Mercredi 23 mai 2012
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Revenir vers le Miséricordieux

L’action de l’homme vertueux d’œuvrer pour le bien dans la société au sein de l’humanité devient alors une nécessité pour sa quête et un impératif dans sa relation avec le Divin, et non seulement un devoir moral ou religieux. Elle est le salut de l’âme ici bas sans attendre de récompense future dans l’Au-delà. C’est le chemin de l’Amour désintéressé qui conduit vers la paix, la fraternité et l’élévation vers le Divin, Source de Miséricorde, qui octroie à l’homme par Sa grâce salvatrice le salut éternel.

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Il faut tout d’abord examiner la place de l’homme dans la création et le sens que l’on donne à la notion de salut pour pouvoir enfin comprendre et saisir l’importance de la portée de nos actes durant notre vie ici-bas.

Dans cette relation de l’homme avec Dieu, l’Islam ne met l’accent ni sur une incarnation ou manifestation de l’Absolu, ni sur la nature déchue, imparfaite et pécheresse de l’homme. Il envisage plutôt l’homme tel qu’il est dans sa nature primordiale adamique (filtra) et Dieu tel qu’Il est dans son absolue Réalité.

Il est vrai que dans sa condition ordinaire l’homme se présente comme un être faible, égoïste et injuste ; il est habituellement esclave de ses désirs, de sa convoitise et de ses passions animales, ignorant le plus souvent sa réalité d’être qui fait de lui le réceptacle de la conscience universelle.

L’Islam, sans aucunement méconnaître la faiblesse et les limites de la nature humaine, ne considère pas l’homme comme une volonté pervertie, mais essentiellement comme l’être qui a reçu le dépôt (amana), de cette présence divine.

En cela, il est le représentant (khalifa), de Dieu sur terre. Si l’essence de l’Être divin est impénétrable et absolue, Il est, par contre, par Ses attributs (sifat, 1), proche de toute Sa création. Par eux, l’homme se rapproche de Lui. En cela il est à l’image de son Créateur, comme un miroir reflétant de manière consciente cette présence divine.

Cette nature originelle est avant tout une intelligence qui peut discerner le réel de l’illusoire, et qui d’une manière naturelle conduit à l’unité (tawhid). C’est ensuite une volonté qui peut choisir librement entre le vrai et le faux. Enfin c’est le pouvoir de la parole par lequel s’exprime la relation entre l’homme et le divin mais aussi entre lui et ses semblables.

L’intelligence, la volonté, et la parole sont en leur essence les qualités divines que Dieu a confiées à l’homme et à l’aide desquelles il chemine vers Lui. Ainsi : "Les actions ne valent que par leurs intentions" a dit le Prophète Mohammed. En effet, c’est bien l’intention qui fonde la valeur des actes conduisant l’homme vers le salut ou l’éloignant de celui-ci.

Elle se nourrit, se conçoit et s’appuie sur la conscience. Car en vérité la raison ne se suffit pas, elle nécessite d’être fécondée par la conscience, qui a besoin elle même d’une direction pour naître et croître. Là interviennent les enseignements spirituels et religieux qui ont accompagné l’humanité depuis toujours. Par l’entremise de l’intervention divine, à travers les prophètes, les sages et les envoyés, s’est transmis un enseignement d’éveil qui nourrit et fait croître notre conscience individuelle jusqu’à ce qu’elle se réalise dans la conscience universelle.

C’est lorsque il est arrivé à cette ultime étape que l’homme s’unifie et atteint l’équilibre parfait de sa personnalité, d’où l’importance d’une éducation d’éveil ; plus notre état de conscience grandit, plus l’être que nous sommes s’affine.

L’action de l’homme vertueux d’œuvrer pour le bien dans la société au sein de l’humanité devient alors une nécessité pour sa quête et un impératif dans sa relation avec le Divin, et non seulement un devoir moral ou religieux. Elle est le salut de l’âme ici bas sans attendre de récompense future dans l’Au-delà. C’est le chemin de l’Amour désintéressé qui conduit vers la paix, la fraternité et l’élévation vers le Divin, Source de Miséricorde, qui octroie à l’homme par Sa grâce salvatrice le salut éternel.

