Réponse aux Verts

Les Verts Européens sont des partisans de la liberté d’expression, de la tolérance. Dans de nombreuses ci

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mardi 11 avril 2006

Les Verts ont souhaité un droit de réponse après la publication de l’article « qui est Tariq Ramadan ? ».

On n’en attendait pas moins mais sans doute davantage.

On s’étonnait qu’après la publication d’un communiqué par deux élus verts alsaciens se félicitant de l’annulation de la prise de parole de Tariq Ramadan, les Verts rejoignent la cohorte des censeurs.

Les Verts Européens nous disent qu’il n’en n’ait rien et se prévalent de l’excellent débat qu’ils ont organisé à Bruxelles entre Ramadan et. Cohn-Bendit C’est exact et réjouissant à une nuance près. Les Verts Européens sont des partisans de la liberté d’expression, de la tolérance. Dans de nombreuses circonstances, ils ont montré qu’ils étaient attentifs à une parole musulmane singulière. Quant à Cohn-Bendit nul ne lui contestera qu’il est une grande conscience politique européenne, qu’il maîtrise avec intelligence, la question de l’Autre, celle de l’étranger, celle du respect des croyances et des convictions. Son expérience municipale à Francfort a valeur de modèle. Ces valeurs et cet engagement sont partagés par la plupart des militants Verts en France.

Toutefois, en matière de liberté de religion, la France n’est pas l’Europe. En janvier dernier, deux élus Verts alsaciens ont montré qu’ils étaient en phase avec une idéologie républicaniste très made in France, idéologie qui puise à l’universel selon Condorcet, à l’universalité du modèle des Lumières au point de nier tout autre modèle, de permettre, un siècle plus tard, la justification de la colonisation, de l’assimilation. C’est le fameux propos de Jules Ferry sur « la nécessité de civiliser les races inférieures ». Pour plus de précision ou de documentation, on peut renvoyer le lecteur au chapitre « colonisation » de « Nous et les autres » de Zvetan Todorov .

Dès lors que deux élus Verts alsaciens, dont l’un exerce une position d’influence de longue date dans la fédération du Bas-Rhin et a la qualité de maire adjoint du leader de la gauche alsacienne aux élections régionales de 2004, ont engagé publiquement leur formation politique, il appartenait à celle-ci, et à elle seule, d’apporter le démenti et surtout de ne pas faire l’économie d’un débat interne.

Tel n’a pas été le cas. Seuls les Verts Européens ont réagi. C’est dommage car cela donne un caractère politicien à leur prise de position alors que telle n’était pas leur intention. En droit, on dit « nul ne plaide par procureur » : on attend toujours la réaction des Verts du Bas-Rhin.

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