Mardi 7 February 2012

Que savons-nous de l’authenticité des hadiths ?

Tayeb Chouiref répond aux questions d’oumma.com à l’occasion de la parution de son livre « Les enseignements spirituels du Prophète » éd. Tasnîm, 2008. (Recueil de hadiths authentifiés commentés par les grands maîtres de la spiritualité musulmane.)

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Les enseignements spirituels du Prophète

Tayeb Chouiref répond aux questions
d’oumma.com à l’occasion de la parution de son livre « Les enseignements
spirituels du Prophète » éd. Tasnîm, 2008. (Recueil de hadiths authentifiés
commentés par les grands maîtres de la spiritualité musulmane.)

Qu’est-ce que les hadiths et quelle est leur place en Islam ?

Le terme
‘‘hadith’’ désigne une tradition remontant au Prophète (ص) et rapportant
un de ses actes, une des ses paroles, son approbation explicite ou non, ou
encore des caractéristiques le concernant. Le Hadith – c’est-à-dire le corpus
des hadiths – contient un grand nombre d’enseignements qui éclairent le Coran
et qui nous permettent de saisir le contexte dans lequel fut révélé tel ou tel
verset.

La place du
Hadith est donc fondamentale dans les sciences religieuses de l’Islam :
c’est, après le Coran, la deuxième source de la théologie musulmane. Dans la
vie du croyant le Hadith occupe un rôle très important aussi puisque c’est par
ce biais qu’il peut prendre connaissance des comportements, des attitudes et
des vertus du Prophète afin de le prendre pour modèle et de répondre ainsi à
l’injonction coranique : « Il y a, en vérité, dans l’Envoyé de
Dieu un excellent modèle pour celui qui désire Dieu ainsi que l’Au-delà, et qui
invoque Dieu abondamment. »
(Coran : 33, 21)  

Que savons-nous de
l’authenticité des hadiths ? Peut-on être sûr que nous avons affaire à des
paroles prononcées par le Prophète ?

 La
question de l’authenticité des hadiths est cruciale mais elle n’est pas simple.
Dans mon livre, je consacre la majeure partie de la longue introduction à
traiter cette question de la manière la plus objective possible, en m’en tenant
strictement à une étude critique des documents que nous possédons à notre
époque. La critique occidentale a sévèrement jugé la collecte du Hadith et,
s’il est vrai qu’il existe des hadiths inventés de toutes pièces – que
l’érudition musulmane appelle ahâdîth mawdû‘a –, il n’en reste
pas moins qu’une certaine école orientaliste en arrive à des conclusions tout à
fait excessives.

Très tôt, et
probablement dès le 1er siècle, de fausses traditions apparurent et
furent forgées pour des motifs divers. S’il y eut parfois de pieuses exagérations
dans le but d’édifier les fidèles, il y eut aussi des mensonges intéressés lors
de querelles dogmatiques ou politiques. Tout cela participa à faire naître le
besoin d’un contrôle et d’une vérification des récits et témoignages se
rapportant au Prophète.

C’est ainsi
que naquirent plusieurs disciplines qui furent regroupées sous l’appellation ‘ulûm
al-hadîth,
les sciences du Hadith. Les travaux de Muhammad Hamidullah (m.
2002) et notamment son édition du manuscrit du recueil de Hammâm ibn Munabbih href="#_ftn1" name="_ftnref1" title=""> class=MsoFootnoteReference>[1],
montrent que l’on peut tenir pour sûrs les hadiths dits sahîh et hasan
par les savants médiévaux de l’Islam.

Faisant le bilan des
connaissances actuelles sur l’histoire de la collecte des hadiths, Jacques Berque
affirme : « De quelque façon que soit née et qu’ait mûri la
science musulmane du
hadith, elle faisait pendant chez les Arabes, à la
mémoire généalogique des groupes, laquelle est critique à sa façon. De fait,
cette critique s’est exercée et s’exerce encore, à l’intérieur de l’Islam,
fut-ce en matière de biographie du Prophète, au point qu’un auteur récent ait
pu remettre en cause la Sira style=''> d’Ibn Hicham... Ce réductionnisme est, il est
vrai, compensé par les recherches de M. Hamidullah
 par exemple, qui retrouvent,
à très haute époque, des consignations écrites de documents ayant trait à
la mission prophétique et confirmant en gros les traditions déjà tenues pour
sûres... »
class=MsoFootnoteReference> style=';'>[2]

Pourquoi un recueil sur les
enseignements spirituels du Prophète ?

