« Encore une fois … » serait-on tenté de dire à la lecture du titre, tant la production éditoriale de ces dernières années nous a habituées aux sommations faites à l’islam et aux musulmans de devenir de bons indiens comme le disaient les westerns, c’est-à -dire des indiens morts. Il semble à ce propos étonnant de voir à quels point certains prétendus laïques ont des réflexes ecclésiastiques en adoptant une version moderne du catholique « contrains les d’entrer ! » à l’égard des musulmans… Rien de tout cela dans l’ouvrage de Franck Frégosi, qui nous livre ici le fruit de plusieurs années de travail de terrain.
« Encore
une fois … » serait-on tenté de dire à la lecture du titre, tant la
production éditoriale de ces dernières années nous a habituées aux sommations
faites à l’islam et aux musulmans de devenir de bons indiens comme le disaient
les westerns, c’est-à -dire des indiens morts. Il semble à ce propos étonnant de
voir à quels point certains prétendus laïques ont des réflexes ecclésiastiques
en adoptant une version moderne du catholique « contrains les d’entrer ! »
à l’égard des musulmans…
Rien
de tout cela dans l’ouvrage de Franck Frégosi
title="">
style=';'>[1], qui
nous livre ici le fruit de plusieurs années de travail de terrain.
C’est
en effet l’une des caractéristiques majeures de ce travail qui ne se contente
pas d’en rester au niveau des principes généraux. La méthode retenue mérite
d’être particulièrement soulignée : l’ouvrage examine de près la pratique
des différents acteurs, et le fait dans la durée. Le portrait qui en
résulte est bien différent de celui généralement véhiculé d’acteurs aussi
monolithiques les uns que les autres : des Républicains laïcs droits dans
leurs bottes d’un côté, des « musulmans » - ou présumés tels – qui
seraient soit de perpétuelles victimes, soit des acteurs incapables d’être
durablement déconnectés d’un soubassement religieux, de l’autre.
Ce
livre, qui peut être un excellent outil de travail pour les élus locaux qui
voudraient faire autre choses que du clientélisme, a donc de grandes chances de
déplaire aux uns et aux autres, qui n’aiment guère se regarder pour ce qu’ils
sont : c’est le premier de ses intérêts et cela justifie le nôtre. En
outre, « Oumma.com » est cité dans la bibliographie… Allons donc plus
loin.
Franck
Frégosi s’interroge tout d’abord sur la théorique indivision du temporel et du
spirituel, partagée à la fois par les littéralistes et les islamophobes, qui
ferait de l’islam une religion à part
class=MsoFootnoteReference>
style=';'>[2].
Outre le fait de remarquer que seuls une dizaine de versets coraniques
concernent la matière proprement politique, l’auteur opère de salutaires
comparaisons avec les écrits de Saint Paul, puis, à propos du jihad,
avec le texte biblique et Saint Augustin, ce qui permet de nuancer fortement la
proposition de départ, les deux parties étant également fausses.
L’histoire
est aussi examinée : elle nous enseigne que la confusion des deux pouvoirs
ne s’est produite qu’une seule fois : à partir de la période de Médine
jusqu’à la mort du Prophète
class=MsoFootnoteReference>
style=';'>[3] et
que les Empires musulmans ont toujours eu une dualité d’appareils, politique et
religieux. Ces rappels sont toujours utiles, au moins pour tous ceux qui ne
sont pas des lecteurs d’Oumma.com et qui ont une vision fantasmatique de
l’islam – qu’ils soient musulmans ou ne le soient pas…
J’observe
au passage que la position du shi’isme sur ces question est également abordée,
ce point de vue étant trop souvent passé par profit et pertes par nombre
d’auteurs plus anciens.
