Nous avions donné en une première partie à travers des citations du Coran l’esprit véritable de l’Islam quant à « guerre & paix, violence » et leur bâtard, le terrorisme. Nous avions dû alors montrer que les versets en apparence « bellicistes », tel le « verset du sabre », avaient tous fait l’objet de manipulations, non pas textuelles mais interprétatives. En la deuxième partie, « La colombe à l’épée », nous avons longuement analysé par quels mécanismes l’on pouvait inverser le sens d’un verset non conforme à la volonté martiale des pouvoirs ayant exercé leur autorité sur le monde de l’islam.
L’actualité,
la réalité, est là qui sans cesse nous interpelle ; violence
et injustice, assoiffées soeurs de sang, attisent les braises,
encore comme toujours, d’un foyer jamais éteint en le coeur des
hommes. Et plus, crime ajouté à l’horreur, pas un partisan qui ne
mêle à la folie des hommes la Religion. Mais, pour que ces jours de
colère légitime n’engendrent la haine, s’impose à nous que
nous prenions un temps de réflexion au sein même de la tourmente ;
nous ne serions à même de l’exiger de l’autre…
Nous
avions donné en une première partie à travers des citations du
Coran l’esprit véritable de l’Islam quant à « guerre &
paix, violence » et leur bâtard, le terrorisme. Nous
avions dû alors montrer que les versets en apparence
« bellicistes », tel le « verset du sabre »,
avaient tous fait l’objet de manipulations, non pas textuelles mais
interprétatives. En la deuxième partie, « La colombe à
l’épée », nous avons longuement analysé par quels
mécanismes l’on pouvait inverser le sens d’un verset non
conforme à la volonté martiale des pouvoirs ayant exercé leur
autorité sur le monde de l’islam. Nous avions par là mis en
évidence un principe essentiel : la cohérence pleine et
entière du Coran. Il nous sera donc donné de sonder en ce dernier
volet la cohérence entre le Hadîth authentifié et le Coran ou, vu
de l’autre coté du miroir, l’incohérence que la volonté des
hommes induit. A cette fin, nous l’avions annoncé, nous allons
nous intéresser à un hadîth authentifié, sahîh,
très célèbre, l’archétype par excellence de tout un pan
idéologique :
D’après
Abû Hurayra, le Messager de Dieu a dit : « Il m’a été
ordonné de combattre les gens jusqu’à ce qu’ils disent qu’il
n’y a de dieu que Dieu. Qui dit cela, je respecterais sa vie et ses
biens, sauf ce que de droit, en dehors de quoi il ne devra de compte
qu’à Dieu. »
Quoiqu’on
en dise, quoiqu’on en lise, le propos est clair ; une déclaration
de guerre permanente devant amener toute l’humanité à l’Islam.
A priori le texte est limpide, véritable mur,
forteresse imprenable aux murailles parfaitement lisses, les mots ici
ne semblent laisser prise à aucune interprétation et je ne pratique
de toute façon pas l’interprétation. Au sommet de cette citadelle
des générations de guerriers brandissent l’étendard de l’islam
conquérant. Mais l’inscription en ces bannières, celles qui
flottèrent aux vents porteurs de conquêtes et de bénédictions
divines, celles qui aux flamboyants matins promettaient abondances de
butins, d’or, de femmes et de chevaux, est plus cinglante encore1 :
« Il m’a été ordonné de combattre les gens
jusqu’
à ce qu’ils disent qu’il n’y a de dieu que Dieu »
Mais
alors comment concilier ces paroles, pourtant parfaitement
authentifiées, et les principes généraux de l’Islam ?
Comment gérer cette insupportable contradiction entre le Hadîth et
le Coran, car nous le savons tous, ou devrions le savoir, le Coran
enseigne que les hommes adhèrent librement à la Révélation ou
refusent librement de suivre l’ultime rappel de Dieu.
Parallèlement, le Coran, nous l’avons à présent démontré,
interdit d’être l’agresseur.
Nous
lisons :
“
Point de contrainte en religion…” S2.V256.
“
Leur guidée ne dépend pas de toi, car Dieu guide qui Il
veut…” S2.V272.
“
Aucune âme ne connaîtra la foi sans que Dieu ne l’ait
permis…” S10.V100.
“
Dis : « Je ne suis qu’un Avertisseur et un
Annonciateur…” S7.V188.
“
Proclame : « La vérité provient de votre Seigneur. »
Ainsi donc, qui veut croie et qui veut donc mécroie… ”
S18.V29.
“Nous
savons parfaitement ce qu’ils disent. Tu n’exerceras sur eux
aucune contrainte, rappelle donc seulement par le Coran quiconque
craint ma mise en garde.” S50.V45.
Nous
pensons de même à un principe théologique essentiel, parfaitement
caractéristique de l’Islam, seule religion à l’avoir inscrit en
lettres d’or en son Livre. Parole de sagesses inépuisables :
“ Si ton Seigneur en avait décidé ainsi, tout ce que porte la
Terre aurait cru. Est-ce à toi de contraindre les gens à devenir
croyants !” S10.V99.
Et
contre toute hégémonie religieuse, comment ne pas nous
rappeler : “…A chacun Nous avons indiqué une voie générale
[shir‘atan] et un chemin spécifique
[minhâjan]. Si Dieu l’avait voulu il aurait
fait des hommes une seule communauté [religieuse],
mais il en est ainsi afin de vous éprouver par ce qu’il vous a
attribué. Rivalisez donc en bonnes œuvres, car c’est à Dieu que
vous ferez tous retour. Il vous informera alors quant à vos
divergences. ” S5.V48.
Nous
avons vu les règles fondamentales présidant au Jihâd et nous
savons qu’il ne peut être que défensif et non expansionniste ;
ce que tout esprit sensé et tout cœur équilibré sait : “
Autorisation leur est donné de se défendre lorsqu’ils sont
combattus…“ S22.V39.
“
Combattez sur la voie de Dieu ceux qui vous combattent et ne
commettez aucune exactions…” S2.V190.
“ Et lorsqu’ils souhaitent la paix, fais
de même, et place ta confiance en Dieu…”S8.V61.2
Ce
hadîth abrogerait-il donc le Coran ? Le Prophète, contre
l’avis du Coran, a-t-il prôné un Jihâd permanent contre toute
l’humanité ? Que signifient alors ces versets ou que
signifie ce hadîth ?
Mais
aussi, plus concrètement, comment gérer à notre époque, voire en
situation de minorité, une parole aussi revendicative, aussi
agressive, et potentiellement porteuse de conflits aussi graves que
sans fin ? Un tel propos ne programme-t-il pas à présent la
perte de « l’autre » lorsqu’on on est subjectif, et
la nôtre lorsqu’on est objectif… ?
Que
signifie donc ce hadîth ?
Tout d’abord, rappelons qu’il est admis que ce
hadîth authentifié soit transmis selon des voies multiples, sahîh
mutawâtir.
Cette classification de haut grade lui confère une haute valeur.
Ceci étant, son caractère mutawâtir est discutable, cf. note3.
Une chose sûre, il est abondamment rapporté, notamment par Al
Bukhârî, Muslim, At-Tirmidhî, Ibn Hanbal. L’on en dénombre plus
d’une quarantaine de mentions pour les six sunan et, sur l’ensemble
des grands recueils, plus d’une centaine. Ces simples chiffres
indiquent clairement l’intérêt majeur qu’eut pour les musulmans
cette parole du Prophète. Nous pouvons donc inscrire en lettres de
feu cette terrible affirmation : « Il
m’a été ordonné de combattre les gens jusqu’ à ce qu’ils
disent qu’il n’y a de dieu que Dieu. »
Etude
du texte et du contexte.
Fait
essentiel, le hadîth tel que nous l’avons jusqu’à présent
mentionné n’est en réalité qu’une version tronquée mais aussi
celle que l’on cite le plus fréquemment si ce n’est uniquement.
Fort heureusement, Al Bukhârî, et d’autres, en donnent aussi la
version complète, version essentielle à la compréhension de ce
propos prophétique.
حدثنا
أبو اليمان الحكم بن نافع أخبرنا شعيب بن
أبي حمزة عن الزهري حدثنا عبيد الله بن
عبد الله بن عتبة بن مسعود أن أبا هريرة
رضي الله عنه قال لما توفي رسول الله صلى
الله عليه وسلم وكان أبو بكر رضي الله عنه
وكفر من كفر من العرب فقال عمر رضي الله
عنه كيف تقاتل الناس وقد قال رسول الله
صلى الله عليه وسلم أمرت أن أقاتل الناس
حتى يقولوا لا إله إلا الله فمن قالها فقد
عصم مني ماله ونفسه إلا بحقه وحسابه على
الله. فقال
والله لأقاتلن من فرق بين الصلاة والزكاة
فإن الزكاة حق المال والله لو منعوني
عناقا كانوا يؤدونها إلى رسول الله صلى
الله عليه وسلم لقاتلتهم على منعها .
