|
|
Version mobile Newsletter
|
|
| Vendredi 5 Septembre 2008 | ||
|
|
|
|
Articles
Redécouvrir l’humanisme spirituel, principe fondateur de l’islam
jeudi 27 septembre 2007 - par Eric "Younès" Geoffroy
De nos jours, les tensions créées en pays musulman par la rencontre entre le ‘‘local’’ et le ‘‘global’’ sont très vives. Les musulmans sont ainsi amenés à déterminer ce qui, dans leurs cultures, doit être préservé. Le processus actuel, irréversible, de la mondialisation comporte donc pour les musulmans un défi paradoxalement très positif : ils sont désormais sommés de redécouvrir l’universalisme fondateur de l’islam, de dépasser les replis nationalistes, les clivages dogmatiques ou rituels (le ta‘assub madhhabî), et d’aller à l’essentiel du message islamique en se départissant des mœurs et des coutumes locales (arabes, berbères, africaines, turques, etc.), qu’il assimilent trop souvent à l’enseignement de l’islam, créant ainsi des amalgames pernicieux. L’expansion fulgurante de l’islam, en plusieurs phases, a été possible parce que les musulmans portaient en eux l’axialité intérieure du Tawhîd, et que, par conséquent, ils se sentaient chez eux partout dans le monde. Ils savaient reconnaître l’Unicité dans la multiplicité des cultures, des langues et des religions ; ils avaient en effet une vision conjointe de ces deux niveaux de réalité – l’Unicité et la multiplicité - ce qui leur permettait d’être en phase avec leur modernité, et nous permettrait d’être en phase avec la nôtre. Ils étaient assez unifiés, individuellement et collectivement, autour de l’axe du Tawhîd, pour dialoguer avec le monde, pour se frotter aux autres en toute sécurité. Ils étaient avides de connaître et d’assimiler les autres civilisations. L’islam classique a donc vécu, et même promu une sorte de mondialisation, mais dans son meilleur aspect, celui de l’universalisme spirituel et non de l’uniformisation matérialiste actuelle. Cependant, l’usure du temps a produit une sclérose de la culture islamique, depuis au moins le XVe siècle. Les musulmans se bornèrent dès lors à reproduire des comportements hérités, figés car n’étant plus adaptés à leur réalité. Selon l’avis d’observateurs experts tels qu’Ibn Khaldûn, la faute en revient au fait qu’un juridisme galopant a envahi la culture islamique ; le juridisme, c’est-à-dire un développement démesuré du droit par rapport aux autres disciplines de la vie religieuse. S’appropriant le terme de fiqh, qui signifie à l’origine « réflexion », « compréhension », et non « jurisprudence », le droit musulman a étouffé des disciplines majeures telles que la théologie (sous ses différents noms : ‘ilm al-kalâm, ‘ilm al-tawhîd…), la philosophie, jugée concurrente de la Révélation, et surtout la spiritualité, qu’on l’appelle tasawwuf ou autre. Cette surdétermination du fiqh a produit et produit toujours un pharisaïsme, une hypocrisie religieuse dont beaucoup de pays musulmans ne sont pas sortis. En effet, le monde des formes, que gère le fiqh, s’il n’est pas animé par la spiritualité, ne peut que générer un décalage, une ‘‘schizophrénie’’ entre les prescriptions anciennement établies et la réalité toujours changeante. C’est pour cette raison que des ‘ulamâ’ – égyptiens – comme Suyûtî et Sha‘rânî parlaient de la nécessité du recours à l’ijtihâd spirituel : toute religion ne peut vivre en phase avec la modernité que si sa spiritualité lui permet de transmuer le monde des formes : Kulla yawm Huwa fî sha’n : « Chaque jour, Il est à l’œuvre » (Cor. 29 : 55). Mais revenons à l’histoire. Plus les musulmans s’affaiblissaient, à partir des IXe / Xe siècles (XVe / XVIe siècles), sur les plans spirituel, culturel et matériel, plus l’hégémonie de l’Occident s’affirmait et, par conséquent, plus les musulmans se sentaient agressés, se repliaient sur eux-mêmes, se fermant aux autres cultures et aux autres religions. Le colonialisme blessa en profondeur l’identité musulmane et, face à ce phénomène, les musulmans ont pris l’habitude de ne plus agir, mais seulement de réagir à l’impérialisme occidental. Une conception figée et monolithique de la norme islamique prévalut