Si par contre cette notion de salut s’attache à l’attribution d’une récompense future et à la crainte du châtiment éternel, elle conditionne notre comportement à suivre aveuglément un credo, un dogme, une morale comme seule voie exclusive de salut. Elle devient alors un réfèrent lourd de conséquence face à la liberté d’autrui et au respect dû à celui, différent, qui ne pense pas ou qui n’a pas la même foi que nous.

Cette conception du salut ne fait pas de nous des êtres fraternels, ouverts vers l’universel, mais au contraire des êtres pensant que seuls ceux qui sont de la même croyance que nous sont dans le vrai et méritent le salut. On se prive par cette attitude de reconnaître l’immense miséricorde divine capable d’accueillir en son sein toutes les créatures.

Cette diversité et ces divisions permettent à l’homme de s’interroger, de chercher. Dans le domaine de la foi, la Vérité n’est jamais figée. Elle se dévoile à nous à travers une expérience profonde vécue au cœur de l’être et dans la conviction intime de nos rapports avec Dieu. Chaque tradition a sa méthode. Cette diversité est voulue pour que la vérité soit reçue par tous selon sa culture et son entendement.

Le prophète Mohammed disait : "Parlez aux hommes selon leur degré de compréhension’’ , et le Coran "Si Dieu l’avait voulu, Il aurait fait de vous une seule communauté" (sourate 5, verset 48). Toujours et partout, des hommes ont prétendu être dans le vrai et ils ont fait souffrir ceux qui n’étaient pas d’accord avec eux. Malgré les génocides, ils n’ont pu arrêter le destin de l’humanité.

La révélation apportée par chaque prophète incite et éveille l’homme à retrouver l’universalité inscrite en lui. Il n’y a, ni antagonisme entre les prophètes ni opposition entre les messages révélés , mais une parfaite continuité dans l’harmonie. Abandonnons nos prétentions de nous croire les seuls dans le vrai. Si le message, lui, reste universel, l’homme, par son égocentrisme, le transforme, le rétrécit, l’assèche en se l’appropriant pour l’instrumentaliser à des fins personnelles.

Le salut et les moyens du salut deviennent un domaine réservé aux uns, excluant les autres. Ils sont accaparés par des "élus" qui le dispensent ou le restreignent arbitrairement, d’après leur interprétation des textes sacrés. Même si cette façon d’agir s’appuie, parfois, sur des intentions louables.

Le salut ne s’obtient pas par une recette magique, dogmatique ou sectaire octroyée par des être "savants" ou "éclairés". Il est une grâce suprême accordée par le Miséricordieux à toute créature qui revient vers Lui.

(1) Les attributs divins sont les Noms par lequel Dieu se manifeste dans la création

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Commentaires

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Excellent article ; il s’agit d’etre hautement illumine pour pouvoir exposer de telle idees d’une facon aussi simple et claire. J’admire cette clarte d’esprit et ce lien direct avec le Divin.

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Le Cheikh Bentounès est merveilleux, au sens d’étonnant, car son propos est d’exposer l’originalité de l’islam sans dénier les autres religions.

Le retour vers le Miséricordieux en est l’expression heureuse, accessible à tous les hommes comme la nécessité de l’aide d’autrui sans tyrannie !

Le salut en question évoque notre perte, si présente dans le Coran. Chacun aspire au salut lorsqu’il en prend conscience. Il ne suffit pas de redouter l’enfer et d’aspirer au paradis mais de se sauver, à l’écoute du plus profond de notre coeur (la fitra que cite Bentounès).

L’homme revient alors vers son Créateur par amour (et non pour éviter l’enfer). Il agit au service des autres, sans contrainte et naturellement...

Ce texte est doux et convaincant. Merci.

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Dieu parle de Paradis et d’Enfer à maintes reprises dans Son Livre.
Nous-meme dans nos prieres après chaque appel à la priere demandons à Dieu qu’il donne à son Messager el maqamal mahmouda cet endroit élevé au Paradis ... Cette notion de récompense et de chatiment est pleinement inscrite dans notre religion. Si cela devient un viatique à certains (si ce n’est à la majorité) pour se conformer aux préceptes de l’islam rien à redire. Si d’aucuns n’ont pas besoin de cela rien à redire. En revanche la vision de M. Bentounes qui vise à sigmatiser cette position n’est pas acceptable pour ne pas dire islamique !
Comment M. Bentounes explique alors les notions de récompenses et de chatiments présents dans les textes canoniques si cela induit des comportements selon vous négatifs ?
Pour rappel Dieu dit dans son livre qu’aucune autre religion que l’Islam ne sera agrée. Cela peut paraitre brutal mais nous avons les musulmans a transmettre ce message. Le Prophète n’a t-il pas réprimandé Omar qui lisait la Thora en lui disant que si Moïse était là il l’aurait lui-meme (Moïse) suivi (le Prophète Mohammad) ?