قال عمر رضي الله عنه
فوالله ما هو إلا أن قد شرح الله صدر أبي
بكر رضي الله عنه فعرفت أنه الحق.
D’après
Abû Hurayra : Après que fut décédé le Messager de Dieu, et
cela du temps de Abû Bakr, et que parmi les Bédouins certains
renièrent, Umar lui tint ce propos : Comment combats-tu donc
les gens alors que le Messager de Dieu a dit : « Il
m’a été ordonné de combattre les gens jusqu’à ce qu’ils
disent qu’il n’y a de dieu que Dieu. Qui dit cela je respecterais
sa vie et ses biens, sauf ce que de droit, en dehors de quoi il ne
devra de compte qu’à Dieu. » ?
Abû
Bakr répondit : Je combattrais certainement quiconque établira
une différence entre la prière et la zakât. Car la zakât est un
droit dû sur les biens. J’en jure par Dieu, s’ils voulaient me
refuser ne serait-ce qu’une chevrette qu’ils donnaient au
Messager de Dieu, je les combattrais à cause de ce refus.
Umar
a dit : J’en jure par Dieu, je me suis dit qu’il n’ y
avait là que ce que Dieu avait permis de comprendre à Abû Bakr,
puis je sus que cela était juste.
A
première lecture l’on note l’existence d’un contexte. Cette
parole du Prophète n’est donc pas une abstraction, hors temps et
hors l’Histoire, un slogan à soulever les foules, mais a bel et
bien une histoire. Elle n’a pas été prononcée de manière
absolue mais circonstanciée, et la clef de la compréhension de ce
hadîth repose sur l’analyse du texte en fonction de cette
spécificité. Qu’en est-il donc exactement ?
•
« D’après Abû Hurayra : Lorsque eut décédé le
Messager de Dieu, et cela du temps de Abû Bakr, et que parmi les
Bédouins certains renièrent… »
Immédiatement après le décès du Prophète Abû
Bakr eut à faire face à plusieurs situations délicates dès
l’avènement de son califat. L’on pense bien sûr à sa célèbre
campagne menée contre Musaylima le faux prophète. Mais, en
réalité, dans la logique des faits, Abû Bakr eut d’abord à
combattre ceux qui refusèrent de payer la Zakât, nous donnons
quelques détails en note4.
C’est à ceux-là que font allusion les mots : « parmi
les Bédouins certains renièrent ».
Littéralement il est écrit : « kafara
man kafara ».5
Cette tournure ne signifie pas qu’ils s’agissaient nécessairement
d’apostats comme on le lit fréquemment. En effet, si certains
apostasièrent d’autres voulurent simplement ne pas verser la Zakât
tout en restant musulmans et, en notre hadîth, c’est de ceux-là
qu’il s’agit ; Abû Bakr dit bien : « Je
combattrais certainement quiconque établira une différence entre la
prière et la zakât ».6
A priori quiconque prie se considère musulman et Abû Bakr ne dit
pas que leur refus de verser la Zakât fait d’eux des
« apostats » ; il n’ y a aura d’ailleurs jamais
de consensus théologique quant au statut de celui qui abandonne un
des piliers de la pratique fondamentale. En réalité, les mots
« « parmi les Bédouins
certains renièrent » sont à
mettre en la bouche du narrateur, Abû Hurayra,7
et font donc uniquement allusion à ces bédouins islamisés qui
refusèrent de verser la Zakât à Abû Bakr.
Il
n’est pas à s’étonner que les dissensions à la mort du
Prophète se soient cristallisées autour du paiement de la Zakât.
Pour le bédouin, Muhammad était avant tout un chef, et l’Etat une
notion inconnue, payer à un tiers une part prélevée sur ses
propres biens est pour lui tout aussi révolutionnaire que contraire
à sa nature. La richesse, le butin, s’arrache de haute lutte, et
n’a de part que le combattant ou le chef tribal. On comprend dès
lors qu’en la culture bédouine l’institution de la Zakât fut le
« pilier » qui les dérangea. Il ne s’agissait donc pas d’une
critique religieuse mais bel et bien d’une attitude pragmatique.
Ces « renégats de la Zakât » rentrèrent
d’ailleurs bien vite dans les rangs sans opposer de vives
résistances.
•
« Umar lui tint ce propos : Comment combats-tu donc les
gens »
D’après
le texte, Umar intervient donc après que Abû Bakr ait déjà ouvert
les hostilités et il le lui dit ouvertement. Il n’est pas d’accord
avec sa décision et lui reproche uniquement de combattre des
musulmans :
•
« Combats-tu donc les gens alors que le Messager de Dieu a
dit : « Il m’a été ordonné de combattre les gens
jusqu’à ce qu’ils disent qu’il n’y a de dieu que Dieu. Qui
dit cela je respecterais sa vie et ses biens, sauf ce que de droit,
en dehors de quoi il ne devra de compte qu’à Dieu. » ?
Nous sommes à même à présent de comprendre le
sens de la citation de Umar : S’il reproche à Abû Bakr de
combattre ou de tuer des musulmans -
Comment combats-tu donc les gens- et
qu’il justifie sa position en citant cette parole du Prophète,
c’est qu’il pense que ce propos indique clairement que le Prophète
a interdit de tels actes. Ainsi, lorsque Umar dit dans la
logique de la situation : « Le
Messager de Dieu a dit : Il m’a été ordonné de combattre
les gens jusqu’à ce qu’ils disent qu’il n’y a de dieu que
Dieu… » cette citation du Prophète
signifie donc « qu’il est
interdit de combattre toute personne qui a reconnu l’unicité de
Dieu »,
l’Islam fondamentalement. Sans aucun doute Umar l’emploie et la
comprend comme indiquant que dès lors qu’une personne a proclamé
« qu’il n’ y a de dieu que
Dieu » le Prophète a dit :
« …je respecterais sa vie et ses
biens. » Autrement dit, il n’est pas
licite de les combattre y compris pour leur imposer de verser la
Zakât sur leurs « biens ».
L’affaire est simple : la vie du musulman est sacrée et c’est
ce que Umar a voulu ainsi rappeler.8
-
La vie du musulman est sacrée, c’est une évidence, et il
aurait été aisé à Umar de le démontrer à Abû Bakr en citant le
Coran, voire d’autres paroles du Prophète. Ils ne pouvaient
méconnaître cette célèbre parole rapportée par exemple par
Muslim : « Pour un musulman tout est sacré chez le
musulman : son sang, ses biens, son honneur. »
Nous
pouvons donc logiquement nous interroger sur les raisons qui
poussèrent Umar à invoquer cette parole du Prophète d’une
manière qui nous semble à présent paradoxale ou antithétique.
Le
texte, encore une fois, nous fournit une explication : « Il
m’a été ordonné de combattre les gens jusqu’à ce qu’ils
disent qu’il n’y a de dieu que Dieu. » Tout d’abord
le Prophète parle à la première personne « Il m’a
été ordonné » et ce verbe à la voix passive « umirtu »
indique que c’est Dieu qui donna cet ordre à Son Prophète. Il n’est
pas dit « Il nous a été ordonné » ou « l’Islam
ordonne », un tel ordre aurait été de toute façon
contraire aux principes généraux. Il faut donc que admettre que
l’ordre donné par Dieu à Son Prophète avait une signification
particulière le rendant compatible avec ces mêmes principes.
On
note, et là réside l’essentiel, qu’il est dit les « gens »,
« an-nâs ». En arabe, ce pluriel, « an-nâs »,
désigne principalement les membres mâles d’une même tribu,
clan ou faction. C’est essentiellement le Coran qui donnera à ce
terme la dimension universelle que nous lui connaissons, logiquement
d’ailleurs puisque l’un des principes majeur du Message coranique
est de dépasser le système clanique pour former une supra
communauté égalitaire et ouverte, fonder l’humanisme en quelque
sorte. L’on pourrait donc traduire : « Il m’a été
ordonné de combattre les tribus jusqu’à qu’elles acceptent
l’Islam ». De plus, en arabe comme en français,
l’expression « les gens » indique aussi des
« gens » en particulier. Rien ne contredit là
l’Histoire, le Prophète procéda bien ainsi.
Le
propos de Umar n’est alors plus « paradoxal » mais
cohérent ; il rappelle à Abû Bakr que le Prophète a prononcé
ces mots alors même qu’il combattait telle et telle tribu
auxquelles il accorda sa sauvegarde du fait de leur acceptation
« officielle » de l’Islam.
De même, dans la citation, nous notons à nouveau
ces mots : « Qui dit cela je
respecterais sa vie et ses biens ».
Encore une fois c’est le Prophète qui parle en son nom propre et la
traduction littérale serait : « alors
je garantis sa vie et ses biens »
termes du pacte que le Prophète passait avec les tribus adoptant
l’Islam à la suite de la riposte prophétique à leur agression
première.9
Situation particulière que certaines versions du hadîth chercheront
à modifier pour lui donner une portée générale.10
La
vrai nature de l’altercation et la signification juste
de la citation prophétique apparaissent à présent clairement :
Umar rappelle à Abû Bakr qu’il a tort, et qu’il n’a pas le
droit de combattre des tribus, des « Gens »,
dont il savait que le Prophète après les avoir combattues leur
avait accordé sa protection du fait même de leur adhésion à
l’islam, et il se trouve que ce sont ces mêmes tribus qui
refusèrent de verser la Zakât à Abû Bakr. Les historiens en
ont d’ailleurs conservé les noms.
