Samedi 4 February 2012

Pratique et spiritualité (2/2)

Ramadan chaque année nous offre l’occasion de constater, par le vécu intérieur, le lien intrinsèque entre pratique et spiritualité. Jeûner augmente incontestablement notre perception mystique, et ce surcroît nous fait aimer le jeûne. En conséquence, la difficulté de cette pratique obligatoire s’efface du fait même des grâces qu’elle nous procure ; n’en est-il pas ainsi de toutes pratiques obligatoires en Islam. Il est donc étrange de constater que ces deux notions, pratique et spiritualité, soient le plus souvent mises en opposition. Ceci, tant par les tenants d’une sèche orthopraxie de détails, une ritualisation du rituel, que par nombre de ceux qui se réclament de la mystique, une spiritualisation du spirituel.

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Les cinq piliers.

Ramadan chaque année nous offre l’occasion
de constater, par le vécu intérieur, le lien intrinsèque entre pratique et
spiritualité. Jeûner augmente incontestablement notre perception mystique, et
ce surcroît nous fait aimer le jeûne. En conséquence, la difficulté de cette
pratique obligatoire s’efface du fait même des grâces qu’elle nous procure ;
n’en est-il pas ainsi de toutes pratiques obligatoires en Islam.

Il est donc étrange de constater que ces
deux notions, pratique et spiritualité, soient le plus souvent mises en
opposition. Ceci, tant par les tenants d’une sèche orthopraxie de détails, une
ritualisation du rituel, que par nombre de ceux qui se réclament de la mystique,
une spiritualisation du spirituel. 

Cependant, à l’évidence, toute pratique
religieuse est une passerelle vers la spiritualité. Encore faut-il définir ce
qu’est la spiritualité. S’il s’agit d’un discours philosophico-gnostique, on
conçoit qu’un tel système d’abstraction puisse trouver autosatisfaction ; le
narcissisme de l’âme intellectuelle se dispense aisément de la pesanteur
physique des pratiques religieuses…

S’il s’agit de rechercher, ressentir,
percevoir la présence divine en soi comme un pur don, non point une immanence
mais une grâce émanant de l’Absoluité, alors, l’astreinte, l’ascèse, la
persévérance sont voie royale pour qui recherche le Roi. La pratique révèle ici
sa signification et son ampleur spirituelle : « …Mon serviteur ne
s’approchera de Moi par rien qui ne Me soit plus agréable que l’accomplissement
des obligations que Je lui ai prescrites... »
name="_ednref1" title="">[1] 

Le Jeûne, et nous en faisons largement
l’expérience, libère en nous comme une autre dimension. Comme un état
d’hypersensibilité, de réceptivité à ce qui d’ordinaire nous entoure mais que
le flot de la vie occulte. Plus encore, Ramadân nous rappelle-t-il pas que
chacun des cinq piliers est en réalité une pratique visant à accroître notre
spiritualité, c’est-à-dire à cheminer sur la Voie.

Le Coran témoigne ainsi du lien direct
entre les pratiques obligatoires et l’élévation spirituelle. Ces pratiques sont
nombreuses, rituelles, morales, relevant du comportement personnel, de la vie en
société, etc. Nous ne considérerons en la présente réflexion que les cinq
piliers de l’Islam
, étant entendu que l’ensemble de ces règles et pratiques
participe à la solidité, l’équilibre, et la perfection du même édifice.

Ce sujet est aussi vaste qu’essentiel, nous
ne pourrons donc qu’en donner une modeste synthèse. 

- La shahâda.

La shahâda est le plus vaste champ d’action
qui soit, celui de la mise en œuvre du tawhîd. Si elle ne consiste qu’en
parole, il s’agit alors d’une attestation de principe ; si elle est
témoignage vivant, il s’agit d’une attestation de foi, deux acceptations du verbe
« shahida ».