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à mon avis, le relativisme dogmatique n’existe pas en islam sauf si M. Bentounès voulait nous faire croire le contraire, c.à.d.qu’il y a plusieurs Vérités Ultimes.

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Tout cela est bel et bon, mais votre conception de l’homme, formulée comme "habituellement esclave de ses désirs, de sa convoitise et de ses passions animales", ne me convient pas.

Je n’ai jamais compris cet ostracisme envers les "passions animales", et j’y trouve même une réplique du racisme : un spécisme. Cette justification de l’horreur que susciterait les moeurs de l’animal, sert surtout à le tuer et à le manger. C’est une hypocrisie tout-à-fait comparable au racisme qui permit (et permet encore) de justifier colonialisme et autre massacres ou exterminations.

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"le salut... est une grâce suprême accordée par le Miséricordieux à toute créature qui revient vers Lui."

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salam aleykoum,

mon frère Othmane, votre réaction au message du Cheikh Bentounès tend a vérifier son propos, malheureusement ai-je envie de dire... en effet, prétextant d’une supériorité de l’islam, alors que le Coran dit clairement que les chrétiens, les juifs, les sabéens et TOUS CEUX QUI ONT CRU EN DIEU ET AU JUGEMENT DERNIER ET ONT PRATIQUE LE BIEN( Al-Baqara 2/62 ; Al-Maidah 5/69) seront agréés par Dieu au Jour du Jugement dernier, vous diabolisez les autres religions comme le regrette précisément le Cheikh Bentounès quand des musulmans comme vous se croient supérieurs aux croyants d’autres religions. Il en va de même pour des juifs ou des chrétiens qui se croient supérieurs aux croyants d’autres religions que la leur, mais ce sentiment de supériorité n’est pas juste et est contraire au Coran lui-même qui affirme clairement que le plus noble au regard d’Allah est le plus pieux (Al-Hujurat 49/13). Alors permettez-moi mon frère Othmane de vous apportez cette précision quant aux versets coraniques auxquels vous faîtes allusion : quand Allah dit "La vraie religion pour dieu, c’est l’islam" (Al-Imran 3/19), ou bien "Quiconque recherche en dehors de l’islam une autre religion, celle-ci ne sera point acceptée de Lui , et dans l’autre monde, il sera du nombre des réprouvés." (Al-Imran 3/85), ou bien encore "Désormais, les négateurs ont perdu tout espoir de vous détourner de votre religion. Ne les craignez plus ! Mais craignez-Moi ! Aujourd’hui, J’ai amené votre religion à son point de perfection , Je vous ai accordé Ma grâce tout entière et J’ai agréé l’islam pour vous comme religion !" (Al-Maidah 5/3), je pense qu’Il signifie clairement qu’il n’y a d’autre religion que la libre adoration d’Allah ("Point de contrainte en religion maintenant que la Vérité se distingue nettement de l’erreur." Al-Baqara 2/2256). Alors dîtes-moi maintenant mon frère Othmane si la libre adoration d’Allah peut se mesurer à l’aune de l’appartenance à une religion ou bien si elle se mesure à l’aune de la piété individuelle ? Et ne pensez-vous pas qu’un chrétien ou qu’un juif par exemple puisse être aussi pieux qu’un musulman ? Et même, ne pensez-vous pas qu’un musulman pratiquant puisse être moins pieux en son coeur qu’un chrétien ou un juif sincère dans son adoration du Dieu unique ? alors se pose cette question fondamentale : qui est vraiment MUSLIM ? Puis cette autre question : qui d’autre qu’Allah peut savoir qui est vraiment muslim, c’est-à-dire, adorateur sincère d’Allah ?

