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Quelques défis auxquels est confronté le soufisme contemporain (2/2)
mardi 24 novembre 2009 - par Eric "Younès" Geoffroy
- Voir avec « les deux yeux » Les soufis illustrent leur quête d’un équilibre entre raison et supra-raison par l’expression « l’homme aux deux yeux » (dhû l-‘aynayn). La référence coranique en est : « Ne lui [l’homme] avons-Nous pas donné deux yeux […] Ne lui avons-Nous pas montré les deux voies ? [1] ». Avec son œil ‘‘droit’’, ou œil intérieur, l’être éveillé voit l’Unicité ; avec son œil ‘‘gauche’’, ou œil extérieur, il voit le monde phénoménal dans sa multiplicité. Ainsi ancré à la fois dans l’Unicité et la multiplicité, il a une vision unifiante de la réalité, car la vision d’un œil ne cache pas celle de l’autre. La culture islamique et soufie traditionnelles exprime cela en termes de « balance » (mîzân), c’est-à-dire d’équilibre entre les différents aspects de la réalité. Or, le regard que nous portons sur le monde, nous autres modernes ou contemporains, est borgne : notre perception, bien souvent, s’arrête au monde manifesté et ne suppose même pas l’existence d’une autre dimension. C’est par ce qualificatif de « borgne » que le Prophète décrivait l’Antéchrist (Dajjâl). Le soufisme, précisément, se doit de fournir à l’homme cette qualité de multidimensionalité, du Coran, du monde, et de la Réalité en général. Quelques apports symboliques du soufisme au réenchantement du monde A une époque où l’homme doute de lui-même et de la pertinence de son existence sur cette planète, où s’imposent la massification, l’uniformisation et la mercantilisation de l’être humain, le soufisme nous rappelle que l’homme est la théophanie suprême de Dieu sur terre, l’image privilégiée du Réel (nuskhat al-Haqq), que le projet divin à son égard a un sens - même s’il nous échappe souvent - et enfin que, parmi les humains, la femme est l’expression la plus accomplie de la théophanie (pour Ibn ‘Arabî en particulier). De même, dans un contexte de désagrégation des repères, le soufisme peut vivifier l’enseignement islamique selon lequel la sacralité ne réside pas dans un temple, mais en l’homme. Le cosmos lui-même n’a pas la capacité d’accueillir la Présence comme peut le faire l’homme : « Ni Ma terre ni Mon ciel ne me contiennent ; seul Me contient le cœur de Mon serviteur fidèle », dit un hadîth qudsî. Les repères rituels formels, extérieurs, ont donc une importance très relative en islam, ainsi qu’en témoignent, par exemple, les ‘‘mosquées’’ du désert, délimitées symboliquement par un simple tracé de pierres alignées sur le sol. Si les sociétés traditionnelles, qui fournissaient ces repères, sont affaiblies, voire en train de mourir, le soufisme répond que l’homme peut trouver ici et maintenant son axialité en lui-même. Plus que jamais, avec la mondialisation, la terre entière devient une « mosquée pure », comme l’indiquait le Prophète, en dépit de sa pollution matérielle... Le processus d’individualisation du vécu religieux va en ce sens : dans un contexte d’émancipation vis-à-vis des églises, et parfois même des lieux de culte traditionnels, les repères seront intérieurs ou ne seront pas. Si le soufi n’est pas, idéalement, tributaire du temps, il doit également ne pas l’être du lieu. L’islam est une religion fondée sur la hijra, et cette « hégire », qui s’est concrétisée par un déplacement physique du Prophète et des premiers musulmans, est constitutive de l’identité musulmane. Selon l’enseignement soufi, nous sommes en effet de perpétuels pèlerins, et il en va de même pour toutes les créatures ! Une théologie « soufie » de la libération ? La nouvelle « théologie islamique de la libération » présente l’intérêt d’ériger le principe islamique du Tawhîd en facteur d’émancipation : il y a une dialectique évidente entre l’Unicité de Dieu et l’adoration absolue qui lui est due d’une part, et le rejet de toutes les formes d’idolâtrie qui asservissent l’homme d’autre part. Le Prophète définissait la « science utile » comme celle qui relie au principe du Tawhîd, soit une science qui préserve de la gadgétisation de la vie. Cependant, le croyant monothéiste dont la foi est encore entachée de dualisme (Dieu d’un côté, ou ‘‘dans le ciel’’, et le monde de l’autre) est-il véritablement libéré de l’idolâtrie « cachée » (al-shirk al-khafî) qu’évoquait le Prophète ? Mais qui peut relever, aujourd’hui, le défi d’une telle exigence ? « Celui qui meurt sans s’être imprégné de notre science [spirituelle sur l’Unicité] est semblable au mourant qui ne s’est pas repenti de ses péchés graves », tels que le meurtre ou l’adultère. Cette assertion d’al-Shâdhilî n’est-elle pas propre à décourager les meilleures volontés ? L’enseignement des soufis, en vérité, vise la perfection, al-ihsân, que, selon eux, l’homme porte en lui. Il œuvre à activer le potentiel d’éveil qui repose au fond de notre conscience. Le prix à payer, cependant, est à la hauteur de l’enjeu, qui serait une amorce au moins de libération des divers conditionnements dans lesquels nous nous enferrons. Or les conditionnements religieux sont d’autant plus difficiles à combattre qu’ils sont parés d’une bonne conscience inébranlable… Seule la dimension verticale, spirituelle, en effet, libère l’homme des divers mécanismes d’identification horizontaux mis en place par la psyché humaine, lesquels, s’ils ont bien sûr des aspects positifs, peuvent aussi aliéner : le travail, la famille, la patrie, la politique, la religion... Dans ce dernier domaine plus précisément, si malmené actuellement par l’idéologie, faut-il promouvoir une « théologie de la libération soufie » ? Nul doute qu’elle constituerait une sortie par le haut des diverses logiques d’enfermement dogmatique. Quel ijtihâd spirituel ? A l’heure où le monde extérieur scande la nécessité, pour les musulmans, de pratiquer l’ijtihâd, en tant qu’effort d’intelligence de la Révélation et de ses finalités, le soufisme n’échappe pas à cette exigence ; double exigence à vrai dire, puisqu’il lui revient de féconder à la fois le champ islamique exotérique, général, et son propre terrain d’investigation, plus subtil et délicat à manier a priori, celui des choses de l’Esprit. Mais quel ancrage peut avoir l’ijtihâd spirituel dans la réalité sociale, dans les chantiers immenses qui attendent le musulman contemporain : la promotion de l’esprit critique dans les sociétés musulmanes, l’évolution indispensable d’une pression sociale sur les comportements religieux vers un rapport individuel assumé au divin, l’éveil d’une conscience éthique, etc. ? On ne peut mener une vie spirituelle authentique sans avoir une conscience aiguë des défis contemporains, liés à la mercantilisation du monde, au déséquilibre Nord-Sud, à la crise écologique, etc. Pour beaucoup de représentants du soufisme, il n’y a plus de démarche spirituelle authentique sans qu’y soit conjointe une conscience écologique. Selon l’optique islamique, et soufie en particulier, il est impossible de séparer l’état de la planète de notre état spirituel. L’expérience de l’Unicité (Tawhîd) interdit cette scission entre l’esprit et la matière, dualité d’où est issue précisément la crise écologique moderne. Si l’homme sépare Dieu de l’univers, il se coupe lui-même de l’univers, et de son environnement naturel ! Conclusion Les soufis seront-ils à la hauteur du rôle que doit jouer la spiritualité islamique dans les temps à venir, et de la demande, venant d’Occident comme des pays musulmans, qui lui est adressée ? Le rôle du soufi est, en quelque sorte, d’anticiper en lui, dans son expérience personnelle, jusque dans son corps, ce que vit, ce que doit vivre l’humanité. Oui, la modernité et la mondialisation conduisent à l’uniformisation des cultures pour mieux imposer leur vision mercantile du monde ; oui, elles consacrent la domination d’une aire culturelle sur les autres ; oui, elles produisent le désenchantement et font de l’homme un prédateur pour les autres règnes et pour lui-même. Mais ne peut-on y voir la trace, en ‘‘négatif’’, de la Sagesse ? « Dieu accomplit l’unité du monde à travers la société de consommation », déclare un cheikh. La postmodernité cache peut-être un projet qui se présente en ces termes : ce n’est qu’après avoir perdu toute illusion quant aux idéologies, après avoir éculé tous les projets scientistes, après avoir touché le fonds du manque de repères, de la confusion, que le Sens, quelque visage qu’on lui donne, émergera comme une évidence. Mots clésEric "Younès" GeoffroyMaître de conférence à l’université de Strasbourg Quelques ouvrages de cet auteur : L’islam sera spirituel ou ne sera plus .
