Samedi 26 mai 2012
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Sortir de la confusion

Dans une société régie par des principes laïques, constitutionnellement et culturellement efficients, l’identité religieuse n’est pas un statut social, mais une conviction personnelle, qui peut nourrir un engagement politique et citoyen, mais qui ne peut pas le déterminer, ni dans les slogans, ni dans les urnes. Le recours à la rhétorique religieuse pour valider ou invalider un engagement politique doit être, donc, définitivement abandonnée. Il n’a réussi, jusqu’à présent, qu’a produire de la confusion, de la perdition et souvent, de l’instrumentalisation

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Dans un précédent article, nous tirions un bilan de ces cinq dernières années concernant l’évolution de la communauté musulmane, en France.

Le vote de la loi du 15 mars 2004, la division des mouvements anti-loi et le développement progressif d’un certain radicalisme intracommunautaire, avaient fait émerger la nécessité, pour les courants réformistes, d’œuvrer et d’établir ensemble, une base commune de travail, une grande réforme, collective, basée sur une approche globale, incluant tous les acteurs religieux (imam, cadre associatif, penseur, intellectuel et fidèle/citoyen).

Ce bilan serait incomplet si nous n’évoquions pas une autre question qui, se pose avec une acuité particulière : la confusion récurrente, obsédante et déterminante, entre l’action politique, délimitée et comprise dans son sens électoraliste et institutionnel, et l’action religieuse. Une confusion entretenue par les structures associatives musulmanes, menant ou organisant des actions de nature politique, parallèlement et simultanément à une gestion cultuelle.

Il faut bien le dire, cette concomitance et la menée simultanée de ces deux registres, par les mêmes structures, ne fonctionnent pas. Pour plusieurs raisons.

Le paradigme de la confusion

Tout d’abord, rappelons qu’il existe une différence fondamentale de nature et de vocation entre le champs politique et religieux.

La religion crée naturellement du lien spirituel, fraternel et communautaire, entre les hommes. Elle demeure, dans son essence, un message de paix délivré aux humains pour les libérer du mensonge, des passions de l’âme et de l’injustice. Un message de lumière, destiné à les mener vers la vérité de la foi et les détourner de la fausse adoration des faux dieux, pour les conduire vers la véritable adoration du vrai Dieu. Telle est sa vocation.

La politique est le champs du conflit, de la ruse et de la persuasion. Parfois aussi, de la trahison. Elle divise autant qu’elle unit et elle unit souvent les uns, pour mieux diviser les autres. Le politicien n’a pas d’autres finalités que d’exercer sa volonté à dominer les autres . Il convoite le bas-monde et, son pouvoir une fois conquis, ne cesse d’aspirer à en posséder un plus grand.

Ce comportement, nous pouvons l’observer à tous les échelons du pouvoir. Le militant de base aspire à être élu municipal et l’élu à être maire. Le maire convoite le poste de député et le député ambitionne d’être ministre. Quant au ministre, il se verrait bien chef de gouvernement, et ce dernier, chef d’état.

L’objectif du politique est donc triple : acquérir, exercer et conserver le pouvoir.

La vocation du religieux est tout autre. Elle se résume ainsi : connaître, vivre et partager sa foi.

Cette confusion, en dépit de son apparente hétérogénéité, est largement répandue au sein de la oumma, au point d’en former une caractéristique, une espèce de marque de fabrique. On la retrouve à l’œuvre chez l’ensemble des acteurs musulmans, depuis l’association locale (association de quartier) jusqu’aux organisations départementales et fédérations nationales, en passant par les gestionnaires de lieux de culte, et quelquefois, les intellectuels.

Elle découle, pour l’essentiel, de la fameuse formule : « en islam, il n’y a pas de séparation entre politique et religion ». Une formule devenue un véritable paradigme islamique et qui n’est pas dépourvue de tout fondement. Après tout, le réceptacle de la révélation divine, le Prophète Muhammad (PBDSL) est également le fondateur d’une Cité-Etat, Médine, qu’il a dotée d’une constitution établie sur un mode égalitaire, inexistante avant lui. En ce sens, le califat, c’est à dire la dimension sociale et politique de l’islam, organisée et formalisée, est une institution prophétique. Une institution poursuivie par les successeurs du Prophète, ses compagnons, ses califes, qui surent exercer un double magistère, à la fois politique et religieux. Ceci est un fait historique indéniable.