 Les enseignements du
Prophète concernant la vie spirituelle sont souvent mal connus, y compris à
l’intérieur de l’Islam. Quand on évoque le Prophète, certains clichés viennent
à l’esprit : l’actualité nous le rappelle régulièrement. Mais que sait-on
réellement de lui ? Qu’a-t-il enseigné à ses Compagnons, quelle éducation
spirituelle leur a-t-il donnée, quelles vertus incarnait-il, comment vivait-il,
au quotidien, son lien à Dieu ? Mon recueil tente de répondre à toutes ces questions.
Ce livre est une anthologie constituée à partir de l’analyse scrupuleuse de
plusieurs milliers de hadiths dispersés dans les recueils faisant autorité
(Bukhârî, Muslim, Tirmidhî…). 

Toutefois,
j’ai tenu à mettre en lumière chaque hadith par quelques explications
circonstanciées de ma part, mais surtout par les commentaires des grands
maîtres de la spiritualité musulmane comme Junayd (m. 911), Ghazâlî (m. 1111),
Ibn ‘Arabî (m. 1240) ou plus près de nous l’Emir Abd el-Kader.  

Quelle est la fonction des
commentaires que vous citez pour chaque hadith ?

 Lorsque l’on consulte
les recueils classiques de hadiths en arabe, on s’aperçoit qu’un hadith se
présente souvent comme des paroles ou des actes détachés de leur contexte. On
ne sait pas, par exemple, s’il date du début ou de la fin de la mission
prophétique. Le lecteur reste parfois perplexe face à un hadith dont il peine à
évaluer la portée.

Les hadiths sont justes pourvus
d’une chaîne de transmetteurs (isnâd) laquelle est peut être
intéressante en soi mais n’éclaire que le spécialiste. Les commentaires que je
cite ont donc une double fonction : éclairer le lecteur en l’aidant à
pénétrer la signification profonde du hadith, et permettre de découvrir les
enseignements de certains maîtres soufis et leur relation aux hadiths que je
trouve très inspirante.

Le mot ‘‘spirituel’’ est
employé dans des types de discours très divers, non nécessairement religieux
d’ailleurs. Que faut-il entendre par ‘‘enseignements spirituels’’ ?

 Cette question
est très vaste... Je m’en tiendrai pour ma part à souligner une confusion que
l’on retrouve souvent dans les écrits concernant l’Islam : celle de
l’éthique et de la spiritualité. Il n’est pas rare que l’un soit employé pour
l’autre comme s’ils étaient tout simplement interchangeables.

Il
existe de fait une distinction entre les enseignements moraux constituant un
ensemble d’injonctions visant à réaliser le bon comportement dans diverses
situations, et les enseignements spirituels visant à l’élévation intérieure par
la Connaissance et le cheminement initiatique. Bien sûr, cela ne veut pas dire
que l’éthique et la spiritualité n’ont aucun lien entre elles. L’éthique est
une base nécessaire et une préparation à la vie spirituelle. J’utilise donc le
terme spirituel pour désigner ce qui se rapporte à la vie de l’esprit,
conformément à l’étymologie. La spiritualité est l’approche et la réalisation
progressive des mystères de la foi : elle est le fruit d’un cheminement
initiatique.

C’est
bien parce qu’il tente d’exposer les mystères de la foi que Ghazâlî utilise
souvent le terme asrâr (secrets) dans les titres des chapitres de son
œuvre monumentale Ihyâ’ ‘ulûm al-Dîn. Finalement, une des évocations les
plus directes du caractère transcendant de la spiritualité est ce verset du
Coran : « Ils t’interrogent sur l’Esprit. Dis : l’Esprit
relève de l’Ordre de mon Seigneur, et vous n’avez reçu en ce domaine que peu de
connaissance. »
(Coran : 17, 85)  

Un ouvrage comme celui-là ne
remet-il pas en cause l’image simpliste que l’on peut se faire du Prophète
lorsque l’on s’en tient aux biographies traditionnelles (sîra) du
Prophète ?

