Vendredi 29 August 2014
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Pour une nouvelle architecture des <i>Maqâsid Ash Shari’a</i>

Pour une nouvelle architecture des Maqâsid Ash Shari’a
fr
http://oumma.com/
Plaidoyer pour une éthique islamique en écologie (2/2)

En sus de cette inspiration spirituelle au respect des éléments naturels, l’imposant corpus juridique islamique contient en son sein des clés permettant d’accentuer cet élan vers une reconnaissance de l’exigence écologique. Les juristes des sources de la Législation (Usûl al fiqh) de l’époque classique – ainsi que nombre de ceux de l’époque contemporaine – ont, à la suite de la formulation produite par le savant As-Shâtibi dans son ouvrage de référence « Al Mouwafaqâte » déterminé cinq principes dont le respect va orienter toute la réglementation religieuse et qui, naturellement, va influer sur les perspectives politiques, économiques et sociales en islam.

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III – Pour une nouvelle architecture des Maqâsid Ash Shari’a

 En sus de cette inspiration spirituelle au respect des éléments
naturels, l’imposant corpus juridique islamique contient en son sein des clés
permettant d’accentuer cet élan vers une reconnaissance de l’exigence
écologique. Les juristes des sources de la Législation (Usûl al fiqh) de
l’époque classique – ainsi que nombre de ceux de l’époque contemporaine – ont,
à la suite de la formulation produite par le savant As-Shâtibi dans son ouvrage
de référence « Al Mouwafaqâte » déterminé cinq principes dont
le respect va orienter toute la réglementation religieuse et qui,
naturellement, va influer sur les perspectives politiques, économiques et
sociales en islam.

Ces principes, ou finalités de la Voie islamique (Ash Shari’a) ont
été déduites des sources scripturaires de l’islam suite à un long travail
d’extraction qui a fini par donner naissance à une discipline fondamentale du
nom des Maqâsid Ash Shari’a class=MsoFootnoteReference> style=';'>[1].
Science de l’islam qui s’est progressivement affirmée au fil des siècles,
d’Al-Juwaynî, (décédé en 478 de l’Hégire), en passant par Abou Ishâq As-Shâtibî
(m. 790 de l’Hégire), jusqu’à plus récemment le savant tunisien Tahar Ibn
Achour ou le Docteur Abdel-Majid Najar class=MsoFootnoteReference> style=';'>[2]
aujourd’hui, elle bénéficie d’une attention particulière du fait de son objet
d’étude. Mais c’est surtout l’imâm andalou de l’école mâlikite Abu Ishâq As-Shatibi,
réalisant la synthèse des nombreux travaux qui l’ont précédé (notamment ceux
d’Abû Hâmid al-Ghazâli), qui va proposer au XIVe siècle (de l’ère
chrétienne) une approche holistique fondée sur les objectifs supérieurs de la
jurisprudence islamique en affirmant que le principe englobant de ces finalités
était de promouvoir le bien et d’écarter le mal.

 Cette discipline qui
étudie ce que l’islam tend à concrétiser sur terre mérite qu’on s’y arrête car
c’est en son sein que la problématique de l’écologie peut prendre toute sa
place. Au début du deuxième volume de son livre « Al Mouwafaqât fî Usûl
As-Shari’a »,
l’imâm As-Shâtibi jette les bases de sa réflexion :
l’objectif général du Législateur, dans les prescriptions de la Loi, est de
pourvoir aux intérêts des êtres humains en leur garantissant ce qui leur est
indispensable (darouri), et en leur procurant le nécessaire (hâji)
et l’accessoire (tahsini). Ainsi, « toute prescription divine ne
saurait viser que l’un de ces trois objectifs, qui ensemble constituent
l’intérêt des êtres humains »
. class=MsoFootnoteReference> style=';'>[3]

