Samedi 26 mai 2012
Oumma.com sur Facebook
Oumma.com sur Facebook
Oumma.com sur Facebook
Oumma.com sur Facebook
Oumma.com sur Facebook

« Benazir Bhutto, un fantasme exotique absolu pour les intellectuels occidentaux »

Grand spécialiste du monde arabe et musulman, René Naba revient dans cet entretien accordé à oumma.com sur l’assassinat de Benazir Buttho.

Partagez :

Grand spécialiste du monde arabe et musulman, René Naba revient dans cet entretien accordé à oumma.com sur l’assassinat de Benazir Buttho.

Qui est derrière l’assassinat de Benazir Bhutto ?

Benazir Bhutto, en tant que fille de Zulficar Ali Bhutto, c’est-à-dire d’une des plus puissantes dynasties politiques pakistanaises, disposait d’un prestigieux héritage : le nationalisme fougueux de son père, auréolé de la légende de martyr, supplicié par une junte militaire.

Plutôt que d’assumer l’héritage de l’un des rares dirigeants civils d’un pays plus souvent gouvernés par une junte militaire, fondateur de surcroît du "Pakistan People Party", c’est à dire, si les mots ont un sens, du parti du peuple pakistanais et non du parti de l’oligarchie pakistanaise, plutôt que progresser sur la voie des réformes, de l’assainissement des moeurs politiques, a accentué les tares de la société pakistanaise, une société largement inégalitaire, favorisant le népotisme, la corruption et la bureaucratie.

Elle s’est, du coup, aliénée les forces progressistes et les milieux intellectuels. Coincée entre les militaires et les religieux, sa marge de manoeuvre se révélait extrêmement étroite, tributaire de la perfusion américaine.

Le fait d’avoir été assassinée à Rawalpindi est tout un symbole. Rawalpindi est non seulement le siège de l’Etat-major pakistanais qui gouverne le pays d’une manière quasi-continue depuis l’Indépendance du Pakistan en 1948.

C’est aussi le siège de l’ISI, le redoutable service des renseignements, maître d’oeuvre, sous la houlette américaine de la montée en puissance des Taliban dans la guerre anti-soviétique en Afghanistan dans les années 1980, mais c’est aussi et surtout, au regard de la propre histoire de Benazir, l’ancienne capitale du Pakistan du temps ou son père Zulficar Ali était premier ministre.

Ce dernier fait n’as pas été assez souligné par les commentateurs.

Si l’identité du commanditaire n’est pas établi, - il est malsain à ce stade de conjecturer-, le message est pourtant clair : Benazir Bhutto était indésirable dans le jeu de quilles pakistanais, un personnage encombrant de surcroît bénéficiant d’un parrainage américain dans un pays au nationalisme chatouilleux en proie à une vague anti-occidentale.

La junte présidée par Pervez Muscharraf, —vous savez ce Général Président du Pakistan dont George Bush peinait à se souvenir du nom durant sa campagne électorale, a beau jeu d’impliquer "Al-Qaida" ou les Taliban, c’est, sans jeu de mot, de bonne guerre.

Ce faisant il vise à s’assurer la pérennité de l’importante assistance militaire et financière américaine. Mais il n’est pas interdit de songer à un groupe mécontent de la nouvelle alliance conclue sous l’égide américaine entre Benazir et les anciens tortionnaires de son père.

Il faut avoir une bonne dose d’ambition pour envisager une collaboration avec les ordonnateurs de la pendaison de son propre père.

De plus, On prêtait l’intention à Benazir Bhutto d’autoriser l’armée américaine à combattre les Taliban à partir du territoire afghan, dans un pays au nationalisme chatouilleux, à la religiosité exacerbée. Il y a l’embarras du choix dans le recrutement d’un volontaire de la mort, d’autant qu’en visant Benazir, on visait à la fois et l’Amérique et la Femme libérée perçue comme une femme de collaboration avec le principal soutien à l’ennemi indien.