 Les biographies
traditionnelles comme celle d’Ibn Hichâm (m. 828) ne sont pas centrées sur la
personne du Prophète, contrairement à ce que l’on pourrait croire, mais sur
l’avènement de l’islam : il s’agit de rendre compte de la naissance de
cette religion et du contexte de l’époque. On y apprend donc beaucoup de choses
sur ce que le Prophète a accompli mais assez peu sur ce qu’il a enseigné et sur
sa spiritualité au quotidien.

 D’ailleurs ces biographies sont
assez proches des ‘‘récits d’expéditions’’ (kutub al-maghâzî) dans le
type de narration. Sans remettre en cause l’importance historique de ces deux
genres d’ouvrages, il faut souligner qu’ils transmettent une vision
‘‘extérieure’’ de l’œuvre du Prophète – ils insistent ainsi beaucoup sur les
batailles, les prises de butin, les traité de paix, etc. Ce faisant, ils
passent sous silence ce qui finalement constitue le cœur de son enseignement, à
savoir la vie spirituelle. Pour approcher le Prophète de l’intérieur il faut,
me semble-t-il, avoir recours aux hadiths. Dans cette perspective, j’espère que
mon livre sera une contribution, aussi modeste soit-elle, à une meilleure
appréciation du corpus des hadiths et à une approche plus sereine et plus
authentique de la réalité du Prophète. 

Propos recueillis par A. Znati



name="_ftn1" title=""> class=MsoFootnoteReference>[1]
Ce recueil fut retrouvé et publié par Muhammad Hamidullah sous le titre « Aqdam ta’lîf fî-l-Hadîth al-nabawî, Sahîfat Hammâm ibn Munabbih wa makânatuhâ fî ta’rîkh ‘ilm al-Hadîth », Majallat al-Majma‘ al-‘ilmî al-‘arabî (R. A. A. D.), 28, (1953).

name="_ftn2" title=""> class=MsoFootnoteReference>[2]
La Chronique, Histoire des prophètes et des rois, de Tabarî, éd. Actes Sud, 2001, p. 19-20.

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Commentaires

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La question des Hadiths est très importante et soulève beaucoup d’interrogations.

J’ai eu la chance de rencontrer un grand spécialiste du Fiqh d’un pays arabe. Et là, je me suis rendue compte à quel point n’importe qui dit n’importe quoi. Chez le musulman "ordinaire" tout tourne autour de l’interdit ou de l’autorisé (el hallal wa l’haram).

La tendance la plus répandue est d’ajouter de + en + de restrictions. Cela est symptomatique, je dirai d’un déséquilibre quelque part dans la psyché qui consiste à rechercher constamment ce que l’on croit être la perfection mais qui n’est qu’une inquiétude maladive si répandue de nos jours (et pas seulement chez les musulmans d’ailleurs).

Dans un contexte pareil, la manipulation n’est pas loin.
C’est aussi pain béni pour les esprits étriqués, "les coincés du bocal" qui, de proche en proche, cherchent à exercer sur les gens un pouvoir, une tyrannie voire une terreur.

J’ai aussi appris que certains hadiths n’ont pas forcément une portée générale puisqu’ils répondaient à des situations particulières dans un contexte particulier.

Par ailleurs, beaucoup focalisent sur les Hadiths en oubliant de "travailler" à respecter les grandes et plus importantes prescriptions du Coran, source première de la Loi.

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La réflexion sur la place du Hadith en Islam est une des plus vitales aujourd’hui pour cette religion. Entre ceux qui se saisissent d’un hadith pour l’ériger en dogme en dehors de tout contexte, et ceux qui, exaspérés par cette attitude, rejettent tout le corpus des hadiths, il faut trouver une voie médiane. J’ai lu le livre de T. Chouiref et je dois dire que j’ai été agréablement surpris de voir la question de l’authenticité des hadiths traitée de manière aussi objective et érudite. L’introduction est vraiment substantielle et permet au lecteur d’entrer en contact direct avec les hadiths en étant solidement préparé. Bien sûr le sujet principal du livre lui-même concerne les enseignements spirituels du Prophète et c’est ce qui m’importait en premier lieu, mais grâce à cette introduction j’ai pu de défaire de pas mal de préjugés qui m’habitaient à mon insu. Ma vision des hadiths est profondément renouvelée… Pour cela et pour bien d’autres qualités du livre, M. Chouiref, soyez remercié.