alors, restreignant la dimension universaliste de l’islam. Parallèlement, le territoire de l’islam se fractionnait, se compartimentait, et les musulmans, ne pouvant guère désormais se déplacer à l’intérieur de ce vaste espace, assimilèrent souvent leur religion à des coutumes et à des particularismes locaux. L’ampleur de vue et l’esprit de découverte qui caractérisaient la civilisation de l’islam classique avaient disparu. Au XXe siècle, le monde arabo-musulman a connu diverses idéologies plus ou moins ‘‘laïques’’ qui se sont soldées par un échec, car elles ne répondaient pas à la question de la véritable identité des peuples concernés : le nationalisme arabe, le panarabisme, le socialisme… Parallèlement, ceux qui suivaient le modèle occidental ont fini par percevoir le « désenchantement » et la crise des valeurs qui sévissent en Occident, et certains ont commencé à chercher des solutions dans leur propre culture islamique ; ils constataient d’ailleurs que l’occidentalisation à marche forcée menée par certains régimes avait généré des clivages psychologiques et des inégalités sociales énormes. Le retour sur l’identité islamique est donc une réaction logique : il s’agit tout simplement du réflexe vital de ‘‘rentrer chez soi’’. Mais quelle identité islamique cherchons-nous à promouvoir ? Celle de la frustration, de la ‘‘pensée unique’’ et du repli sur soi, ou bien celle d’un humanisme spirituel qui a su panser les blessures du passé et recouvrer une vision universaliste du monde ? Les pays musulmans doivent se donner les moyens de dépasser le stade du ressentiment afin qu’y émerge une psychologie positive. Bien sûr, il règne un « deux poids deux mesures » dans le traitement par l’Occident du monde musulman ; bien sûr, comme l’écrit Marcel Gauchet, « l’Occident est aveugle sur les effets de la mondialisation de l’économie et des mœurs » en pays musulman, il « ne mesure pas combien la pénétration de ses façons de faire et de penser est destructrice pour les rapports sociaux en place 1 ». Mais le monde musulman doit s’adonner davantage à l’autocritique, à une autocritique objective et constructive, afin 1) de mieux se comprendre lui-même et 2) de délivrer une meilleure image de lui. La ré-islamisation de la société, qui serait en cours dans maints pays musulmans ne doit pas être brandie comme un slogan ; elle ne doit pas déboucher sur une uniformisation de l’habit comme de la pensée ; elle doit plutôt se vivre comme une lecture contemporaine, et donc adaptée, du patrimoine riche et complexe de l’islam. Elle ne doit pas se limiter au monde des formes : globalement, les musulmans ont intégré la technique occidentale, comme le souhaitait déjà Rashîd Ridâ, mais cela ne suffit pas (les responsables des attentats du 11 septembre 2001 eux aussi avaient intégré la technique…). Ce sont avant tout les comportements psychologiques qui doivent changer, car ils déterminent les structures politiques et sociales. Ainsi, en tant qu’occidental, je constate un manque de rigueur et d’efficacité dans certaines sociétés musulmanes, ce qui est bien sûr contraire à l’éthique de l’islam. En Occident, des penseurs musulmans affirment qu’une « théologie de la libération » devrait être suscitée en pays d’islam, à l’instar de celle qui avait été mise en œuvre en Amérique du Sud par certains milieux chrétiens : de la sorte, les musulmans pourraient mieux faire le tri entre d’une part les valeurs réelles et fondamentales de l’islam, et d’autre part l’amoncellement de mentalités et de coutumes qui se sont ajoutées au cours des siècles. Les musulmans ont pourtant des atouts, dont ils semblent parfois peu conscients : - Le référent religieux islamique gère encore leurs vies, ce qui leur procure une force morale collective qui reste, malgré tous les handicaps, très dynamique ; ce n’est pas le cas dans d’autres régions du monde, frappées encore une fois par le « désenchantement » matérialiste, qui mène au nihilisme. En dépit des chocs violents qu’a suscitée l’irruption de la modernité en pays musulman, il y reste une baraka perceptible car l’islam est une religion vivante, et qui maintient en son