Quant à la crainte de l’enfer et au désir de paradis, demandez-vous juste mon frère Othmane si les hommes du temps du Prophète et des siècles suivants auraient adopté l’islam comme religion si Allah ne s’était pas adressé à eux dans ce langage à leur portée ? Mais Dieu merci, il y a une autre possibilité de lecture, d’écoute de ces deux termes effectivement fondamentaux : enfer et paradis. En effet, l’enfer peut être entendu comme la souffrance de la séparation d’avec Dieu... tandis que le paradis peut être entendu comme la joie de la réunion avec Dieu... eh bien mon cher frère Othmane, ne pensez-vous pas alors que cette souffrance et cette joie peuvent être vécues, ressenties dès cette vie ici-bas ? Voilà pourquoi le Cheikh Bentounès parle d’un salut possible dès ici-bas, car qui rencontre son Seigneur dès ce monde-ci peut goûter à ce salut. Et ce salut nous dit le Cheikh Bentounès est miséricorde pour soi et pour autrui, il diffuse de la miséricorde et de l’amour en soi et autour de soi, il est vecteur de paix en soi et autour de soi. Tandis que la désunion intérieure, qui est au fond séparation d’avec Dieu, génère souffrance et conflit en soi et autour de soi.

J’espère cher frère Othmane que je vous ai aidé à percevoir le bon sens et la grande sagesse du Cheikh Bentounès qui est absolument fidèle à la parole coranique, contrairement à ce que vous avez pu croire.

Et Allah est le plus savant.

fraternellement,

Soufiane

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Le cheikh Bentounes est un soufi.Et le soufisme ( quintessence de l’islam) me semble être la forme la plus adaptée comme spiritualité en ces temps de modernité voire de post-modernité.Il a la capacité-contrairement au salafisme- d’embrasser l’universel et de voir la trace de Dieu en chaque être ( humain , animal ou végétal).C’est la forme la plus accomplie pour répondre aux angoisses de l’homme moderne.Ni le littéralisme ni l’idéologisation de l’islam ne peuvent apporter cette réponse.Pour cela je dis BRAVO Mr Bentounes pour votre article.

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@Soufiane

je ne suis ni d’accord ni vous ni avec Othmane, la lecture que vous proposez et celle de Othmane sont des lectures possibles du Coran. à ma connaissance il y a un hadith qui dit que le coran à au moins 7 lectures, de la plus élémentaires ( distinguer entre le vrai et le faux, le licite/illicite) à la 7 dont seul DIEU a le secret.

Cette révérence devant des cheikhs me gène et je ne comprends pas pourquoi, alors à lire Sayyed Nasr est un pur plaisir.

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A Soufiane,
Vous dites :"l’Enfer peut etre entendu comme ..." ou bien à propos d’un des versets "je pense qu’il signifie ..."
Pensez-vous que c’est ainsi qu’on appréhende les textes, chacun allant de son interprétation ?
Les interprétations complètes de ces sources (tafassir et chourouh) existent et nous viennent du Prophète lui-meme.
Il suffit de lire ...

Je ne diabolise pas les religions. Les religions monothéistes ont été chacune à leur époque La religion de Dieu. Aujourd’hui et jusqu’au jour dernier il y a le dernier message qui rend caduque les messages révélés précédents (cf ce que dit le Prophète à Omar lisant la Torah).
Il ne reste hormis le Qoran aucun texte canonique original.
Contrairement à ce que vous dites il ne s’agit nullement d’un sentiment de supériorité ...
Que dites vous de celui qui renie le dernier Messager envoyé par Dieu ?
Quel argument a t-il devant Dieu demain ?
Je ne suis pas un littéraliste mais lorsque le Prophete ou bien les compagnons nous expliqent un texte le sujet est clos a moins de fonder une autre religion. Qui peut venir disputer au Prophète le sens d’un verset ? Certainement pas un musulman (qui veut dire soumis, votre définition n’est pas correcte).
Le Prophete nous met en garde dans une tradition célebre contre l’égarement. Il nous recommande de rester (avec les dents) accroché à sa tradition et à celle des compagnons bien guidés.
On trouve malheureusement les interprétations les plus fantasques. Dans certaines tariqas la prière n’est plus obligatoire, l’alcool n’est plus interdit ... pour certains initiés.
Si je vous suis toutes les religions sont agrées. Certaines interdisent l’alcool d’autres l’autorisent comment s’y retrouve t-on ? Puis-je me faire ma petite religion à la carte ? Un peu de ceci un peu de cela ? Soyons sérieux !
Selon vous les religions polythéistes sont-elles elles aussi agrées ?