En Occident, l’image de Benazir Bhutto est souvent associée à celle d’une femme glamour d’une grande « modernité ». On oublie cependant de préciser qu’elle a été impliquée dans de grandes affaires de corruption et qu’elle a été élue présidente à vie du PPP ( Parti du peuple pakistanais)

Il existe un décalage dans la perception que se fait l’Occident de la réalité pakistanaise. La vision que se font les intellectuels occidentaux de Benazir Bhutto relève de la psychanalyse. Benazir constitue pour eux à proprement parler un fantasme exotique absolu : La belle sultane dévoilée, l’anti-burka, le chef du Harem, politiquement parlant. Les intellectuels occidentaux développaient à son égard une sorte de "discours sur la servitude volontaire".

Benazir a été éduquée à Oxford au point de parler l’urdu, sa langue maternelle avec difficulté. Et plutôt que d’engager son pays sur la voie de la modernité, elle a reproduit les pratiques déplorables de ses prédécesseurs militaires dont elle dénonçait les abus.

Elle a pratiqué une fuite en avant, donnant satisfaction, dans les années 1994-1995 aux partis religieux, favorisant la prise du pouvoir de Kaboul par les Taliban et faisant miroiter à la grande bourgeoisie
les mirifiques marchés d’Asie centrale que la conquête de l’Afghanistan rapporterait aux entreprises pakistanaises.

Un décalage identique s’est produit à propos du Commandant Massoud Chah, tué dans un attentat à la veille des attentats anti-américains du 11 septembre 2001.

Massoud n’était apprécié que des seuls Français. Et des intellectuels de renom en faisaient un titre de gloire de l’avoir rencontré, quand bien même la rencontre a été virtuelle, uniquement dans l’imaginaire du narrateur du récit de la rencontre.

En fait Massoud, élève du lycée français de Kaboul, passe pour avoir fait bénéficier de ses lumières les services français dans le labyrinthe afghan. Hors la France, il était quasi inconnu. A sa mort il a été érigé en martyr de la Liberté. De la même manière que Rafic Hariri au Liban, pourtant l’un des principaux bailleurs de fonds des guerres inter-factionnelles libanaises.

D’une manière générale, il existe un tropisme occidental à l’égard de l’Islam, chaque notabilité intellectuelle dispose de sa minorité protégée : Le philosophe André Glucksman, les Tchétchènes, quand bien même son nouvel ami le président Nicolas Sarkozy, est devenu le meilleur ami occidental du président russe Vladimir Poutine, Bernard Henry Lévy, le Darfour, quand bien même son entreprise familiale est mentionnée dans la déforestation de la forêt africaine, et Bernard Kouchner, des Kurdes. les supplétifs des américains dans l’invasion américaine d’Irak.

Comme si ces notabilités cherchaient à compenser leur hostilité aux revendications arabes notamment palestiniennes par un soutien à l’Islam périphérique .

Les Etats-Unis comptaient beaucoup sur le retour de Benazir Bhutto au Pakistan. Quelle sera désormais la stratégie américaine dans ce pays ?

Benazir devait servir de caution à la junte. l’Amérique comptait sur elle pour procéder à un ravalement de façade de la dictature militaire pakistanaise. N’oublions pas que le mot d’ordre de l’invasion américaine de l’Irak était de favoriser la restauration de la démocratie.

Benazir disparue, l’Amérique est placée devant ses propres contradictions au Pakistan et n’a d’autre choix que de continuer sa collaboration avec la junte, en invoquant précisément le danger terroriste

La bombe nucléaire pakistanaise est-elle sous protection américaine ?

Pas évident. La bombe pakistanaise répond aussi à des considérations de sécurité nationale. C’est l’arme de dissuasion contre le puissant voisin indien, lui aussi puissance atomique. Je vois difficilement les Pakistanais abandonnaient leur sécurité aux mains étrangères, de surcroît un pays considéré dans une large fraction du pays comme l’ennemi de l’Islam. Je le vois d’autant plus difficilement dans le contexte actuel que leur voisin iranien montre sa détermination à préserver son autonomie nucléaire.

Quelle valeur dissuasive disposerait une bombe atomique sous contrôle d’une tierce partie ? Un tel contrôle est la négation même de la dissuasion.

Quel est le poids réel des groupes islamistes au Pakistan ?

Considérable, à la mesure de l’importance que les services américains ont favorisé leur implantation et leur développement au plus fort de la guerre anti-soviétique en Afghanistan.