C’est donc à l’intérieur des
intérêts d’ordre indispensable – compris comme les besoins fondamentaux de
l’être humain dont la perte entraînerait un grave dérèglement de la vie sur
terre – que l’on peut greffer la question écologique. L’indispensable se résume
alors à la préservation de cinq éléments qui correspondent à ce que l’on nomme
les “finalités de la Voie islamique“ (Maqâsid Ash Shari’a). Comme le
cite As Shâtibî : « la communauté est unanime, voire même, l’ensemble
des religions, sur le fait que la voie suivie (As-Shari’a) fut établie pour la
préservation des cinq globalités : la religion (ad dîn), la personne (al
nafs), la raison (al’aql), la filiation (al nasl), les biens (al amoual) class=MsoFootnoteReference> class=MsoFootnoteReference>[4] »
.
Elles sont abondamment citées dans de nombreux ouvrages et sont parfois nommées
« Al-Kouliyyât al-Khams » (les cinq globalités).

 Ainsi, « il
est possible de dire que toutes les obligations et toutes les interdictions
religieuses découlent du respect strict de ces principes fondamentaux » href="#_ftn5" name="_ftnref5" title=""> class=MsoFootnoteReference>[5]
.
La problématique qui se pose à la pensée islamique aujourd’hui peut donc être
formulée en ces termes : est-ce que la question de l’environnement et la
dimension de l’écologie sont effectivement prises en compte dans ces Maqâsid
As Shari’a
 ? De quelle portée bénéficie, concrètement, ce sujet dans
la tradition et la pensée musulmane contemporaines ? Dans un monde où les
différentes formes de nuisances créées par l’homme (déforestation, pollution,
émissions de gaz à effet de serre, etc…) exposent l’humanité à un réchauffement
climatique qui mettra gravement – et sûrement – en péril l’équilibre naturel
dont l’espèce humaine dépend, n’est-il pas temps de reconsidérer l’architecture
des Maqâsid As Shari’a en y intégrant au premier plan l’impératif
écologique ?

 Ce danger existentiel
impose de reconsidérer la géographie traditionnelle des Maqâsid pour
placer la question environnementale au cœur de la discipline. C’est dans le
cadre de cette perspective générale que différents penseurs tentent de mettre
en lumière que la préservation de l’environnement (hifdh al bi’a)
devrait, eu égard à l’urgence de la situation et considérant un environnement
sain comme un préalable à la préservation de la vie sur terre, constituer un
sixième principe (Maqsad min maqâsid as shari’a) name="_ftnref6" title=""> class=MsoFootnoteReference>[6].
L’idée est, non pas d’intégrer l’exigence écologique au sein d’un principe plus
large, mais bien plutôt de l’ériger en un principe autonome en tant que tel qui
guiderait à son tour l’activité humaine.

 Cette démarche que nous soutenons
a été esquissée par le Docteur Abdel-Majid Najar dans son ouvrage « Maqâsid
As Shari’a bi ab’âd jadîda
 » (“Les finalités de la Voie islamique
avec de nouvelles perspectives“) class=MsoFootnoteReference> style=';'>[7]
qui érige ainsi la question écologique en une finalité distincte (qu’il nomme
en arabe « Maqsad moustaqil »). Dr Najar avait déjà posé les
jalons d’une telle démarche dans un ouvrage qui lui a permis d’obtenir une
récompense auprès de la Bibliothèque Waqfiya Internationale du Sheikh ‘Ali
b. ‘Abd ’Allah ‘Al Thani
au Qatar en 1999. Au demeurant, il semble clair
que le nombre et la nature de ces finalités et objectifs doivent être
reconsidérés et repensés en tenant compte du contexte. Loin d’être une mode
superficielle, ce courant apparaît désormais comme la manifestation d’un
profond et nécessaire renouvellement de la pensée islamique en même temps que
le signe d’une mutation salutaire des consciences musulmanes.

 Cette évolution de
l’architecture communément admise des Mâqasid As Shari’a serait donc la
bienvenue car elle intégrerait au sein du corpus juridique islamique un élément
fondamental nouveau qui est, à l’heure actuelle, relativement négligé par la
pensée musulmane class=MsoFootnoteReference> style=';'>[8].
D’autre part, force est aussi de reconnaître que les actions en faveur du
développement durable ne préoccupent malheureusement que peu de musulmans.
Enfin, ce nouveau chantier serait doublement avantageux car il donnerait
également des incitations claires aux gouvernements des pays musulmans dont bon
nombre se targuent d’appliquer les recommandations tirées de la Shari’a href="#_ftn9" name="_ftnref9" title=""> class=MsoFootnoteReference>[9].

