Quand une plainte contre le dircab d’Hortefeux pour "incitation à la haine raciale" préfigure un observatoire du racisme

C’est un rebondissement surprise, que l’on aimerait créditer des meilleures intentions du monde, à moins

mercredi 24 novembre 2010

C’est un rebondissement surprise, que l’on aimerait créditer des meilleures intentions du monde, à moins qu’il ne soit que pur calcul politicien, la plainte déposée par le CRAN (Conseil représentatif des associations noires de France) contre Michel Bart, le directeur de cabinet de Brice Hortefeux pour « incitation à la haine raciale », a été retirée pour se commuer en un futur observatoire du racisme.

Un épilogue politico-judiciaire inespéré tant pour le CRAN, que pour l’inculpé, ce dernier faisant amende honorable (mais que pouvait-il faire d’autre ?!) pour sa circulaire du 5 août dernier, aux relents Vichystes, qui visait sans ambiguïté les Roms par la politique de démantèlement des camps illégaux, mettant en émoi la Commission européenne.

Un essai transformé pour Patrick Lozès, président du CRAN, tandis que l’honneur de la République est sauf, ou plutôt il est de bon ton de faire tout comme. L’essentiel réside ailleurs, notamment dans la promesse gouvernementale d’un rapprochement entre l’association et le ministère de l’Intérieur placé sous les meilleurs auspices, puisqu’il préfigure un projet d’envergure : un observatoire du racisme en France en charge de toutes les formes de racisme, de discrimination, de violences...

Tout plutôt que le camouflet d’une deuxième condamnation ! Il ne faut pas être grand clerc pour en déduire que le ministère de l’Intérieur, en la personne de Brice Hortefeux qui a inauguré l’ère du ministre en exercice reconnu coupable « d’incitation à la haine raciale », a préféré la conciliation à une nouvelle incrimination entachant un palmarès peu glorieux.

Mais les promesses n’engagent que ceux qui les reçoivent, c’est bien connu, et ce ne serait pas la première fois qu’une négociation politique dictée par la peur du scandale ne dissimule en réalité un marché de dupes. Une crainte que dissipe très vite Patrick Lozès, en insistant dans une interview au Post sur la vigilance accrue qui s’impose : « C’est donc un contrat moral passé entre le ministère et l’ensemble des Français, sous la vigilance de notre association, qui est seulement un intermédiaire » a-t-il déclaré, dans l’attente d’une première rencontre au sommet programmée la semaine prochaine.

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