sein une spiritualité vivante. - Il y a en pays musulman un potentiel humain, j’entends par là de ‘‘chaleur humaine’’ qui manque de plus en plus en Occident. Malgré la présence d’une certaine hypocrisie, il reste un tissu social, maintenu par la vie religieuse, qui fait cruellement défaut en Occident. C’est pourquoi des Européens – retraités ou non – vont s’installer au Maghreb, au Maroc surtout ainsi qu’en Tunisie, tandis que les anciens colons « pieds-noirs » se rendent à nouveau en Algérie. - Au-delà, le monde musulman peut apporter – et apporte déjà – à l’Occident l’exemple d’une foi forte – quand elle est présentée de façon intelligente – et même une nourriture spirituelle. L’Occident touche en effet le fond de la civilisation matérialiste : s’il se sent encore sûr de lui sur le plan de l’avoir, il est plus que jamais en quête de l’être. Dans nos sociétés passablement destructurées, où la diversité des expériences individuelles peut donner le vertige, la spiritualité islamique équilibre et éveille des jeunes issus de l’immigration maghrébine, mais aussi des Européens de souche. Les perspectives/propositions : - La solution n’est pas dans le passéisme, qu’on l’appelle « salafisme » ou autrement. Il faut regarder l’avenir en misant sur l’universalisme spirituel de l’islam. Seule la spiritualité donne sens à l’identité musulmane, car elle permet de dépasser les antagonismes et les logiques d’affrontement. - Au nom du Furqân, principe islamique du « discernement », les musulmans doivent trouver la voie du milieu entre l’imitation aveugle de l’Occident et son rejet viscéral : ils peuvent y puiser des vertus telles que l’esprit d’organisation et de civisme, des outils d’analyse pris aux sciences humaines, etc., ceci sans aucunement trahir leur personnalité islamique profonde. Au passage, je peux témoigner qu’en Occident aussi sévit une certaine ‘‘pensée unique’’, un ‘‘politiquement correct’’ qui impose assez subtilement des idées et des comportements, qui exerce une censure et des pressions, indirectes mais réelles. - Les pays musulmans doivent faire un effort sur la formation de leurs populations, s’ils veulent éviter le « choc des ignorances ». Il faut enseigner à ces populations la richesse et la diversité de la culture islamique classique afin qu’elles rejettent le « prêt-à-porter » islamique et ne laissent pas autrui leur imposer un mode de vie standardisé : une « islamic globalization » qui uniformise la vie religieuse et sociale n’est pas plus souhaitable, à mon sens, que l’« american globalization ». - Les différentes instances musulmanes ne savent pas communiquer, notamment avec les pays étrangers ; elles devraient mener des actions d’information dirigées vers les médias occidentaux et autres, qui leur reprochent de ne pas dénoncer suffisamment les actes terroristes commis au nom de l’islam. Les médias occidentaux mettent toujours en relief ces actes, mais passent sous silence l’énorme travail de développement humain et d’éducation à la paix effectué par de nombreux groupes musulmans, à quelque sensibilité qu’ils appartiennent. Pour présenter au monde le message essentiel de l’islam, les Etats musulmans et les organisations islamiques doivent veiller à faire émerger une élite civile, diversifiée et libre, et qui ait accès aux médias internationaux. En vérité, il faut donner une âme à la mondialisation, et l’islam peut grandement y contribuer. Communication au congrès du Conseil Suprême des Affaires Religieuses, Le Caire, avril 06. Mots clésEric "Younès" GeoffroyMaître de conférence à l’université de Strasbourg Quelques ouvrages de cet auteur :
Site internet : http://www.eric-geoffroy.net/ Du même auteur, à lire sur oumma.com :
Vos réactions et commentaires sur cet article : Redécouvrir l’humanisme spirituel, principe fondateur de l’islam6 janvier 2008
koumbasara a dit :
Bonjour, J’apprécie votre approche. Je m’interroge tout de même :
Je me doute bien que ce n’est pas l’intenttion de Mr Geoffroy, mais à trop parler d’"humanisme spirituel" ne risque-t-on pas, en fin de compte,de ramener la spiritualité sur le terrain de "l’humain trop humain" ?