Pour
entrer dans le vif du sujet et voir ce qui se passe en France, examiner la
réalité de la pratique était indispensable pour sortir des stéréotypes. Nous ne
retiendrons ici que quelques exemples : les chiffres relatifs à la
pratique sont éclairants : les plus pratiquants au jour le jour (prières
canoniques, présence à la mosquée le vendredi) sont les musulmans d’origine
sub-saharienne qui comptent 65 % de pratiquants réguliers, ce chiffre tombant Ã
40 % pour les Marocains, 36 % pour les Turcs et 29 % pour les Algériens, qui
sont la majorité des « musulmans » vivant en France ; le jeûne du
mois de Ramadan est suivi à 84 % par les Marocains, à 77 % par les Wolofs et
les Peuhls, à 74 % par les Algériens et à 70 % par les Turcs. Il y a à ce
propos, écrit l’auteur, « réappropriation individuelle d’une obligation
religieuse, dont la finalité première est la sauvegarde d’une identité collective
distincte du groupe, déconnectée d’une pratique effective. »
href="#_ftn4" name="_ftnref4" title="">
class=MsoFootnoteReference>[4]
Ces
chiffres, qui auraient gagnés à être rapprochés des pratiques chrétiennes et
juives, sont intéressants à bien des titres pour les acteurs publics :
outre que nous sommes loin des discours alarmistes sur l’islamisation rampante
de nos villes, ils constituent un outil utile en termes de gestion de salles de
prières ou de projets de constructions de lieux de cultes. Ils révèlent que
l’islam, comme les autres religions, est pluriel, et que tant le discours
unanimiste d’une partie des acteurs musulmans que les projets de certaines
municipalités qui rêvent de lieux de cultes rassemblant « l’ensemble de la
communauté musulmane » sont des songes creux.
Comparer
les pratiques et les prises de position permet également de mesurer qu’aux
mêmes questions, celles qui sont posées à tous les croyants, les intellectuels
musulmans apportent quasiment les mêmes réponses et sont partagés par les
mêmes courants : Leïla Babès, Tareq Oubrou et Tariq Ramadan sont
abondamment cités. Les pages du livre de F. Frégosi consacrées à T. Ramadan
sont éclairantes sur le phénomène de rejet qui frappe cet auteur.
Sur
le fond en effet, ses positions (vivre conformément à l’éthique islamique y
compris en Occident) sont tout à fait comparables aux positions juive,
catholique ou protestante sur le vécu de la foi : le fidèle vit sa foi où
qu’il se trouve, dans la fidélité à son Texte et à ses traditions. Que les
positions de Tariq Ramadan soient jugées scandaleuses à cette aune alors
qu’elles sont dans ce que l’on pourrait appeler la « moyenne du
monothéisme » est révélateur de l’emprise du sentiment sur le raisonnement
qui frappe les médias quand il s’agit de l’islam.
L’un
des intérêts majeurs de ce livre me paraît néanmoins, outre la vision dé
mythologisée d’une « communauté musulmane » qui n’existe pas plus que
les « communautés » juive ou chrétienne, la place qu’il accorde Ã
l’action des pouvoirs publics et à l’incohérence de celle-ci eu égard aux
principes dont elle se réclame.
Cela
vient de loin. Du moins de loin dans le temps. Cela vient d’Algérie - si proche
géographiquement mais si lointaine dans les représentations que l’on s’en fait,
notre présence coloniale incluse… Les pratiques élaborées alors semblent
étrangement présentes à l’observateur attentif : dès 1848, la France, en s’attribuant le patrimoine immobilier des habous, fait passer le personnel
religieux musulman sous sa dépendance financière
title="">
style=';'>[5]Â ;
un arrêté du 11 mai 1848 crée un Service de l’administration civile indigène
chargé du contrôle du culte musulman et obtient de fait un pouvoir de tutelle
sur le culte, jusque là apanage du Sultan – Calife ottoman
name="_ftnref6" title="">
class=MsoFootnoteReference>[6]Â ;
les décrets du 26 août et du 6 octobre 1881 vont faire en réalité de l’islam la
quatrième religion reconnue en France
class=MsoFootnoteReference>
style=';'>[7], la
loi de séparation de 1905 restant lettre morte en Algérie
name="_ftnref8" title="">
class=MsoFootnoteReference>[8].