Du même auteur, à lire sur oumma.com :
Vos réactions et commentaires sur cet article2 janvier 2010
laurent chaumette a dit :
Merci de tout coeur et bien fraternellement de vos apports éclairants et... très clairs !
Un frère sans étiquette mais très proche de la sensibilité soufie.
2 décembre 2009
Reda a dit :
"Le rôle du soufi est, en quelque sorte, d’anticiper en lui, dans son expérience personnelle, jusque dans son corps, ce que vit, ce que doit vivre l’humanité." pourquoi pas, mais n’est ce pas trop leur demander ? Ce ne sont pas des super héros ! 30 novembre 2009
Hayat a dit :
Salam, Plusieurs brochettes plus tard...je lis vos propos qui raisonnent très justes pour moi, Waglioni. Beau cheminement à vous.. 27 novembre 2009
Waglioni a dit :
Le salam sur vous Hayat, merci d’avoir recentré le débat. je n’ai pas de recette à donner, je n’en ai pas pour moi-même, sinon que chacun s’engage dans la voie qui lui convient, et que cette voie est une voie intérieure. Le temps de la marche dans cette voie ne peut être celui de l’extérieur. La lecture de quelque grand texte, sacré, mystique ou poétique peut aider et encourager à reprendre souffle et surtout, à ne pas s’égarer. On peut aussi avoir la chance de rencontrer un prédécesseur pour indiquer la bonne direction, un intercesseur qui fournisse la bonne orientation. La voie intérieure est ainsi bornée de rencontres et jalonnée de paysages divers. Le temps de l’extérieur s’harmonise parfois étonnamment. Mais c’est là un mystère qui n’est pas le mien, je veux dire qu’il n’y a aucune explication à cela, autre qu’indicible. Si le spectacle de la nature est aussi motif à émerveillement et exaltation vers Celui qui l’a suscité, c’est qu’alors que le temps a cessé d’être "mundi". Un bel et Grand Baïram à vous et à tous ici ! 27 novembre 2009
Liwi a dit :
Cher Waglioni,
Je souhaite ne pas vous avoir compris. J’admire votre culture orientale , moins sans doute votre pessimisme. L’émotion féminine que j’ai ressentie en lisant les deux articles d’Eric Geoffroy m’a montré qu’il ne méritait pas une réaction si négative.
En effet, le sujet de ces articles est limpide : Quelques défis auxquels est confronté le soufisme contemporain. Un défi nécessite la mise en cause de l’opinion publique de notre temps. Or, sa référence à Ibn Arabi, celle que vous vous proposez d’analyser vaut une minute d’attention :
« parmi les humains, la femme est l’expression la plus accomplie de la théophanie »
Ibn Arabî (1165-1240) ne saurait dépendre de la "pensée correcte" d’un autre temps. Que dit-il ? que la femme, esprit, corps et émotions manifeste une relation "accomplie" avec Dieu. Vous avez raison de dire qu’elle ne le fait pas qu’avec son sexe. Elle vit cette relation en esprit, en corps etc...Il n’en reste pas moins que l’opinion publique juge la femme inférieure à l’homme.