Amicalement, Koumbasara 29 novembre 2007
je participe par cette extrait du livre de Mr abdessalam yassine LE SENS DE MA VIE Extrait du livre "Islamiser la modernité"(*) La première phrase révélée du Coran, ce miracle accordé au Prophète Mohammad -Grâce et Paix sur lui- nous informe que c’est au nom de Dieu Créateur que l’Envoyé de Dieu doit lire la Révélation. Quelques versets plus loin, il lui est signifié qu’à Dieu sera le retour de l’homme après la mort. Au travers du Livre sacré, on peut lire l’avertissement vigoureux et réitéré pour que l’homme ne se conduise pas dans cette vie en égoïste inique et ennemi du bien. On a tôt fait de comprendre en lisant le Coran qu’il ne suffit pas de croire que cet univers plein de mystères est l’œuvre d’un Créateur pour que notre vie prenne un sens, c’est-à-dire une signification et une direction. Quand on dit que la science moderne a perdu ses certitudes et quand on se lamente et se demande si la vie a un sens, on est mû par l’angoisse de la mort non par une cu¬riosité gratuite. L’angoisse de la mort et mon devenir après la mort constituent le nœud de la question. Savoir que je suis une créature de Dieu est le point de départ et la force d’ancrage de ma foi en un Devenir après la mort. C’est aussi la source d’inspiration pour que mon passage ici-bas et mon action dans le monde ne soient pas un tâtonnement aveugle. Le Coran tout entier est traversé par quatre thèmes majeurs : 1. Dieu est notre Créateur. 2. Le retour de l’homme à Dieu après la mort. 3. Le rôle des Prophètes, Messagers et modèles pour 1’humanité. 4. L’Epreuve de l’homme pendant la durée de sa vie en vue d’une récompense ou d’une sanction. Rien ne remplace une lecture attentive, patiente et assidue du texte coranique pour qui cherche le Savoir et l’intelligibilité par la voie de la Révélation une fois que les sciences et les philoso¬phies humaines auront déçu et se seront rendues. Les premiers versets de la sourate al mouminoun (les fidèles) embrassent la vie ici-bas de l’homme ainsi que son Devenir, et le résultat de son examen de passage. Ecoutons : "Bienheureux les fidèles, qui prient avec humilité, qui s’abs¬tiennent des futilités, qui font don de la zakat, qui suivent une discipline sexuelle". Après l’énumération des qualités morales et des actes d’adora¬tion qui qualifient le fidèle pour le bonheur éternel, l’information de l’homme sur ses origines et sur son point d’arrivée est reprise en un raccourci saisissant : "Nous avons extrait l’homme de l’essence de la terre, Nous en avons fait ensuite une goutte de sperme déposée dans un organe, sûr abri. Nous avons transformé le sperme en un caillot de sang, le sang en un morceau de chair. Enfm, Nous lui avons donné forme et stature. Béni soit Dieu le meilleur des créateurs". L’évocation de la genèse de la vie est toujours liée à celle de la mort puis au retour à la vie : "Après avoir été créés, vous mourrez. Ensuite, vous serez res¬suscités le Jour du Jugement Dernier"(1) La vie ici-bas est l’Epreuve à surmonter. La vie prend un sens, c’est un examen à passer : "Gloire à Celui qui détient le Pouvoir et qui est le Tout¬Puissant. Gloire à Celui qui créa la mort et la vie pour vous éprouver afm de distinguer ceux d’entre vous qui feront meilleure œuvre". (2) La- vie donc est un examen fait d’épreuves et de difficultés pour tester notre façon d’œuvrer. Les objets, les idées, le cosmos et le tumulte du monde constituent autant de circonstances et de difficultés sur mon chemin. La grande Epreuve en ce temps est de constater, sans broncher et sans mettre en doute la sagesse du Dessein divin, la rupture de niveau formidable entre un monde moderne développé et riche et un monde musulman pauvre et faible. La modernité et la résis¬tance de l’Islam contre le modernisme envahissant sont l’occa¬sion pour moi de faire bonne œuvre, meilleure œuvre. La modernité connaît de nos jours un développement ef¬frayant dans les domaines scientifiques et technologiques. Le plus effrayant de tous les progrès est celui de l’ingénierie généti¬que, le savant manipulateur de cellules et de gènes semble créer à sa fantaisie plantes, animaux et humains. Cette folle avancée des sciences et de la technologie est Epreuve ; elle est une folle précipitation que sourate al an’am m’explique. Les peuples oublieux de Dieu sont mis à l’Epreuve ; alternativement, des époques fastes et néfastes se succèdent jus¬qu’au jour où la mort individuelle ou un désastre civilisationnel mettent fin à la vie ici-bas de ce qui paraissait indestructible. Une ouverture-Epreuve est pratiquée par la Providence dans le mur de l’inconnaissable d’hier : l’impossible d’hier est aujourd’hui un jeu banal. Homme penché sur ton microscope, tu ne crées rien ! Réveille¬-toi ! La cellule et son noyau ainsi que le système des gènes, ce n’est pas toi qui les as imaginés et fabriqués que je sache. Pauvre manipulateur manipulé et inconscient ! Ton cerveau, ce mer¬veilleux instrument, est-ce toi qui lui as donné consistance et vie, intelligence et imagination ? Un coup sur ton instrument cérébral et te voilà au pays des légumes ! Le verset 44 de la sourate al an’am nous enseigne et nous ren¬seIgne : "Lorsqu’ils eurent oublié Notre