L’assassinat de Bhutto et le cinglant camouflet infligé aux Etats-Unis. Il constitue l’effet Boomerang d’une politique hasardeuse marquée par l’instrumentalisation de l’Islam comme arme de combat politique, en vue de faire pièce au nationalisme arabe et au socialisme.

Quelles sont les relations entre l’armée pakistanaise et les groupes islamistes ?

Une relation d’imbrication. Tout le monde tient tout le monde par la barbichette

Suite à l’assassinat de Benazir Bhutto, y-a-t-il un risque de guerre civile au Pakistan ?

Pas évident. Il y aura une modulation de la politique de la junte entre répression et coopération avec les autres forces politiques. Du moins dans un premier temps ; le temps de jauger les réactions internationales à l’assassinat de Benazir Bhutto et le temps de jauger les nouveaux rapports de force établis sur le terrain pakistanais.


Propos recueillis par la rédaction

*René Naba

Ancien responsable du monde arabo-musulman au service diplomatique de l’Agence France Presse, ancien conseiller du Directeur Général de RMC/Moyen-Orient, chargé de l’information.

A paraître prochainement : « Il était une fois la dépêche d’agence » Editions l’Armoise

Rene Naba est également l’auteur des ouvrages suivants :

« Aux origines de la tragédie arabe"- Editions Bachari 2006. "Du bougnoule au sauvageon, voyage dans l’imaginaire français"- Harmattan 2002.

« Rafic Hariri, un homme d’affaires, premier ministre » (Harmattan 2000). « Guerre des ondes, guerre de religion, la bataille hertzienne dans le ciel méditerranéen » (Harmattan 1998).

Cet entretien a été également publié sur le blog de René Naba : http://renenaba.blog.fr/

Publicité Oumma Media

Commentaires

X
0 points

C’est la confusion et/ou la manipulation ?
En faite nous sommes manipuler par les puissances occidentales.Parce que je suis perssuader que meme beaucoup des médias occidentaux soit ne comprenent rien et dans ce cas là mieu vaut qu’ils se retiennent soit il y a une volonté absolut et absurde de manipulation et dans ce cas là mieu vaut zapper et aller voir ailleur.

X
0 points

Merci Monsieur pour votre illustre analyse ?pourquoi on vous voit pas sur les plateaux de tv ? vous dites tout simplement la vérité mais une vérité qui dérange !! j’ai vu c’est dans l’air le soir de l’assissinat de BENAZIR BUTHO, c’était pitoyable comme analyses !! ces pseudos experts ne savent rien sur le sujet !! ca se voit qu’ils se sont renseignés sur Wikipedia et sont venus débattre !! c’était ridicule comme analyses !! je vous dis Monsieur, que chaque fois que vous écrivez sur ce site, je lis vos articles avec une grande appétit !j’éspère que OUMMA va continuer à donner la parole à des gens honnetes comme vous. merci mille fois.bonne année à toute la rédaction et merci mille fois pour tous vos efforts

X
0 points

Les 30 dernières années ont fourni un terrain fertile aux idées du fondamentalisme islamique. La crise du capitalisme a confronté des millions de musulmans à un contexte social et économique générant énormément de désespoir. Des peuples entiers ont été éclatés, dispersés. Des villes, qui étaient autrefois les lieux de prédilection des privilégiés et des instruits, ont été submergées sous le flot d’une population rurale désorientée et misérable. Le caractère autoritaire des régimes post-coloniaux, l’échec de leurs projets de “modernisation”, et la continuation - voire l’aggravation - de la dépendance de ces régimes à l’égard de l’Occident ont servi à discréditer le laïcisme dont ils se réclamaient. Les mœurs occidentales ont séduit les uns, tout en attisant le sentiment de dépossession des autres, et le gouffre béant entre les riches et les pauvres a créé un profond sentiment d’injustice sociale.

X
0 points

Il faudrait s’interroger sur ce qu’on nomme "islamisme" ou "islamiste". Au Pakistan, il y avait une religion assez diffuse, qui englobait des tendances mystiques diverses, et même des éléments de paganisme, a commencé à se revêtir d’une forme plus stricte, plus doctrinaire, à l’appui d’une interprétation littérale et rigide des textes coraniques. Une religion faite de diversité, de subtilité, de nuance et de compromis, est dorénavant présentée sous les traits d’une nouvelle orthodoxie, sombre et implacable.