Nous sommes bien en présence d’un défi qui oppose une pensée éternelle, celle du Créateur des mondes, et celle de la tradition temporelle.
Eric Geoffroy ajoute que le plan de Dieu existe et qu’il ne convient pas de mépriser l’histoire des hommes, non plus que la modernité. J’ajouterai que la mode dont bénéficie le soufisme n’a rien d’irrationnel parce que son mysticisme unit le corps et l’âme. Je revois par exemple l’émission d’Oumma sur le dhikr Ahad.... Seul Dieu sait finalement, l’unique, et les hommes sont ignorants.
Cela ne devrait pas nous attrister même si les dogmatiques l’ignorent.
Reste à avoir la foi. Les soufis, hommes et femmes, que j’ai rencontrés manifestaient ce don de Dieu, prêts à remporter bien des défis, sans craindre l’échec....
Bon courage et à bientôt.
Liliane Bénard
26 novembre 2009
Hayat a dit :
Salam, Je ne sais pas Waglioni, je suis assez partagée sur cette question. Il me revient une discussion avec une autre personne sur ce site où nous disions que le prisme à travers lequel on aborde le Coran est largement conditionné par l’éducation et le rôle des personnes qui nous transmettent le savoir. Peut il y avoir une transmission de type collective de l’approche soufi ?? Et puis comme vous disiez suite au précédent article d’E.Geoffroy, et à juste titre je crois, le soufisme prend bien racine dans le monde physique pour transcender dans le spirituel. Le temps du monde, quel qu’il soit, n’est il pas support de contemplation et d’enseignement ? Bon, je vous salue car il est temps pour moi de m’ateller à des tâches très "terrestres" en vue de l’Aïd...que je vous souhaite fructueuse et belle incha’Allah. 26 novembre 2009
Waglioni a dit :
Le salam sur vous Hayat, les deux significations de la phrases que vous citez sont bien ce que j’entendais. La reductio au tempus mundi qui est proposé dans cet article, comme dans d’autres, et plus généralement peut-être dans le "projet" d’Oumma.com, est une fausse route.
26 novembre 2009
Hayat a dit :
Salam Waglioni, Je ne sais pas si vous êtes un être triste ou sautillant et joyeux, mais j’aurais quand même voulu vous demander des précisions sur vôtre phrase : "il faut dire et redire que le temps de la démarche (de la marche ?) soufie, n’est pas le temps du monde." Est ce le dessein "politico social" que l’on devine derrière les propos de M.Geoffroy que vous récusez ? Voulez vous dire que le soufisme ne peut s’inscrire que dans une démarche individuelle et non un "mouvement" collectif ? Salam et Aïd moubarek à tous, incha’Allah. 26 novembre 2009
Djamel DJEZIRI / Dabeldi a dit :
Merci à Younès pour cet article complémentaire. Traverser « le Temps » en épousant ses formes tout en (ré)veillant, en préservant et en développant continuellement l’esprit qui réside en tout à chacun en cherchant à le comprendre en nous même et à le partager en toutes occasions idoïnes est l’expression de la sagesse même. La sourate el’asr (Coran,103) nous y invite-t-elle pas de manière intemporelle jusqu’à la fin de notre monde en nous livrant un remarquable et synthétique « mode d’emploi » ?
“Par le Temps ! Certes oui, l’homme est en perdition ! Sauf ceux qui croient et accomplissent de bonnes oeuvres. Et qui s’enjoignent entre eux le droit (bil’ Haqq). Et qui s’enjoignent entre eux la patiente endurance.”
