Quand la Milit’Academy descend dans la rue !

Allons-nous oublier le rassemblement mémorable du 21 décembre ? « Rassemblement organisé dans le désord

mardi 30 décembre 2003

Allons-nous oublier le rassemblement mémorable du 21 décembre ?

« Rassemblement organisé dans le désordre » avait noté la presse écrite. Eh bien soit ! Ce désordre qui n’en est pas un, a conforté plus d’un manifestant ce jour là, nous les premières, venant du Nord. En effet, il répondait à notre élan spontané, qui était celui de femmes libres, le cœur sur la main, les glandes lacrymales au bord de l’explosion et les nerfs poussés à bout.

Parlons-nous ici de groupes composés d’hystériques qui voulaient investir Paris pour je ne sais quelle raison ? …

Parlons-nous de milliers de foulards déambulant entre République et la Bastille ? De qui s’agit-il réellement ?

Il s’agit de « citoyennes musulmanes, libres émancipées », « citoyennes françaises et fières de l’être  ». Celles qui, à travers ces slogans tantôt chantonnés dans la gaieté et tantôt criés dans la colère, questionnent leur « France bien-aimée, où [sont] [nos] liberté[s]  », et s’inscrivent toutes dans l’effort de consolider les acquis républicains à travers un autre slogan « France bien-aimée, défendons les libertés ». L’émotion était là, mais sans être dissociée de raison : Les « fillettes » ont grandi et les slogans ont mûri.

Il était aussi question, d’hommes et de femmes, qui participaient à l’événement, sans bouger de leurs places. Debout sur les trottoirs, devant leurs boutiques ou du haut de leurs balcons : ils nous renvoyaient, à travers le regard et le visage, l’expression du désarroi de la France.

Ceux-là même, qui ont été propulsés dans cette affaire, sans le vouloir. Des citoyens et citoyennes, agressés, au même titre que nous, par une authentique manipulation médiatique. Des gens de conscience, réduits malgré eux, au même titre que nous, à ne penser qu’à l’affaire du foulard. Il y a là une agression par l’exclusivité passive de la réflexion.

Agression parce qu’il n’est plus aujourd’hui politiquement correct de se démarquer de l’avis institutionnalisé, édicté par la sphère politico-intellectuelle et médiatique. Agression parce que le libre arbitre du citoyen français est conditionné par le traitement manichéen de la question. Le comble de l’agression est d’attenter à l’unité de la République.

Je fais la somme du débat, des visages et des regards. TOUT a été faussé et manipulé : ce n’est plus un débat, c’est un procès ; ce n’est plus une expression de visage ; c’est une sentence ; ce n’est plus un regard, c’est une mise à l’index.

Ce 21 là, nous, les mal aimées de La France, nous, première promotion de la milit’ac (Militante Académie, et non Militaire), nous étions sous les feux des journalistes, des cliquetis des appareils photo. Une couverture médiatique que nous envierait même une autre Académie plus célèbre ( qu’ils n’aient aucune crainte, nous ne sommes pas en concurrence). Des journalistes de la presse écrite et audiovisuelle étaient tellement gentils, tellement souriants, qu’on oublierait presque, les déformations éventuelles et habituelles de nos propos.

Les photographes, à l’affût de la prise de vue qui fera leur gloire, s’agitaient devant et derrière nos têtes, qu’on oublierait presque ces photos impersonnelles qui à défaut de montrer la personne, le visage, ne laissent apercevoir que le tissu d’un foulard.

Enfin, nous avons côtoyés, d’autres journalistes dont les articles contenaient les expressions allusives du genre « disent-elles », « affirment-elles », des formules qui cherchent à suggérer une certaine méfiance quant à la véracité de nos propos et la sincérité de nos attentions. Mais nous n’oublierons pas : les filles ont grandi, et le discours a mûri.

Mesdames et Messieurs les journalistes, vous qui façonnez l’opinion et heureusement pas toute l’opinion, au lieu de voir et d’entendre puis d’écrire vos a priori, vos phobies, ou votre réflexion personnelle, entendez ce que les Milit’Ac ont vu et entendu à Paris (Académie non de l’embrigadement mais de l’Egalité, la Fraternité, et la Liberté) !

Est-ce trop difficile pour votre entendement d’accepter que nous ne sommes ni aliénées, ni manipulées, ni embrigadées, ni désœuvrées, ni dupes, « ni connes », ni soumises ? J’entends déjà votre réponse : « en voilà encore une qui tient un discours bien huilé ». Mesdames et messieurs, les fillettes et les filles ont grandi, elles sont devenues « FEMMES, CITOYENNES FRANCAISES MUSULMANES et FIERES DE L’ETRE »

Mesdames, messieurs les politiciens et les intellectuels de notre France chérie, nous sommes venues, nous avons vu, nous avons vaincu notre timidité, nos peurs et notre hésitation de proclamer haut et fort notre FRANCITE.

Je m’en vais chantonner maintenant : « Allons enfants de la patrie, le jour de gloire est arrivé »

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