Ainsi donc, Umar, citant le Prophète, ne valida
pas pour l’éternité la fiction mortelle d’un « jihâd
prosélyte » et, « accessoirement », ne légalisa
pas la soif de pouvoir et de richesse.11
Signalons que Umar fut le seul des quatre Califes sous le
gouvernement duquel il n’ y eut aucun combat fratricide entre
musulmans.
-
Nous pouvons à nouveau et a contrario démontrer la justesse de
cette analyse : Si Umar s’adresse ainsi à Abû Bakr ce n’est
point pour lui signifier que le Prophète a donné une autorisation
pour le jihâd permanent jusqu’à ce que tous les « gens »
se convertissent. On ne voit pas logiquement comment avec un tel
argument il aurait pu prétendre s’opposer à la décision de
combattre de Abû Bakr ! Si Umar avait cru s’opposer à Abû
Bakr en lui fournissant un argument semblant légaliser le combat, il
nous faudrait considérer que Umar soit un bien piètre débateur !
C’est donc bien que Umar par cette parole du Prophète signifiait,
et uniquement, l’interdiction de combattre les musulmans.
Par
ailleurs, Abû Bakr n’a pas été surpris du propos, sa réponse le
prouve, et il ne le retournât pas à l’expéditeur en l’exploitant
à son profit, c’est-à-dire en lui conférant le sens jihâdiste
qu’on lui attribue encore de nos jours.
-
La position de Abû Bakr est différente ; il décida de
combattre des tribus réfractaires dont il connaissait bien
l’islamisation pour leur faire verser sous la contrainte des armes
la Zakât, et il dit : « Je combattrais certainement
quiconque établira une différence entre la prière et la Zakât.
Car la Zakât est un droit dû sur les biens. J’en jure par Dieu,
s’ils voulaient me refuser ne serait-ce qu’une chevrette qu’ils
donnaient au Messager de Dieu, je les combattrais à cause de ce
refus. »
Cela Umar le savait parfaitement, et voilà
pourquoi il rappela à Abû Bakr que le Prophète avait interdit de
combattre des musulmans, quels que soient les motifs, et qu’en
particulier « leurs biens »
sont sacrés, il n’y a donc pas à exiger d’eux qu’ils versent
la Zakât par la force des armes.12
Enfin,
il y aurait aussi à débattre quant à la teneur de la réponse de
Abû Bakr mais cela n’était présentement, pas indispensable à la
saine compréhension de notre hadîth. Il y aurait malgré tout quant
à cette décision historique beaucoup de choses à dire, mais ceci
est un autre sujet.
Synthèse.
La
parole prophétique rappelée à Abû Bakr par Umar : « Il
m’a été ordonné de combattre les gens jusqu’à ce qu’ils
disent qu’il n’y a de dieu que Dieu. » est une citation
tronquée et un propos coupé de son contexte. Cette parole du
Prophète a été motivée par des circonstances particulières mais,
une fois extraite de son contexte, il est possible d’en modifier
totalement le sens. Elle signifiait en réalité : « Il
m’a été ordonné de combattre des tribus arabes qui nous
menaçaient et elles ont accepté l’islam et, dès lors, il est
interdit de les combattre car, comme il en est pour tous les
musulmans, leur vie et leurs biens sont sacrés. »
Conclusion
“Ô
croyants, lorsque vous combattez pour la cause de Dieu, faites preuve
de discernement. Ne dites pas à celui qui voudrait la paix :
« Tu n’est pas croyant ! » recherchant par là un
moyen d’obtenir des biens d’ici-bas. En vérité, le véritable
butin est auprès de Dieu. C’est pourtant ainsi que vous agissiez
auparavant, mais Dieu, depuis, vous a comblé de Ses bienfaits.
Faites donc preuve de discernement, Dieu, certes, est parfaitement
informé de vos actes.”S4.V94.
Le
Prophète n’a jamais proclamé qu’il était de sa mission
universelle d’imposer l’Islam par le sabre. Selon le même état
d’esprit et la même logique, il déclara que la vie et les biens
d’un musulman étaient sacrés. En cela il fut parfaitement en
conformité avec le Coran, par la parole et par l’acte. Mais l’épée
domina toujours la plume, et par un retournement spécieux rendu
possible par la suppression du contexte d’un hadîth, on lui fit
dire le contraire de ce qu’il avait voulu signifier. Il voulut
dire : « Le fait que quelqu’un reconnaisse l’unicité
de Dieu m’interdit de le combattre » mais on donna à cette
parole le sens opposé : « Il m’a été ordonné de
combattre les gens jusqu’à ce qu’ils acceptent l’unicité de
Dieu. »
En
cette série de trois articles, nous avons eu comme objectif de
montrer que l’Islam, Coran et Sunna, était un tout cohérent et
que la mission universelle du Prophète Muhammad ne pouvait
s’accompagner que d’une vision hautement éthique de l’altérité.
La reconnaissance de l’autre en ses spécificités, sa foi ou son
incroyance, ses différences, et le corollaire obligé du principe de
tolérance religieuse postulé par la révélation coranique. Nous
devons donc parfaitement discerner que l’Islam, religion révélée,
devint aussi un fait religieux et, qu’en tant que tel, eut une
histoire. L’Histoire est écrite par le sang des hommes sur le
parchemin de leur existence, grandeurs et décadences, misères mais
aussi sublimes dépassements.
Cependant,
avoir démontré la signification réelle de ce propos prophétique
ne pourra apaiser nos cœurs. Il restera toujours sur la face
humiliée de notre terre des hommes avides de pouvoir, et d’autres
ivres de bêtises, qui, sous l’emprise de leurs sens, quelles que
soient leurs religions, sauront légitimer leurs volontés au nom de
Dieu… ou comment « la Religion », conquête des cœurs,
devint toujours « religions » de conquérants.
Enfin,
faisons observer que ce hadîth demeura contre nous. En effet, il est
aisé de le constater, bien des musulmans continuent et continueront
à brandir ce slogan mensonger et assassin. Dérisoire déclaration
de guerre, non plus symbole de leur puissance, désormais passée,
mais complainte de leurs frustrations et faiblesses. Encore plus de
raisons à l’irraison.
1
Ce propos emblématique s’est
maintenu en partie sur le drapeau Saoudien, royaume dont le nom
évoque sans pudeur l’annexion d’un pays par une famille de
bédouins. Ce drapeau et son slogan sont explicites de la pensée
wahhabite, autre visage de la famille, la
shahada et le sabre
le tout sur fond vert, qu’aurait été le rouge sang…Heureusement,
la plupart des néo pseudo-wahhabites d’exportation n’ont plus
le sabre entre les dents l’ayant troqué pour un siwâk…mais
l’idéologie demeure.
2
A ce propos, il a été observé que lors de mon
analyse de S47.V35
« Ne faiblissez pas, et
appelle à la paix… » j’avais
transcrit le mot paix par « silm »
alors que nos corans, « lecture »
Hafs, portent « salm ».
L’observation est juste, mais je signalerais que les « lectures »
de ‘Asim et de Hamza donnent « silm ».
Le sens est strictement identique, qu’il s’agisse de prononcer
« salm »
ou « silm »
la signification est « paix ».
3 En réalité, la
plupart des versions sont rapportées par Abû Hurayra, et bien plus
rares sont celles afférées à Anas ibn Mâlik ou Abdullah ibn
Umar. Point remarquable, toutes les versions dues à d’autres
rapporteurs que Abû Hurayra sont incomplètes. Aucunes ne donnent
le contexte, la discussion entre Umar et Abû Bakr, et toutes ne
visent qu’à mettre en exergue le segment clef : « Il
m’a été ordonné de combattre les gens jusqu’à ce qu’ils
disent qu’il n’y a de dieu que Dieu… ».
L’on observe alors que tous les isnâd,
chaînes de transmission, par lesquels transite le récit de Abû
Hurayra en version complète passent par Az-Zuhrî
ibn Shihâb. L’on
reconnaît d’ailleurs son style : récit structuré en quatre
parties, construit sur le même plan que, par exemple, les deux
célèbres hadîths émanant aussi de lui et relatifs aux recensions
du Coran du temps de Abû Bakr puis de Uthmân. Ces indices
indiquent que le hadîth en la forme narrative que nous lui
connaissons est probablement de son cru. Ceci mis à part, il n’est
donc tout de même pas possible d’affirmer que ce hadîth en sa
version complète soit mutawâtir.
En effet, systématiquement, lorsque le premier maillon de l’isnâd
est Abû Hurayra, le troisième en est Az-Zuhrî. De plus, le
deuxième maillon ne connaît que deux transmetteurs distincts, soit
‘Utba, soit Al Musîb. Au total, l’ensemble de ces éléments ne
permet pas de classifier mutawâtir
ce hadith sahîh
en sa version intégrale.