Mais tous ces faits, ces principes et ces vérités, ont pris naissance dans un contexte historique et géographique, particulier, que l’on ne peut pas ignorer. Un modèle, fruit d’un contexte, qui n’est donc pas exportable, sans conditions.

Rappelons également un autre point essentiel, signalé maintes fois par les théologiens et les juristes musulmans. S’il n’y a pas divorce complet, séparation définitive, entre religion et politique, il y a bien, en revanche, une distinction entre ces deux sphères, toutes deux régies par deux principes inverses.

Le champs purement religieux, al ‘ibadat, se définit par la règle générale de l’interdiction de toute pratique ou croyance qui ne serait pas issu d’un texte (Coran ou sounna). Le champs du social, al mou’amalat, se définit par la règle contraire : tout y est autorisé, dans le cadre et la limite déterminés par les textes.

La morale peut-elle résister au pouvoir ?

Il n’y a donc jamais confusion des genres mais bien distinction, identification entre ce qui relève du politique ou du religieux, chaque sphère ayant ses propres critères d’évaluation, sa méthodologie.

Ceci nous amène à nous interroger sur la relation dialectique entre religion et politique, à travers une question fondamentale et fondatrice, on le verra, d’une certaine école de pensée politique : la morale peut-elle résister à l’exercice du pouvoir ?

La question mérite d’être posée, débattue et méditée car elle demeure pertinente, aujourd’hui plus que jamais. Une question universelle, à laquelle les musulmans, par la richesse morale, spirituelle et philosophique de leurs références, peuvent apporter, sinon une réponse totalement satisfaisante, du moins une contribution intéressante.

A cette question philosophique, Machiavel répondit par la négative. La morale n’a pas sa place en politique car le politique a un statut particulier et des lois particulières, qui ne sont pas celles de la morale. La duplicité, la manœuvre et le calcul y règnent en maîtres. Une application de la morale en politique pourrait s’avérer, selon lui, désastreuse.

Il peut même arriver que la pratique du cynisme et d’une certaine immoralité soit, au final, plus conforme aux intérêts d’un peuple et plus juste pour lui. C’est tout le paradoxe de la conception politique du pouvoir, selon Machiavel.

Cette conception pessimiste de la politique, elle même fondée sur une anthropologie et une vision philosophique pessimiste de la nature humaine, une vision chrétienne qui pense l’homme comme prisonnier de la peccabilité (disposition au péché) de son père (Adam), a trouvé son aboutissement le plus fécond chez le philosophe allemand Carl Schmitt.

Son héritage conceptuel se résume à deux analyses majeures, formulées ainsi : les concepts modernes de la politiques sont des concepts théologiques sécularisés* (1). Les critères distinctifs, propres à la politique, sont les notions d’ami et d’ennemi* (2). Deux analyses qui puisent, là encore, leurs inspirations d’un registre et d’un argumentaire théologique, basés sur une conception pessimiste de la nature humaine, foncièrement et naturellement disposée au mal.

Il n’est pas question ici d’approfondir et d’épuiser la question philosophique de la relation entre religion et politique. Ce n’est pas l’objet de ce texte. Mais on peut voir, à la lumière de ces exemples, que cette relation entre politique et religion, est plus complexe et fusionnelle, qu’on ne veut bien l’avouer. Dans cette perspective, la politique s’inspire et s’approprie le théologique, pour mieux le nier.

C’est bien cette tradition de pensée, exprimée aujourd’hui dans ce que l’on appelle la Realpolitik, le réalisme politique ou la politique du réel, opposé à l’idéalisme politique, qui s’est imposée, sinon dans les valeurs et les discours, du moins dans les pratiques et les faits.