X
0 points

Le soutien des Américains aux forces politiques d’un pays varie au gré de considérations stratégiques ; on l’aura remarqué et constaté depuis fort longtemps.

A tel point que quand l’administration américaine soutient aujourd’hui certains mouvements et/ou partis de par le monde, ainsi que des projets politiques et économiques, on en devient méfiant jusqu’à flirter avec "la théorie du complot". Ce qui n’est pas entièrement illégitime, tant s’en faut. Voire les justifications "hallucinantes" du bien-fondé de l’invasion de l’Irak.

Le complot existe mais il n’en demeure pas moins, que le monde n’est pas un complot !

Autrement dit, d’accord pour pointer du doigt le fait que la politique américaine de ces dernières décennies a été hautement contradictoire et coûteuse en vies humaines, particulièrement dans le monde musulman.

Mais affirmer à hue et à dia qu’elle serait à l’origine et/ou le catalyseur des groupes islamistes au Pakistan ou ailleurs, dans d’autres contrées islamiques, cela me paraît réducteur abstraction faite de la colonisation, de l’identité profonde des peuples que ces groupuscules exploitent à tort ou à raison.

Même s’il a pu exister dans l’histoire des alliances "objectives" entre administrations américaines successives et les "islamistes". Aujourd’hui, il s’agirait bien plutôt d’alliances intéressées et de relations douteuses, à peine voilées, entre l’administration Bush et les régimes autoritaires (juntes militaires ou autres) du monde arabe et islamique.Ce dernier point en revanche, l’article de Réné Naba le suggère très clairement.

X
0 points

Cela me gêne toujours de voir un assassinat politique "expliqué" sans qu’au préalable on s’élève fermement contre ce type de pratique inacceptable. On prend le risque que l’explication devienne une justification, ce qui, j’en suis sûr, n’est pas la pensée de l’auteur de l’article.

S’il tous les leaders politiques du monde convaincus de corruption ou soupçonnés de "connivence" avec une force étrangère, devaient être éliminés de la sorte, au moins 3 dirigeants sur 4 et sans doute autant d’opposants seraient à assassiner.

Je préfère, et de loin, le scrutin universel dans les démocraties même en prenant le risque d’une manipulation potentielle par certains médias.

Quant à la sempiternelle thèse de l’obsession de l’Occident à s’en prendre à l’Islam, il faudrait tout de même se rendre compte que ce n’est certainement pas la priorité de "l’Occident", si tant est que ce terme collectif "Occident" ait un sens de nos jours. Faut-il rappeler que l’ "Occident" en question s’est étripé copieusement pendant des siècles pour des causes nationalistes, que l’Otan et l’Europe ont à peine 50 ans d’existence, et que les décisions unanimes y sont aussi rares qu’édulcorées.

IL ne faut pas confondre défense de ses intérêts nationaux, qui est le propre et le devoir de tous les pays et de tous les dirigeants (sauf ceux qui visent en priorité leurs intérêts personnels ), et une prétendue lutte entre "civilisations". Et si malgré tout, c’était le cas, les défenseurs de cette dernière thèse de la lutte entre civilisations seraient bien inspirés de regarder dans leur dos la montée fabuleuse de l’immense "civilisation asiatique" qui représente 40% de la population mondiale, qui n’est ni chrétienne ni musulmane et qui pourrait dominer le monde d’ici peu.

X
0 points

Pour sauvegarder leurs intérêts, les Etats-Unis en sont réduit à soutenir les pires des dictatures ou des divas sur le retour. Les Etats-Unis sont aujourd’hui dans une impasse, il leur reste très peu de cartes à jouer dans la région, les ayant tout utiliser ou suer jusqu’à la corde. Par leur politique, les Etats-Unis sont les principaux producteurs de fanatisme. Les peuples victimes de la politique américaine ont désormais le choix entre le pire et le moins pire. Dans ces conditions, seuls les partisans du chaos tireront leur épingle du jeu.