4
Après la mort du Prophète il a été
historiquement établi que les Arabes se répartirent en cinq
catégories : 1
- Ceux qui restèrent fidèles à l’Islam. 2
- Ceux qui sortirent de l’Islam et retournèrent au culte des
idoles. 3
- Ceux qui furent hésitants et attendirent de voir quelle tournure
allaient prendre les événements. 4 -
Ceux qui suivirent en rejetant l’Islam des faux prophètes tel
Musaylima, Tulayha
ou Al Aswad al ‘Ansî. (Plus précisément, Al Aswad fut tué
quelques temps avant le décès du Prophète mais il garda de
nombreux sectateurs qui s’opposèrent aux musulmans dès
l’avènement du califat de Abû Bakr.) 5
- Ceux qui restèrent musulmans mais refusèrent de s’acquitter de
la Zakât, se sont eux qui sont concernés en notre hadîth.
5
Ce segment est constant et on le retrouve dans
la plupart des recueils rapportant la version complète telle que
nous l’étudions. Notons que l’expression, se justifiant malgré
tout en langue arabe, n’est pas très précise, d’autres
formulations auraient été plus heureuses. Cette ambiguïté
explique peut être par elle-même que l’on eut intérêt à la
transmettre fidèlement.
6<
Concernant notre sujet il y eut donc au moins
deux catégories d’Arabes qui refusèrent de payer la Zakât. La
première, majoritaire, se voulait musulmane, la seconde,
minoritaire, aurait cru à la prophétie de Tulayha. Ceux qui
conservèrent leur foi islamique envoyèrent d’ailleurs des
délégations à Médine pour tenter d’obtenir une
« exemption d’impôts » sans pour autant se
désolidariser de leur islam et c’est,en serons-nous à présent
étonné, Umar qui les reçut.
7
Plus exactement, ces mots sont fort probablement
dus au narrateur clef, Az-Zuhrî. Cf. note 3.
8
Les historiens nous fournissent pour la même
période une autre preuve de l’opinion de Umar. Nous ne pouvons
qu’évoquer le sujet, le récit est bien connu. Lors d’une
de ces campagnes ordonnées par Abû Bakr, Khâlid ibn Walîd tua
Mâlik ibn Nuwayra puis épousa sa femme, connue pour sa grande
beauté, et s’empara de ses biens sous prétexte que ce Mâlik
aurait été un apostat. Or, Abû Qatâda, qui avait été chargé
de le capturer, témoignait que ce dernier était bien musulman. Il
accusa Khâlid d’avoir traîtreusement assassiné Mâlik, les
mobiles étant on ne peut plus clairs. Umar, informé par Abû
Qatâda, invectiva à cette occasion sèchement Abû Bakr en lui
rappelant encore une fois que le Prophète par cette parole avait
interdit de tuer tout musulman. Il ne pardonnera jamais à Khâlid
ce genre d’exaction et, lorsqu’il deviendra Calife, il le
limogera.
9
Nous le savons, le Prophète, conformément aux
injonctions coraniques dont nous avons rappelé les principaux
versets en introduction, n’a jamais combattu directement pour
convertir. Mais il le fit toujours en réponse à des agressions
directes, des complots, des ruptures de pacte, ou dans le cadre de
stratégies tribales d’opposition. C’est donc en ces
circonstances qu’il a pu prononcer une telle parole. C’est-à-dire
que Dieu a pu, dans certains cas, lui donner l’ordre de combattre
jusqu’à ce que ses ennemis acceptent l’Islam. Nous disons dans
certains cas, car nous savons historiquement que bien des combats,
des razzias, ou des expéditions menées par le Prophète, ne se
sont pas nécessairement traduites par des conversions tribales mais
par des pactes d’allégeance ou de non-agression. Ainsi ces
paroles doivent-elles avoir un sens plus que circonstancié, limité,
et non point un sens général ad vitam
æternam, puisque en ce dernier cas le
Prophète aurait désobéi aux ordres de Dieu, ce qui ne se peut.
10 Nous avons traduit :
« je respecterais sa vie et ses biens »
ce qui en arabe se dit : sa
vie et ses biens seront garantis de moi, « minnî ».
Ce « minnî »
signifiant « de
moi »
indique clairement que le Prophète parle en son nom et au présent.
A supposer que son propos eut été à comprendre comme applicable
par tous les musulmans, il aurait été plus correct d’utiliser la
forme « minnâ »,
ou « minkum »,
ou « min al
muslimîn »,
voire « min
al umma ».
Or, la plupart des versions portent précisément « minnî »
alors même qu’elles orientent par d’autres modifications le
sens spécifique vers un sens général. Il existe cependant des
versions, notamment une chez Al Bukhârî, où il y a bien eu
substitution par : « فقد
حرمت علينا »
« et nous
deviennent sacrés leur vie, etc. »
exprimant ainsi la généralisation voulue officiellement.
11 Notons la triste
ironie de l’Histoire ; ou comment une parole prophétique
destinée à protéger la vie devint une des principales
légitimations de l’avidité des pouvoirs et des guerres
fratricides. Sur les liens entre le politique et le religieux nous
pourrions rappeler que l’Imâm Mâlik affirme que c’est à
partir de cette décision de Abû Bakr que l’on se base pour
déclarer licite le combat ou le Jihâd contre ceux qui refusent un
fard. L’on ne se fonde donc ni sur le Coran ni sur le Prophète.
La décision de combattre ceux qui veulent faire la différence
entre la Prière et la Zakat n’est pas du Prophète mais de Abû
Bakr. Outre la gravité d’une telle décision et, plus encore, les
innombrables conséquences sur l’histoire du monde islamique, nous
noterons qu’un ijtihâd personnel servit de principe et de Loi.
Chronologiquement nous sommes probablement en présence du premier
cas de ce type en l’histoire de l’islam, suivirent bien
d’autres. Cette décision du premier Calife, se traduisit dans
l’Histoire sur deux plans : Le premier légitima l’action
militaire, les conquêtes, comme principe de propagation de l’Islam.
Le second permit le combat fratricide et sous cet aspect la décision
de Abû Bakr revêt une importance historique et dogmatique
capitale.
Conséquemment,
nous nous serons pas étonné de constater que chaque grand recueil
de hadîths, mais aussi tout manuel d’Ecole juridique, a créé ex
cathedra un chapitre spécial
intitulé : Il m’a été ordonné
de combattre les gens jusqu’à ce qu’ils disent il n’y de dieu
que Dieu. Cette logique combative s’en
trouva donc ainsi officialisée, légalisée, canonisée. Elle fait
partie de notre Droit, elle est matière légale. Ainsi, l’Islam
non seulement peut, mais doit conquérir les corps à la pointe de
l’épée, l’esprit suivra. La religion qui sut conquérir les
cœurs devint une religion de conquérants, l’épée dégainée
pouvait suppléer à la « Parole » révélée. Deux
butins possibles s’offraient alors aux musulmans, un pour
l’Au-delà, l’autre, bien présent matériellement, autant ne
pas refuser le second. Que nous ne disposions qu’un d’un seul et
même terme, fath,
pour désigner les ouvertures spirituelles et les conquêtes
martiales est en soi révélateur…
Il ne s’agit
pas d’une vue de l’esprit ou d’une déformation malveillante
de l’Histoire ; citons à titre d’exemple ce que Ibn S’ad
rapporte au sujet de la fortune que laissa à sa mort Az-Zubayr ibn
al ‘Awwâm, un des dix Compagnons auxquels le Prophète annonça
le Paradis. Selon les sources et les calculs, l’on estime ses
biens immeubles entre 35 et 52 millions de dirhams, sans compter les
dizaines de maisons qu’il possédait dans les grands centres
conquis, Basra, Kûfa, Alexandrie.
12
L’affaire est d’autant plus troublante que
nous avons un précédent prophétique bien différent :
L’Histoire nous enseigne que le Prophète accepta d’exempter la
délégation des Thaqîfites de payer la Zakât afin de « gagner
leurs cœurs » nouvellement convertis face à l’échec de
leur insurrection massive. Abû Dâwud rapporte qu’il argumenta
ainsi face à l’étonnement de certains Compagnons : « Il
n’ y a pas abrogation, mais lorsqu’ils se seront convaincus en
profondeur de l’Islam, ils en viendront par eux même à payer la
Zakât. » Tabari, quant au contexte de
notre hadîth, rapporte aussi le fait suivant : « Des
envoyés de ces tribus vinrent dire à Umar : demande à Abû
Bakr qu’il suspende la collecte de la Zakât une année ou deux.
Quand les tribus seront revenues à de meilleurs sentiments et
auront affermi leur Islam, il lui sera alors possible d’exiger
d’eux la Zakât. » Même si
l’on ne sait trop quel crédit technique accorder à ces
informations, nous pouvons, malgré tout, les considérer comme
témoin d’une certaine façon de voir qui dut prévaloir à une
époque où l’Histoire n’était pas encore canonisée et,
quoiqu’il en soit, elle sont conformes à l’esprit prophétique
vrai.