Une seconde question essentielle, s’impose alors à nous. Comment dépasser cette contradiction formelle, entre l’aspiration théologique et la réalité politique ? Comment réconcilier ces deux paradigmes, qui plus est dans un cadre laïque et pluraliste, où la distinction politico-religieuse est fondatrice ?

Sous la lumière de la pensée

En postulant deux choses. Le paradigme théologico-politico-islamique est valable, pertinent, dès lors qu’il est abordé et appréhendé dans le champs vaste et lumineux, de la pensée. Dans notre contexte actuel, c’est le seul et authentique espace de légitimité et de liberté, qui lui permette d’exister, de se développer, à la manière d’un concept. La pensée, la vie de l’esprit, à l’image de l’eau, dont elle possède les propriétés symboliques, pénètre tout ce qui s’offre à elle. Elle parvient à se diffuser et à se mouvoir, quel que soit l’obstacle qui se dresse sur sa route. Mieux, elle irrigue, nourrit et purifie en profondeur, tout ce qui se présente, à son contact. Seule la pensée, par sa vivacité, son dynamisme, sa transversalité et sa perméabilité, permet et autorise le traitement et l’évaluation de la question théologico-politique, dans toute sa complexité.

Le champs pratique et politique de la praxis, ne le permet pas, car il ne répond pas, dans la réalité européenne qui est la nôtre, aux conditions et aux exigences qu’impliquent une action politique menée et revendiquée sur la base des principes de l’islam. Tout simplement parce que l’on ne réalise pas, dans une société pluraliste, d’action politique en faveur ou à destination d’une minorité seule. Cela s’appelle du clientélisme et c’est une pratique qui est, non seulement politiquement illégitime, mais également moralement condamnable.

Dans une société régie par des principes laïques, constitutionnellement et culturellement efficients, l’identité religieuse n’est pas un statut social, mais une conviction personnelle, qui peut nourrir un engagement politique et citoyen, mais qui ne peut pas le déterminer, ni dans les slogans, ni dans les urnes.

Le recours à la rhétorique religieuse pour valider ou invalider un engagement politique doit être, donc, définitivement abandonnée. Il n’a réussi, jusqu’à présent, qu’a produire de la confusion, de la perdition et souvent, de l’instrumentalisation. Dans leur ouvrage commun, Marianne et Allah, Vincent Geisser et Aziz Zémouri, nous ont fourni de nombreux exemples de cette instrumentalisation, qu’entraîne ce mélange des genres, chez les musulmans.

La solution passe, chez les responsables associatifs, par la clarification, c’est à dire le choix de la spécialisation. Ce choix comporte quatre vertus majeures.

Il permettra aux citoyens de foi musulmane, qui souhaitent s’engager politiquement, de développer un discours fondé sur des valeurs qui soient universelles, laïques, applicables et valables pour tous, dans et par lesquelles ils pourront rejoindre d’autres citoyens, animés par d’autres convictions philosophiques ou religieuses. Cette pluralité confessionnelle et philosophique, cette neutralité religieuse et cet universalisme rationnel, sont les conditions de l’engagement politique.

Il préservera les fidèles et la foi musulmane des vicissitudes et des fourvoiements possibles de l’action politique, qui peuvent saper les fondements moraux de l’action religieuse.

Il apaisera considérablement les rapports entre acteurs réformistes, dégradés par une profonde défiance qui est le résultat de plusieurs conflits, de nature politique.

Enfin, et ce n’est pas le moindre des paradoxes, cette dichotomie pratique nous apparaît comme l’option la plus proche, dans son application, des objectifs prioritaires et des finalités définies par la Shar’ia, en particulier l’exigence et la pratique de la justice, pour tous.

Cette spécialisation est souhaitable car elle apportera de la clarté et de l’efficacité, en ce domaine. La religion et la politique sont deux disciplines, deux voies cruciales, de notre existence. Elles requièrent un engagement complet et cohérent, de l’organisation et de l’application dans la tâche, pour qu’elles puissent, encore et toujours, demeurer à la hauteur de leurs enjeux. Et Dieu sait qu’ils sont nombreux.

Notes :

1-La Théologie politique, éditions Gallimard.