enseignement, Nous ouvrîmes grandes devant eux les portes de toutes choses. Etourdis de plai¬sir efjouissant de ce que Nous leur avons octroyé, Nous les sur¬prîmes à l’improviste et les jetâmes dans la consternation". Epreuve après Epreuve, l’homme-personne et les sociétés hu¬maines s’acheminent inéluctablement vers la mort. Bienheureux qui n’est détourné de la vérité ni par la jouissance ni par le mal¬heur. Bienheureux qui maintient sa volonté de plaire à Dieu et qui fait bonne œuvre pour y parvenir. Le Coran nous apprend : "Que ceux qui recherchent ce monde éphémère se satisfassent de ce que Nous voulons bien leur octroyer. Nous réservons à de tels individus l’Enfer où ils seront précipités, couverts d’opprobre et méprisés. Quant à ceux qui recherchent le bonheur de la Vie Dernière et qui font effort dans la bonne œuvre, effort méritoire s’il émane de la foi, ceux-là seront agréés auprès de Dieu" ? (3) (1) Versets 12 -14. (2) Sourate almoulk, verset 2. (3) Sourate alisraa, versets 18 et 19. (*)Islamiser la modernité, Abdessalam Yassine, 1998, p 169-172. 16 juin 2007
Hanif dadi Hammou Mzabi a dit :
Vos articles sont fort intéressants, ils sont agréables à lire et contribuent à donner une image moins négatif sur l’islam. Le soufisme et l’islam spirituel ne peuvent évoluer librement que dans dans un environnement politique laïc, en voit les dégats occasionnés par l’islam politique on continue à s’entretuer en 2007 entre pro fatima et pro Aïcha
Je souhaiterais connaitre la position du rite ibadite dont je suis issu sur le soufisme
12 février 2007
Pierre a dit :
Félicitation pour cette analyse qui analyse clairement l’instrumentalisaion de l’islam. Au-delà, c’est par la spiritualité que les religions peuvent entrer en dialogue ; sur le terrain mondain, elles se trouvent "plombées" par les situations des pays où elles sont majoritaires, par des images qui leur collent à la peau et cela ne peut qu’entraîner des incompréhensions. Et c’est grâce à ce dialogue que peut naître l’enrichissement mutuel,pour mieux aimer Dieu, chacun suivant son chemin, et aimer les hommes qui sont ses enfants et donc nos frères. Pierre, théologien chrétien 6 février 2007
haliotoide.unblog.fr a dit :
Le premier post sur l’Islam écrit par un musulman qui me paraisse lisible. Je le relirai plus sérieusement dès que j’en aurai le temps et me permetterai sans doute une réponse plus approfondie (je suis actuellement hors d’atteinte de mon Mac préféré), en espérant que les commentaires d’un athée arabisant d’origine catholique puisse enrichir votre propos.
Bravo
6 février 2007
Mustapha a dit :
Les intellectuels tombent souvent dans le piège de la passivité et du manque de pragmatisme, mais on ce qui concerne Monsieur Eric "Younès" Geoffroy, on peut mesurer facilement l’impact positif sur l’esprit et le coeur de ceux sensibles du bien de la communauté. Qu’Allah, le sage, vous donne se vent d’inspiration pour les autres et une nouvelle voix pacifique et intelligente d’un bon musulman qui réflichie pour sa communauté et toute personne qui partagent ces valeurs. Qu’Allah nourrit chacun de nous de ce savoir, ici au canada, on parle de faire revivre la spiritualité de l’islam avant ces lois. De nourrir une nouvelle civilisation musulmane en américaine, wa Allah alim. Beaucoup de scientifiques musulmans de formation, dit que la formation de la théologie musulmane dans les universités en orient et ailleurs est trop littéraire, d’oû la lecture et la méthode face aux textes religieux manquent d’objectivité, de regard multidisciplinaire, de goût pour la recherche, de créativité, de sens critiques, d’ouverture sur le sens,de l’esprit de l’islam, de la logique, de la tolérance, etc... avant même de pratiquer ces lois du comment faire et l’accent mise sur la mémorisation aveugle du sens et résulte de la perte de l’envie du culte. Je crois que nous devons bâtir des universités (universel) islamiques dans le monde comme qu’ils existent déjà aux État-unis et au Canada, ces universités se développent dans un environnement scientifique et multidisciplinaire, car toutes personnes peut étudier la religion et d’autres disciplines comme la médecine, la biologie, etc... et contribuer et guider les autres vers la spiritualité tous en échangeant avec les autres pour plaire au créateur et de ne pas égarer une communauté dans les détails de la différence. Les détails de la pratiques et l’effort des résolutions de nos nouvelles problématiques de notre temps se feront par des priorités dans la quête (d’islah) ou de correction des erreurs de comportements, d’ignorance et de réflexion sans effort, sans échange et recherche des sagesses et du savoir dans l’humilité. Que la paix soit sur vous tous. 5 février 2007
patrick a dit :
je suis entièrement d’accord avec l’ idée du " pharisaïsme" que vous mettez en lumière avec une certaine tendance de l’islam actuel. Il est intéressant de rappeler que Jésus eut fort à faire contre les rigoristes pharisiens de la loi juive qui lui rappelaient sans cesse la loi, Comme s’il ne la connaissait pas mieux qu’eux. j’apprécie beaucoup votre texte qui nous rappelle aussi à "l’esprit de la loi" l’humanité et la spiritualité qui en découle.