Commentaires
Les historiens nous fournissent pour la même période une autre preuve de l’opinion de Umar. Nous ne pouvons qu’évoquer le sujet, le récit est bien connu. Lors d’une de ces campagnes ordonnées par Abû Bakr, Khâlid ibn Walîd tua Mâlik ibn Nuwayra puis épousa sa femme, connue pour sa grande beauté, et s’empara de ses biens sous prétexte que ce Mâlik aurait été un apostat. Or, Abû Qatâda, qui avait été chargé de le capturer, témoignait que ce dernier était bien musulman. Il accusa Khâlid d’avoir traîtreusement assassiné Mâlik, les mobiles étant on ne peut plus clairs. Umar, informé par Abû Qatâda, invectiva à cette occasion sèchement Abû Bakr en lui rappelant encore une fois que le Prophète par cette parole avait interdit de tuer tout musulman. Il ne pardonnera jamais à Khâlid ce genre d’exaction et, lorsqu’il deviendra Calife, il le limogera
Les historiens chiites oui, ils ont dit cela, mais la vérité est toute autre , les historiens sunnites comme ibn ishaq , ibn sa’ad et khalifa ibn khayyat, relèvent d’autres faits historiques .. ibn kathir dit dans son livre d’histoire "le début et la fin" :
Khalid a convoqué malek ibn nowayra et lui a reproché d’avoir suivi Sojah- une femme qui prétendait la prophètie- et d’avoir refusé de payer la zakat, et lui a dit : ne sait tu pas qu’elle est obligatoire au même titre que la prière ? malek lui répondit : votre compagnon prétendait cela . khaled répliqua : est t-il notre compagnon ? n’est ce pas ton compagnon aussi ? ensuite khalid dit à son compagnon Dirar, frappe son coup par le sabre ¡ et dirar s’exécuta à l’ordre de khaled.
ذكر ابن كثير في "البداية والنهاية" (6/322) :
" ويقال : بل استدعى خالد مالك بن نويرة ، فأنَّبَه على ما صدر منه من متابعة سجاح ، وعلى منعه الزكاة ، وقال : ألم تعلم أنها قرينة الصلاة ؟ فقال مالك : إن صاحبكم كان يزعم ذلك . فقال : أهو صاحبنا وليس بصاحبك ؟ ! يا ضرار اضرب عنقه ، فضربت عنقه ." انتهى
Passionnant texte ! Passionnante analyse ! On en redemande...
a Siemens dont on ne sait à quelle multi nationale il appartient. C’est la première fois que l’on entend que les chiites ont défendu Omar ! tout le monde sait qu’ils le déteste. En plus, cher "Siemens", Ibn Ishaq n’est pas vraiment un historien sunnite, il est bien connu que c’est un crypto chiite et que l’Imam Malik le chassa de Médine pour imposture. Ceci dit, oui, les sunnites ont toujours eux-aussi cherché à récrire leur histoire, à légitimer les exactions des premiers musulmans et l’imposture des califes Oummeyade ou Abbasside, version tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil et nous sommes les meilleurs. Les choses sont plus compliquées que nous le croyons et il faut être prudent sur les sources et d’ailleurs le Dr Al Ajami dit bien qu’il n’accorde qu’un crédit modéré et pondéré aux sources historiques. wa salam.
Le texte est très intéressant et l’argumentation est très claire. Sur les 3 articles nous avons eu droit à un véritable exposé sur les mauvaises interprétation "bellicistes". Mais à la lecture de se passage :
9 Nous le savons, le Prophète, conformément aux injonctions coraniques dont nous avons rappelé les principaux versets en introduction, n’a jamais combattu directement pour convertir. Mais il le fit toujours en réponse à des agressions directes, des complots, des ruptures de pacte, ou dans le cadre de stratégies tribales d’opposition. C’est donc en ces circonstances qu’il a pu prononcer une telle parole. C’est-à-dire que Dieu a pu, dans certains cas, lui donner l’ordre de combattre jusqu’à ce que ses ennemis acceptent l’Islam. Nous disons dans certains cas, car nous savons historiquement que bien des combats, des razzias, ou des expéditions menées par le Prophète, ne se sont pas nécessairement traduites par des conversions tribales mais par des pactes d’allégeance ou de non-agression. Ainsi ces paroles doivent-elles avoir un sens plus que circonstancié, limité, et non point un sens général ad vitam æternam, puisque en ce dernier cas le Prophète aurait désobéi aux ordres de Dieu, ce qui ne se peut.
Je me demande si on peut en dire autant, sur de la parole Prophétique, lors de la bataille de Uhud. Lors qu’après que le Messager ai pris avec les compagnons l’avis d’aller aller à rencontre de l’ennemi hors de la ville. Il entra chez lui, mit ses habits de guerre et revint vers ses compagnons. A son retour, ces derniers, ayant senti qu’ils l’avaient obligé à prendre une décision autre que ce qu’il aurait aimé, lui dirent : “C’est comme si nous t’avons fait prendre une décision malgré toi, ô Messager.” Il se fâcha parce qu’il n’aimait pas les voir hésitants et les voir changer d’avis pour le ménager. Une fois la décision prise par la majorité, il fallait s’y conformer sans lui faire des concessions parce qu’il était le chef. Il leur répondit : “Un Prophète ne peut enlever l’habit de guerre après l’avoir porté avant qu’Allah ne fasse tomber Sa sentence entre lui et l’ennemi.” Le Messager saw accompagné de mille combattants partit à la rencontre de Qoraïch.
Cette situation est bien en légitime défense, car c’est Qoreich qui est venu combattre. Mais sur cette parole, il n’est pas question de sa particularité « umirtu », mais bien du sens "un prophète", si je ne trompe pas généralisé à tous les Prophètes. Donc cette phrase bien que particulière à cette situation. A-telle une porté général ? et donc un sens général ? et si oui, l’interdiction de capitulé ou une initiative pour la guerre sans cherché un compromis, une paix ?
C’est la première fois que l’on entend que les chiites ont défendu Omar ! tout le monde sait qu’ils le déteste.
Là, ils ne le défendent pas, mais ils approuvent son avis erroné sur le sujet, ce qui ne peut que les servir, Enfin tout le monde sait que s’acquitter de la zakat des biens et de l’argent est une obligation au même titre que la prière, le khalif Abou bakr a voulu ainsi protéger le droit des pauvres, ce qui n’arrangeait pas ces tribus et n’arrange pas aussi de nos jours bcp de monde, surtout les dictatures dans nos pays musulmans et les pseudo-démocraties qui les soutiennent
Ibn Ishaq n’est pas vraiment un historien sunnite
Tout le monde sait que ibn ishaq est un savant sunnite connu par ses biographies sur le prophete, et les savants sunnites s’y réfèrent souvent dans leurs livres
A Raachid et d’autres. Visiblement le Dr Al Ajami se décarcasse pour nous expliquer ce qu’est l’Islam originel à partir d’une analyse raisonnée des sources authentiques. Réponse, on ressort de "histoire" les vieilles histoires qui nous collent à la peau. Ensuite, et je ferais pas le Dr, la parole que cite Raachid peut parfaitement se comprendre non pas comme une généralité sur le comportement face au combat mais comme une réponse particulière dans un cas particulier. Ensuite, que le Dr publie cette note démontre son honnêteté intellectuelle, sa rigueur et sa précision. Ensuite, et c’est important, ce propos du Prophète est encore une fois due à Ibn Ishaq et là je renvoie à ce qu’a dit Pas Glop. De plus, cette parole ne figure dans aucun recueil de hadith. Elle n’a donc aucune valeur. Ensuite, que des ulémas sunnites aient validé les histoires de Ibn Ishaq ne prouve pas qu’il avait raison mais que tous le monde trouvait son compte dans cette vision du Prophète et de l’Islam, et là aussi le Dr Al Ajami est très clair, tout cela était au service des pouvoirs et non pas de l’islam. Ensuite, si vous préférez cette vision des choses c’est votre problème perso, un conseil engagez-vous en Iraq ou ailleurs pour vous prouver votre sincérité, ou bien ne serait-ce, comme le dit le Dr en sa conclusion que l’expression de nos insuffisances. La chemin est encore long.
Bonjour
Vous parlez toujours de la dictature des pouvoirs politiques en place en oubliant de dire que les pouvoirs politiques ne sont que le reflet des sociétés islamiques qui sont d’ailleurs généralement encore plus dictatoriales.
Les sociétés étant dictatoriales, il est normal que les pouvoirs politiques le soient aussi
Le Coran a été révélé dans une époque bien précise, dominée par une organisation socio-économique et politique de type tribal, dont la société avait pour principe la vangeance privée, il est donc normal que l’on trouve des versets coraniques à l’image de ce principe vieux comme le monde et que l’islam n’a pas pu éliminer.