2-La notion de politique, éditions Garnier-Flammarion.

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Commentaires

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Excellent texte qui nous donne effectivement à réfléchir : le citoyen musulman, si il veut s’engager politiquement, doit être capable de traduire en principes universels ses croyances. Cela demande non srulement un effort intellectuel important, mais aussi une capacité à sortir d’un certain dogmatisme voir d’un certain conformisme.

En tout cas ce n’est pas impossible, puisqu’à Bagdad, à l’époque du mejliss el kalam, musulmans, chrétiens, juifs, athés débattaient en s’obligeant à ne jamais utiliser d’arguments religieux ou issus de leur tradition religieuse

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Voila bien l’argument de base des tenants (au sens propre) de cette thèse :

"Il préservera les fidèles et la foi musulmane des vicissitudes et des fourvoiements possibles de l’action politique, qui peuvent saper les fondements moraux de l’action religieuse."

Comment peut-on accepter des repésentants indignes de l’Islam et se dire musulman ? C’est inconcevable, la niaiserie qui consiste à croire que le meilleur (c’est de cela dont li s’agit) ne peux sortir vainqueur que par des coups bas sur lesquels il faut fermer les yeux est tout simplement pitoyable mais propre à l’idéologie capitaliste.

Pour comprendre, l’Islam fixe des règles difficiles surtout pour un combat (d’abord sur soi et ensuite face aux autres). Des règles qui font que le vainqueur est forcément un être au dessus du lot (pas juste un tricheur) et digne de représenter la communauté dont il a la responsabilité.

Le prophète sws, n’a pas fait preuve de respect et de grandeur envers ses ennemis ? Que ce soit en position de force mais surtout en position de faiblesse.

Peux-tu m’éclairer sur ta conception et l’intérêt de la politique. Tu vises quoi ?

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"La religion demeure, dans son essence, un message de paix délivré aux humains pour les libérer du mensonge, des passions de l’âme et de l’injustice"
l’essence même du message originel ,remplacé par les néo-discours politiciens sous l’influence de l’argent-roi.
La course effrénée vers cette chimère qu’est l’argent,empêche l’individu de penser par lui-même .Il devient automatiquement contrôlable et par la même manipulable lui inculquant que le religieux est à bannir de ses pensées car il est un obstacle à son développement.
la lobotomisation de l’esprit, fait disparaitre son identité et s’égarer l’individu.

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salam alaikoum.
Le 16 février dernier, la chaîne pour enfants Gulli a refusé le droit de participer au jeu « In ze boîte » à un garçon qui ne voulait pas changer son prénom : Islam.
Alors que le CSA s’apprête à mesurer la diversité sur les chaînes de télévision, l’une d’elle, Gulli fait d’ores et déjà parler d’elle. En mal. La chaîne jeunesse de la TNT, Gulli, a en effet été prise en flagrant délit de discrimination, en écartant un enfant d’un de ses jeux, parce qu’il s’appelait Islam.

Le 16 février dernier, le garçon de 9 ans, originaires de Colombes dans les Hauts de Seine, a rendez-vous dans les locaux d’Angel Productions pour participer à des essais, l’ultime sélection avant l’enregistrement de son émission préférée, « In ze boîte ». « Une dame nous a dit : ‘il y a un problème, votre fils ne peut pas garder son prénom. S’appeler Islam, c’est comme porter un voile pour une fille »,
Un autre employé de la boîte de productions lui aurait ensuite dit qu’il représentait une religion qui n’est pas aimée des Français.

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La question qui se pose est la suivante :
Est-ce raisonnable que de s’engager dans la vie politique en tant que musulman ?
Je pense qu’il est très dangereux de lier son appartenance religieuse et la vie politique régissant un pays comme la France.

Qui peut s’identifier en tant que musulman à un parti politique ?
"Je suis musulman....donc logiquement de droite"
"Ah bah non la gauche correspond plus aux valeurs musulmanes"

étant apolitique depuis bien longtemps (et l’histoire me donne bien raison) je pense qu’il ne faut pas mettre au même niveau la foi et la politique.
La foi est tout de même un cran au dessus. Elle ne peut se résumer à quelques notions idéologiques défendue par tel ou tel parti.