Il n’y a de dieu que Dieu  ; ce simple énoncé
engage l’homme vis-à-vis de Dieu, il réduit l’ego et ouvre à la perception de
l’Unicité. La shahâda est ainsi protection contre le culte de soi ou le
culte de rien…Au concret, le vécu de la shahâda éloigne
proportionnellement des fausses idoles et des passions, expressions de notre
âme. Vivre la shahâda c’est bien évidemment traduire cette
conscience en acte : “ Certes, ceux qui auront dit : « Notre
Seigneur est Dieu. », puis se seront maintenus dans la Droiture… 
[cette
droiture, incluant l’ensemble de nos actes et comportements vécus à la lumière
de l’unicité divine, ailleurs tracée par la voie droite, as-sirâta-l-mustaqîm,
a pour conséquence une élévation spirituelle] les Anges descendent doucement
sur eux… ” S41.V30
.

A l’attestation de foi correspond une
attestation de l’être par rapport à l’Etre, la droiture, la rectitude, indique
un parcours vertical conduisant à la connaissance de ce qu’on l’on attestait.
Le connaissant, uniquement voulu et attesté par Dieu, ayant accompli en toute
équité sa shahâda en l’Unicité sera alors le « témoin » au sens
premier du verbe « shahida » : “Dieu en témoigne,
car il n’y a pas d’autre dieu que Lui. Les Anges et les connaissants
l’accomplissant en toute équité,
[témoignent que] name="_ednref2" title="">[2]
il n’y a d’autre Dieu que Lui, le Tout-Puissant, le Sage. ”S3.V18.

La foi en l’unicité de Dieu, la véridicité
par le témoignage, le vécu et le comportement, ceux qui vivent en Dieu, leur
Seigneur, seront alors rétribués et illuminés : “Ceux qui croient en
Dieu et Son Prophète sont les véridiques. Ils sont les témoins en leur
Seigneur, leur récompense et leur lumière leur reviennent…”S57.V19.

- La Prière.

Si Ramadân est de cycle annuel, la prière à
cinq reprises quotidiennes nous invite inlassablement à Dieu. Au delà de
l’aspect rituel, temps et forme, l’essence même de la prière est mystique, ce
qu’indique peut être le fait qu’elle nous fut prescrite lors de
« l’Ascension spirituelle » du Prophète, SBSL, et qu’une
sagesse connue consacre : « La Prière est l’Ascension, le
mi‘râj
, du croyant. »[3]

C’est la conscience même de Dieu qui
appelle à prier et, en retour, cette démarche exacerbe notre vécu de l’unicité
divine. Unicité, prière, progression spirituelle, sont donc intrinsèquement et intimement
liées : “En vérité, Je suis Dieu. Nul dieu si ce n’est Moi.
Adore-Moi donc, accomplis la Prière pour vivifier Ma présence.”
href="#_edn4" name="_ednref4" title="">[4]
S20.V14.

La Prière, tout comme le Jeûne, par la
discipline qu’elle impose et par la proximité qu’elle offre, réalise la
purification de l’âme : “ Lis et mets en application ce qui t’a été
révélé du Livre. Et accomplis la Prière car, certes, la Prière éloigne de
l’immoralité et des actes blâmables 
 ; la réminiscence de
Dieu est la plus grande chose qu’il soit. Dieu sait ce que vous oeuvrez.”
href="#_edn5" name="_ednref5" title="">[5]
S29.V45.  

Essentiellement, la révélation du Coran et
Ramadân sont conjoints : “C’est au mois de Ramadân que fut révélé le
Coran… ”
[6]
La pratique des tarâwîh unit donc en un même élan la Prière, le
Jeûne et le Coran. La veillée de la « Nuit du Destin » name="_ednref7" title="">[7],
« laylatu-l-qadr », en est l’apogée désirée, nuit de
descente Angélique et de paix.
[8]

De fait, la prière, car tout acte est
potentiellement ostentatoire, ne procure bénéfice que dans l’humilité et
l’intime sincérité : “ Bienheureux les croyants qui prient avec
dévotion et se détournent de toute vanité. ” S23.V1-3.