 C’est donc à une
véritable révolution des mentalités, des pratiques, des habitudes et des modes
de pensée et de consommation au sein de l’univers de référence islamique que
nous appelons ici de nos vœux car il faut agir vite. A l’heure où les premiers
réfugiés climatiques se comptent déjà par dizaines de milliers name="_ftnref10" title=""> class=MsoFootnoteReference>[10]
et que la dimension mondiale du changement climatique impose une réponse
collective, cette nouvelle disposition entrerait ainsi en harmonie avec les
efforts déployés dans le monde entier pour résorber cette crise écologique qui
menace les grands équilibres planétaires.

 IV – Des
convergences plurielles et salutaires

 Pour la première fois
de son histoire, l’humanité se trouve confrontée à un péril qui menace, si rien
n’est fait, sa survie. Si le monde agit maintenait, il est possible – tout
juste possible – de limiter la hausse de la température mondiale du 21e
siècle à 2°C par rapport aux niveaux préindustriels, seuil au-delà duquel les
conséquences du réchauffement deviendraient irréversibles et incontrôlables.
Pour ce faire, l’humanité aura besoin d’un haut niveau de leadership et d’une
coopération internationale sans précédent. Or, comme nous l’avons rappelé,
l’inertie des dirigeants politiques est alarmante et une conscience planétaire
se doit de prendre le relais de cette lâcheté. En ce sens, le dérèglement du
climat n’est pas seulement porteur de menaces ; il constitue également une
opportunité. C’est avant tout pour le monde une occasion de se rassembler pour
forger une réponse collective à une crise qui menace d’arrêter le progrès.

 Cette nouvelle
équation nous impose de transformer notre vision du monde. La perception d’un
destin commun devient un levier pour agir. C’est en effet aujourd’hui que se
décide ce que sera le monde en 2050 et que se prépare ce qu’il sera en 2100.
L’islam se doit donc d’apporter sa pierre à l’édifice pour sauvegarder, aux
côtés des autres membres de la famille humaine, ce toit qui nous est commun. Le
changement climatique nous offre un rappel éloquent de ce que nous partageons
tous, notre planète, la Terre. Toutes les nations et tous les peuples partagent
la même atmosphère.

 Cette alliance des
civilisations met en relief un élan prometteur. Des synergies se croisent et un
formidable mouvement exégétique traverse toutes les traditions religieuses de
la planète pour mettre en avant la protection de l’environnement. Ces
dynamiques, résolument écologiques, tirent une grande part de leurs
inspirations de la vie spirituelle. Ainsi, commence à poindre une volonté commune
d’initier un processus “ecoreligieux“ global et particulièrement intéressant.

 Depuis 1989, le Fonds mondial
pour la nature WWF class=MsoFootnoteReference> style=';'>[11],
une des plus grandes organisations écologistes au monde, a pris l’initiative de
rassembler régulièrement des représentants des grandes traditions pour
accompagner et développer toute cette nouvelle conception religieuse
respectueuse de l’environnement class=MsoFootnoteReference> style=';'>[12].
Il le fallait bien car la crise écologique - dont le changement climati style='color:#222222'>que n’est qu’un volet - pose à notre génération un défi
d’une ampleur historique qui exige de l’humanité un réveil planétaire. Les
religions ont donc, dans ce challenge, un rôle positif à mener au même titre
que les autorités politiques, les secteurs économiques ou la communauté
scientifique.

 Conclusion : Une
écologie islamique ?

