Quand Radio France s’aplatit devant Besson après une chronique de Stéphane Guillon

Ne serait-ce pas désopilant, si ce n’était pas affligeant, d’observer avec quelle extrême élasticité

mardi 23 mars 2010

Ne serait-ce pas désopilant, si ce n’était pas affligeant, d’observer avec quelle extrême élasticité et célérité les dirigeants de Radio France, cooptés par le pouvoir, courbent l’échine, façon carpette ?

Ne serait-ce pas hilarant, si ce n’était pas insupportable, de contempler leurs grotesques mines déconfites, après la diffusion d’une chronique politique caustique de l’inénarrable portraitiste Stéphane Guillon sur leurs ondes ?

Ne serait-ce pas à mourir de rire, si ce n’était pas insoutenable, de deviner l’ allergie viscérale à la caricature corrosive qui les ronge au tréfonds de leur être, quand ils sont pris pour sujets d’étude ?

Sans dignité et sans mémoire, ceux-là mêmes qui sont si prompts à faire la leçon aux musulmans en oublient jusqu’à l’étymologie même de la liberté d’expression, dès lors qu’un ministre claque des doigts et tape du pied pour manifester sa colère et exiger des réparations sur-le-champ.

Ainsi, le PDG de Radio France, Jean-Luc Hees, a immédiatement obtempéré aux ordres d’Eric Besson, en présentant les « excuses du groupe public » au ministre de l’Immigration, courroucé par une estocade savoureuse et acerbe à point, portée par le célèbre empêcheur de dormir en rond le matin…

Stéphane Guillon, qui peut se targuer de faire vibrer les matinées d’Inter jusqu’à provoquer des ondes de choc à l’Elysée, n’a pas craint de faire trembler les murs du saint des saints, en dépeignant Eric Besson par touches impressionnistes. Croqué telle une taupe de Jean-Marie Le Pen infiltrée au sein de l’UMP pour instaurer une "France pure et blanche, sans délinquance, sans burqa, et sans rappeur", Guillon a ajouté avec ce talent inimitable : " Tout chez Éric séduit le leader frontiste. Son physique d’abord, à la fois passe-partout et antipathique. Des yeux de fouine, un menton fuyant, un vrai profil à la Iago, idéal pour trahir."

Les lendemains de Stéphane Guillon chanteront-ils à France Inter, lui qui semblait déjà en sursis à l’arrivée de la nouvelle direction, et notamment de Philippe Val, dont le moins que l’on puisse dire est que ce dernier ne le portait pas dans son cœur ? La tonalité de sa prochaine chronique sera certainement sa plus édifiante réponse.

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