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paix soit sur vous ,

ca serait pas mal que l’auteur nous rend accessible une partie de son livre pour voir a quoi ressemble t-il reellement . merci de votre attention et bon courage

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Franchement placer l’émir abdelkader qui n’était avant tout , qu’un chef politique et guerrier contre l’occupant français au même rang que :Junayd , El ghazali et ibn errabi’a ; il n y a que l’algérien pour nous sortir des énormités pareilles . Certes l’emir abdelkader à jouer un rôle important dans l’Algérie coloniale contre la domination française , mais aller jusqu’à lui donner un rôle universel c’est un peu fort . Donc pour moi ce n’est pas un livre qui va trouver place dans ma bibliothèque . Fraternellement : un révolté .

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Pour répondre à la personne qui semble vouloir réduire l’Emir à un "simple" résistant algérien à l’occupation française, j’ai sélectionné un passage (vol. 2 pp. 234-236) de cet excellent livre de M. Chouiref qui ne me quitte plus (Que Dieu l’agrée pour ce travail) :

Hadith (bilingue dans le livre) :
D’après ‘Abd Allâh b. ‘Amr : « Certes Dieu ne fera pas disparaître la science en l’ôtant aux hommes qui la possèdent, mais il la retirera en faisant disparaître les savants : lorsqu’il n’y aura plus un seul savant, les gens prendront pour guide des ignorants qu’ils interrogeront et qui leur donneront des fatwas sans aucune autorité. Ces ignorants sont des égarés propageant l’égarement. »
(Cité par Bukhârî. Hadith authentifié)

Commentaire de l’Emir Abdelkader :
Que Dieu nous garde de la traîtrise, car seul l’hypocrite se montre indigne...
Lorsque les gens de notre Ordre – que Dieu soit satisfait d’eux – traitent par écrit des réalités spirituelles et qu’ils divulguent certains secrets du Tawhîd, en ôtant quelques uns des voiles qui recouvrent la seigneurie divine, ils ne le font qu’à l’intention de leur compagnons et de ceux qui suivent la Voie, car ils connaissent leurs aptitudes et leur ferme attachement au Livre et à la Sunna. Ils n’écrivent pas pour le commun des croyants ni, encore moins, pour le vulgaire ou l’homme mal intentionné. Ils ne parlent pas de ces choses dans des assemblées publiques comme on le voit faire aujourd’hui par des cheikhs ignorants qui n’énoncent une vérité spirituelle que pour se vanter, devant un parterre plus ignorant qu’eux, lequel s’empresse à son tour de la divulguer en tous lieux, sans en posséder la moindre connaissance. Ce sont là des égarés qui en égarent d’autres !
Les auteurs d’ouvrages traitant de réalités spirituelles ne les destinaient qu’aux gens de leur Voie, et non à des esprits faibles auxquels ils ne peuvent que nuire et les faire dévier de la religion aussi promptement qu’une flèche va à sa cible, en les souillant plus que ne le feraient le sang et les déjections ! »
(Mawâqif, n°158)

Par ailleurs, voici la notice biographique que donne l’auteur à propos de l’Emir Abdelkader (p. 262) :
Il naquit à Mascara (Algérie) en 1807 au sein d’une famille de lettrés. Il mena la résistance contre l’armée française en Algérie de 1832 à 1847. Il décida de s’installer définitivement à Damas en 1856, là où son maître Ibn ‘Arabî avait choisi de finir sa vie. C’est là que le rayonnement du maître spirituel qu’il fut prendra toute son ampleur. Les enseignements spirituels qu’il donna à ses disciples furent réunis sous le titre Kitâb al-Mawâqif . Il mourut à Damas en 1883 entouré de sa famille et de ses disciples.