Inaugurant une politique qui allait prospérer de nos jours, la France, par la circulaire « Michel » du 16 février 1933, ira interdire l’accès des
mosquées officielles aux ulémas réformistes
title="">
style=';'>[9] de
Ben Badis…
class=MsoFootnoteReference>
style=';'>[10] Ce
sont les musulmans alors, qui réclameront la séparation des cultes avec l’Etat…
href="#_ftn11" name="_ftnref11" title="">
class=MsoFootnoteReference>[11]
Ces
mêmes errements perdurent aujourd’hui, et les passages du livre consacrés aux
tentatives d’organisation du culte musulman ou au projet de création d’un
faculté de théologie musulmane le montrent bien : premiers à rappeler avec
une certaine gourmandise aux associations musulmanes qu’elles se doivent de
respecter les règles de la laïcité, les acteurs publics semblent oublier parfois
que la séparation des Eglises et de l’Etat implique une double autonomie, celle
de l’Etat par rapport aux Eglises, mais aussi, dans leur propre sphère, celle
des Eglises par rapport à la puissance publique…Si Franck Frégosi illustre ce
phénomène à propos des débats, souvent consternants, ayant entouré les projets
de création d’une faculté de théologie musulmane, il aurait pu également citer
le cas de ces élus locaux à la vocation de grand mufti contrariée,
« exigeant » que les prêches aient lieu en français dans les mosquées
de leur commune.
Par
ailleurs, la sous-traitance de la gestion de l’islam à des pays étrangers qui
sont tout sauf démocratiques
class=MsoFootnoteReference>
style=';'>[12]
comme nous l’avons vu et le voyons encore ces jours-ci à l’occasion des
élections aux C.R.C.M. et au C.F.C.M., le grand retour de Dalil Boubakeur dans
son rôle préféré : « Retenez-moi ou je fais un malheur ! »
qu’il nous joue avec autant de constance que de peu de crédibilité à la veille
de chaque élection, la confusion entretenue - volontairement ? – par certains
entre l’émergence d’un organe représentatif et le processus visant à donner Ã
l’islam un statut de religion officielle
title="">
style=';'>[13], la
gestion sécuritaire de l’islam qui « repose sur l’idée simpliste selon
laquelle seule une politique répressive suffit à contenir l’impact du
radicalisme en Europe comme dans les pays musulmans »
name="_ftnref14" title="">
class=MsoFootnoteReference>[14],
la constante pratique des pouvoirs publics soustrayant le culte musulman au
droit commun soit en n’appliquant pas le droit existant, soit en modifiant la
loi en considération du seul culte musulman
title="">
style=';'>[15]…
tous ces faits dessinent les traits peu amènes d’une laïcité d’abstention qui « sert
souvent de prétexte utile pour dissimuler un refus d’agir »
href="#_ftn16" name="_ftnref16" title="">
class=MsoFootnoteReference>[16]
et aboutissent souvent à l’effet inverse à celui souhaité : « les
gouvernants recherchaient en vain une sorte d’Eglise musulmane ; ils ont
fini par lui trouver un pontife » écrit Franck Frégosi.
href="#_ftn17" name="_ftnref17" title="">
class=MsoFootnoteReference>[17]
Il ne nous dit pas si l’on a procédé avec ledit pontife – et dans le respect
du principe républicain d’égalité, le Bureau des Cultes faisant fonction de
Sacré Collège compte tenu de la part qu’il prend dans cette
« élection » – à la vérification d’usage en la matière, après
laquelle on prononce la formule sacramentelle : « duo habet et
bene pendentes ».