Revenons aux textes authentiques et aux savants légitimes reconnus par leur pairs, ceux qui sont selon la tradition prophétique les héritiers des Porphètes.

La "tariqa" de M. Bentounes a fermement été condamnée par les érudits musulmans. Ils ont dénoncé le syncrétisme de ce mouvement avec d’autres traditions religieuses dont certaines sont polythéistes. A ce propos lisez le Traité de théologie musulmane de Si Hamza Boubeker. Il y a un passage sur la tariqa Alouite dont se réclame M. Bentounes.

Merci à Oumma de publier cette réponse

Othmane

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salam aleykoum Amir,

mon message destiné à Othmane ne manifeste aucune révérence à l’égard du Cheikh Bentounès, je suis juste pleinement d’accord avec son texte. Et ça ne me pose aucun problème que vous ne soyez pas d’accord avec moi, mais au lieu de vous contenter de dire que vous n’êtes pas d’accord, vous auriez pu aussi nous enrichir de votre propre lecture du Coran ! le débat, la discussion dans le respect mutuel ne peuvent être que constructifs !

fraternellement,

Soufiane

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Othman : Vous lancez des mots dont vous ne savez manifestement pas le sens exact ( polythéisme, syncrétisme...).Les "érudits" qui ont condamné la tariqa du cheikh Bentounés sont simplement des littéralistes bornés qui n’ont comme horizon que leur petite pratique quotidienne sans avoir une vision spirituelle d’ensemble.Ces "érudits" comme vous dites ont de tout temps condamné le soufisme parce que son essence leur échappe, et ses nuances les troublent.Ce sont les hommes d’une boutique, et non ceux qui reconnaissent dans les autres traditions l’empreinte de "celui qui a crée toute chose".Attention , mon frère, à ne pas insulter l’Esprit là où vous voulez le défendre.

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@Soufiane,

Ma lecture du Coran, est de mon humble avis très simple pour ne pas dire simpliste pour que je vous l’expose, mais surtout évolue avec moi au gré de pas mal de paramètres.

Ce que je voulais dire, c’est que vous semblez dire Othmane avait tort, alors que dans la orthodoxie, il a tout à fait raison. Que le Coran reconnaisse d’autres religions monothéistes, aucun musulman ne dira le contraire, mais de là pour plaire à tout le monde et triturer les textes, ...
Accepter l’autre dans sa différence, ne me semble pas seulement islamique mais aussi le bon sens, mais de là à tomber dans un syncrétisme sans queue ni tête...

Pour Mr Bentounes (désolé j’aime pas le terme Cheick), je suis en train de lire son ouvrage" la thérapie de l’âme" et je ne cache que j’ai la même gène qu’en lisant cette article. Je ne sais pas pourquoi, mais en lisant entre les ligne on perçoit une volonté d’être dans l’aire du temps, ce qui est loin très loin d’être ma vision de la religion ( ça ne veut pas dire que je suis un salafiste)

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@Soufiane,

Ma lecture du Coran, est de mon humble avis très simple pour ne pas dire simpliste pour que je vous l’expose, mais surtout évolue avec moi au gré de pas mal de paramètres.

Ce que je voulais dire, c’est que vous semblez dire Othmane avait tort, alors que dans la orthodoxie, il a tout à fait raison. Que le Coran reconnaisse d’autres religions monothéistes, aucun musulman ne dira le contraire, mais de là pour plaire à tout le monde et triturer les textes, ça je ne serais jamais d’accord.

Accepter l’autre dans sa différence, ne me semble pas seulement islamique mais aussi le bon sens, mais de là à tomber dans un syncrétisme sans queue ni tête.