 Le changement
climatique est scientifiquement indéniable. L’avenir de nos enfants exige que
nous agissions dès maintenant. Nous sommes témoins du plus grand défi auquel
l’humanité n’a jamais eu à faire face. Nous devons, nous pouvons, gagner la
bataille contre le réchauffement climatique qui menace la famille humaine dans
son ensemble. Comme le soulignait Benjamin Franklin, un des pères fondateurs de
la nation américaine, « nous devons rester solidaires les uns des
autres ou nous mourrons solitaires »
. Le dérèglement du climat qui
nous attend a ceci de particulier qu’il nous force à réfléchir à ce que cela
signifie de faire partie d’une communauté humaine écologiquement
interdépendante. Une tonne de gaz à effets de serre en provenance de Chine est
aussi néfaste qu’une tonne en provenance d’Europe. Nous n’avons qu’une seule
atmosphère et toutes les nations du monde, tous les peuples, toutes les
traditions et toutes les religions se doivent de mener ensemble cette bataille.

 Dans cette affaire,
il n’existera pas de seconde chance. Malheureusement, la participation des
savants et intellectuels musulmans dans ces débats est presque marginale. Or,
la contribution islamique devrait être à la pointe de ce combat et une
véritable “écologie islamique“ – expression sans doute inopportune mais qui a
le mérite d’interpeller clairement les consciences musulmanes – devra naître au
sein de l’univers de référence de l’islam. Nous espérons que l’esquisse que
nous avons dressée en ce qui concerne les Maqâsid As Shari’a suscitera
une réelle prise de conscience au sein de la pensée islamique et que,
par-dessus tout, les musulmans agiront davantage pour relever ce défi qui
révèle à chacun la part d’humanité qu’il voit en son prochain.



name="_ftn1" title="">[1]
Pour une présentation rapide de cette discipline, cf. Les finalités et les
objectifs supérieurs de l’islam (Partie I et II)
, Ahmed Elouazzani, href="http://www.oumma.com/">www.oumma.com ainsi que “La réforme
radicale“, op. cit. p. 83 sq
.

name="_ftn2" title="">[2]
Diplômé de l’Université islamique de la Zitouna en Tunisie, Dr Najar est
à la pointe de cette nouvelle tendance au sein de l’école des Maqâsid
qui appelle à une prise en considération accrue des problématiques
environnementales. Enseignant à l’Institut Européen des Sciences Humaines
(IESH) de Château-Chinon et de son annexe à Saint-Denis, il est l’auteur de
dizaines d’ouvrages traitant différentes sciences islamiques.

name="_ftn3" title="">[3] Cf. « ‘Ilm Usul al Fiqh », AbdElwahab Khallaf,
Dar Al Qalam, 1995. Traduit et disponible en français sous le titre “Les
Fondements du droit musulman”
, Editions Al Qalam, Paris, 1997.

name="_ftn4" title="">[4]
Abou Ishâq As-Shâtibî, “Al-Mouwafaqât fî Usûl As-Shari’a”, Beyrouth, Dâr
al Ma’rifa, 1996 (en arabe), Vol. II Kitâb al-Maqâsid.

name="_ftn5" title="">[5]
“Islam, le face-à-face des civilisations“
, Tariq Ramadan Tawhid,
1995.

name="_ftn6" title="">[6]
Certains savants ont dénombré six principes supérieurs, ajoutant à la grille
traditionnelle un sixième principe qui s’attache à préserver la dignité humaine
(hidh al ‘ird). Ainsi, en fonction de l’approche, la proposition que
nous soutenons peut soit figurer comme sixième principe soit comme septième.

title="">[7] Dr. Abdel-Majid Najar, « Maqâsid As Shari’a 
bi ab’âd jadîda
 » (“Les finalités de la voie islamique avec de nouvelles
perspectives“), Dar Al-Gharb al-Islâmî, 2006

name="_ftn8" title="">[8]
Certains travaux ont déjà été publiés en arabe sur la dimension
fondamentalement écologiste du Coran et de la tradition prophétique (Sunna).
Seulement, les productions en langue française sont rares ou anciennes. On peut
citer, à ce propos, les contributions intéressantes issues de l’Organisation
islamique pour l’Education, les Sciences et la Culture (ISESCO) datant de
1999 : « Etudes sur l’environnement, analyse de certains problèmes
d’un point de vue islamique »
ou « Les questions de
l’environnement à travers le Coran et la Sunna »
, disponible à
l’adresse suivante : href="http://www.al-amanah.fr/de-l-environnement-en-islam.html">http://www.al-amanah.fr/de-l-environnement-en-islam.html.