Aujourd’hui, la vengeance privée s’exprime surtout en matière de moeurs et les crimes d’honneur sont un des aspects dont les femmes font les frais le plus souvent en terre d’islam. Dans ces cas les males s’arogent le droit de rendre "la justice" au mépris des lois en vigueur et avec la bénédiction de la société.
La clé du problème se trouve donc non pas dans le Coran ou les hadiths, mais entre les mains des sociétés islamiques. Ce sont elles qui sont violentes et qui constituent un rempart face aux droits de l’homme et à la démocratie et non pas le Coran.
Shems
Une si belle étude, celle d’un artisan de paix !
Il s’agit bien de revoir ce que dit vraiment le Coran et dans ce cas précis sur la guerre. Je viens de recevoir la traduction des 40 ahadîth du Dr. Al-’Ajamî. Ses connaissances historiques permettent une contextualisation probante. Son article de ce jour en donne un exemple.
Reste à redouter que des passions en retardent la compréhension !
Merci Dr. Al-’Ajamî !
Liliane Bénard
Je trouve affligeant qu’en l’an 2010, des musulmans adultes, jouissant de toutes leurs facultés mentales, en soient encore à se demander si Dieu a ordonné au Prophète et aux musulmans de combattre par l’épée tous ceux qui ne se sont pas encore convertis à l’islam, jusqu’à ce qu’il ne reste que des musulmans sur Terre.
En d’autres termes, des gens doivent-ils continuer à se faire exploser dans tous les marchés et les lieux publics, tuant des centaines de personnes innocentes chaque semaine, dans le simple but de faire admettre la supériorité de leur religion sur celle des autres.
Dans un tout autre contexte, un tel comportement relèverait du délire. Alors, pourquoi se permet-on de croire rationnellement à de telles propositions extrémistes, quand il s’agit de religion ?
Le Coran explique, dans de très nombreux versets, que le Prophète ne peut pas et ne doit pas imposer l’islam à qui que ce soit. Toute conversion doit être faite librement, de manière volontaire, sur des bases purement intellectuelles : les gens doivent comparer le message de Dieu, véhiculé par le Prophète, à leurs propres croyances. Le Prophète doit démontrer à ces gens que le nouveau message de la Révélation est supérieur à leurs anciennes croyances.
Ce n’est qu’ainsi qu’une conversion à une religion peut se concevoir. Si elle est imposée par la force, si elle se fait à la pointe de l’épée, y a-t-il une personne sur Terre qui dira qu’elle a la moindre valeur ?
Ces choses auraient dû être expliquées une fois pour toutes il y a 14 siècles. Si on en discute sérieusement, doctement, en 2010, c’est qu’il y a vraiment quelque chose qui ne tourne pas rond dans les sociétés musulmanes.
D’ailleurs, l’usage de la force pour convertir les gens à l’islam est une proposition plutôt risible, dans le monde contemporain. Imagine-t-on l’Arabie Saoudite déclarer la guerre à l’Amérique du Nord et du Sud, à l’Europe, à l’Inde, à la Chine, etc. pour faire prévaloir l’islam ?
Les musulmans devraient plutôt démontrer à tous ces peuples non musulmans la supériorité de l’islam, sur la base des résultats qu’ils ont obtenus, après 14 siècles d’application dans les sociétés qui le pratiquent.
Mais, là, on tombe dans un véritable problème. Peut-on donner l’Arabie Saoudite comme exemple de ce à quoi l’Amérique ou la Chine pourraient aspirer, si leurs populations se convertissaient en masse à l’islam ?
Si on enlève à certains pays arabes le pétrole, (dont les gisements ont été découverts, développés, exploités par des Américains d’abord, puis par des Européens, alors que les nationaux de ces pays restaient en simples spectateurs, se contentant d’empocher les royalties que ces étrangers leur versaient), si on enlève le pétrole aux Arabes, que reste-t-il donc dont ils puissent s’enorgueillir, comme réalisations, après 14 siècles de pratique de l’islam ?
C’est à ces choses qu’on devrait penser. C’est cela qui devrait être le sujet de préoccupation de tous les musulmans aujourd’hui.
Non pas : « est-ce que les musulmans doivent employer la force pour convertir les non-musulmans de toute la Terre ? », mais :
« Pourquoi les sociétés musulmanes sont-elles à la traîne, dans tous les domaines (politique, économique, social, culturel, scientifique, technologique, et j’en passe), alors qu’elles pratiquent l’islam depuis 14 siècles ? »
Et il ne faut pas rejeter la responsabilité de la situation sur l’Occident, sur le colonialisme, etc. etc. Le peu de progrès qui a été accompli par les sociétés musulmanes au cours du 20è siècle est le résultat (involontaire) de leur occupation par des puissances étrangères qui ont détruit le système médiéval existant, et l’ont remplacé (à leur propre profit) par leurs propres institutions.
Ce n’est qu’après cette occupation étrangère qu’on a cessé de couper la main des voleurs (de ceux qui volent un morceau de pain, ou un objet de peu de valeur, alors que ceux qui volent des fortunes colossales en jouissent impunément, admirés de tous).
Ce n’est que depuis peu qu’on a officiellement aboli l’esclavage, sous contrainte étrangère (et il continue d’être pratiqué sur une grande échelle dans de nombreux pays musulmans, alors que l’islam avait établi il y a 14 siècles des règles destinées à faire disparaître rapidement cette pratique).
Ce n’est que depuis peu qu’on accepte, dans les sociétés musulmanes, de considérer que les femmes sont (presque) les égales des hommes, et qu’on leur accorde certains droits (bien limités, alors que la religion musulmane leur a accordé tous les droits, à très peu d’exceptions près).
Il faut se rendre à l’évidence : l’image des sociétés musulmanes qu’on pourrait montrer aujourd’hui, aux autres peuples de la Terre, pour démontrer la supériorité de l’islam n’est guère convaincante : le taux de pauvreté, d’analphabétisme, de misère dans les pays musulmans continue d’être parmi les plus élevés du monde, alors que les chefs des communautés musulmanes possèdent des palais qui défient ceux des califes de Bagdad, possèdent des Boeing 747 personnels (avec grande piscine) pour leurs déplacements, et se permettent de perdre des millions de dollars par soirée, dans les casinos les plus célèbres d’Europe ou d’Amérique. Où est l’islam dans tout cela ?
Dieu a-t-il créé le pétrole dans certains pays arabes, et l’a-t-il fait découvrir par les Américains, pour que les revenus de cette ressource soient intégralement accaparés par une poignée de Princes, qui en disposent comme si c’était leurs propres biens, et les gaspillent sur une échelle colossale, alors que la population de leur pays continue de vivre dans un contexte médiéval, totalement obscurantiste ?
Telles sont les questions qu’on devrait se poser, en 2010, avant de songer à aller convertir par la force, au fil de l’épée, tous les habitants de la Terre à la religion musulmane.
Il serait temps que les musulmans comprennent qu’ils doivent faire le ménage chez eux, avant de se préoccuper d’aller faire le ménage chez les autres.
Zaïd ibn Sultan a dit :
Je trouve affligeant qu’en l’an 2010, des musulmans adultes, jouissant de toutes leurs facultés mentales, en soient encore à se demander si Dieu a ordonné au Prophète et aux musulmans de combattre par l’épée tous ceux qui ne se sont pas encore convertis à l’islam, jusqu’à ce qu’il ne reste que des musulmans sur Terre.
Je vous rejoins dans cet avis, le reste de votre commentaire est discutable, surtout quand vous parlez de kamikazes qui se font exploser dans les marchés, il ne y’a aucune preuve que c’est un acte religieux, il ne faut pas oublier aussi que les sociétés de sécurité étrangères sont montrés du doigt pour ce genre d’attentat. Voici quelques témoignages qui démentent la thése de la contrainte des gens par la force des armes :
Dans “ Le déclin et la chute de l’Empire Romain ”, Edouard Gibbon - célèbre historien - dit : “ le succès phénoménal de l’Islam est dû au caractère exceptionnel de sa spiritualité et de son programme social et politique. L’expansion de l’Islam est l’une des plus grandes révolutions de l’histoire...”
Puis un autre témoignage d’Ignacio Olagüe (“ Les arabes n’ont jamais envahi l’Espagne ” chez Flammarion) : “ Comment une poignée de nomades, venus du fond de l’Arabie, auraient-ils pu imposer leur langue et la loi de l’Islam aux quinze millions d’habitants vivant sur les 600 000 kilomètres carrés de la Péninsule Ibérique ?”
Lacy O’Leary (Historien) dans "Aux carrefours de l’islam" dit : L’histoire est claire sur ce point : la légende des musulmans fanatiques s’abattant sur le monde imposant l’Islam, à la pointe de l’épée, aux peuples vaincus est l’un des plus absurdes mythes que les historiens ont pu répéter.
Les mêmes témoignages existent pour l’Inde, l’Europe Orientale, l’Asie...La liste serait fort longue...