Rien que le fait d’essayer de mélanger Religion et politique me paraît être une atteinte à la religion

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Dommage que l’auteur de cet article ne prenne pas la hauteur nécessaire pour ce genre de sujet. Lors d’un échange avec un rédacteur algérien les mêmes arguments fallacieux étaient avancés "la religion est trop noble pour la pervertir avec la politique". Si les hommes ne savent être nobles qu’est-ce qui justifient que le peuple leur confie de telles responsabilités ? Quid de la perversion politique de l’homme et de ses responsabilités (dont par exemple le modèle occidentale dépossède).

Au lieu de poser clairement et honnêtement le débats, ces individus façonnés par la loi du plus fort, ne proposent rien d’autre que la consécration de l’ordre monétaire dont ils ont reçus formation et protection.

En somme loin d’agir dans l’intérêt général ils agissent, parfois par simple niaiserie, conformément à l’intérêt du plus fort et à son hégémonie.

Pourtant ce que dit l’auteur n’a rien de nouveau et à déjà prouvé ses échecs. Si on écarte deux minutes l’analyse dominante pour se pencher objectivement sur le sujet, on constate que la situation actuelle est issue de l’échec des postures pronées par le texte :

1. A l’étranger au lendemain de l’indépendance, la plus part des pays musulmans ont mis en place des modèles calqués sur le socialisme ou le libéralisme. On connaît le résultat : droit dans un mur (et on voit encore les résultats de la même propagande mis en oeuvre par le FMI).

2. Sur le plan interne, les marches et manifestations à portée nationale n’ont jamais été à caractère religieux sauf timidement lors de la stigmatisation de l’Islam en France et en occident en général . Ainsi la "marche des beurs" en 1983 (ça fait loin) n’a pas évité l’amplification de la ghétoïsation, l’analphabétisme, la discriminaion, l’exclusion, ... On a vu la réaction face aux émeutes : c’est la faute à l’Islam, c’est le Rap, c’est des étrangers...

Il y a je crois, de la part de l’auteur et des pseudo-tenants actuels de la thésouille prônées ici, une méconnaissance des deux thèmes abordées : la Politique d’un côté qui n’est pourtant qu’une fonction sociale pas une fin en soi et l’Islam de l’autre qui est perçue sous l’angle de l’interprétation séculière.

Les musulmans (puisque c’est de cela dont on parle ici) manque de maturité (ce qui n’est pas rédibitoire si chacun accepte de s’écouter) et de clairvoyance (pourtant il y a de quoi faire).

Ne faudrait-il pas plutôt que de lancer des vérités qu’on ne maîtrise pas, proposer un débat entre les différents courants pour que les uns et les autres s’écoutent enfin.

Comment il y a quatorze siècle ont-ils put avoir la sagesse de relativiser la parole humaine et les positions humaines en vérifiant les sources et en posant les débats entre des personnes réputées pour leur savoir et leur droiture ? Alors qu’aujourd’hui les pseudo-modernistes (opportiniste, sans action, fécondé in vitro) ne sont même pas capables de poser un débat et de confronter leur point de vue ?

Wa salam alaykoum

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Je lis rapidement le "chapô" de votre article et je me dis : "d’accord, mais alors pourquoi les idéologues républicains auraient-ils, eux, le droit d’être anti-religieux ?. L’esprit anti-clérical, reprend vigueur, semble-t-il ... .

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ça peut peut-être t’aider à sortir de la confusion :

LA CROIX (QUOTIDIEN CATHOLIQUE FRANÇAIS)

Le ministre allemand de l’Intérieur, Wolfgang Schäuble, a indiqué au Bild am Sonntag que l’Allemagne accueillerait des réfugiés irakiens. On parle de 30 000, principalement des chrétiens. Le 19 mars, Bernard Kouchner avait indiqué que la France, quant à elle, allait recevoir environ 500 Chaldéens. La Suède a déjà accordé le séjour à 14 000 Irakiens, là aussi principalement des chrétiens.

