Répression d’une manifestation de femmes contre le mur : la non-violence pas mieux traitée que la violence par l’armée Israélienne

Une manifestation pacifique de femmes palestiniennes, israéliennes et étrangères protestant contre l’ére

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lundi 19 avril 2004

Une manifestation pacifique de femmes palestiniennes, israéliennes et étrangères protestant contre l’érection du mur a été violemment réprimée dimanche à Biddu (au nord de Jérusalem), et s’est accompagnée de plusieurs arrestations, dont celle de la pacifiste française de la région Aquitaine, Angela Coppin, rapporte l’International Solidarity Movement (ISM). Angela devait passer en procès lundi, en compagnie de la pacifiste américaine Huwaida Arraf.

Le mouvement palestinien de résistance non violente à la construction du Mur a déjà payé un très lourd tribut, avec l’assassinat, par l’armée israélienne, de 5 hommes âgés de 22 à 70 ans au cours des deux derniers mois, et des dizaines de blessés par balles, balles recouvertes de caoutchouc, inhalation de gaz toxiques, et innombrables matraquages et passages à tabac.

Voici le témoignage de cette journée, par la militante pacifiste israélienne Molly Malekar, recueilli par sa camarade Gila Svirski, de Coalition des Femmes pour la Paix.

« Nous étions un groupe d’environ 60 femmes, uniquement des femmes, en gros 1/3 d’ Israéliennes, I/3 de Palestinniennes et 1/3 d’Internationales . Nous nous sommes rassemblées à Biddu pour protester contre la construction du mur dans ce village. C’était une manifestation calme, les femmes portaient des panneaux et marchaient vers l’endroit où les soldats protégeaient la construction du mur. A environ 10 mètres, nous nous sommes arrêtées parce que les soldats s’étaient retournés et dirigeaient leurs fusils directement vers nous.
Je les ai interpellés en Hébreu « ne tirez pas, nous ne sommes pas armées, c’est une manifestation non violente". Tout à coup il y a eu des nombreux jets de grenades sonores et de gaz tout autour de nous. C’était totalement disproportionné avec la nature calme et non provocatrice de notre action. Les grenades tombaient à nos pieds et nous étouffions, nous ne pouvions plus respirer. La plupart d’entre nous se sont dispersées et repliées. Les soldats nous ont chargées, ils se sont précipités sur les femmes, saisissant certaines d’entre elles, qu’ils ont arrêtées. A ce moment là il n’y avait plus de manifestation, rien à disperser. La plupart des femmes étaient revenues en arrière, essayant de se remettre de l’inhalation des gaz, mais je suis restée parce que je voulais parler aux soldats afin d’empêcher qu’ils arrêtent les 4 femmes. Soudain 4 chevaux ont surgi, montés par la police des frontières, et ils ont chargé. J’ai couru, mais un des chevaux, monté par une femme soldat m’a rattrapée et elle m’a frappée à la tête avec une matraque. Je suis tombée et un autre cheval m’a chargée et j’ai reçu d’autres coups sur le dos et la tête. A aucun moment pendant tout ceci il n’y a eu la moindre provocation (de notre part)

Interrogée sur son téléphone mobile sur son état elle a dit : « J’ai affreusement mal à la tête, aux oreilles et je souffre de tous les coups reçus. Mais il faut plutôt penser à la manière dont nous pouvons réveiller les gens, les informer de ce qui se passe là-bas. Il faut les réveiller »

Molly est directrice de Bat Shalom, les organisations de femmes qui sont le côté israélien de The Jerusalem Link (la chaîne/ le lien de Jérusalem) qui est une initiative commune des femmes pour la paix (pour les Palestiniennes c’est le Centre pour les Femmes de Jérusalem).

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Auteur : CAPJPO

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