5 février 2007
Eridien a dit :
J’apprécie amplement vos textes Mr Geoffroy car vous essayez comme bons d’autres le font plus ou moins à l’ombre de conjuguer la raison à la foi et plus largement à la spiritualité.J’apprécie d’autant plus lorsque vous dites que la spiritualité musulmane peut et doit etre regarder et vécue sous différents angles comme lorsque vous soulignez que l’unicité n’est pas l’ennemie de la multiplicité.Mais néanmoins, ce qui me laisse quelque peu perplexe,c’est de savoir à quelle catégorie d’individus s’adresse un tel message d’universalité,car je ne pense pas pour ma part que tous les citoyens lambda soient à meme de parvenir à un tel degrè de perception.D’autre part, ne croyez vous pas que les particularismes locaux et culturels spécifiques à l’islam participent précisément à cette multiplicité dans l’unicité même de l’islam.Car à trop vouloir uniformiser(et la je ne parle pas de Mr Geoffroy) et universaliser,on oublie vite ces particularismes qui font la diversité des deux rives que sont l’occident et l’orient.
5 février 2007
Mohammed a dit :
L’article de M. Geoffroy est très réconfortant pour nous musulmans. Je pense néanmoins qu’il faut se garder de tomber dans un piège assez subtil et aux conséquences redoutables qui consiste à clamer que tout en dehors de l’Islam n’est que sécheresse de l’âme et déperdition matéraialiste. Dans cet Occident dans lequel nous vivons, il y a de plus en plus de personnes qui ont repris le chemin de la spritualité mais pas nécessairement le nôtre. L’objectif est le même mais les voies sont, d’apparence, différentes. Je me garde de porter un jugement et je me mets en questions.
5 février 2007
Bennani Karim Tajeddine a dit :
Article brillant. En effet, une spiritualité universelle est une voie pour harmoniser les multiples dualités engendrées par le mental se focalisant uniquement sur le monde tridimensionnel. Heureusement, la lumière intérieure existe par delà le matériel et peut embrasser les dimensions supérieures à la mesure de l’expansion de l’âme. Par le biais de l’intuition créatrice du cœur, elle peut jouer le rôle de régulateur aux dérives du rationalisme et des complexités qui en découlent. Il convient de reconnaître néanmoins à l’Occident son talent et ses points forts dans le développement de la rationalité, que le monde musulman a plus ou moins négligé après la mort d’Ibn Rochd, survenue en 1198 à Marrakech. Il est dommage que dans les grandes expériences d’accélérateurs de particules, on arrive facilement et joyeusement à croire en l’existence de l’infiniment petit comme les neutrinos invisibles, les quarks ou les quanta et qu’on ait paradoxalement la difficulté de se représenter ce qu’il y a au-delà de l’infiniment grand. Or, sans le pas nécessaire vers la reconnaissance du Créateur et de Ses Symboles, à l’instar de la partie immergée de l’iceberg, la plus grande partie de la Création et les mystères de l’esprit resteront à tout jamais des énigmes insolubles par les équations mathématiques. Inversement, le monde musulman a adopté les richesses du spiritualisme, mais il s’est malheureusement empêtré dans ses labyrinthes et ses folklores, faute d’harmonisation avec la Révélation et la Raison critique. Toujours est-il qu’il ne faut guère oublier que Dieu a projeté l’être humain sur Terre en tant que corps et âme. Conformément aux spécificités de l’espace planétaire, l’être humain a certainement besoin de combiner en temps réel et avec subtilité entre rationalité et spiritualité pour pouvoir correspondre avec toutes les nuances de la réalité de son existence. En résumé, la rationalité sans spiritualité est comme un corps sans âme, la spiritualité sans rationalité est comme une âme sans corps. L’idéal est corps et âme : rationalité et spiritualité ! En d’autres termes, l’être humain doit simultanément se servir de son intellect et de son intuition. Seul l’équilibre entre ces deux forces fera de lui un être en continuelle évolution ! 5 février 2007
Mounya. a dit :
L’extermination des indiens d’amérique et la destruction de leur environnement annonçait celui de l’ensemble des habitants de la planéte qui assistent impuissants à la destruction de leur environnement et à la confiscation de leurs ressources.Face à cette prophétie qui se réalise sous nos yeux,l’Islam comme les autres cultures ne résistera peut-être pas au syncrétisme planétaire de l’empire de la destruction permanente.D’un bout à l’autre de la planéte,l’acculturation et l’uniformisation sont déjà bien ancrées.