La pratique sincère de la prière a ainsi une
finalité mystique évidente : “…prosterne-toi, et rapproche toi.”
S96.V19.

- Ramadân.

Le Jeûne, as-sawm,
dérive de la racine « sâma » qui évoque l’immobilité
stoïque
, le cheval à l’attache, le fait de garder silence, et
ainsi se calmer, s’adoucir, puis atteindre son zénith

Si Ramadân est une astreinte, l’objectif en
est la récompense spirituelle voulue par Dieu, le zénith de l’âme. L’étape de
la piété dite révérencielle, at-taqwâ, jalonnera la totalité du
cheminement : “ Ô croyants, il vous a été prescrit le jeûne, tout comme
il l’avait été à vos prédécesseurs.
Puissiez-vous atteindre ainsi
la véritable piété.” S2.V183.
L’ascèse, ici celle de Ramadân, a pour
but par la lutte contre les passions de l’âme d’approcher, découvrir, puis
goûter, la sublime grandeur de Dieu, perception provoquant tout autant l’amour
que le respect révérenciel, sens précis du terme « taqwâ ».

Plus encore, le jeûne possède une vertu et
une puissance spirituelle intrinsèques : “…jeûnez car cela est ce qu’il y
a de meilleur pour vous ; puissiez vous savoir ! ”

“ …Jeûnez…afin que vous puissiez
proclamer la grandeur de Dieu...”S2.V1841-185.

Cet état de « crainte
révérencielle » aboutit, non à une distanciation respectueuse, mais à une
proximité issue d’un double élan et, au sujet des effets du Jeûne de Ramadân et
de ce double mouvement, il est dit : “Lorsque Mes serviteurs
t’interrogent à mon sujet…En vérité, Je suis proche et Je réponds à l’appel de
celui qui Me désire. Qu’ils Me répondent donc vraiment, qu’ils croient en Moi
afin de suivre la bonne direction.” S2.V186. 

- La Zakât.

A l’origine, dans le Coran, ce don, fait à
Dieu pour Dieu, est une pure aumône : “…le bien que vous dispensez
sera à votre total bénéfice à condition que vous le fassiez uniquement en vue
de Dieu…” S2.V272.

Par la suite, il deviendra une obligation
pour qui est « imposable ». Étymologiquement, l’aumône, « sadaqa »,
indique la « sincérité », et « zakât » la « purification ».
L’une comme l’autre, en dehors de leur utilité sociale, sont conçues comme des
actions de dimension spirituelle, une Ecole de comportement et d’éducation de
l’ego : “Ô croyants, n’annulez pas le bénéfice de vos actes de charité en
faisant percevoir au nécessiteux son indigence, tel celui qui dépense ses biens
par pure ostentation…” S2.V264.
L’ostentation est bien plus vénéneuse
pour les croyants que pour quiconque d’autre, Dieu n’accepte pas l’infidélité
et aucune âme salie par elle-même ne S’en approche. 

Une fois encore les piliers
s’entrelacent ; la générosité est de mise en Ramadân et Zakât al Fitr
couronne symboliquement le Jeûne. Ce n’est point le Jeûne que l’on purifie
ainsi, mais le jeûneur.[9]
De même, sans cesse réaffirmé dans le Coran, Prière et Zakât sont liées :
Bienheureux les croyants qui prient avec dévotion, se détournent de toute
vanité
, acquittent la Zakât ” S23.V1-4.

Tout comme le Jeûne lutte par l’abstinence
contre les pulsions, purifie et élève ainsi l’âme, la Zakât s’oppose à
notre attrait et appétence pour ce bas monde matériel. Ce « jihâd »
purifie alors l’âme par l’abandon, le « don de soi », et participe
ainsi à l’éducation spirituelle : “ Prélève sur leurs biens une aumône
afin de les purifier matériellement et spirituellement…” S9.V103.
 

- Le Pèlerinage.

La Kaaba, perle noire de beauté, est le
pôle de tous les croyants : “ En vérité, le premier Temple qui
fut fondé pour les hommes est au val de la Mecque ; bénédiction et lumière
pour l’humanité.” S3.V96.

