, dont l’originalité réside dans le choix du personnage central : Jaddi Chrif, un grand-père, jeune retraité de l’enseignement. Comment est née cette idée narratrice, et pourquoi ce choix d’un personnage récurrent, grand-père qui plus est ?

    Nos premiers livres racontent en effet les enseignements transmis par un grand-père, Jaddi Chrif, à ses trois petits-enfants, des lycéens de 15 à 17 ans. Autour de ces quatre là, gravitent d’autres personnages, comme la grand-mère, la voisine, des amis, les jeunes de la mosquée, et d’autres encore à venir. L’idée de la maison d’édition est née de la volonté d’exposer l’islam aux lecteurs francophones, de manière limpide et lumineuse. C’était l’objectif de départ : une présentation utile et exploitable immédiatement. C’est comme cela que j’ai appris l’islam et l’esprit de l’islam, c’est comme cela que je le communique aux miens et à ceux que je rencontre.

    Les premiers musulmans ont toujours recherché comment utiliser au mieux les connaissances émanant de la Révélation. C’est dans cet esprit que j’ai commencé à écrire. Je me suis rendu compte que pour atteindre tous mes objectifs, il fallait entrer au cœur des situations d’apprentissage, des jeux de questions-réponses, des problèmes à résoudre, des raisonnements. Décrire des situations où des personnages, comme vous et moi, apprennent à comprendre l’islam s’est imposé comme une évidence. Et ainsi est née notre première collection « Jaddi Chrif raconte… ».

    Le vrai « personnage » de cette collection, c’est la situation d’apprentissage elle-même. Il fallait inviter le lecteur à suivre un cours, à suivre les échanges, les remises en question, ou les questions qu’il se pose lui-même ou qu’on lui pose, le faire entrer dans une sorte d’aventure pédagogique. Avec un grand-père - dont l’importance dans la famille est un trait commun à toutes les cultures - ses enfants et petits-enfants, le lecteur peut plus facilement s’identifier à une famille qui ressemble à la sienne, ou à celle qu’il souhaite construire. Plus anecdotique enfin, mon père m’a toujours beaucoup parlé de ce que son père lui apprenait. Et ce grand-père que je n’ai pas bien connu, mais dont je me sens si proche, s’appelait Chrif.

  •   Ciblez-vous un public en priorité, ou bien vos romans s’adressent-ils au plus grand nombre, musulmans comme non-musulmans ?

    Nous voulions faire des livres qui s’adressent à tout le monde et qui puissent être lus selon différentes perspectives, avec différents objectifs. Et grâce à Dieu, c’est ce que nos lecteurs nous font remonter. Nos livres sont lus comme des histoires, notamment par les plus jeunes. Ils sont très prisés pour la clarté de leurs informations, la précision et l’utilité des connaissances, puisque nous expliquons, sur la base des propos des savants, chaque mot arabe, chaque concept, chaque verset et parole prophétique que nous mentionnons. Les parents, qui les lisent avec leurs enfants, les utilisent comme de vrais supports éducatifs, tandis que les enseignants de religion établissent leur programme à partir de nos écrits. Enfin, nos ouvrages sont une mine précieuse d’informations pour en savoir plus sur l’islam et notamment sur la manière dont les musulmans se référent à leurs sources sacrées, comme c’est le cas de non-musulmans.

  •   Des personnages secondaires interviennent dans chacune de vos histoires, notamment une amie catholique de la famille, dénommée Christine. Aspirez-vous à favoriser une meilleure compréhension entre tous, et à privilégier le vivre-ensemble ?

    De fait, oui, et c’est important. Expliciter le message islamique qui est par nature universel, du Créateur à Ses créatures, c’est rendre lisible pour tous un propos qui s’adresse déjà à tous. De nombreuses valeurs, notamment les valeurs morales, éducatives, ou sociales sont déjà partagées par les gens de principes. Psychologiquement, les gens se sentent plus proches les uns des autres quand ils se connaissent mais surtout quand ils partagent des valeurs. Présenter ces valeurs communes comme étant des exigences religieuses pour le musulman, par lesquelles il se rapproche d’Allâh, contribue non seulement à la paix civile, mais conduit également à percevoir Allâh et l’islam par rapport à soi et à ses valeurs, non plus seulement comme la religion hermétique de l’autre avec lequel je n’ai rien en commun.

    Des non-musulmans, après nous avoir lus, nous ont avoué qu’ils avaient découvert à quel point le bon comportement et les bonnes mœurs étaient au cœur du message islamique. Et grâce à nos livres, nous espérons que le musulman ne sera plus comparé à un individu qui appelle les autres à lui, comme on appellerait un soldat à trahir les siens, mais plutôt à un citoyen qui exhorte à la Justice sous toutes ses formes : la justice universelle, en commençant par la justice dans la foi et envers le Créateur unique, dans ce qu’Il dit et ce qu’Il fait. Quelqu’un qui, même quand il n’est pas suivi dans ce domaine, n’en oublie pas son devoir religieux de se dresser contre toutes les autres injustices et les oppressions, qu’elles touchent les êtres vivants et les sociétés, ou encore l’environnement et notre planète.

  •   Vos ouvrages peuvent se lire indépendamment les uns des autres, où peut-on se les procurer ?

    Actuellement, nos livres sont accessibles dans la plupart des librairies généralistes sur commande, dans les magasins Fnac, sur Internet auprès de nos partenaires dazahid.com, fnac.com, amazon.com, entre autres, et auprès d’un grand nombre de librairies islamiques en France et enfin sur notre site www.avantlheure.com.

    Propos recueillis par la rédaction.

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