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Je lis rapidement le "chapô" de votre article et je me dis : "d’accord, mais alors pourquoi les idéologues républicains auraient-ils, eux, le droit d’être anti-religieux ?. L’esprit anti-clérical, reprend vigueur, semble-t-il ... .

Oui effectivement, celà n’est que la conséquence du retour de l’ordre religieux dans le domaine de la politique.
L’anti cléricalisme s’était modéré quand les religieux s’étaient modérés soit entre la fin de la seconde guerre mondiale et la fin des années 70. Mais entre la montée de l’islamisme politique révélée par la révolution iranienne, le retour du conservatisme chrétien dans les couloirs des présidences et ministères dans nombre de pays occidentaux, plus l’abandon de l’apaisement de vatican II par le vatican, il s’est créé un climat qui a ravivé l’anti cléricalisme par réflexe de défense des valeurs démocratiques et humanistes que ces divers mouvements parallèles remettent en cause, même en france plus ou moins insidieusement.

La religion crée naturellement du lien spirituel, fraternel et communautaire, entre les hommes. Elle demeure, dans son essence, un message de paix délivré aux humains pour les libérer du mensonge, des passions de l’âme et de l’injustice. Un message de lumière, destiné à les mener vers la vérité de la foi et les détourner de la fausse adoration des faux dieux, pour les conduire vers la véritable adoration du vrai Dieu. Telle est sa vocation.

La politique est le champs du conflit, de la ruse et de la persuasion. Parfois aussi, de la trahison. Elle divise autant qu’elle unit et elle unit souvent les uns, pour mieux diviser les autres. Le politicien n’a pas d’autres finalités que d’exercer sa volonté à dominer les autres . Il convoite le bas-monde et, son pouvoir une fois conquis, ne cesse d’aspirer à en posséder un plus grand.

C’est trés caricatural comme discours, mais on peut parfaitement inverser les discours et trouver des exemples pour le confirmer.

La Religion unit les uns pour les diviser des autres, que ce soit l’islam, le judaïsme, le christianisme, l’hindouïsme ect... Ce sont avant tout des mouvements identitaires. Il n’y a qu’à voir comment dans chaque religion monothéiste ils s’affairent à montrer que leur religion est la seule véridique et que les autres sont dans l’erreur(la première partie du quote en est un bon exemple indirect).
Alors que la politique peut être un espace pour proclamer la paix et combattre l’injustice, et ce sans identitaire. D’ailleurs en cet anniversaire de 68, il est bon de rappeler que les motivations des divers courants qui y ont participé étaient de cet ordre là : la paix au vietnam, le dialogue avec l’autre, la lutte contre l’injustice générée par un ordre social inégalitaire et autoritaire.
La politique c’est avant tout le domaine de la pluralité, alors que la religion est conçue d’abord dans un domaine d’exclusivité (le coran ne dit il pas de ne pas prendre comme amis des juifs et des mécréants ?).
La religion a toujours été mélée au pouvoir, et est source de pouvoir si ce n’est matériel, il est spirituel et humain. Il n’y a qu’à voir tous ces religieux qui tiennent à ce que l’enseignement de tous soit formaté selon leurs dogmes, ne supportant pas que des enfants puissent s’éduquer et s’émanciper en dehors de leurs dogmes.

Dans la politique il n’y a pas que des sarkosy aux dents longue, il y a aussi des militants qui veulent avant tout améliorer les choses et aider les autres, des élus qui sont prés à aider les gens, même si ils ne s’apellent pas bolloré avec des yachts à prêter pour des séjours dans un lieu paradisiaque.

La politique est par exellence l’espace de la pluralité car la politique concerne tout le monde quelle que soit son appartenance religieuse, la politique c’est l’affaire de la cité (éthylmologiquement), la religion c’est l’affaire des adhérants à une religion.
Mais même les religions, au niveau de leur membres, ne sont pas des corps homogènes, il y a d’une part le degrés d’adhésion aux pratiques et croyances principales, et d’autre part l’orientation des interprétations des textes qui varie entre libérale et autoritaire. Mais ce dernier critère est presque de l’ordre du politique, car si le premier est avant tout un positionnement personnel, le second a des implications sur l’organisation de la vie publique et les choix politiques qui pourraient être faits. Donc au niveau individuel l’appartenance religieuse ne peut être un critère poliique valable, sur certains sujets un croyant libéral se trouvera plus d’affinité avec des progressistes ou anarchistes, donc à gauche, alors qu’un croyant autoritaire se trouvera plus d’affinité du côté de la droite dure, soit à l’autre côté de l’échiqier politique.

