Quand le "maccarthysme anti-voile" gagne l’extrême gauche

Le 17 janvier 2004, la Coordination des musulmans de Marseille (COMUM) organisait une manifestation contre le

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lundi 2 février 2004

Le 17 janvier 2004, la Coordination des musulmans de Marseille (COMUM) organisait une manifestation contre le projet de loi interdisant les signes religieux à l’école. Cette coordination regroupe des associations musulmanes de l’agglomération marseillaise et certains de ses animateurs siègent au Conseil régional du culte musulman (CRCM). Les organisateurs de la manifestation marseillaise avait clairement pris leurs distances avec la manifestation parisienne, organisée le même jour, par le Parti des musulmans de France (PMF) de Mohamed Latréche, rejetant toute exploitation communautariste de la mobilisation contre le projet de loi. La manifestation marseillaise se voulait être un "contre-feu républicain" aux positions radicales du PMF. Pour ces raisons, des personnalités de la société civile aixo-marseillaise, connues pour leur engagement dans les combats des droits de l’homme, avaient décidé de s’associer à titre individuel à l’initiative de la COMUM. Parmi elles, l’avocat Benoît Hubert, membre fondateur de l’association "Aix-Solidarité", adhérent de la Ligue des droits de l’homme, et ancien président du Comité pour la libération du franco-tunisien Mehdi Zougah. Benoît Hubert est une personnalité publique respectée, appréciée pour ses nombreux engagements en faveur de la défense des libertés. C’est d’ailleurs à ce titre ("personnalité de la société civile"), qu’il figurait jusqu’à récemment sur la liste LO-LCR pour les élections régionales 2004.

Aperçu dans la manifestation dite "musulmane", l’avocat Benoît Hubert fut immédiatement dénoncé : les instances locales de la LCR décidèrent deux jours plus tard de l’exclure définitivement de la liste LO-LCR pour le motif suivant : participation à "manifestation islamiste".

On appréciera au passage l’extrême tolérance et ouverture de notre extrême gauche marseillaise qui "surfe", elle-aussi, sur la nouvelle "vague maccarthyste anti-musulmane", rejoignant en cela les partisans d’un "national laïcisme" qui, sous couvert de la défense des droits de la femme, viennent renforcer un repli sur une "francité sécuritaire". A ce titre, ceux qui s’illusionnaient sur la prétendue "fibre révolutionnaire" de nos chers camarades de LO et de la LCR seront probablement déçus. La lutte des classes a ses limites que la raison républicaine ignore ! Le nouveau front anti-voile d’Arlette Laguiller à Jean-Marie Le Pen, en passant par la LCR, le PS et l’UMP, est bien une réalité : la lutte contre la prétendue "menace d’islamisation de la France" est devenue la nouvelle cause nationale de nos hommes et de nos femmes politiques en panne d’imaginaire républicain !

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Auteur : Madjid Benmalek

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