name="_ftn9" title="">[9]
Certains pays du Golfe semblent, malgré le gigantisme de certains de leurs
projets énergivores, prendre au sérieux les considérations écologiques. Ainsi
d’Abu Dhabi qui lance le projet d’une ville écologique. Cf. Abu Dhabi lance
un projet de ville écologique modèle en plein désert
, Le Monde, 22 janvier
2008. De même le Maroc vit aujourd’hui à l’heure du respect de l’environnement
et du développement durable et pour cause : la ville de Rabat a été
choisie par l’association « Earth Day Network » pour la
célébration du 40e anniversaire de la journée de la Terre qui se
tiendra comme chaque année le 22 avril. Prenant le relais du Mexique, le Maroc
assume avec fierté cette distinction et la simple vision des journaux télévisés
des chaînes marocaines permet de s’apercevoir combien cette problématique
aurait imprégné la société. Cf. http://www.journeedelaterre.ma/.
A l’inverse, d’autres pays ne souhaitent pas transformer leurs habitudes et
vont même jusqu’à mettre en doute la réalité du réchauffement. C’est notamment
le cas de l’Arabie Saoudite qui mène une campagne active de dénigrement du
travail scientifique et a œuvré sans relâche – avec d’autres – pour mettre en
échec le sommet de Copenhague. Il est vrai qu’aujourd’hui, tout est fait pour
réduire la consommation et la dépendance des économies des pays développés aux
hydrocarbures. On imagine bien que cette tendance ne va pas plaire aux plus
gros producteurs de pétrole au monde…Cf. Les climato-sceptiques s’invitent à
Copenhague
, Le Monde, 9 décembre 2009.

name="_ftn10" title="">[10]
Dont le nombre pourrait atteindre le chiffre étourdissant de 400 millions de
réfugiés sur un siècle… Pour alerter l’opinion mondiale sur la menace que
constitue la montée du niveau des océans, le gouvernement des Iles Maldives a
tenu le 16 octobre 2009 un Conseil des ministres sous l’eau ! Il est vrai
que le réchauffement climatique est d’ores et déjà responsable de la fonte des
glaciers et de la montée des eaux qui, à terme, pourraient bien engloutir cet
archipel peuplé de 300 000 habitants. Cf. Un conseil des ministres sous
marin
, http://www.rfi.fr/actufr/articles/118/article_85736.asp.

name="_ftn11" title="">[11] Cf. http://www.wwf.fr/. Le href="http://fr.wikipedia.org/wiki/World_Wide_Fund_for_Nature"
title="World Wide Fund for Nature"> World Wilde Fund for Nature est une href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Organisation_non_gouvernementale"
title="Organisation non gouvernementale">ONG (organisation non gouvernementale) internationale
qui figure parmi les organisations de protection de la nature et de
l’environnement les plus influentes au monde.

name="_ftn12" title="">[12]
Cf. Le Monde des religions, Janvier-Février 2010. L’enquête “Ecologie
et religion“
est particulièrement éclairante sur ce mouvement planétaire
des religions qui se placent désormais « au chevet de la nature ».

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Commentaires

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Si la réflexion proposée par Nabil En Nasri est intéressante notamment le volait concernant l’intégration de la question écologique dans les maqasid as-shari’a, il est dommage qu’il arrête sa réflexion en « cours de route ». En effet, à aucun moment, il ne pose le problème du « modèle économique » qui est à la base des désastres écologiques : le capitalisme avec son culte de la « consommation », de la « croissance » moteur d’une accumulation illimité dans une planète qui elle est belle et bien limité. Il me semble impossible d’apporter une juste solution aux problèmes écologiques si cette question n’est pas posée.