X
0 points

Benazir Buttho était une femme séduisante. Cet art de la séduction qu’elle semblait maîtriser a suffi à convaincre les élites occidentales et leurs médias qui comme le rappelle René Naba ont vénéré une image plus que la réalité de sa politique qui était perçu tout autrement par les pakistanais qui eux la subissaient de plein fouet. Cet assassinat n’en demeure pas moins un acte ignoble et odieux.

X
0 points

Au début les médias occidentaux avaient insinué que l’assassinat était l’oeuvre de leur fantasme quotidien "Al quaida". Là ils sont tellement discrédité qu’ils ne savent plus où donner de la tête. Bientôt leur théorie consistant à ériger l’Islam comme ennemie n°1 va s’écrouler en morceau. Chaque mensonge est en train de tomber à l’eau. D’ailleurs les diplomates occidentaux vont jusqu’à aller négocier avec leur soi-disant ennemie "Al quaida". Dans ces guerres la majorité des victimes sont des gens sans liens avec aucun des belligérants.

X
0 points

Au lendemain de la mort de Benazir Bhutto, que je condamne ici avec la plus grande des fermetés, j’ai lu un papier totalement ridicule de BHL( comme d’habitude) dans le journal Libération où il est actionnaire. Un papier dans lequel BHL a tout mélangé et surtout à oublier de dire l’essentiel. Il a surtout cherché à faire de Benazir Bhutto un étendard de la démocratie.

 BHL doit alors nous dire s’il trouve très démocratique que son fils de 19 ans lui succède à la tête du parti du peuple pakistanais !

 BHL trouve-t-il également très moderne et démocratique que Benazir Bhutto ait fait alliance avec des mouvances islamistes les plus obtus.

Mais BHL s’en moque royalement, le plus important pour lui est d’occuper le terrain médiatique pour nous vendre ses niaiseries !

X
0 points

l’assassinat de Bhutto a été décrit par les médias de masse comme étant le martyr d’une grande messagère de la « démocratie » à l’Occidentale. Pendant ce temps, les actions brutales dans les coulisses du gouvernement US ont reçu peu d’attention.

Le 28 décembre 2007, la manière dont le New York Times a couvert l’assassinat de Bhutto offre l’exemple parfait de la distorsion Orwellienne par les medias de masse dissimulant, derrière l’écran de fumée de la propagande, de manière flagrante, la vérité sur l’agenda de Bush-Cheney. Cet article fait écho à la rhétorique de la Maison Blanche proclamant que les principaux objectifs de Bush sont d’ »amener la démocratie au monde musulman » et « de chasser les militants islamistes ».

En fait, l’administration ouvertement criminelle de Bush - Cheney n’a seulement soutenu et promu que l’antithèse de la démocratie : chaos, fascisme, et l’installation de régimes fantoches amis des anglo américains.

En fait, la géostratégie centrale et constante de Bush-Cheney, et de leurs homologues - élites partout dans le monde, c’est d’imposer continuellement et d’étendre la « guerre contre le terrorisme » fabriquée ; continuer la guerre à travers le continent eurasien, avec des évènements déclenchés par des opérations sous faux pavillon, et des prétextes fa briqués.

X
0 points

je ne sais pas s’il faut parler de fantasme absolu, toutefois comme il l ’est souvent rappelé , l’histoire est un éternel recommencement, les premisces d’une grande instabilité au pakistan qui pourrait se solder par une intervention américaine ( et oui encore eux) à moyen terme, celà rappelle un scénario vécu dans le golf persique. Apparement la crise des scénaristes a ébranlé la créativité des grands stratèges yankees de l’état major, pour nous pondre un probable remake de "saddam envahit le koweit". Plus sérieusement, un tel contexte politique ou les amis d hier sont susceptibles de devenir les enemis d aujourd’hui, semble malheureusement se profiler. explication :
butto (opposante à musharraf) demande protection aupres des usa (et meme aupres du mossad) ces derniers refusent .... ce refus est interpreté par le pouvoir en place comme une carte blanche à l’eviction de l’opposante...
apres avoir baillonné le pouvoir judiciaire, l’opposition .... l’etiquette dictatoriale de musharraf parait aux yeux de l’opinion internationale.... Ajouté à celà , un probable changement de cap des usa (election oblige : vote baraq)
vous obtenez au final un pakistan kil faut liberer au nom de la democratie

et voilà le bon motif d invasion us
(cf . grand moyen orient)

