Sharon : un homme de guerre

Pendant toute sa carrière militaire et politique, Sharon s’est distingué comme une brute et une terreur. L

mardi 10 janvier 2006

Traduction : Jean-Claude Meyer du bureau national de l’Union Juive Internationale pour la Paix

Contrairement aux Sionistes (et à leurs amis états-uniens) qui ont allègrement proclamé, après la mort mystérieuse de Yasser Arafat, que le monde sera un meilleur endroit, le Comité de Solidarité avec la Palestine n’exprimera pas d’allégresse à la mort -ou la mort imminente de quelque humain que ce soit. Cependant avec toutes les platitudes récentes sur Ariel Sharon, homme de paix, et sur la façon dont sa mort affectera « le processus de paix », nous croyons nécessaire faire une mise au point : loin d’être un homme de paix, Sharon était un homme de violence et un criminel de guerre !

Pour les Palestiniens et les gens aimant la paix dans le monde, Sharon sera considéré de la même façon que nous (Sud-Africains) nous souvenons de Henrik Verwoerd, de Franco, de Mobutu Sese Seko et de Saddam Hussein. La carrière militaro-politique de Sharon a été marquée par de nombreux actes de terrorisme et d’atrocités variées. Il croyait au langage du carnage, du racisme et à la pratique de l’oppression brutale et du nettoyage ethnique, pas à la paix et à la justice.

Pendant toute sa carrière militaire et politique, Sharon s’est distingué comme une brute et une terreur. Le fait qu’il soit gravement malade ne l’absout pas des nombreux crimes de guerre dont il est responsable, pas plus que cela nous pousserait à récrire l’histoire autrement qu’elle n’a été.

Nous considérons Sharon comme un criminel de guerre parce que ses crimes contre l’humanité- tels qu’ils sont identifiés par la Convention de Genève et le droit international- comprennent :

1953 : il était le chef de l’unité d’armée israélienne 101 qui a rassemblé 69 civils dans leurs maisons pendant une incursion contre le village palestinien Qibya - avant de dynamiter toutes les maisons. Il n’y eut aucun survivant.

1971 : il a promu une politique de destruction au bulldozer des maisons palestiniennes à Gaza sous prétexte de sécurité. Détruire les maisons d’une population occupée est un crime de guerre selon les conventions de Genève. 1982 : il fut l’architecte de l’invasion israélienne du Liban qui est connue en Israël en tant que « guerre de Sharon ». Son invasion a eu comme conséquence la mort de plus de 15 000 civils Libanais et il y a gagné le surnom de « Boucher de Beyrouth ».

1982 : pendant l’invasion, Sharon a coopéré avec les milices armées du groupe fasciste des Phalangistes qu’il a arméés quand elles ont massacré plus de 3 000 réfugiés sans armes (surtout des femmes et des enfants) dans les camps de réfugiés de Sabra et de Chatila. Une Commission d’enquête israélienne le jugea « personnellement responsable » des massacres et décréta qu’il n’était pas apte à être Ministre israélien de la Défense.

1990-92 : il a été Ministre du Logement. C’est pendant cette période qu’on a vu l’expansion délibérée et rapide des colonies israéliennes (ou des implantations) en Palestine. Construire des implantations/colonies dans un pays occupé est illégal selon les Conventions de Genève. 2000 : Sharon a déclenché la seconde Intifada en se pavanant de manière délibérée et provocatrice sur l’Esplanade de la mosquée Al Aqsa, avec le soutien de milliers d’hommes des services de sécurité.

2003 : il a été responsable du lancement de la construction du mur d’apartheid, un mur ridicule de 8 mètres de haut, qui, une fois achevé, aura 750 kilomètres de long , emprisonnant des milliers de Palestiniens et volant de larges étendues de terre palestinienne.. La Cour Internationale de Justice a décrété que le mur était illégal ; Sharon refusa le jugement.

En tant que Premier Ministre, il se fit le champion des assassinats extrajudiciaires de dirigeants palestiniens et des bombardements délibérés de zones palestiniennes résidentielles- les deux étant illégaux selon le droit international

Au moment où il est tombé malade, Sharon dirigeait la quatrième armée la plus puissante au monde et disposait de plus de 200 ogives nucléaires, en continuant à refuser tout contrôle de l’Agence Internationale de l’Energie Atomique.

De nombreux observateurs se réfèrent maintenant au redéploiement ordonné par Sharon à Gaza pour faire de lui un homme de paix. En réalité, sa décision d’évacuer les colons de Gaza, (dont la présence était illégale selon le droit international) fut calculée pour renforcer l’occupation de la Cisjordanie (y compris Jérusalem) et ne fut à coup sûr pas un pas vers la paix. Le redéploiement fut accéléré plus par la Résistance à Gaza que par un quelconque intérêt pour la paix de sa part.

On entend aussi dire que la « Feuille de Route » pâtirait de la mort de Sharon. Personne ne se souvient donc que Sharon n’a jamais accepté la « Feuille de Route » ? En fin de compte, il faut noter que si le « plan de paix » de Sharon voit le jour, les Palestiniens se retrouveront avec 13 % de leur terre ! Une preuve suffisante pour un homme attaché à la paix. La seule solution pour une paix durable dans laquelle Juifs et Palestiniens pourront vivre pacifiquement, la sécurité étant assurée pour les deux, est une paix dans laquelle Palestiniens et Israéliens seront capables de vivre ensemble dans un seul Etat démocratique qui garantira les droits de la personne humaine et l’égalité pour tous ses citoyens.

Traduction : Jean-Claude Meyer du bureau national de l’Union Juive Internationale pour la Paix

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