Pour Mr Bentounes (désolé j’aime pas le terme Cheick), je suis en train de lire son ouvrage" la thérapie de l’âme" et je ne cache que j’ai la même gène qu’en lisant cette article. Je ne sais pas pourquoi, mais en lisant entre les ligne on perçoit une volonté d’être dans l’aire du temps, ce qui est loin très loin d’être ma vision de la religion ( ça ne veut pas dire que je suis un salafiste)

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salam aleykoum mon frère Othmane,

vous dîtes : « Les interprétations complètes de ces sources (tafassir et chourouh) existent et nous viennent du Prophète lui-meme. »

Comment pouvez-vous affirmer cela alors que le Coran ne cesse d’inciter les hommes à réfléchir sur les ayats-signes-versets transmis au Prophète par Allah ainsi que sur les signes « extérieurs » de la création divine ? Dans le Coran, Allah ne cesse de nous inciter à réfléchir et vous voudriez que je ne réfléchisse pas ?! Quel étrange conseil venant d’un musulman !

vous dîtes : "Aujourd’hui et jusqu’au jour dernier il y a le dernier message qui rend caduque les messages révélés précédents (cf ce que dit le Prophète à Omar lisant la Torah)"

C’est faux ! Avez-vous bien lu le Coran ?! Dès les premiers versets de la Sourate Al-Baqara, donc dès le début du Coran, Allah nous dit clairement :

Bismillah El Rahmane El Rahim

2.1. Alif - Lâm - Mîm.

2.2. Voici le Livre qui n’est sujet à aucun doute. C’est un guide pour ceux qui craignent le Seigneur

2.3. ceux qui croient à l’invisible, qui s’acquittent de la salât et qui effectuent des œuvres charitables sur les biens que Nous leur avons accordés

2.4. ceux qui tiennent pour vrai ce qui a été révélé à toi et à tes prédécesseurs et qui croient fermement à la vie future.

C’est donc une énorme erreur théologique que vous commettez en affirmant que le Coran invalide les révélations antérieures car Allah Lui-même dit le contraire !

vous dîtes : "Qui peut venir disputer au Prophète le sens d’un verset ? Certainement pas un musulman (qui veut dire soumis, votre définition n’est pas correcte)."

Oui Othmane, « muslim » signifie aussi « soumis », mais au sens de « SOUMIS LIBREMENT », c’est pourquoi « muslim » peut être aussi traduit pas « LIBRE ADORATEUR D’ALLAH ». Je mets l’accent sur la liberté du musulman car c’est Allah lui-même qui nous dit : « Point de contrainte en religion ».

vous dîtes : "Dans certaines tariqas la prière n’est plus obligatoire, l’alcool n’est plus interdit ... pour certains initiés."

Je ne connais pas ces Turuqs dont vous parlez. Dans le livre « Le soufisme, cœur de l’islam », le Cheikh Bentounès dit clairement qu’on ne peut aller à la rencontre de Dieu sans la prière.

vous dîtes : "Si je vous suis toutes les religions sont agrées. Certaines interdisent l’alcool d’autres l’autorisent comment s’y retrouve t-on ? Puis-je me faire ma petite religion à la carte ? Un peu de ceci un peu de cela ? Soyons sérieux ! Selon vous les religions polythéistes sont-elles elles aussi agrées ?"

Personnellement, ça ne me dérange pas que des croyants d’autres religions consomment des boissons alcoolisées. L’Emir Abdelqader, ce grand Saint de l’islam, fit servir du vin à une hôte française au château d’Amboise où il était en captivité (cette anecdote se trouve dans l’excellent livre d’Ahmed Bouyerdène : "Abdel El-Kader : l’harmonie des contraires"). Voyez jusqu’où le adab d’un musulman peut aller : l’Emir ne jugeait pas les hommes en fonction de leur appartenance à une religion, mais en fonction de leur comportement, de leurs actes dans la vie de tous les jours. Quant aux polythéistes, je vous répondrais que je préfère un Hindou polythéiste respectueux de la personne humaine et de tout être vivant à un « musulman » pratiquant qui maltraite des créatures de Dieu.

vous dîtes : "La "tariqa" de M. Bentounes a fermement été condamnée par les érudits musulmans. Ils ont dénoncé le syncrétisme de ce mouvement avec d’autres traditions religieuses dont certaines sont polythéistes. A ce propos lisez le Traité de théologie musulmane de Si Hamza Boubeker. Il y a un passage sur la tariqa Alouite dont se réclame M. Bentounes."