Cinquième des piliers le Pèlerinage synthétise
en un unique creuset les précédents :

L’Unicité : La
Kaaba l’est en elle-même : qibla unique, lieu unique, point
central ; la Demeure de Dieu, inaccessible en ses voiles de jais, symbolise
la transcendante Unicité de l’Essence divine. Les hommes, aimantés, gravitent
sur son orbite, la frôle, elle disparaît, sublime évanescente, sous le brocart…son
cœur vide…Dieu n’est pas un symbole : “Lorsque nous eûmes indiqué à
Abraham l’emplacement du Temple : « Nulle chose tu ne M’associeras !
…” S22.V26.

La Prière : Tout
musulman prie tourné vers la Kaaba et orienté vers la Face de Dieu. Mais, au
pied de Sa Demeure, il unifie tous les élans vers l’Unique en priant sur le
lieu même où se tint Abraham le Patriarche de tous les croyants : “ Nous
fîmes alors de la Demeure un lieu de retour et de paix…prenez la Station
d’Abraham comme oratoire…” S2.V125.

Le Jeûne : Il est ici
représenté non par l’apparence, ne manger ni boire, mais par l’astreinte véritable,
celle qui combat l’âme insouciante puis rebelle : “…Pour qui
s’engage au Pèlerinage, alors nulle obscénité, ni désordre, ni dispute…”
S2.V197.

La Zakât : Nous
l’avons vu, elle purifie les biens matériels c’est-à-dire la concupiscence de
l’âme. Celui qui en son Pèlerinage s’apprête à l’affronter voyagera léger, sans
dette, il multipliera l’aumône et les dons. Il n’emportera que le strict
minimum, c’est-à-dire l’essentiel : “…Quelques biens que vous
fassiez Dieu en a connaissance. Faites donc provende car le meilleur des
viatiques est la piété.” S2.V197.

L’idée indiquée par la racine « hajja »,
« se diriger vers », est le marche vers Dieu, progression
spirituelle dont le terme est la connaissance : “ En vérité, Safâ
et Marwa font partie des rites de la connaissance de Dieu…”
href="#_edn10" name="_ednref10" title="">[10]
S2.V158. 

Ainsi, le développement spirituel des
piliers de l’Islam et de toute pratique vertueuse est-il clairement indiqué par
le Coran. Aucune raison de réfuter la mystique, aucune mystique à minimiser la
pratique. La piété, l’amour et le respect révérenciel inspiré par la
« présence » de Dieu, at-taqwâ, est le parcours obligé de la Voie
de Dieu. Cette piété, viatique du voyage spirituel, s’acquiert donc
primordialement par la pratique rituelle, chaque pratique étant liée à un
aspect particulier de piété et « la Piété » étant la clef des
ouvertures spirituelles : “ Ô croyants, répondez sincèrement à Dieu
et au Messager lorsque il vous appelle à ce qui vous vivifie. Sachez que Dieu
s’interpose entre l’homme et son cœur et, qu’au final, vers Lui, vous serez
rassemblés.”S8.24. “Ô croyants, si vous craignez Dieu de piété révérencielle,
il vous attribuera un discernement…” S8.V29.
name="_ednref11" title="">[11] 

Il va s’en dire qu’en cette Voie, là plus
qu’ailleurs en Islam, l’intention est prédominante. Seule une intention purifiée
est purifiante et transforme un acte formel, une parole répétée, une pratique
rituelle, en un mouvement réel de spiritualité.

- Attester qu’il n’y
a de dieu que Dieu sans avoir l’ardent désir de l’Unique brûle les lèvres et
dessèche le cœur.

- Prier sans désirer s’abaisser
jusqu’à trouver Dieu en l‘élévation n’est que gesticulation.

- Jeûner sans viser
le détachement pour l’amour de Dieu est inutile privation ou pur exercice
d’endurance.

- Verser l’aumône
pour acquitter son devoir et sa dette n’est que blanchiment de conscience et
noircissement de l’âme.