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@ salim : ça prouve quoi de citer le passage du livre ? Les sages et les bonnes paroles on les trouve dans toutes les sociétés et de tous les temps . L’Emir Abdelkader est connu et aduler dans son pays mais il ne faut pas lui donner une universalité qu’il n’a pas . Je ne suis pas sur qu’il soit aussi connu que ça en dehors de l’Algérie . J’aimerai bien savoir aussi qui lui a donner ce titre de l’Emir ??? les plus grands savant n’ont jamais porter ce titre qui est je crois , est propre aux rois et princes de l’Islam . Je pense que l’imam serai plus conforme au personnage que l’Emir non !!! Mais c’est fou ; même aujourd’hui en France , quand un groupe de jeunes algériens font le tabligh ils nomment un émir à leur tête c’est comme si le MOT n’a pas de sens et d’importance chez certains !!! Amicalement : un révolté .

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Salam,

A notre ami "révolté" à propos d’Abd el-Kader ibn Muhyi ed-Din al-Hassani que les historiens ont pérennisé sous le titre d’émir Abd el-Kader (Un titre qu’il n’a d’ailleurs pas usurpé puisque il lui a été attribué à la suite d’un Conseil de dignitaires et de notables musulmans à l’automne 1832 pour faire face à l’invasion de son pays par une armée française).

Apparemment vous ne savez rien, ou très peu de choses, de l’histoire de cet homme [je vous rassure vous n’êtes pas le seul ;-) ]. Ce n’est pas faute d’une bibliographie abondante et qui remonte pour une bonne partie à la première moitié du XIXe siècle. Citons quelques références si vous le voulez bien : en premier lieu, une biographie vivante due à l’un de ses contemporains français, A. Bellemare et qui remonte à 1863. Un anglais, Ch. H. ,Churchill a également écrit une biographique incontournable de l’émir (1867). Une autre qui date de 1925 est du colonel P. Azan ; intéressante pour sa partie politique. Une autre des années 1950 est due à un algérien, M. Cherif Sahli, sensible et bien documentée. Plus près de nous(1994) deux biographies ont enfin mis en valeur la dimension spirituelle du personnage à côté de l’homme d’Etat : celle de Bruno Etienne (Hachette) et du collectif Aouli, Redjala et Zoummeroff (Fayard).

Pour terminer, j’invite à lire une des meilleurs introductions à la somme spirituelle d’Abd el-Kader al-Hassani, (Car il a écrit un ouvrage de plus de milles pages de commentaires du Coran et de Hadith, etc. évidemment si vous ignoriez cette référence, cela explique en partie votre commentaire désabusé !). Les Écrits spirituels de l’émir, traduits et présentés de façon magistrale par Michel Chodkiewicz (1982).
Et pour terminer ce bref rappel bibliographique (vous trouverez les détails sur internet) je vous invite à lire une nouvelle biographie qui vient de paraitre aux éditions du Seuil (Abd el-Kader, L’Harmonie des contraires) sur précisément les dimensions spirituelle et universelle du personnage masquée trop longtemps par sa fonction politique et vous en viendrez à la même conclusion que tous ceux qui ont ouvert ces ouvrages que l’émir Abd el-Kader a été, par ses actions et ses écrits, une des figures majeures de son siècle et pas seulement dans la sphère arabo-musulmane. L’universalité de son message (Je vous renvoi à son Livre des Haltes et à sa Lettre aux Français )s’adresse indifféremment à tous ceux et celles, musulmans ou non, qui cherchent la vérité simple et authentique loin des polémiques stériles et des faux-semblants.

Cordialement

Lecteur

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Paix,

Concernant le hadith, il faut aussi dire que depuis Ignác Goldziher [m. 1921] (Le Dogme et la Loi de l’Islam), dont le radicalisme remettait bien en cause tout les hadith - et surtout ceux avec des isnad importantes (les mutawir), car selon lui, preuve d’un appui politique ou populaire - la considération orientaliste sur cette science musulmane a bien changé : en effet, outre les travaux de musulman tel Mustapha al-Azami (On Schacht’s Origins of Muhammadan Jurisprudence) ou Mohammed Mohar Ali, même de non-musulmans tels Harald Motzki ou Jonathan Brown de l’Université de Washington tendent à donner crédit à la Tradition et conteste fortement les théories de Goldziher [m. 1921] ou Joseph Schacht [m. 1969] qui postulaient que celle-ci n’était qu’inventée. Remarquons que des musulmans tels Fazlur Rahman [. 1988] "tombèrent dans le piège."

