SOS Racisme demande la tête de Zemmour

Tel est pris qui croyait prendre ! Seul, pour l’heure, Thierry Ardisson s’est illustré dans cet exercice

mercredi 28 avril 2010

Tel est pris qui croyait prendre ! Seul, pour l’heure, Thierry Ardisson s’est illustré dans cet exercice de haute voltige, prenant à son propre piège celui dont la logorrhée nauséeuse a inondé les plateaux de télévision pendant d’interminables semaines : le laborieux dialecticien de la prose haineuse, Eric Zemmour.

Un minutieux travail de sape des mentalités, poussant toujours plus loin le bouchon de l’impudence sans que personne ne daigne siffler la fin d’une partie pipée, jusqu’au moment où le tir groupé d’associations (SOS Racisme, MRAP, CRAN, club Averroès qui ont saisi le CSA) a entrouvert une fenêtre judiciaire laissant filtrer une petite bouffée d’air frais revigorante.

Mais, retombées comme un soufflé, l’annonce suspecte de son licenciement du Figaro et la plainte retirée par la Licra ont battu très tôt en retraite, au profit d’un Zemmour rayonnant et plastronnant, et sévissant toujours, chaque semaine, sur la chaîne du service public : France 2.

Depuis fin mars, la houle d’indignations contre ce téléévangéliste à la française semblait avoir cédé la place à une mer d’huile, en surface en tout cas…

Une nouvelle missive adressée par le président de SOS Racisme à Patrick de Carolis, toujours aux commandes du paquebot France Télévisions en dépit de récents tangages, vient réactiver l’affaire Zemmour, exigeant de connaître les mesures qui seront prises contre le chroniqueur de l’émission « On n’est pas couché ».

Six semaines après un certain flottement général, et le silence radio de France 2, entrecoupé de la parenthèse jubilatoire, presque enchantée, signée Ardisson, SOS racisme demande aujourd’hui ni plus ni moins la tête de Zemmour en des termes qui ne souffrent aucune ambiguité : " Monsieur Zemmour semble s’être spécialisé dans la parole haineuse à l’endroit des femmes, des homosexuels et des personnes d’origine immigrée avec, depuis plusieurs mois, une « spécialisation » envers cette dernière catégorie", "Je m’étonnerais que le service public poursuive sa collaboration avec Monsieur Zemmour dans la mesure où une partie des propos incriminés ont été tenus sur une chaîne du service public (...)", écrit son président, Dominique Sopo.

Cité à comparaître le 29 juin prochain à la suite de la plainte déposée par SOS Racisme, poursuivi en diffamation par Thierry Ardisson, il ne manquait plus que la Licra se ravise, et décide finalement le 17 avril de le poursuivre, peut-être après soupesé la sincérité de ses remords épistolaires, pour qu’Eric Zemmour prenne conscience de la portée foncièrement anti-républicaine d’une mélancolie agitant les pires démons.

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