Les
voies de l’administration, comme celles du Seigneur, sont bien souvent
impénétrables…
La
conclusion du livre est un invitation à un double dialogue : celui de la
laïcité avec l’islam bien sûr, mais aussi au dialogue intra islamique, pour
lequel la laïcité est une chance. Espérons que nous saurons tous la saisir. Ce
livre peut nous y aider.

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name="_ftn1" title="">
class=MsoFootnoteReference>[1]
Penser l’islam dans la laïcité, éd. Fayard, coll. Bibliothèque de
culture religieuse, 2008, 497 pp.
class=MsoFootnoteReference>
style='font-size:10.0pt;'>[2]
Cf. p. 23 et ss.
class=MsoFootnoteReference>
style='font-size:10.0pt;'>[6]
Cf. pp. 202 et 203.
class=MsoFootnoteReference>
style='font-size:10.0pt;'>[9]
C’est moi qui souligne.
class=MsoFootnoteReference> style='font-size:10.0pt;'>[10] lang=EN-GB> Cf. p. 211.
class=MsoFootnoteReference> style='font-size:10.0pt;'>[11] lang=EN-GB> Cf. p. 213.
class=MsoFootnoteReference> style='font-size:10.0pt;'>[12] lang=EN-GB> Cf. p. 253.
class=MsoFootnoteReference> style='font-size:10.0pt;'>[13] lang=EN-GB> Cf. p. 281.
class=MsoFootnoteReference>
style='font-size:10.0pt;'>[15]
Cf. entre autres pp. 270, 284, 332…
Commentaires
Ce qu’on appelle la communauté muusulmane est un fantasme. La communauté est plus une idéntité culturelle qu’une religion. Comme le prouve la pratique qui est en baisse chez les musulmans. Merci de l’avoir rapeller.
L’Islam est clairement laïc, plusieurs versets vont dans ce sens. L’Etat musulman est une invention politique de ceux qui cherchent à instrumentaliser l’Islam.
Tout est dit dans le passage en dessous du grand professeur syrien Sadik Alal Al-Azm
l’islam en tant que foi vivante, dynamique, s’adaptant à des environnements très différents et à des circonstances historiques changeantes s’est révélé compatible avec les principaux types d’Etat et les formes diverses d’organisation sociale et économique que l’histoire de l’humanité a produits : de la monarchie à la république, de la tribu à l’empire, de la cité-Etat archaïque à l’Etat-nation moderne. De même, l’islam en tant que religion appartenant à une histoire mondiale s’étendant sur quatorze siècles a incontestablement réussi à s’implanter dans une grande diversité de sociétés, de cultures et de modes de vie, du nomadisme tribal au capitalisme industriel, en passant par le centralisme bureaucratique, le féodalisme agraire et le mercantilisme.
Sadik Alal Al-Azm
Dans le Coran, il est dit qu’il n’y a "point de contrainte" dans l’Islam. La religion musulmane n’est en aucun cas le monopole de quiconque. Il est du devoir de chacun d’apprendre sa propre religion convenablement, comme il est de son devoir de la pratiquer autant qu’il le peut. Les extrémistes religieux se réfèrent à une interprétation complètement erronée des principes de l’islam, pour justifier des actes tout à fait arbitraires.
La laïcité est un acquis de la modernité qui pemet une relation sereine et pacifique entre tous. Les pays musulmans gagneraient à appliquer les principes laïcs dans leur gestion sociétale et leut garantirait une sortie du marasme économique et politique.
En France, la présence des musulmans ne date pas d’hier. Les anciens ont toujours pratiqué leur religion, dans cette même société laique, de façon isolé, individuelle mais assidue, et l’ont transmise tant bien que mal à leurs enfants. Tant qu’ils étaient invisibles, silencieux exploitables et sans revendications, ces musulmans on n’en parlait pas, on ne les voyait pas.
Aujourd’hui, c’est la visibilité des jeunes générations qui dérangent. En plus cette génération demande du respect, un lieu de culte. Quel toupet ! Le comble pour ceux à qui la différence fait peur !