Je conseille à tous ceux qui s’intéressent à ce sujet, de ce rendre ici (en anglais). Mais je dis bien que c’est concernant la science des hadith en soi ; après, il est dit selon les musulmans eux-mêmes que certains sont certes "mutawir" (grand nombre et donc assez sûr), mais d’autres bien "khabar al-wahid" (une personne le rapporte, donc négligeable).

Concernant l’Emir Abd-El Kader, ce serait plus qu’un insulte pour l’école Akbaryenne (Ibn`Arabi) de ne le réduire qu’à une sorte de "Vercingétorix" comme aimaient l’appeler les français de l’époque - un homme raffiné et galvanisé, mais vaincu, conduisant une horde de barbare. Il suffit de feuilleter son "Livre des Haltes" ;-)

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Au lecteur , c’est vrais que je ne connais rien à l’histoire de l’Algérie en général et de l’emir en particulier , et vous n’allez pas me le reprocher quand même , parce que ça ne m’intéresse pas . Mais vous , vous ne savez pas lire non plus ou bien vous êtes aveugler par votre nationalisme . Si vous aviez bien lu mon post , vous remarquerez que je n’ai pas diminuer en rien ce que "l’emir" à fait pour son pays ; mais je ne comprend pas pourquoi vouloir donner à ça personne une porté universelle telle que celles de Al ghazali ou de jamal addine al Afghani . Chez vos voisins il y a un certain abdelkrim al khattabi et le kadi ayyad qui sont aussi très important que l’emir abdelkader pour leur pays mais qui n’ont pas cette universalité qu’a par exemple un certain mohammed iqbal . Tout ce que je sais , c’est que "l’emir" est un personnage incontournable dans l’histoire de l’Algérie contemporaine et qu’il reste et restera pour les algériens un modèle et une idole . Et cela personne ne peut vous le reprocher . Mais de grâce , ce qui est national doit rester dans sa sphère nationale , et ce qui est universel doit rester universel , c’est tout . Il ne faut pas mélanger les genres . Fraternellement : un révolté .

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A l,ancienne incroyante qui semble avoir retrouver la Foi me pardonnera cette curiosité :
que signifie "ancienne" ?
une ex incroyante ou une incroyante qui n’a jamais cessé de l’être ?
Pourrait-elle m’éclairer de ces "grandes et importantes prescriptions du CORAN qu’un grand spécialiste du Fiqh lui a enseigné ?
"N’importe qui dit n’importe quoi" ce même spécialiste dit-il autre chose ? Racontez nous !
la multiplicité des pensées n’est-elle pas plutôt la confirmation qu’il faille conjuguer tout les efforts qu’elles engendrent et espérer nous rapprocher du message de DIEU ?
le savoir n’est pas l’apanage d’1 seul ni la propriété d’1 autre : il est ce que DIEU dans Son Infini Bonté veut bien nous donner et la meilleure façon de s’en entourer est de commencer par..... tolérer l’autre.

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Salam,

A notre ami "lecteur" ! Pourquoi voyez vous du nationalisme, là où il n’y en a pas ! Et si je vous disais que je suis suédois !!!

Encore une fois et plus sérieusement : lisez au moins un des ouvrages que j’ai pris le temps de vous citer et vous saurez pourquoi l’émir Abd el-Kader a été considéré comme un esprit universel de son vivant même et non uniquement le fruit d’une histoire locale ! Je crois que malheureusement vous vous êtes arrêté aux clichés et autres imageries d’Epinal véhiculés sur l’émir Abd el-Kader ...
S’il vous plait, lisez et et je vous garantie que vous ne serez pas déçu !

Cordialement

Le Lecteur

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A Rachid Zani qui ne sait pas faire la différence entre croyance et incroyance : Que Dieu vous pardonne votre première interrogation et vous gratifie de plus de lumière.

A quoi bon répondre à vos autres questions ?.

Salam.

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Agressions anti-arabes à Saint Jean d’Acre et Jérusalem, que font les musulmans (1milliard et quelques !), bonne nuit et faites de beaux petits rêves sur la jouissance terrestre !...

http://www.info-palestine.net/article.php3 ?id_article=5197

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Je suis algérien, je ne veux pas contredire un révolté même si je ne comprends pas trop ce qu’il veut dire mais je poserai la question différemment

Qui peut se réclamer de l’Emir aujourd’hui ? je parles des dirigeants bien sûr. A l’époque il me semble tout de même qu’il y avait plus d’érudit en Islam et que cette fonction était valorisé (contrairement à aujourd’hui mine de rien)

Je ne me joint pas à l’approche ’esprit universel’ que je ne comprends pas, si elle pouvait être développé ce serait intéressant.