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Monsieur BAHRI :Vous avez fais une très bonne introduction ; en expliquant les différences fondamentales entre le religieux et le politicien . Malheureusement par la suite ; votre analyse ; et surtout vos remarques et propositions ; sont à mon avis vide de sens . Vous dites que ; le recours à la rhétorique religieuse pour valider ou invalider un engagement politique , doit être , donc , définitivement abandonnée . Dites moi Monsieur BAHRI . au non de quoi , ou de qui ; le religieux dont vous avez bien décrit les valeurs , ne peut pas s’intéresser à la société dans laquelle il vit . Non au contraire ; avec ses valeurs religieuse ; il doit s’occuper de la politique , pour influencer , guider et aider les politiques à retrouver la raison , pour construire une société à visage humain . La révolution de 68 à jouer un rôle néfaste dans la dégradation des moeurs , en France ; et de là , du monde occidental . Pour notre salut ; il n y a que le retour vers DIEU par l intermédiaire de la religion . Sinon point de salut . Qu ALLAH nous protège de la folie des hommes . wa assalam (moha)

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La France reste un pays de tradition Chrétienne, l’organisation sociale en témoigne, jusque dans les restaurant d’entreprise où l’on trouve du poisson le vendredi, les jours fériés ou leurs calculs, l’importance du vatican, ...

C’est la conservation de cet état de fait qui a donné naissance à la loi de 2004

En effet, se cachant derrière l’alibi de la séparation de l’Eglise et de l’Etat, cette loi conservatrice et le tintinmare qui l’a accompagné ont pour but de juguler l’influence naturelle de l’Islam en France, d’imposer une vision et ordre sociale que la présence musulmane dérange clairement (et c’est tant mieux).

C’est donc loin d’être une question de séparation du politique et du religieux mais tout le contraire : interdiction d’accès à l’école, stigmatisation des jeunes filles et des jeunes hommes, vexations, mise au pas, contrôle et gestion des mosquées, labellisation faisant passer le pouvoir au dessus de la foi (Islam de france), un véritable harcèlement psychologique à grande échelle... Cette prise en tenaille, cet étranglement se traduit par la stigmatisation du musulman (Islamophobie médiatique, indifférence généralisée sur l’ampleur du phénomène), l’amplification des discriminations économiques et sociales dont aucune étude ne vient montrer l’ampleur (tout va bien dans le meilleur des mondes et ça finira par se tasser quand ils auront appris à se faire plus discrets ; racistes).

Pourtant, de nombreux analystes (sociologues ou autre), anticipant les mouvements sociaux, avaient averti les politiques sur la nécessité de répondre aux attentes naturelles des citoyens musulmans qui réclament des aménagement afin d’être pris en compte et finalement de mieux vivre, la réponse a été au contraire très conservatrice et assimilationniste.

Plutôt que de répondre au besoin on fait tout pour le faire disparaître. Ce besoin dont la simple expression est tabou voir criminel est pallié par des actions de formes imposées mais volontairement à côté de la plaque (main de fatma, CFCM, ...)

Nous sommes bien en présence d’un problème d’une gestion défaillante de la cité. Nous passons d’un principe de gestion uniforme de la cité au principe de cité uniforme.

Or cette uniformisation loin d’être efficiente tue toute dynamique sociale, tout enrichissement humain sève de toute démocratie. Elle assure par contre et c’est son but, la quiétude de l’encéphalogramme plat.

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Ce graffitis est un texte confus, résolument réactionnaire et conservateur

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bonjour jes veux savir quelle son les jeunes et les conflits armés en Afrique ?