Depuis des générations donc, les musulmans ont parfaitement intégré la laicité. On se demande alors pourquoi cette hystérie politico-médiatique qui consiste à instrumentaliser et essentialiser tout ce qui touche à l’Islam ?
Lorenti ecrit " Les pays musulmans gagneraient à appliquer les principes laïcs dans leur gestion sociétale et leut garantirait une sortie du marasme économique et politique."J’ajouterai certains pays chrétiens aussi ...
Mis a part l’Arabie-Saoudite et l’Iran, il me semble que la plupart des pays musulmans sont laics, non ?
Ces pseudos debats servent davantage a alimenter une peur seculaire de la religion en occident et en France.
Cela se comprend vu l’histoire terrible de l’eglise, riche en guerres de religions, de l’inquisition,des bulles papales et autres exces. Je crois que l’Islam est vu sous ce prisme, a travers la grille de lecture du passe des occidentaux avec leur religion. C’est pour cette raison qu’ils veulent nous "coller" un pape et un clerge. Cela est rassurant.
A tous ceux qui citent l arabie saoudite à chaque fois qu on parle de l islam . Pourquoi on ne parle pas du vatican et le droit des femmes dans ce pays ??? Ce qui est navrant ici ; on melange tout . on n arrive pas a faire la distinction en Islam société musulmane et les musulmans .De grâce avant d’écrire quoi que ce soit ; faites tourner vos idées 7 fois dans vos petites cervelles avant de les exposer sur l’écran . Et sachez que vous serez juger sur ce que vous dites . Pour celle qui a dit , après étude je sais que le hijab n’est pas une prescription coranique !! j’aimerai bien savoir si elle est arabophone ou c’est tout simplement c’est la lecture d’une traduction ? Pour la recherche de la vérité il faut savoir retourner aux sources coranique . (moha)
Laîcité,Islam...C’est pas le probléme.Ce qui est vrai c’est que les musulmans d’Europe ne veulent ni de polémique ni de diabolisation mais une reconnaissance comme les juifs ou les protestants.
Quoique pour les juifs c’est pas facile non plus : Les juifs, qui sont en Europe depuis au moins 2000 ans sont encore en train de parler d’antisémitisme et de lois contre celui-ci.Alors on sent que ça va pas être facile pour les musulmans.
Pour les protestants et catholiques, outre les ressurgences religieuses à Belfast,les antagonismes religieux semble n’avoir jamais existé.
Salam, Hello, Shalom ...
La pratique religieuse de l’Islam n’est pas en baisse, bien au contraire.
Simplement elle perd progressivement sa dimension culturelle au profit de sa dimension spirituelle. Les gens qui ne connaissent pas l’Islam ne savent la déchiffrer qu’à travers la culture qu’elle véhicule (Jeune du mois de ramadan, pas d’cochon, pas d’alcool). C’est pour cela que dans les statistiques on assimile l’Africain du Nord à un musulman, ce qui est faux à mon sens.
La définition du croyant/musulman(soumis) est explicite et dans le Coran : Le croyant se distingue du mécréant par la prière. De tous les piliers de l’Islam, la prière est le seul pilier où Le Prophète Mohammed (SAW) s’est déplacé jusqu’aux portes du Royaume de Dieu pour en prendre connaissance. J’invite les musulmans et non musulmans à lire cette histoire extraordinaire.
Le musulman, aujourd’hui peut être maghrébin, Noir africain, français de souche, Allemand de souche, Belge Etc... L’Islam reprend sa dimension universelle originelle justement parce qu’aujourd’hui les gens savent lire et puisent directement dans le texte.
Il y a de moins en moins d’adeptes des anciennes religions monothéistes (christianisme, judaïsme) mais pourtant beaucoup plus d’églises et de synagogues que de mosquées. On est de plus en plus à l’étroit dans les mosquées … et les autorités freinent leurs constructions en espérant freiner la progression de cette religion.