- Voyager vers la
Demeure Sacrée sans avoir comme unique objectif la face de Dieu n’est que
tourisme religieux.

Inversement :

- Chercher l’Un sans en
témoigner par la pratique dans l’Unicité de l’adoration n’est qu’illusion.

- Rechercher l’élévation
spirituelle sans la Prière n’est qu’ascension horizontale.

- Aspirer à la
proximité sans jeûner est charrier à contre-courant sa propre âme avariée. 

- Espérer de la générosité
de Dieu sans s’être dépouillé n’est que corruption.

- Désirer l’union
sans avoir longuement marché vers le lieu des noces, est espérance infatuée.

Au final, les cinq pratiques principales de
l’Islam, c’est-à-dire du musulman, sont telles les cinq doigts de la main,
celle saisissant l’anse solide, l’indéfectible lien name="_ednref12" title="">[12] :
“…Qui espère rencontrer son Seigneur, alors œuvre vertueusement et n’associe
rien à l’adoration de son Seigneur.” S18.V110.

Si Dieu a mis tant de soin à nous imposer
un minimum obligatoire de pratique c’est qu’Il a voulu que tous les croyants puissent
accéder à une spiritualité. Intrinsèquement, il n’y a pas d’amande sans coque
ni de pulpe sans fruit. Toute pratique sans spiritualité n’est que coquille
vide, toute spiritualité sans pratique n’est que prétention, amande amère :

“Ô croyants, craignez Dieu de piété
révérencielle et recherchez ce qui à Lui rejoint, luttez en Sa Voie…Connaîtrez-vous
la félicité ! ” S5.V35. 

Qu’il me soit donné l’occasion de souhaiter,
à toutes et à tous, un Ramadân de lumière.

Dr Al Ajamî.

Ramadân. 2010.


name="_edn1" title="">[1] Hadîth
qudsî rapporté par Al Bukhârî et Ibn Hibbân.

name="_edn2" title="">[2] Il
a toujours été convenu des nombreuses difficultés structurelles et théologiques
de ce verset. Notre traduction, que nous ne pourrons ici justifier en
intégralité, est cependant, comme d’usage, littérale. Les termes [témoignent
que], grammaticalement justifiables, sont nécessairement sous-entendus dans le
texte, étant compris que la Réalité évoquée en ce verset relève de
« l’Imperceptible ».

name="_edn3" title="">[3] Cette
belle parole est régulièrement citée comme un hadîth du Prophète, ce n’en est
pas un.

name="_edn4" title="">[4] « Pour
vivifier Ma présence
 » mis pour « li dhikrî ». Dhikr
signifie communément « pour mon souvenir, ma mention ».
Mais, le terme « dhikr » connote aussi les notions d’évocation,
de répétition, de force, d’insistance, de réminiscence,
de fécondation. En fonction de quoi, en ce verset, dans le contexte
de la prière et au vu de ses mécanismes, il nous semble légitime de traduire le
sens de « wa aqimi-s-salâti li dhikrî » par : « accomplis
la prière pour vivifier Ma présence
 ». 

name="_edn5" title="">[5] Le verbe « talâ »
signifie tout à la fois, réciter, lire, et suivre,
d’où notre « lis et mets en pratique  » conformément
à l’éthique pratique du Coran. En ce verset, « dhikru-llâh »,
le « dhikr de Dieu », sa réminiscence, n’est pas une troisième action
ajoutée à la suite de la prière mais une expression synonyme de « lire le
Livre et prier » ; actions qualifiées de « réminiscence de
Dieu
 », « dhikru-llâh », et de « plus
grande chose qui soit
 ». 

name="_edn6" title="">[6]S2.V185 lang=AR-SA dir=RTL>.

