Quand France Inter applique la coupure de micro

A l’ère de la « démocratie participative », un doux chant de sirène sacralisant la parole populaire q

samedi 18 avril 2009

A l’ère de la « démocratie participative », un doux chant de sirène sacralisant la parole populaire qui fut repris en chœur par l’ensemble de notre classe politique lors de la dernière présidentielle, la multiplication des tribunes radiophoniques est un bel exemple d’une recette démocratique qui marche : tendre ses micros à des auditeurs à qui l’on fait croire qu’ils disposent d’un espace d’expression privilégié.

En cette matinée du 16 Avril 2009, les ondes de France Inter accueillaient Michelle Alliot Marie, ministre de l’Intérieur, de l’Outre-mer et des Collectivités territoriales, dans le cadre de l’émission « le sept dix ».

Déroulant sans anicroches son futur décret d’interdiction du port de la cagoule dans les manifestations, MAM se préparait à entendre la parole de la « France d’en bas », pour paraphraser un ancien premier ministre en mal d’inspiration, et selon le plus élémentaire principe démocratique à tout entendre…

Tout, sauf la question inopinée et politiquement incorrecte d’une jeune femme de Bordeaux, qui a poussé l’impertinence jusqu’à oser interroger la ministre sur "l’affaire" Bruno Guigue et sur une enquête de police au point mort, concernant l’agression d’un commissaire par le groupe extrémiste juif le BETAR.

Ce qui s’ensuivit révèle la vraie nature du simulacre d’agora publique dont on nous loue constamment les vertus civiques : coupure immédiate du « micro » de la jeune femme par un journaliste en proie à une crise de panique, balbutiant des « heuu…. Mais heuu… » pour conclure par un péremptoire « Je crois que Madame Alliot Marie n’est pas au courant concernant cette affaire, elle ne peut donc pas vous répondre, question suivante ».

Se murant dans un silence éloquent, la courageuse ministre de l’Intérieur ne rebondira pas sur l’incident.

La réactivité obséquieuse de l’animateur a fait le reste pour étouffer dans l’œuf l’intervention subversive d’une citoyenne qui, en ayant eu le tort de croire à l’utopie de la participation citoyenne, a eu le grand mérite de la faire voler en éclats.

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