26 novembre 2009
Waglioni a dit :
Cher (e) Liwi, vous me lisez avec des yeux qui ne m’ont visiblement pas lu. Et même vous me prêtez une ignorance des mots "moderne" et "métaphysique", ce qui me rajeunit beaucoup et je vous en remercie. Mais dire que je suis triste est bien au dessous de la vérité. Et dans ce registre je n’hésite pas à retenir votre slogan, souverain remède pour susciter un bénéfique éclat de rire : Notre modernité n’est pas sans défaut mais que dire du passé et de l’avenir ? 25 novembre 2009
Liwi a dit :
Waglioni est trop triste. Qu’est pour lui le temps du monde ?
Le soufisme occidental y compris est moderne. Waglioni a buté sur cet adjectif qui a /mod/ pour racine et pour sens récent, actuel. Le soufisme est donc un signe des temps, inscrit dans le plan de Dieu même s’il est à la mode. Notre modernité n’est pas sans défaut mais que dire du passé et de l’avenir ?
L’adjectif métaphysique a aussi inquiété Waglioni. Son sens est pourtant limpide : supérieur à (méta) la physique (la "physis est la nature, le monde). Dieu est l’être métaphysique par excellence. Il est supérieur à Sa création. La hiérarchie dont nous parle Eric Geoffroy est donc classique.
Quant aux théophanies, elles font apparaître Dieu à partir de ses créatures. Le Coran ne nous invite-t-il pas à cette démarche ?
Eric Geoffroy enseigne à ne pas mépriser les créatures de Dieu. Le mépris n’étant qu’une mauvaise appréciation comme l’oubli de l’égalité de l’homme et de la femme. Ce thème est complexe puisque cette égalité se fonde sur le Coran mais elle est si mal reconnue par ses lecteurs.
Cela ne saurait nous attrister. Les soufis pour leur part font le maximum pour faire connaître la parole de Dieu, hors de leur cercle particulier. Tel est bien le défi évoqué par Eric Geoffroy. Ils sortent de leur monde à la rencontre des autres car la joie est en eux.
25 novembre 2009
Waglioni a dit :
Petit erratum, parlant du bouddhisme du Sud-Est chinois. Il faut lire, bien sûr : bouddhisme du Sud de la Chine. 25 novembre 2009
majnun a dit :
merci pour ce texte lumineux !
24 novembre 2009
Malik Gee a dit :
Merci pour cette article. Interessant se parralèle entre la signification des 2 yeux et celle du dajjal borgne. J’ai entendu le meme rapprochement sur ce symbolisme, dans un discour de Sheik Imran N Hosein.
24 novembre 2009
aladin a dit :
men tasawafa oua lem yatafeqeh fa tamezak
oua men tafeqeh oua lem yatasawef fatamezaq
oua men ajma3a benynahouma fa tahaqaq
24 novembre 2009
Liwi a dit :
J’ai retrouvé dans ce second article le souffle de L’islam sera spirituel...comme la nécessité de voir avec nos deux yeux pour percevoir en tout homme des théophanies. Saisir l’enchantement du monde m’apparaît aussi important qu’oeuvrer pour la théologie de la libération et pour l’ijtihâd, à la recherche du sens.
Seule la conclusion m’étonne, parce qu’elle est un peu pessimiste. Le progrès fait pourtant partie du plan de Dieu à travers les sciences, les arts et les religions. J’ai rencontré des soufis magnifiques à Paris, animés d’une foi vibrante mais prêts à la communiquer à tout l’univers, heureux en un mot d’être musulmans. Il faudrait aussi le voir comme un autre défi de la modernité.
Bravo certes à Eric Geoffroy pour son travail si riche, autre source du bonheur promis par Dieu ici-bas et dans l’au-delà.
Merci encore !
Liliane Bénard
24 novembre 2009
Poil de Carotte a dit :
Le soufisme, quelle paix de l’âme !
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