name="_edn7" title="">[7] « Nuit
du Destin » ; d’aucuns aiment à prétendre qu’il nous faudrait
traduire l’expression « laylatu-l-qadr » par « nuit du
décret
 » ou « nuit de la prédestination », ce n’est
pas inexact. Mais, en français, le sens premier du terme « Destin »,
avec une majuscule, indique précisément ce qui détermine le cours des
évènements…

name="_edn9" title="">[9] De
nombreux hadîths insistent sur le fait que Zakât al Fitr purifie le jeûne…ils
sont tous inauthentiques.

name="_edn10" title="">[10]  La
locution « font partie des rites de la connaissance de
Dieu
 » traduit bien l’expression synthétique « min
sha‘â’iri-l-llâh
 ». La racine verbale « sha‘ara »
signifie : savoir, saisir, avoir connaissance, puis
par extension les signes même de cette connaissance, la poésie, les
marques distinctives
, les emblèmes, les rites, ici ceux du
Pèlerinage, la mort

name="_edn11" title="">[11] Le
contexte de ces versets est double, d’une part un jihâd armé et, d’autre part,
un appel à la foi intériorisée, à la spiritualité profonde, l’autre jihâd. Le
terme « furqân », ici sans l’article, peut alors se comprendre
tout à la fois comme signifiant victoire, issue favorable, ou, discernement,
distinction, en une perspective mystique. Nous aurions donc pu traduire
pour conjoindre ces deux champs par « …Dieu vous accordera une victoire
spirituelle.
 » Ailleurs, S48, cette double possibilité se
retrouve en un contexte similaire pour le terme « fath »,
conquête de territoire, mais aussi ouverture spirituelle

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Commentaires

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"la concupiscence de l’âme"

je vous rejoins Docteur à ceci près dans un autre post consacré à la Zakat,alors que je fus inspirée de cette idée même par la Grâce de Dieu .

Décidément toutes les voies convergent vers l’Unique.

Soubhan Allah !

Qu’est-il besoin de savoir si ce n’est que vous êtes celui que Dieu éclaire de sa Lumière. Inch Allah

" 35 : Dieu est la Lumière des cieux et de la terre. Sa lumière est semblable à une niche où se trouve une lampe. La lampe est dans un (récipient de) cristal et celui-ci ressemble à un astre de grand éclat ; son combustible vient d’un arbre béni : un olivier ni oriental ni occidental dont l’huile semble éclairer sans même que le feu la touche. Lumière sur lumière. Dieu guide vers Sa lumière qui Il veut. Dieu propose aux hommes des paraboles et Dieu est Omniscient."

Sourate an-Nur la Lumière

Merci et Bon Ramadan à vous.

X
0 points

Ce post s’écrit curieusement de gauche à droite
 ???
ça passera
 !!!
Bravo au Dr.Al-’Ajamî pour son deuxième article sur pratique et spiritualité. Son coup de griffe contre les soufies pour le premier était peu sympa. La démonstration du deuxième à propos des piliers de l’islam si convaincante.

Je lis pour ma part, Eric Geoffroy, un soufi avec plaisir et aussi le Dr.Al-’Ajamî...
Le pluralisme ne serait-il plus reconnu en islam ?

X
0 points

Salam,

Très bon discours.

Mais je ne peux m’empêcher d’apporter une petite nuance à cet article rigoureux dans la démonstration et pertinent dans l’usage des mots.

Verser l’aumône pour s’acquitter de son devoir et sa dette n’est que blanchiment de conscience et
noircissement de l’âme".

Je trouve cette formule un peu exagérée.

On ne peut pas dire qu’il s’agit de noircissement de l’âme sous pretexte que nous sommes loin du degré l’abnégation, du désintéressement, de bienfaisance, de l’excellence, bref de l’Ihsân.

Allah est satisfait de ceux qui font l’aumône, fût-ce par simple acquittement de devoir. Car quoi qu’il en soit, ils obéissent tout de même à Allah. Même si effectivement le degré d’abnégation, d’obéissance par amour, est largement préférable auprès d’Allah.

De ce fait, ceux qui font l’aumône font des bonnes oeuvres, qui font disparaitre les points noirs du coeur, et donc le blanchissent.

