Solidarité avec Amina, condamnée à mort par lapidation

La Cour suprême du Niger a ratifié la condamnation à mort par lapidation d’Amina, elle a seulement repous

par

jeudi 20 février 2003

AMINA LAWAL, musulmane de 30 ans, a été condamnée à la lapidation à mort le vendredi 22 mars 2002 par un tribunal de la Charia à Bakori, dans l’Etat de Katsina, au Nigéria du nord. Amina aurait avoué avoir eu un enfant alors qu’elle était divorcée. La grossesse hors du mariage constitue une preuve suffisante pour qu’une femme soit déclarée coupable d’adultère en vertu du nouveau code pénal pour les musulmans, basé sur la Charia et institué dans l’Etat de Katsina. L’homme qu’elle désignait comme étant le père de sa petite fille aurait nié avoir eu des rapports avec elle et sa déposition a suffi pour que l’on abandonne les accusations contre lui. Amina n’avait pas d’avocat au cours de son premier procès, où la sentence a été prononcée. Mais elle a maintenant interjeté appel de sa condamnation avec l’aide d’un avocat recruté par une association nigériane de femmes. Le Tribunal supérieur de la Charia de Funtua, Etat de Katsina, annoncera le 15 mai la date de l’audience de l’appel d’Amina de sa condamnation à mort par lapidation.

Le cas d’Amina Lawal au 7 juin 2002

Le 14 janvier 2002, Amina Lawal, 30 ans, dernière enfant d’une fratrie de 13, divorcée avec déjà 4 enfants, est arrêtée pour adultère.

Le 15 janvier une première audience a lieu en présence de Yahaya Muhammad qui vivait avec elle depuis 11 mois, l’a reconnu et a déclaré avoir voulu l’épouser. Il a nié avoir eu des relations adultérines avec elle et après avoir juré sur le Coran selon la loi islamique, il a été relaxé. Amina a été accusée de fausse accusation contre lui.

Deux autres audiences ont eu lieu le 13 et le 20 février.

Le 22 mars, la cour de la Charia de Bakori dans l’Etat de Katsina la condamne à mort par lapidation pour avoir eu une petite fille, Wasila, le 8 janvier hors mariage.

Amina n’a pas eu d’avocat durant les audiences ni au moment du jugement.

Une organisation de femmes nigérianes pour les droits humains s’est occupée d’elle et lui a trouvé un avocat. Celui-ci a fait appel et a discuté les conditions de sa caution auprès de la cour supérieure de la Charia de Funtua dans l’Etat de Katsina. L’appel a été reçu et elle devait comparaître le 27 mai puis l’audience a été repoussée au 3 juin. Les juges voulaient remettre la comparution à l’année 2003, mais l’avocat a demandé qu’elle soit reportée au 8 juillet 2002 en faisant valoir qu’un ajournement aussi long ne servait à rien et ne ferait qu’ajouter à l’incertitude créée par tout le processus en cours. L’avocat a discuté avec les juges afin qu’Amina soit libre de retourner dans son village pour s’occuper de son bébé de 6 mois (elle devait auparavant se présenter devant la cour tous les 15 jours.) Les juges l’ont accepté, son oncle voulant bien se porter caution pour elle.

- nouvelles du 19 août 2002

La Cour d’appel islamique de Funtua a confirmé ce lundi 19 août la condamnation à mort par lapidation.

Elle a 30 jours pour faire appel de cette décision

- mise à jour du 1er octobre 2002

Le tribunal islamique de Funtua, qui a condamné une seconde fois en appel Amina Lawal à la lapidation le 19 août, rentre de congés. Nous attendons donc une date pour un nouveau procès en appel et devons nous mobiliser pour la sauver. Elle est toujours en grand danger.

Un groupe d’Amnesty en Grande Bretagne a recuelli 1.3 millions de signatures contre ce châtiment innacceptable et scandaleux et les a transmis à l’Ambassade du Nigeria à Londres en présence de la télévision.

*****

La Cour suprême du Niger a ratifié la condamnation à mort par lapidation d’Amina, elle a seulement repoussé l’application de la peine d’un mois pour raison d’allaitement de son fils. Après elle sera enterrée jusqu’au cou et tuée à coup de pierres, à moins que l’importance de la condamnation ne fasse réfléchir les autorités nigériennes. Au moyen d’une campagne de signatures pareille à celle-ci, on sauva la vie à une autre femme dans la même situation. Il n’y a pas de temp à perdre. Ne doutez pas et agissez s’il vous plait. Safiya allait se faire lapider parce qu’elle avait eu un enfant après avoir divorcé.

Amina Lawal risque donc toujours la peine de mort par lapidation et nous vous demandons d’aider à la sauver en écrivant ou en envoyant des fax ou des mails aux autorités nigérianes  :

Ne pensez pas que cela ne serve à rien, cela a déjà sauvé la vie d’une femme

-His Excellency Olusegun Obasanjo,
President of the Republic,
The Presidency, Federal Secretariat, PhaseII, Shehu Shagari Way, Abuja - Nigeria
 
Fax : 234 9 523 21 36 - Mail : [email protected]

-Kanu Godwin Agabi,
Minister of Justice,
New federal secretariat complex
Shehu Shagari Way,
Abuja
Fax : 234 9 523 52 08 -

Alhaji Sule Lamido,
Minister of Foreign Affairs,
Maputo street, Zone3,
Wuse district,
Abuja
Fax : 234 9 523 52 08

Publicité

commentaires