5 février 2007
ak a dit :
c’est un très bon article,même si à un moment vous faites allusion au 11 septembre, alors qu’on ne sait pas qui a fomenté les attentats ( ce n’est sans doute pas ben laden)
5 février 2007
Elimane a dit :
Très bon texte ! En revanche, je ne comprends pas la réaction de Toufik à propos de l’UOIF. De grâce, arrêtez vos affirmations gratuites, soyez plus pertinent et faites preuve de maturité intellectuelle. Je m’adresse à Toufik. Bonne journée !
5 février 2007
Toufik a dit :
Eric Geoffroy offre une perspective attrayante qui nous change de l’islam des barbus rétrograde de l’UOIF et celui de l’islam indigent version CFCM. Merci Eric Geoffroy pour cette alternative passionnante 5 février 2007
Martine a dit :
Je me reconnais complètement dans l’approche de l’Islam de M. Geoffroy. Une approche plurielle et unverselle.
5 février 2007
Pardonnez mon intrusion dans un débat qui ne devrait pas me concerner car n’étant pas musulman moi même. Pourtant, je vous demande la permission de vous dire mon sentiment sur la question qui fait débat aujourd’hui, sur votre site que je fréquente trés assidument. Les difficultés dont il est question dans cet article ne sont pas selon moi consécutives à une perte de connaissance inexpliquée des fondamentaux de leur religion par les musulmans où qu’ils soient dans le monde et bien plus dans les pays arabo-musulmans. Non rien n’est le fruit du hasard en ce domaine, car de tout temps le spirituel à fait l’objet d’une instrumentalisation à des fins politques de prise de pouvoir et de domination de quelques uns sur la grande majorité des populations conscernées. Cette instrumentalisation à pris des formes trés diverses selon les objectifs qui étaient poursuivis. Je parle là de l’obscurentisme,d’exacerbation de nationalisme xénophobe, de la tolérance de pratiques mystérieuses et divinatoires véhiculées depuis la nuit des temps et qui sont trés clairement condamnées en Islam ; car exclusivement issues de la sorcellerie. A tout ceci on peut ajouter les conflits de civilisation qui de tous temps opposent les trois grandes religions monothéistes qui souhaitent s’imposer sans partage à l’échelle de la planète. pas seulement afin d’y faire reigner leur vision de la foi mais aussi pour occuper la plus grande place possible sur le terrain de la domination économique. Nous le voyons bien, il est quasiment impossible de séparer le spirituel du matériel ; le religieux du politique, c’est ce qui nous amène à souhaiter une séparation stricte des deux domaines en prétendant que le bonheur de l’humanité est à ce prix. Mais sur cette question l’occident s’est imposé au prix d’une énorme supercherie qui prend racine au siecle des lumières et qui à vu se développer la plus vaste mise en coupe réglée de tous les temps de populations entières.L’Islam y a laissé quelques plumes aprés la reconquette de l’Espagne par la chrétienneté voila le dépessage de l’empire ottoman. Pour ne pas être trop long, je termine en me disant que l’homme reste bien au coeur de la question et que l’utopie humaniste reste de l’ordre du voeu pieux tant que la sagesse n’aura pas vaincu chez lui ses plus bas instincts. Et cela est valable pour l’Islam comme pur les autres. 5 février 2007
Jawad a dit :
Article brillantissime, Eric Geoffroy a une perception juste et rigoureuse. La classe intellectuelle à l’état pur
5 février 2007
fb a dit :
Bonjour, L’humanisme place l’homme au centre de son système de pensées. Les musulmans doivent d’abord placer Dieu au centre de leur vie puis dans une seconde étape s’ouvrir sur l’humanisme universel. Pas le faux humanisme qu’a decrit Edwar SAID « si elle est authentique, la volonté de comprendre les autres cultures exclut toute ambition dominatrice. Là est l’humanisme. Sinon la barbarie l’emporte » Les musulmans peuvent réinventer l’humanisme désintéressé sans domanation ... 5 février 2007
C’est curieux cette façon de penser ! pour prendre une image disons que si le malade est malade ce n’est pas à cause de la maladie mais parce-que le thermometre n’est pas bon. Ainsi tous les pays musulmans, absolument tous, pas un seul qui pourrait constituer une excetion qui remettrait en cause une responsabilité de la religion, donc pas un seul pays n’est au niveau d’une puissance européene moyenne, cherchez le point commun, de l’indonesie riche en matieres premieres au maroc, tous sont des pays pauvres, mais ont en commun l’islam. Alors la solution parait comme par miracle, il suffit de revenir aux origines de l’islam pour que les pays musulmans retrouvent enfin leur place dans la modernité. La vie parait simple racontée comme ça. 5 février 2007