Merci pour votre conseil de lecture ! je ne connaissais pas ce texte et je suis très curieux de le lire. En effet, le Cheikh Bentounès a été vilipendé durant l’été 2009 à l’occasion du centenaire de la confrérie Alawiyya par l’association des Ulémas et le Haut Conseil islamique algériens parce qu’il a « osé » publier dans son livre « Le Soufisme : un héritage commun » des miniatures persanes représentant le Prophète Mouhammed, une illustration d’Adam et Eve en tenues d’Adam et Eve… et le sceau de l’Emir Abdelqader représentant celui-ci dans une étoile à six branches, qui n’est autre que le sceau de Salomon, bien avant d’être le symbole de l’Etat hébreux… eh bien je trouve que c’était faire beaucoup de bruit pour pas grand-chose ! (cf sur ce site l’article « La controverse de Mostaganem » qui relate cette polémique). Les miniatures persanes font partie du patrimoine culturel islamique, n’en déplaise à ces ulémas algériens psychorigides ! certaines d’entre elles sont d’ailleurs exposées au musée d’art islamique du Qatar ouvert au public depuis 2008. Des étoiles à six branches, il y en a plein dans l’architecture algérienne datant de l’empire ottoman, il suffit juste de lever un peu la tête aux abords de certains palais et mosquées d’Algérie pour les découvrir… La « controverse de Mostaganem » n’aura donc montré à mon sens que l’archaïsme des institutions religieuses algériennes qui n’ont pas supporté que le Cheikh Bentounès propose une conception de l’islam plus libérale que la leur, plus ouverte au monde non-musulman, plus universelle, mais plus fondamentalement encore, UNE CONCEPTION DE L’ISLAM PLUS LIBRE. Car je crois que le Cheikh Bentounès invite les musulmans à être plus libres, plus autonomes, plus responsables, tout en demeurant fidèle à l’esprit de l’islam, à la révélation coranique. Car au fond, il est convaincu comme je le suis moi-même qu’Allah veut libérer les hommes et certainement pas les enfermer dans des carcans dogmatiques.

fraternellement,

Soufiane

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M. Bentounes écrit : "l’Islam ne met l’accent ni sur une incarnation ou manifestation de l’Absolu "

Mettre l’accent sur une chose c’est il me semble insister sur l’importance de cette chose.
Y a t-il la moindre acceptation de l’idée d’incarnation de Dieu en Islam ???
On retrouve là des concepts de religions asiatiques polythéistes ou la trinité des chrétiens. Jésus l’incarnation de Dieu sur terre.

En écrivant que l’Islam ne met pas l’accent sur l’incarnation de l’absolu M. Bentounes accepte l’idée d’incarnation !!!

Sans aucun doute la voie soufie celle de la purification des coeurs, de la méditation, de l’amour pour Dieu son Prophète, pour l’humanité est une voie estimable. A condition bien entendu qu’elle ne sorte pas du cadre de la voie chari3a révélée. Combien de tariqas ne sont en réalité que des sectes et luers skheikhs des gourous ? Sectes qui ont été dénoncé à leur époque par des grands soufis comme Abu Hamid Al Ghazali, AbdelQadir al Djilani et tant d’autres ...
Pourquoi souvent les soufis se réfèrent-ils à Al Khidr personnage de la sourate la caverne ??? Ils s’identifient à ce personnage à qui Dieu à donné une science que Moïse (comme nous) n’est pas en mesure d’appréhender. Certains soufis s’autorisent des libéralités avec les textes canoniques arguant que eux comme Al Khidr possedent une connaissance que les non initiés ne possèdent pas.
Si le soufisme a mauvaise presse c’est parcequ’il a été et est entaché de dérives dogmatiques, cultuelles et sociales.
Et Dieu est le plus savant.

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@othmane

Bien vu. rien à rajouter.
Soufiane, D’ailleurs, je tiens à préciser qu’une fois que les tariqua soufies auraient éclairci les questions que soulève othmane,pas mal de musulmans n’auraient plus peur de franchir les portes...

Je parle de mes amis qui cherchent une voie...