Sinon je considère évident que l’Emir Abdelkader a apporté énormément à la France et à l’Europe, il voulait quelque part l’échange Spiritualité contre technologies (je ne suis pas savant sur la question loin de là, c’est ce que j’ai compris des lectures ça et là), alors il a échangé sur la spiritualité, les sciences, le droit, etc... mais en face...

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Ma première pensée fût "authentique".
J’ai pensé mais n’ai pas écrit : "...ou croyante
n’ayant jamais cesser de l’être."
Il semblerait qu’ à la lecture du post ,mon "machisme"ne l’ait pas toléré.Fallait montrer les crocs.
Désolé d’avoir été mufle.

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Ma première pensée fût "authentique".
J’ai pensé mais n’ai pas écrit : "...ou croyante
n’ayant jamais cesser de l’être."
Il semblerait qu’ à la lecture du post ,mon "machisme"ne l’ait pas toléré.Fallait montrer les dents.
Désolé d’avoir été mufle.

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Merci à Arslan AKHTAR et à Lecteur pour la qualité de leurs interventions. Les références que cite A. AKHTAR sont importantes et sont très bien analysées dans l’introduction du livre de M. CHOUIREF. Ce livre comble un grand vide dans le domaine du Hadith (tant du point de vue de son histoire que de son contenu) en langue française. On peut apprécier ou pas qu’y soient cités les commentaires de tel ou tel auteur, que ce soit Junayd, Ghazali, Ibn ’Arabi, le Cheikh al-’Alawi ou d’autres (ils sont plus de 20 !) ; mais on ne peut nier l’immense travail que représente cet ouvrage. M. CHOUIREF a fait là un beau cadeau tant aux musulmans soucieux de mieux connaître leur religion, qu’aux non-musulmans qui, depuis l’affaire des caricatures, s’interrogent sur la personnalité du Prophète de l’islam.

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Tout à fait d’accord avec Amel.
J’ajouterai que le fait d’avoir mis les hadiths en arabe avec une écriture claire et lisible est une excellente idée car cela nous permet de les lire, voire de les apprendre, dans la langue originale !

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@ Amel : Je te remercie pour ton apport.

Le Livre ne traite que des recueils de hadiths "sunnites" ? répond-t-il aux accusations colportées par les orientalistes, et les nouvelles tendances rationalistes et "nouveaux penseurs", ces libéraux, ces coranistes, enfin toutes ces tendances contemporaines qui semblent rejeter les hadiths ?

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@ Ghazali,
L’introduction du livre traite de la transmission orale et écrite du Hadith durant les deux premiers siècles de l’Islam, puis de la formation du corpus sunnite de hadiths (Bukhari, Muslim, Tirmidhi...), mais les conclusions de l’analyse historique sont aussi valables pour le corpus chiite. L’auteur est alors amené à exposer et interroger les différentes thèses orientalistes (Goldziher, Schacht, Juynboll...)Il fait mention d’excellentes réfutations de ces thèses par AZAMI, MOTZKI... Le dernier chapitre du vol. II apporte une réponse magistrale aux thèses ’’coranistes’’. Bref, un travail que je trouve intelligent et objectif.

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Salam,je voudrai apporter un commentaire a ce sujet car enormement de gens ont ete egares.
NOTRE CREATEUR a Lui la louange infini a dit que la garde du livre "le coran"Lui incombe,et qu il est inatacable ni par devant ni par derriere c est a dire que rien n a pu etre modifier ou rajouter et il dit aussi qu Il abroje ce que le diable suggere et renforce ses versets,je pense donc que chaque hadith a ete modifier et cela renforce les verset de notre CREATEUR en prenant le contraire du hadith OU OU en eleminent une nuance et parfois nous eclairer sur une parole du coran tres difficile a comprendre.Cependant il y a des hadiths sans equivoque mais seul les savants les connaissents.Et je me demande si tous les hadiths ne sont pas sahih.Salam.