X
0 points

L’intellectuelle indienne Ashy Nandy a dit un jour que le colonialisme moderne a dû ses grandes victoires non pas tant à ses prouesses technologiques et militaires qu’à son aptitude à créer des hiérarchies laïques incompatibles avec l’ordre traditionnel.
Elle parlait a peine l’Urdu , son fils qui lui succède s’est adressé a son peuple en Anglais,
Je ne peux m’empêcher de tracer un parallèle entre le Pakistan et l’Algérie comment les sécurités militaires respectives instrumentalisent l’islamisme, la Qaida pour maintenir les militaires au pouvoir et travailler contre leurs peuples.

Ça serait bien si oumma puisse nous faire entrevue avec cette intellectuelle.

X
0 points

La mort de Madame Bhutto a été l’occasion pour certains de nous sortir les éternelles idioties sur l’islam. A la moindre occasion, ces derniers dégainent et tirent dans tous les sens. Ces individus, vous les connaissez, il est inutile de citer leurs noms, ce qui leur feraient une publicité gratuite, alors que les médias les encensent matin, midi et soir et toute l’année ! L’interview de René Naba est d’une grande intelligence !

X
0 points

Benazir Bhutto était une femme élégante qui se battait pour la démocratie, et pour les droits des femmes. Elle aurait pu faire avancer la cause des femmes au Pakistan victimes de l’archaïsme. Sa disparition est une perte énorme.

X
0 points

"son fils qui lui succède s’est adressé a son peuple en Anglais"
C’est fort cet anecdote, un détail qui a beaucoup d’importance. Cela me fait penser aux mafiozis provenant de ces contrées lointaines, qui une fois arrivé en France veulent faire de la politique dans leur pays d’origine sans avoir aucune connaissance intellectuelle autre que la magouille, la corruption, le chantage etc...

X
0 points

Dites moi Stephanie.Vous y êtes allée au Pakistan pour affirmer que les femmes la bas sont victimes de "l’archaisme" ?Bhutto a déjà été premier ministre il faut le rappeller donc elu par le peuple.Si les femmes étaient vraiment victime de "l’archaisme",jamais une femme n’aurait prise le pouvoir.Ne confondez pas le Pakistan avec le Bangladesh.
Il faut quand même noté qu’il est vrai que des femmes peuvent être vicitime de la domination masculine.Je l’avoue.Comme en France,en Angleterre ou au Maroc...

X
0 points

Petit détail pour l’internaute qui se désigne sous le nom de "Personne" : si le fils de Benazir Bhutto s’est exprimé en anglais c’est que l’anglais est... une des deux langues officielles du Pakistan et c’est communément celle utilisée par le gouvernement, les ministères et l’administration. L’autre langue officielle (ourdou) est parlée par moins de 10% de la population. La langue la plus parlée au Pakistan (le penjabi) n’y a pas le statut de langue officielle.
Il n’y donc pas d’arrière pensée à chercher dans le fait qu’il ait utilisé l’anglais.

X
0 points

En réponse du message du 2 janvier,

Vous avez raison de dire que certaines personnes des médias ne comprennent pas tout. Nous retrouvons une grande confusion dans les informations transmises apres la mort de Benazir Bhutto. Mais il est erronné de dire que les puissances occidentales ne comprennent pas, l occident est tres grand, les E.U, le Canada, les pays d Europe et le Japon ; sont-ils tous dans la confusion ? Qui en tire vraiment profit de la mort de Bhutto ? Je pense que c est le pouvoir qui est en place au Pakistan. Malheureusement en 2007 son crime était d être une femme au pouvoir et qui pronait la DÉMOCRATIE.

X
0 points

Le propos de Mr Naba est quelque peu équivoque quand il parle de retour de Bénazir Bhutto sur lequel parieraient les Etats-Unis. Pour ma part , je pense qu’elle a été envoyée en service commandé pour permettre aux américains d’agir directement en bombardant les zones tribales , ce que Musharref malgré son statut de vassal avéré n’a tout de même pas autorisé. Donc le but n’était pas de donner plus de démocratie au peuple Pakistanais en mettant à la tête de ce pays une femme "moderne" et "glamour", ce que les occidentaux refuseront si la personne en question ne travaille pas dans le sens de leurs intérêts, mais bien de laisser les coudées franches au dictateur Bush afin qu’il lamine la région comme il le fait en Irak.

