Pourquoi l’Europe doit accepter la Turquie

Au sein de l’UMP, les éléments les plus hostiles à l’entrée de la Turquie dans l’Union l’Européen

dimanche 2 mai 2004

Au sein de l’UMP, les éléments les plus hostiles à l’entrée de la Turquie dans l’Union l’Européenne sont complaisamment médiatisés à l’image de l’islamophobe Alexandre Del Valle qui en a fait son principal fond de commerce. Mourad Ghazli, fondateur du club France fraternité à l’UMP, est quant à lui sur des positions radicalement différentes en défendant sereinement la candidature de la Turquie.

La candidature de la Turquie à l’Union l’Européenne suscite passions et confusions. Examinons brièvement certains points qui sont régulièrement évoqués par ceux qui demeurent hostile à son intégration.

Quels sont les points communs entre la France et la Turquie ?

La Turquie possède de par son héritage historique et culturel, un potentiel touristique, à l’image de la France.

Un grand nombre d’européens ( allemands, anglais, Français, italiens...) afflue en Turquie pour y passer leurs vacances, appréciant l’environnement et les sites antiques. Une proximité avec ce pays s’est de ce fait créée.

La particularité de la Turquie réside également dans la réalisation d’une synthèse entre les valeurs modernes et traditionnelles dans un pays majoritairement musulman.

Rappelons à ce titre, que sur le plan politique, la Turquie a été à l’avant garde du combat pour les droits de la femme, en leur permettant notamment d’obtenir le droit de vote bien avant la France.

Le point fondamentalement rassembleur entre la France et la Turquie est aussi la laïcité. Ce pays a démontré son attachement à la laïcité en séparant la religion de la gestion de la vie de la cité . L’entrée de la Turquie ne ferait que conforter la Turquie au respect de ce principe de laïcité, meilleur garant de la liberté de conscience.

Notons la position déplorable et contraire à nos institutions de Valérie Giscard d’Estaing, qui a souhaité que l’Union Européenne adopte une constitution théiste et chrétienne. Ce dernier semble oublier que la France avait pourtant défendu sa candidature pour élaborer la constitution européenne. Nous étions loin de croire, qu il allait trahir la position majoritaire de la France et son attachement à la fois à la laïcité et au pluralisme religieux.

Les opposants à la candidature de la Turquie reprochent par ailleurs à certains partis politiques turcs leur forte connotation religieuse . En quoi par exemple, l’UDF ainsi que Madame Boutin dont la matrice idéologique appartient aux démocrates chrétiens seraient plus légitimes que les turcs démocrates musulmans ?

Certes, nous ne cautionnons pour autant la mise en avant de la pratique religieuse dans l’engagement politique. Mais dans ce cas précis, il convient d’ être cohérent, sous peine alors de remettre en cause plusieurs partis politiques dans l’Union Européenne.

Il est aussi reproché l’existence de partis d’extrêmes en Turquie. Faudrait-il alors exclure la France, l’Italie, l’Autriche... du seul fait d’avoir un parti d’extrême droite doté de surcroît d’une grande influence

En tant qu’héritiers du Général de Gaulle, nous souhaitons que son engagement ainsi que celui de l’Europe en 1964 relatif à l’intégration de la Turquie soit respecté.

Ne laissons pas agir les opportunistes qui fondent leur promotion médiatico politique sur la haine et le rejet de l’autre. Faisons bloc autour d’une Europe Fraternelle , ouverte et juste en donnant le bon exemple aux autres pays particulièrement attentifs à l’évolution de Union Européenne.

Aidons la Turquie à progresser afin qu’elle honore les fondements de l’Europe en participant à la politique de la main tendue fort de nos principes et de nos traditions.

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