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Une précision : En parlant du rôle que doit jouer le religieux dans la société ; je ne parlais pas du petit savant qui sait tout sur tout du coin de la rue . Mais des savants de la grande place connus et reconnus pour leurs savoir et surtout pour leurs intégrité morale .wa assalam (moha)

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Trés bon article qui pose un probléme de fond La politisation de la religion a causé et cause encore des dégats trés importants. La fitna qui acommencé qulques decennies aprés la mort du prohéte continue 14 siécles aprés à donner une piétre idée de l’Islam il n’ya qu’à voir les gueeres entre chiites, sunnites , les dég^ts causés par le terrorisme islamique dans les pays musulmans.
Dieu a doté l’homme d’un cerveau et transmis sa révélation aux prophétes. la religion ne doit pas être espricide, et l’esprit doit approfondir et comprendre la vélation et et le message de Dieu non l’ignorer

Votre site est trés intéressant, il permet d’élever le débat pour tout ce qui concerne l’islam et sa communauté, traduire votre site en arabe et englais rendra de trés grans service
à al communauté muslmane. Bravo et qu’allah vous soit en aide

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"L’esprit doit approfondir et comprendre la vélation et le message de Dieu non l’ignorer"

100% d’accord mais ce n’est pas ce que dit le texte. Dans la mesure où il pose un dogme sacré "le politique". Il va même au contraire plus loin dans la césure puisqu’il admet au nom de je ne sais quoi une césure même morale. Ce qui en contradiction totale avec ton propos et ce que nous rejetons au travers de plusieurs commentaires.

"Le politique" ne peut être considéré comme un domaine en soi, un dogme ça n’est qu’une fonction sociale qui se doit plus que toute autre de correspondre aux attentes du peuple.
En ce qui concerne l’Islam en France, il ne s’agit pas de nier l’Islam comme le propose l’auteur en le rangeant dans un tiroir spirituel ou un rayon de bibliothèque mais bel et bien d’être musulmans même et surtout dans ses actes politiques.

Autrement, je ne vois pas ce que l’Islam peut apporter à la France s’il réduit à un ensemble de rite et de tradition sans le sens.

On a montré au travers de diverses interventions que la lecture proposée par le texte n’est rien d’autre qu’un relai de la pensée dominante. Or la France aujourd’hui est bien un pays de tradition chrétienne voire catholique et dont l’organisation et le mode de vie sont calquées sur le catholicisme. Au delà de l’aspect religieux et du politique (débarrassez vous de la caricature occidentale des musulmans en politique), c’est bien l’organisation de la citée qui pose problème et non le religieux. Les politiques ont posé en 2004 le principe que cette organisation de la cité était le fruit d’un rapport de force, ce qui est aberrant et forcément source de conflits et d’abus de pouvoir, il n’y a donc là rien de républicain au contraire ; c’est la domination d’un ordre conservateur sur le peuple.

Sans faire référence au religieux, devenu tabou pour l’auteur, je concluerai en rappelant que le premier pas consiste à être libre, c’est à dire d’avoir le courage de mettre en question l’ordre établi.

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Si vous le permettez et en vous remerciant, je voudrai ajouter une précision :

Ce n’est pas la référence à l’Islam qui pose problème lorsque l’on s’adresse à des musulmans c’est l’utilisation de référence comme argument en soi qui est problématique.

Je pense pour parler français, que ce n’est pas la fin qui justifie les moyens mais bien les moyens qui conditionnent le résultat.

Ainsi on ne peut en tant que musulman cautionner les actions contradictoires et illicites même si elles prétendent servir un but louable. Je pense ainsi d’une part aux invasions colonialistes mais aussi au terrorisme musulman qui a visé notamment au maghreb des civils. Quel autre sens que la force, pourrait avoir la prise de pouvoir si le renversement du régime défaillant s’appuie sur le meurtre de civils ?

Oui la discipline et surtout l’Islam impose la sagesse, la réflexion, la créativité et la patience tout autant que la détermination pour atteindre son but. Mais n’est-ce pas ce qui découle de la foi ?

Wa l’Allahou aalam