Contrairement à Mr Naba, je ne pense pas du tout que les dirigeants occidentaux fantasment sur Bénazir Bhutto car ils sont trop lucides pour perdre leur temps en de telles futilités qu’ils laissent aux stars de cinéma et autres animateurs de TV. La seule chose qui les interesse c’est d’avoir un interlocuteur qui soit de leur bord et accessible à leurs désiderata .Tout le reste n’est que poudre aux yeux pour maintenir les pays arabes et musulmans sous leur férule.

X
0 points

Islam "peripherique ?", Il serait bon que l’auteur de l’article (comme, je pense la plupart des personnes dites arabe je pense,...) se rentre dans le crane que seulement un musulman sur cinq est arabe et qu’il y’a par exemple (une realité qui choque beaucoup de gens) quasiment 2 fois plus de musulmans au pakistan que dans le maghreb entier, il faut arreter ce sorte d’islamo centrisme arabe disant, "l’islam c’est nous", je suis chinois musulman et fier de l’etre je suis donc musulman mais en aucune facon arabe et d’ailleurs 4 musulmans sur cinq sont dans mon cas, ayant fait le pelerinage a la mecque je peut vous assurer et tous ceux qui l’ont fiat pourront vous le confirmer, que les "banlieusards" de l’islam selon l’auteur(indonesiens, pakistanais,bangladeshis,...) ont un comportement plus islamique que les marocains, algeriens et autres arabes.

X
0 points

Je note dans cette excellente analyse conforme à ce à quoi René Nabaa nous avait déjà habitués, le paragraphe suivant :

« L’assassinat de Bhutto et le cinglant camouflet infligé aux Etats-Unis. Il constitue l’effet Boomerang d’une politique hasardeuse marquée par l’instrumentalisation de l’Islam comme arme de combat politique, en vue de faire pièce au nationalisme arabe et au socialisme ».

Je ne suis pas certain que l’assassinat de Benazir Ali Buttho soit un camouflet pour les étatsuniens, ni qu’il constitue un effet boomerang de leur instrumentalisation hasardeuse de l’Islam.

S’il faut se risquer à conjecturer, on est en droit de se poser bien des questions sur les motifs et les auteurs de cet assassinat. De même que l’assassinat de Rafic Hariri au Liban a entraîné la déstabilisation de ce pays ainsi qu’une tentative d’isoler la Syrie en prélude à sa déstabilisation, de même que l’exécution-meurtre largement publicisée de Saddam Hussein accentuait la déstabilisation de l’Iraq, il en va de même de celui de Benazir Ali Buttho pour la déstabilisation du Pakistan. Tout cela dans le cadre de la stratégie étatsunienne qui n’a rien de secret, et qui vise au remodelage de ce qu’ils appellent le « Grand Moyen Orient ».

Le meurtre de leurs amis, quand ils deviennent plus utiles à la politique américaine morts que vivants, n’a rien de nouveau. Souvenons-nous du meurtre si opportun d’Anouar Sadate quand, ayant signé avec Israël une paix sur laquelle ses successeurs ne pouvaient plus revenir, et ayant ainsi creusé un fossé entre les Arabes jamais comblé depuis lors, il tombait fort à propos sous les coups d’un « fanatique » (un de plus). Sa mort a très opportunément permis à l’Égypte de Moubarak de réintégrer la Ligue Arabe où l’Égypte n’a plus cessé depuis lors de servir de taupe aux intérêts américano-israéliens.

Après tout, les étatsuniens sont les grands spécialistes de la production en chaîne selon un canevas unique.

Toute mon admiration à votre site ainsi qu’à René Nabaa.

Joseph Berbery

Libanais, maronite, apostolique et romain un peu plus que le pape.