D’ailleurs cela implique une « erreur » dans la réflexion de Nabil En Nasri lorsqu’il affirme que nous sommes tous responsables des problèmes écologiques. Si dans l’absolue cette réflexion est incontestable, dans la réalité nous savons bien que les sociétés occidentales, de part leur structure économique, sont bien plus polluantes que les sociétés africaines, par exemple, du faite de leur faible niveau de vie par rapport au standard des sociétés du Nord. Si les sociétés du Sud payent les conséquences du désastre écologique se sont les sociétés du Nord qui en sont les principales responsables.

Pratiquement cela pose la question de savoir comment est-il nécessaire d’agir pour lutter contre le désastre écologique : est-ce un problème individuel devant se régler par l’éducation des individus ? ou est-ce un problème structurel devant se régler par une remise en cause d’un système économique et politique ? La première réponse, bien que l’éducation individuelle ne doive pas être négligée, peut très bien satisfaire le système économique dominant (par la création d’un nouveau marché « écologique » : le « bio » par exemple) sans remettre en cause un système, le capitalisme, ontologiquement destructeur de l’écosystème. De fait, le désastre écologique pourra se perpétuer sous le masque d’un discours « écolo-compatible ». Comme souvent l’enfer est pavé de bonne intention…

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Monsieur Nabil Ennasri,

C’est avec intérêt que j’ai lu cette nouvelle contribution. Mais, je dois avouer, que je suis déçu. Je réalise que la première partie a plus promis que tenu...
En principe, tout homme, a fortiori théiste, conscient que la vie est un "cadeau" ou un bien précieux octroyé par Dieu, se doit d’oeuvrer, à chaque instant, pour le bien de l’humanité et, par conséquent, en préserver ou en développer les conditions. Autrement dit, la préservation de l’environnement est une affaire de bon sens qui engage chacun d’entre nous, dans sa vie de tous les jours.
Il m’est avis, et cela n’engage que moi, que le raisonnement que vous proposez, en tout point stimulant par ailleurs, ne présente pas une originalité absolue dans la mesure où le patrimoine théologique et les traditions islamiques présentent une telle diversité de références qu’il est possible d’y déceler (pour le musulman qui veut s’en convaincre) l’importance d’accomplir tout ce qui rendra les conditions de vie de l’homme et de maintien de l’écosystème pérennes.

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Monsieur Haoues SENIGUER,

Difficile effectivement de proposer un modèle économique dit "écologique", mettez 5 fumeurs dans une salle, dites à l’un d’entre eux d’arrêter de fumer, est-ce que la qualité de l’air de la pièce va changer pour autant ? Pour quel effet ?

Toute la destruction de la terre, la standardisation de la culture sont le fruit du capitalisme sauvage.

Vous dites que les pays occidentaux sont pollueurs mais des pays utilisant le charbon comme l’Inde sont également trés pollueurs par exemple.

Nous vous rejoingnons lorsque vous dites que c’est une affaire de chacun, d’où l’intérêt particulier de notre site, car il prend le bien à la racine, c’est à dire faire prendre conscience à tout chacun de son rôle actif.

Je vous invite tous par ailleurs à voir le dernier film de Coline Serreau qui a vraiment trouvé des solutions de part le monde, à la portée de tous et beaucoup plus efficaces à notre sens que toute la récupération politique actuelle sur le sujet. Même si depuis, la crise a mis en arrière plan cette problématique...

Les agriculteurs ne sont plus dupes de ce qu’ils ont injecté pendant des décennies à la terre, sous prétexte de rentabilité, ils se sont rendus malades et rendus malade la terre. La standardisation des semences afin de maîtriser la productivité des agriculteurs et les rendre dépendant du système économique. Tout ça pour écouler les produits chimiques des grosses industries de l’après guerre... C’est une honte ! Maintenant les agriculteurs sont les premières victimes de la mondialisation !

Donc oui pour une rééducation des individus pour rendre tout à chacun responsable. C’est donc en bas de la pyramide, à la racine et aux pieds des gens qu’on peut faire bouger les choses. En Haut de la pyramide comment peux-t-on être conscient de ce qu’il se passe tout en bas, alors qu’on ne cherche qu’à élever sa notoriété plus haute que le salut des gens et la sauvegarde de la terre ?