Allahu l’Âlim

Allâhumma j’alnâ mimmane yastami’ûna lqawla fayattabi’ûna ahsanah

Salam

Mouhib

X
0 points

Encore une mine de réflexions du bon docteur, merci à Al-’Ajamî ! Au fil de la lecture, quelques remarques :

  •  Votre distinction de la spiritualité, entre discours philosophico-gnostique, et recherche, ressenti, perception de la présence divine en soi comme un pur don, cette distinction est sans doute pertinente pour votre démonstration, mais elle ne peut pas être prise comme définition. En effet, à mon sens je m’empresse de le préciser, dans sa seconde acception (car la première n’est que discours) il lui manque la prise en compte du support qui peut susciter le ressenti.

    Il est un hadith qui raconte que le Prophète était entré en admiration d’une carcasse de dromadaire dont l’horreur de la putréfaction faisait fuir tous les autres compagnons. Il leur fit remarquer alors la beauté éclatante de la dentition de l’animal.

    Il en est parfois ainsi de la beauté du monde, selon le mot de Descartes : "ce jardin que le soleil nous éclaire". On peut être saisi de la beauté, perçue parfois sur un infime détail : ce peut être "le petit pan de mur jaune" sur un tableau de Vermeer. Parfois, le ressenti peut-il n’avoir aucun support ? Ce pourrait être le cas dans la profonde méditation, mais on peut encore en discuter, savoir si l’on peut s’abstraire de tout support, le physique le cédant au mental, puis celui-ci disparaissant. Pour illustrer ce propos, et pour compléter votre phrase sur la Kaaba, on peut remarquer les éléments numériques qui s’attachent à ce monument. Ibn ’Arabi, dans une de ses poésie, parle de "tripler le carré" :

    « En triplant le carré, tu retrouve le Tout

    Sa triade est un temple »

    En effet, la Kaaba est un cube dont on ne voit du sol que une ou deux faces, mais dont une troisième peut se révéler si on l’observe en élévation. En outre l’expression "tripler le carré" est à rapprocher de l’injonction à "doubler le cube" qui alimentait la méditation antique.

  • X
    0 points

    Vous auriez dû continuer le verset“ Ô croyants, il vous a été prescrit le jeûne, tout comme il l’avait été à vos prédécesseurs. Puissiez-vous atteindre ainsi la véritable piété.” S2.V183.
    pour que vous vous rendiez compte que le jeûne n’est pas une obligation mais une prescription, et ALLAH a prescrit pour les croyants, à dispenser ceux qui ne supporte pas le jeûne, et ceux qui le supporte ont une alternative de nourrir des nécessiteux.
    Le jeûne est un pilier de la foi et non de l’Islam.

    X
    0 points

    Le mail que j’ai envoyé à l’équipe technique n’a pas été reçu...Je ne connais pas l’url des modérateurs. Qui ne voit pas que la mise en page de ce forum est bizarre
     ?
    Un clic permet d’écrire de gauche à droite ou de droite à gauche !

    X
    0 points

    Je ne sais pas Liliane, peut être qu’à force d’"arabiser" votre clavier a muté, pour ma part j’essaie mais ne parviens pas à écrire de droite à gauche....sûrement pas assez d’entraînement !!

    X
    0 points

    Hayat, Vous ne manquez pas d’humour. Je ne parle pas de mon écriture mais de celle de ce forum. Vous voyez bien que votre point d’interrogation est déplacé.
    Les autres forum ne demandent pas une telle gymnastique. Allez donc savoir pourquoi ?

    Pourquoi mon point d’interrogation est-il à l’extrême gauche ?

    C’est bidi qui est responsable ou plutôt sa gestion sur ce forum ?

    X
    0 points

    Ne convient-il pas de s’interroger sur des pratiques dérivées (informatiques y comprises) et leur rapport avec la spiritualité
     ?

    Le Dr. Al-’Ajamî nous pose dans cet article une bonne question sur le lien intrinsèque entre pratique et spiritualité. Sa thèse est bien qu’une bonne pratique augmente incontestablement notre perception spirituelle.