X
0 points

A Didier :

Installe a Londres depuis 20 ans, parmis mes connaissances figurent des pakistanais qui on eu des contacts avec la famille Zardari-Bhutto. Comme le souligne "personne" Billawal a des competences linguistiques limitees en ce qui concerne l’ Urdu.

Traditionnellement les politiciens du pakistan s’adressent aux pakistanais en Urdu plutot qu’en Anglais.
La majorite des pakistanais sont en mesure de comprendre l’Urdu meme s’ il ne le parlent pas couramment. Par contre, l’Anglais n’est compris que par la minorite d’individus instruits, ceux qui travaillent dans l’administration, notamment.

Autant dire que les Pakistanais a qui l’urdu fait defaut sont encore moins des experts de la langue Anglaise.

X
0 points

EXCELLENT ARTICLE et analyse pertinente et hautement éclairante...

Quelques réflexions...
Le paradoxe de ces pays néo féodaux est que les femmes peuvent parfois y jouer un rôle plus important que dans les démocraties : elles sont "filles de", et à ce titre investies automatiquement d’un pouvoir quasi incontesté. Cela joue dans les deux sens, par exemple Han San Su Ki, prix Nobel de la paix, fut elle aussi portée (malgré elle au départ) à la tête du mouvement d’opposition à la junte militaire de son pays simplement parce qu’elle était la fille de leur leader défunt. Cela ne signifie nullement que "les" femmes en général de ces pays soient plus libres qu’ailleurs, au contraire. L’élite occidentalisée, formée par la colonisation ("diviser pour régner" est toujours la devise de l’Angleterre... ou des USA) fonctionne à la fois en dehors des masses et cependant soutenue fanatiquement par celles-ci, telle une aristocratie voire une monarchie de droit divin, une caste totalement différente du peuple analphabète qui la soutient.

Que ces "élites" soient ensuite, très souvent, instrumentalisées par l’occident ou les USA, cela va de soi : exemple le Shah d’Iran, Benazir Bhutto, Anouar El Sadate peut-être... Or en effet, le fait d’être la marionnette d’une super puissance, d’un impitoyable minotaure, comporte ses avantages (le pouvoir assuré) et ses inconvénients (le risque d’être jeté comme un kleenex lorsqu’on n’est plus utile.) Bénazir, comme tant d’autres, en a fait les frais récemment.

Il faut une grande habileté, une profonde intelligence politique, quasi machiavélique, pour parvenir à tirer son épingle du jeu comme l’ont fait certains leaders tiers mondistes... qui parfois ont même su renverser la situation en leur faveur. (Mostapha Kemal, Mohamed V...) Mais eux aussi ont souvent mal fini... seulement, eux, en sauvant l’honneur, ce qui change tout. (Les talibans apparemment y sont assez bien parvenu : soutenus par les USA comme un coin contre le bloc russe... puis se retournant contre ceux-ci... avec leurs propres armes ! Une sinistre farce, mais une manip politique parfaitement réussie.
Cela était-il le but de Bénazir ? Sans doute ; mais c’était mission impossible : femme, navigant entre les américains, les islamistes, les "démocrates" et les puissances financières de son pays (auxquelles elle appartenait largement), elle ne pouvait pas atteindre ce but.

Quant à faire d’elle une icône du féminisme, c’est une sinistre farce de Gala. Elle qui a accepté et même recherché un mariage arrangé... avec un homme qui détourna la bagatelle de quelques milliards (dans un pays si pauvre !) et la perdit dans son honneur (on a le mari que l’on mérite)... elle qui était d’abord la fille de... , qui s’est fait élire présidente à vie de son parti et en bonne logique investit son fils de sa succession etc... Autant prendre Marie Antoinette. Il est clair que pour elle, la carte "femme" n’était qu’une carte de plus à jouer, de même la carte "glamour", ou la carte démocratique, voire la carte américaine ou islam.
Mais la politique est un jeu dangereux ; mourir pour une idée juste, soit... mais mourir seulement pour le pouvoir, à travers les méandres d’une politique jouée ailleurs, quel gâchis. Il reste que son assassinat est inacceptable, évidemment.
Juste un détail : est-il exact qu’elle a été compromise dans l’ assassinat de son frère, un activiste, dit-on, très populaire ?
Hélène Larrivé "http://larrive.info/"