Ensuite il y a des pays où nul soldat musulman n’a posé le pied : Indonésie (200 millions de musulmans), Malaisie, Afrique etc... où un pourcentage très élevé de ces populations est musulman. Où est la force des armes là-dans ?
De nos jours aussi, l’Islam est la seule religion en très large expansion et les musulmans n’ont pas de force militaire égale à l’Occident. Mais l’Islam progresse dans les cœurs, grâce à la cohérence, à la vérité, à la sagesse de son message.
« Pourquoi les sociétés musulmanes sont-elles à la traîne, dans tous les domaines (politique, économique, social, culturel, scientifique, technologique, et j’en passe), alors qu’elles pratiquent l’islam depuis 14 siècles ? »
Et il ne faut pas rejeter la responsabilité de la situation sur l’Occident, sur le colonialisme, etc. etc.
La faiblesse de la nation musulmane, dans le domaine de la civilisation est engendrée par deux motifs :
Premièrement :
L’éloignement des Musulmans de leur religion : si l’Europe a enregistré de gros progrès, c’est parce que ses habitants se sont débarrassés de leur religion défigurée ce qui ne pourra pas être le cas pour les Musulmans. Notre renaissance dépend de notre retour à l’Islam. La différence entre leur situation et la nôtre réside dans la dissemblance entre les particularités entre nos deux religions.
Deuxièmement :
Le colonialisme occidental a envahi la grande partie des pays musulmans et fut le second élément de leur décadence. Il les a occupés durant plusieurs décennies et lorsque les anciens oppresseurs furent obligés de repartir chez eux, ils créèrent des situations complexes, et des confusions que les générations ne peuvent résoudre. Ainsi, ils assurèrent la continuité de leur supériorité, garantirent un marché pour la commercialisation et donc la consommation de leurs productions industrielles, agricoles et artisanales et préservèrent, indirectement, la permanence de leur domination sur les anciennes colonies.
Concernant la cause du manque de capacité, de force et de talent chez les Musulmans au point d’être à l’extrême fin du train de la civilisation, la réponse est claire. Elle réside dans les différences créées par les ex-occupants et qui divisent les autochtones. Les diverses tendances de ces derniers se font la guerre, chacune accuse les autres d’égarement ou d’hérésie. Toutes ces tendances, dans ces conditions, désobéissent à Dieu tout puissant qui a dicté : ﴾Maintenez-vous tous fermement liés à Dieu et ne vous divisez pas.﴿[Portion du verset 103 d’Al ‘Imrâne] Et a confirmé en d’autres termes : ﴾Cette communauté, la vôtre, est une seule communauté, tandis que Je suis votre Seigneur. Craignez-Moi donc !﴿[Verset 52 d’El-Moûminoûne].
Néanmoins leur dispersion a été provoquée par de nombreuses raisons en tête desquelles les mains invisibles des étrangers afin de ne pas permettre une union solide des croyants. Dans le passé, la diversité des opinions que préconisaient les différentes doctrines, sur des problèmes donnés, n’ont jamais touché ni affaibli cette unité. Les interventions du colonialisme, agressives et silencieuses, qui alimentent, de nos jours encore, les particularités doctrinales, n’avaient alors, pas de prise sur le monde islamique. Les interpositions de ces étrangers restent encore et jusqu’à aujourd’hui, impuissantes et ne sont pas arrivées à scinder puis à annuler les liens de solidarité et de fraternité entre le sunnisme et le zaïdisme[Section chi‘ite tolérante], d’une part et d’autre part, entre les adeptes des quatre grandes écoles de jurisprudence.
Fabien et Zaïd ibn Sultan : vous avez tout dit. Le passé ou l’avenir ?
Réponse brève pour abdallah.
Tout d’abord vous commencez votre petit texte (sans arguments d’ailleurs) par cette formule qui est un verset du coran : assalamou ala man ittabaa alhouda.
Al houda, la guidance vient de Dieu. Dieu guide qui il veut qu’il soit combattu ou laissé en paix. Vous pouvez combattre jusqu’à la mort un individu si Dieu ne lui accorde pas sa guidance c’est MORT !
Ensuite le verset 29 de Tawbah a des circonstances de révélations qui sont bien précises et le verbe qatala a divers sens (sémantique). Dans ce verset vous avez même l’inverse de ce que vous avancez : à la fin du verset il est dit de les combattre jusqu’à ce qu’ils versent la capitation. La capitation est versée quand il n’y a pas de conversion donc votre théorie du jihad offensif tombe dans les abysses de la réflexion moyenageuse de l’islam.
A bon entendeur.
Bonjour
Je crois que répondre que la raison du retard du monde islamique est due à l’éloignement de la religion et au colonialisme est irresponsable. ça eut payé mais ça paye plus
en ce qui concerne l’éloignement de la religion, ce n’est pas sûr car les Etats qui ont réussi à se développer ne sont pas plus religieux, bien au contraire. peut-être même que ce serait une pratique religieuse envahissante qui serait la cause du retard
Quand au colonialisme dont je réprouve certains aspects, je me demande si c’est l’effet ou la cause du retard car après tout si le monde islamique a été colonisé c’est bien parce qqu’il était déjà en retard. Ce n’est donc pas le colonialisme qui l’a retardé peut-être même l’a-t-il empêché de sombrer.
J’ai lu dans l’un de vos articles précédents que si l’équipe de France avait des problèmes c’était dû au fait qu’il n’y avait pas d’arabes en son sein et l’on citait la période bénie de Zidane. Mais qui a dit que Zidane était arabe ? je croyais qu’il était kabyle et je me demande même s’il est musulman puisque ses enfants portent des prénoms chrétiens.
A bon entendeur...
Shems
@ Mhd,
Pour te répondre je reprend juste les deux première phrases de mon intervention :
Le texte est très intéressant et l’argumentation est très claire. Sur les 3 articles nous avons eu droit à un véritable exposé sur les mauvaises interprétation "bellicistes". Mais à la lecture de se passage : (...)
Je me demande si on peut en dire autant, sur de la parole Prophétique,
“Un Prophète ne peut enlever l’habit de guerre après l’avoir porté avant qu’Allah ne fasse tomber Sa sentence entre lui et l’ennemi.”
Voilà, je veux juste précisez que cela veut dire que je trouve très juste et j’approuve (très modestement et) personnellement les arguments et les commentaires du Dr, sinon je n’aurais pas parlé de "mauvaise interprétation", et donc je me pose là question légitime de cette phrase Prophétique. Est-elle interpréter comme les autres paroles de façon bellicistes, guerriers par des intérêts ou non ? Et aussi, le plus important qu’elle sens donné à de tel propos.
Aussi pour ta sujétion
(engagez-vous en Iraq ou ailleurs pour vous prouver votre sincérité)
ou plutôt ton des procès d’intention,je trouve ta remarque vraiment débile !, qui parle de sincérité et d’Irak ?
c’est vraiment nul comme remarque oui tu as raison de précisez :
le chemin est encore long.
Encore plus pour ceux qui ne connaissent pas la route.
Salam,
AbdAllah a dit :
"Le jihad offensif est parfaitement légiféré en Islam, et ceci depuis que les troupes de Khalib ibn el Walid sont entrées en Irak. Le jihad offensif a permis l’extension du territoire islamique de la France à la Chine en moins d’un siècle. C’est une vérité légalo-historique. Les principes du jihad offensif sont partiellement inspirés par le verset suivant, tiré de sourate et tawba, ou Allah dit (trad.) : 29. Combattez ceux qui ne croient ni en Dieu ni au Jour dernier, qui n’interdisent pas ce que Dieu et Son messager ont interdit et qui ne professent pas la religion de la vérité, parmi ceux qui ont reçu le Livre, jusqu’à ce qu’ils versent la capitation par leurs propres mains, après s’être humilies."
Je rejoins abdel33 lorsqu’il dit qu’il y un contexte à ne pas négliger et si vous avez remarqué dans cette sourate (at-tawba : le repentir), il est question de Pacte, de Grand Pèlerinage, de Mosquée Sacrée...alors pourquoi faites-vous un "zoom" sur le verset 29 uniquement ?
Allah Seul sait.
Salam,
Ce hadith parle de combattre les gens jusqu’a ce qu’ils disent la chahada. qu’en est-il des musulmans qui tuent leur frères au sain des mosquées, sous prétexte que ce ne sont pas de vrais croyants.
Pour les musulmans d’aujourd’hui ce qui importe c’est le pouvoir.Ils sont bon à se concurencés dans la construction des toures en oubliant qu’il y a encore des musulmans qui meurent de faim.Ils devraient plutôt penser au hadith qui dit : "Nul d’entre vous ne sera croyant tant qu’il n’aura pas aimé pour son frère ce qu’il aime pour lui même". Se référent à ce hadith, je ne pense pas qu’il y est beaucoup de croyants parmi les musulmans
qu’en est-il des musulmans qui tuent leur frères au sain des mosquées, sous prétexte que ce ne sont pas de vrais croyants
Ce que je trouve choquant dans les propos de certains musulmans, c’est qu’ils avalent tout ce qu’on leur dit dans les médias, il ne y’a aucune preuve que ce sont les musulmans qui mettent les bombes dans les mosqués et les marchés, n’oublions pas qu’avant l’occupation étrangère de l’afganistan et l’irak, il ne y’avait pas ce genre de problèmes, il suffit d’être un peu intelligent pour comprendre cela.