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salam aleykoum mon frère Othmane,

vous écrivez : "En écrivant que l’Islam ne met pas l’accent sur l’incarnation de l’absolu M. Bentounes accepte l’idée d’incarnation !!!"

vous avez l’art de faire dire aux textes le contraire de ce qu’ils disent mon frère Othmane ! Vous n’avez pas bien lu le texte du Cheikh Khaled Bentounès et vous jouez un jeu malsain avec les mots qu’il utilise. En effet, s’il dit que "l’islam ne met accent ni sur une incarnation ou manifestation de l’Absolu, ni sur la nature déchue, imparfaite et pécheresse de l’homme", c’est pour distinguer précisément la tradition islamique des traditions juives et chrétiennes, tout en affirmant par ailleurs que ces autres traditions son respectables et voulues par Allah lui-même. Si vous aviez lu plus attentivement le texte du Cheikh Bentounès, vous auriez perçu qu’il met l’accent sur la notion de RESPONSABILITE de l’homme qui a été créé pour être le Lieutenant d’Allah sur Terre. L’homme peut vivre, réaliser pleinement cette Lieutenance d’Allah en vivant, réalisant pleinement sa fitra, c’est-à-dire, sa nature humaine essentielle qui a été déposée en lui par Allah. C’est le sens de la notion fondamentale de Dépôt (Amana) dont parle le Coran.

Vous vous battez donc contre des moulins mon frère Othmane, tel Don Quichotte, car le Cheikh Bentounès est parfaitement orthodoxe au sens littéral et juste de ce terme. Mais j’ai de la sympathie pour Don Quichotte, car il a le mérite de vouloir se battre pour la vérité, la justice... il se trompe juste de cible...

fraternellement,

Soufiane

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salam aleykoum mon frère Othmane,

je reviens vers vous car j’ai trouvé le texte du Cheikh Si Hamza Boubakeur à propos de la Tariqa Alawiyya auquel vous vous êtes référé (page 481 de son "Traité moderne de théologie islamique" (Maisonneuve Larose 2003)) disponible à cette adresse : http://books.google.fr/books ?id=1aQ115DxyAIC&printsec=frontcover&dq=trait%C3%A9+moderne+de+th%C3%A9ologie+islamique&hl=fr&ei=Ys2mTLC5IsOeOqvF4Z0M&sa=X&oi=book_result&ct=result&resnum=1&ved=0CC8Q6AEwAA#v=onepage&q&f=false, et je trouve ce petit texte parfaitement injuste et erroné. J’ai trouvé également cette page internet sur Cheikh Si Hamza Boubakeur : http://exegeseettheologie.wordpress.com/2009/11/08/quand-si-hamza-boubakeur-parle-de-la-bible/ ). Il y est montré clairement, avec de nombreuses citations à l’appui, que cet homme a cherché dans cet ouvrage à prouver, montrer la supériorité de l’islam par rapport à toutes les autres religions. Or c’est précisément ce que ne veut pas faire le Cheikh Khaled Bentounès, car c’est un homme de dialogue et non de polémique stérile. Cheikh Si Hamza Boubakeur, qui fut recteur de la grande mosquée de Paris savait-il que le Cheikh Ahmed el Alawi a prononcé la khoutba et dirigé la prière lors de l’inauguration de cette mosquée en 1926 ? Comment a-t-il pu s’attaquer à un homme d’une si pure spiritualité ? Je vous avoue que pour moi c’est un mystère ! Mais peut-être que ce qui est reproché à la Tariqa Alawiyya est d’encourager le dialogue avec des croyants d’autres religions ? Je ne vois que cette explication. Qu’Allah pardonne au Cheikh Si Hamza Boubakeur d’avoir médit de l’un de Ses Amis sans le connaître vraiment.

fraternellement,

Soufiane

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Soufiane
Merci pour ces précisions intéressantes.Moi je persiste à dire que le soufisme est la spiritualité la plus adaptée pour l’homme moderne.et le combat du cheikh Bentounes est des plus utiles.Notez à ce propos que le week-end prochain( 9/10 octobre) se tient à Genève le congrès de la Alawiyya "pour un islam libre et responsable" et avec l’intervention de personnalités (religieuses ou pas)fort intéressantes.Un islam pacifique , ouvert et accueillant tout être humain.Un islam fidèle à ses origines et attentif au présent.Voila la voie qui me semble être la plus prometteuse pour l’avenir.