Pour une rentrée 2005 sans marques

Le mouvement pour une Rentrée sans marques appelle les jeunes à se démarquer en refusant de marcher au pas

mardi 23 août 2005

Le mouvement pour une Rentrée sans marques appelle pour la sixième année consécutive les parents, les enseignants et les jeunes à refuser le racket commercial dont les élèves, leurs familles et les profs sont de plus en plus victimes.

Les exemples de la main-mise des entreprises sur l’école sont malheureusement toujours aussi nombreux : tapis de souris publicitaires à l’occasion de la campagne « Sur la toile, méfie-toi des pièges », « Tour de France des collèges » par la société Calysto pour expliquer le bon usage d’Internet, incitations à contracter des emprunts auprès des banques pour acheter du matériel informatique lors de la campagne « portable étudiant à un euro par jour », développement des offres pédagogiques par Disneyland et son département éducation, prise en charge de collégiens de ZEP par des entreprises comme Pinault-Printemps-LaRedoute, soutien de SFR-Cégétel à des élèves notamment des filles d’origine immigrée issues de zones sensibles pour leur permettre d’intégrer les écoles d’ingénieurs en télécommunications, etc. La pénétration de la pub dans l’école permet de changer le contenu de l’enseignement et rend possible le transfert des responsabilités de l’Etat, puissance publique, vers les grandes sociétés capitalistes privées.

Fait nouveau, ces techniques de marketing ont été, cette année, mobilisées aussi dans un but ouvertement politique. L’école publique a été littéralement victime d’une formidable propagande d’Etat à l’occasion de la campagne pour le référendum sur le Traité constitutionnel européen : les bibliothèques scolaires ont été abreuvées de brochures, de cassettes vidéos, etc. On a même distribué dans les cantines 2,2 millions de serviettes logotisées, etc. Les mauvaises langues ne manqueront pas d’établir un lien entre cette logotisation des serviettes et la « lobotomisation » de nos enfants par la pub et la télévision.

La résistance s’organise et depuis un an, notre mouvement s’internationalise : le rapport de force progresse. Notre pétition, lancée l’an dernier, a reçu près d’un millier de signature et a été relayée par l’association ATTAC et son « Manifeste pour l’annulation du code de bonne conduite des interventions des entreprises en milieu scolaire ». Nous sommes toujours plus nombreux à refuser que les enfants servent de supports à des opérations publicitaires et que l’école ouvre un pont d’or aux entreprises. Notre mouvement exige toujours l’abrogation de la circulaire Lang qui permet de faire entrer par la fenêtre la publicité qui demeure officiellement interdite par la porte. Cette circulaire du gouvernement Jospin est conservée pieusement par les gouvernements Raffarin et de Villepin, preuve que, sur ce terrain, nos amis productivistes de gauche comme de droite veulent de concert enrôler nos enfants dans la société de consommation.

Le mouvement pour une Rentrée sans marques appelle les jeunes à se démarquer en refusant de marcher au pas des firmes multinationales. Il faut refuser tout autant la surconsommation que la dictature des logos. Nous devons habituer nos enfants à la simplicité volontaire et à une vie sobre, ce qui passe pédagogiquement par le boycottage de produits de marques. Nous appelons aussi à soutenir toutes les initiatives pour bouter le marché hors de l’école. L’heure est venue de poursuivre collectivement la réflexion sur quelle école nous avons besoin pour décoloniser l’imaginaire de nos enfants et avancer vers une société de décroissance équitable.

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