Cher Abdallah,
La question est bien celle que pose le Dr. Al-’Ajamî : comment distinguer le sens d’un texte à partir de sa littéralité et tant d’interprétations contradictoires. Je serai plus pragmatique et je dirai : comment distinguer un texte de ses applications légales. Vous n’ignorez pas qu’il y a des lois injustes qui provoquent l’athéisme.
Dans le cas de ce hadîth, qui ignore que Dieu seul donne aux hommes la foi sans aucun coup ferrir !
La question de la guerre en islam est traitée d’une manière rigoureuse. Dieu permet aux hommes d’y recourir pour se défendre et non pour convertir les "infidèles". Le terme arabe de kafîr a été bien étudié par Muhammad Asad, il le traduit par dénégateur, c’est-à-dire ceux qui refusent la révélation de Dieu, y compris par conséquent les injustes de quelque religion ils se réclament. Il ne s’agit pas de les égorger mais de lutter contre leur injustice. Un être miséricordieux ne saurait réduire le temps d’un autre être humain puisque ce temps lui est utile pour regretter et être pardonné...
Dieu n’est-il pas miséricordieux ?
Cordialement.
Liliane Bénard
Vous pouvez lire les 40 hadîth du Dr. Al-’Ajamî aux éditions Zénith (2010).
"Un être miséricordieux ne saurait réduire le temps d’un autre être humain puisque ce temps lui est utile pour regretter et être pardonné..."
Quelle belle phrase !
"Le terme arabe de kafîr a été bien étudié par Muhammad Asad, il le traduit par dénégateur, c’est-à-dire ceux qui refusent la révélation de Dieu, y compris par conséquent les injustes de quelque religion qu’ils se réclament."
Il nous faut donc combattre aussi les musulmans injustes car la révélation de Dieu n’est pas tant le texte que la volonté de Dieu d’éclairer. “ Aucune âme ne connaîtra la foi sans que Dieu ne l’ait permis…” S10.V100
Ce qui peut être inquiétant dans les raisonnements des musulmans, c’est qu’on trouve toujours un autre sens à des déclarations qui ne sont que trop claires.
Les haddiths disent tout et leur contraire. Soit-disant, ce qui est dit ne l’a pas été vraiment, doit être interprêté, ou alors pas de la façon qu’on pense, etc..
« Il m’a été ordonné de combattre les gens jusqu’à ce qu’ils disent il n’y a de dieu que Dieu. »
Bien sûr, on peut toujours discuter gravement. Quand même : c’est inquiétant...
Tout anonyme mérite une réponse anaonyme. Cet article a précisément pour but de dépasser le relativisme des interprétations au profit d’une connaissance certaine du contexte.
Évitez donc de dire le contraire !
Tout homme qui a la foi est capable de la défendre sans agresser quiconque. Telle est bien la question. Les athées eux-mêmes sont à respecter même si nous les jugeons dans l’erreur. Le problème n’est pas de l’interprétation mais plus profondément du respect mutuel.
Qui dira le contraire ?
Cordialement.
"Mamyli a dit :
Tout anonyme mérite une réponse anonyme. Cet article a précisément pour but de dépasser le relativisme des interprétations au profit d’une connaissance certaine du contexte.
Évitez donc de dire le contraire !"
Lorsque la censure s’exerce comme dans le monde musulman (alors que nous sommes dans une contrée plus libre...) : QUE FAIRE ?
SALAM ALIKOUM
cet homme que certains considère comme un savant est un MENTEUR et un MANIPULATEUR et je pèse mes mots. j’assume mes propos ici bas et dans l’au-delà cet individu manipule les versets abrogé comme bon lui semble il dénature complètement le message de l’islam
pour ceux qui veulent plus de précision je laisse mon mail a.mouhoub@yahoo.fr
J’ignore pourqoi Abd Al Hakim est grossier et j’en appelle au modérateur.
Un anonyme peut être très sincère. Il lui reste cependant à relire attentivement l’article du Dr. Al-’Ajamî. Le point de départ de sa démarche est bien le sens apparent qui l’a lui-même interrogé. Personne n’ignore cependant que les apparences sont trompeuses et particulièrement lorsqu’il s’agit de retrouver le sens d’une expression tronquée et très ancienne. Les notes prises à cette occasion ne visaient qu’à garder le souvenir d’un homme aimé en style sténographique.
Lorsque les paroles de cette personne révérée sont étonnantes et trop faciles à contester à notre époque, le lecteur croyant essaie de comprendre. Il ne s’agit pas de justifier l’injustifiable ni d’exercer sa fantaisie. Il convient de retrouver le sens du texte dans son contexte.
Les psychanalystes contemporains disent volontiers qu’une menace verbale est moins grave qu’une agression qu’elle retarde en fait et que cette menace peut avoir plusieurs sens.
Notre anonyme a raison de rappeler l’expression en question :
« Il m’a été ordonné de combattre les gens jusqu’à ce qu’ils disent il n’y a de dieu que Dieu. »
Pour la comprendre, il faut d’abord la situer à l’intérieur d’un paragraphe complet.Le Messager a dit : "« Il m’a été ordonné de combattre les gens jusqu’à ce qu’ils disent qu’il n’y a de dieu que Dieu. Qui dit cela ? je respecterai sa vie et ses biens, sauf ce que de droit, en dehors de quoi il ne devra de compte qu’à Dieu. » ?
Le Messager a donc cité cette expression pour en critiquer l’application, d’abord pour lui-même. Il répond à la question : que dois-je faire en présence d’un ordre considéré comme divin. Sa réponse se fonde sur les principes essentiels de l’islam, les préceptes qui s’appliquent à tout individu humain : le musulman doit respecter sa vie et ses biens . Un prophète ne saurait contredire ce principe. Il est chargé de plus de faire respecter la loi de l’état qu’il a fondé et de défendre ses droits.
La contextualisation nous apprend que des hommes ne voulaient pas payer l’impôt dû à cet état. Ne devait-il pas combattre les impayés ? Les piliers de l’islam préconisent le payment de la zakât pour tout croyant. Leur foi les aide à faire leur devoir. Les autres devraient aussi contribuer à la bonne marche de l’état dans lequel ils vivaient en toute justice. Cette exigeance ne réduit en rien les principes essentiels. Elle ne permet pas plus les conversions forcées.
Pourquoi cette expression a-t-elle été tronquée ? sans doute parce que des pouvoirs voulaient bénéficier de l’autorité de Dieu, sans droit, et à cause de l’ignorants du sens profond de l’islam.
Pour le connaître, il faut lire le Coran et ce qu’il dit de la guerre réservée à la défense de soi. Elle interdit de plus l’agression y compris contre les mécréants qui n’agressent pas.
La connaissance du contexte religieux en particulier explique et demande la correction de contre-sens. Il s’agit moins de relativiser que de distinguer l’essentiel et l’accessoire. Le Prophète est un modèle y compris dans ce domaine !
Cordialement.
Liliane Bénard
Wa aleïkoum salam,
On s’attendrait, Abd Al Hakim, à ce que de telles accusations soient au minimum étayées de faits montrant en quoi la démonstration du Dr Al Ajamî est une manipulation. Sans quoi on serait plutôt tentés de croire au contraire qu’il touche à une manipulation légendaire, ce qui ne peut manquer de susciter des réactions.
Simon a dit :
Ce que je trouve choquant dans les propos de certains musulmans, c’est qu’ils avalent tout ce qu’on leur dit dans les médias, il ne y’a aucune preuve que ce sont les musulmans qui mettent les bombes dans les mosqués et les marchés, n’oublions pas qu’avant l’occupation étrangère de l’afganistan et l’irak, il ne y’avait pas ce genre de problèmes, il suffit d’être un peu intelligent pour comprendre cela.
Et les paisibles Ahmadis, ou Ismaéliens ? Qui les a vitrifiés dans leurs propres mosquées ? Le Mossad peut être ? De qui émane la littérature virulament anti chiite, anti ismaélienne, anti ahmadi au Pakistan ? Et encore je ne parle que de ce pays, ou le sang à particulièrement coulé ces derniers temps... Figurez vous que la réflexion du présent docteur Al Ajami est un commentaire et un prolongement d’une fatwa contre les "suicide bombings" édictée par le sheikh pakistanais Ul Qadri. Qui vise t-il dans les 600 pages de cette fatwa ? Des tueurs sanguinaires qui se croient autorisés a tuer d’autres musulmans, précisémment.
Soyez un minimum sérieux SIMON et surtout, n’abolissez pas votre esprit critique pour des raisons idéologiques ou pour des raisons d’affiliation religieuse. Alors évitez de finir par cette formule hautaine "Il suffit d’être intelligent pour ça" et commencez par l’être vous même...