fILISSAM a dit :
Salaam Cet article montre bien les défis à relever pour les musulmans contemporains. En général Eric se caractérise par une lucidité rare en ces périodes de troubles, dans ses écrits. Je vous encourage à perséverer dans cette voie. 5 février 2007
Al Zeituni a dit :
Bravo pour votre article. D’une certaine façon, l’islam "de l’occident" peut apporter ces visions un peu plus synthétiques dont ont besoin un certain nombre de pays musulmans qui souvent ne font plus la différence entre leurs traditions et l’islam. C’est aussi peut-être à la génération des jeunes musulmans de culture occidentale et musulmane d’agir, par des échanges, des ouvertures et une plus grande implication locale. Cela fait longtemps que nous attendons la "nouvelle génération" des immams, profondément musulmans et profondément ouverts à la différence des autres, capables de prendre le bon dans chaque civilisation, et de donner du sens là où il n’y en a pas. Si les sociétés musulmanes sont sur la défensive, les musulmans d’Occident peuvent aussi être le pont entre eux et l’Occident (à l’image de ce que vous faites). Bonne continuation à vous, vous lire est toujours un plaisir : intelligence, mesure et empathie, voilà les traits qui vous caractérisent. AZ 5 février 2007
abdelhak a dit :
salam a tous , je vous conseil la lecture de sigrid hunk" le soleil d’allah brille sur l’occident" et "l’humanisme de l’islam"de marcel boisard 5 février 2007
Slimane a dit :
L’ Humanisme est en effet un principe fondamental de l’islam. Nous devons nous réapproprier cette valeur et la mettre au coeur de notre vie de musulman dans notre vie de tous les jours
5 février 2007
Marouane96 a dit :
Remarquable, voilà un penseur musulman qui va dans le bon sens
5 février 2007
Laroussi a dit :
M.Geoffroy vous venez de conceptualiser ce que je pensais. Vous venez tout simplement de mettre des mots sur une reflexion qui etait en moi. Merci du fond du coeur 5 février 2007
Albert a dit :
Merci M. Geoffroy de nous rappeler l’essentiel du message et de nous faire ressortir cette diversité qui est l’essence de notre religion
5 février 2007
Kamel a dit :
Il y a dans les articles d’Eric Younes Geoffroy ce souffle intérieur auquel l’islam nous invite. Un plaisir immense de lire Eric Younes Geoffroy.
5 février 2007
Quel talent ! ce Eric Geoffroy... je suis lecteur de ce site mais j’avoue que je lis tjrs ses analyses. En effet, j’ai tjrs pensé que l’ennemi numero 1 des sociétés islmaiques, c’est l’IGNORANCE, l’INCULTURE RELIGIEUSE. Il faut un retour à la spiritualité musulmane, il faut "revivifier les sciences religueses" (en reference au celebre livre de GHAZALI). Mais on assite aujourd’hui à un juridisme navrant : fiqh, fiqh, fiqh... Du coup :
le ramadan, une simple cure de régime le hadj, un voyage pour porter le nom de hadji et epater à son retour la famille et les voisins la zakat, on s’en acquite pour se faire bonne consicence La religion PERD ainsi tout son sens interieure. QUe DIeu nous aide à perseverer dans son adoration ! wa salam 5 février 2007
Warda a dit :
M. Geoffroy affirme "Cependant, l’usure du temps a produit une sclérose de la culture islamique, depuis au moins le XVe siècle. Les musulmans se bornèrent dès lors à reproduire des comportements hérités, figés car n’étant plus adaptés à leur réalité. Selon l’avis d’observateurs experts tels qu’Ibn Khaldûn, la faute en revient au fait qu’un juridisme galopant a envahi la culture islamique ; le juridisme, c’est-à-dire un développement démesuré du droit par rapport aux autres disciplines de la vie religieuse." Je suis en accord total et ce juridisme est onmiprésent au sein des instances du CFCM et autres CRCM qui demeurent focaliser à vouloir régenter notre vie de croyant, alors que nous n’avons guère besoin de directeur de conscience. 5 février 2007
Aziz a dit :
Eric Geoffroy souligne en effet les insuffisances d’un monde musulman qui n’est que l’ombre de lui-même. La renaissance est possible, mais implique un changement de nos structures mentales
5 février 2007
ANOUAR a dit :
Article d’une grande érudition et d’une pertinence redoutable.
|
|
| » Mentions légales | » Qui sommes-nous ? | » Plan du site | » Agenda | » Coran |
| » Nous contacter | » Revue de presse | » Horaires des prières | » Culte | |