La laïcité, est une règle sacrée en France, et L’Islam semble être l’exception qui confirme cette règle.
Moi je vois les choses du bon côté : On ne peut réserver un traitement d’exception qu’à une religion exceptionnelle !!!!
Pour celles et ceux qui veulent savoir pourquoi, je les invite à lire le Coran.
Le premier mot qui fut révélé par l’Ange Gabriel au prophète (SAW) ne fût-il pas : Lis !
Celui qui lit, peut être a-t-il sauvé son âme ?
A bon entendeur Salam.
Signé : I-FEEL-PAS-GOOD
Je ne comprend pas pourquoi l’auteur de l’article oppose l’auteur du livre aux républicains laïques, du moins sur les problèmes exposés clairements dans l’article, vu qu’ils sont les premiers à dénoncer la création et la gestion du CFCM par l’état, ainsi que la volonté de formation des imams.
@Bagdadforever : Laïc et laïque ce n’est pas la même chose.
Laïc désigne l’appartenance ou non à une autorité religieuse, par exemple l’église catholique fait excercer des activités par des gens qui ne sont ni prêtre, ni moine, ni none, dans ce cas on parle de personnel laïc, le terme est trés ancien. Mais n’est pas le terme qui relie à la laïcité. par contre si ce ne sont pas des religieux qui dirigent un pays on dire que les dirigeants sont des laïcs.
Le terme en lien avec la laïcité, c’est laïque, pour qu’un état soit laïque, il faut qu’il n’ait aucne religion officielle ou reconnue car l’état se déclare neutre au niveau religieux et laisse ce domaine au choix de leurs citoyens, donc aussi qu’aucune religion ne serve de base à la législation, et qu’il n’a pas de contrôle direct sur la gestion et l’organisation des religions, sauf par les limites du respect de la loi par les membres de cette religion comme pour les autres.
Donc déjà tous les pays musulmans qui affirment baser toute ou une partie de leur loi sur la loi islamique, ne sont pas laïques.
L’opposé de la laïcité c’est le cléricalisme, on peut être un laïc partisan du cléricalisme, comme la droite française au début du XXème siècle.
Merci de venir me décortiquer et de participer à cette mascarade mais au fond vous savez ce que je pense de ceux qui font ce genre de chose quelque soit leur prétendu intention.
Je ne suis pas un animal de salon que l’on peut présenter soit comme féroce soit comme docile. Votre avis sur ce que je suis ou ne suis pas ne m’intéresse pas.
Ce qui tente de justifier sont encore pire que ceux qui accusent.
Laicite a geometrie variable
Le Point titre : La France tend la main aux chrétiens d’Irak. "Nous allons, j’espère, en accueillir près de 500 dans les semaines qui viennent, et on verra après", a déclaré Bernard Kouchner le 10 Mars sur RMC et BFM-TV. "Nous ne refuserons pas d’accueillir des musulmans", mais "le problème, c’est que personne n’accueillait les chrétiens", a-t-il pris soin de préciser.
L’article 3 de la convention de Genève précise que l’asile s’accorde à tous sans distinction de race, de religion ou de pays d’origine. Alors oui à l’accueil de chaldéens, mais aussi des Irakiens qui sont en ce moment laissés pour compte sur notre territoire.
Alors il suffit de brosser les gens dans le sens du poil pour qu’il disent amène à tout même quand ils se disent musulmans.
L’Islam ce n’est pas l’église, ça n’est pas un ensemble de rites avec une hiérarchie religieuse. Il n’y a pas de domaine à l’Islam, ça n’est pas un pouvoir, c’est une manière d’être et une éducation rien de plus, rien de moins.
l’Islam n’est pas laïc car l’Islam a aussi une dimension politique que personne pas même Fouad ne peut nier à moins de ne pas savoir ce que politique veut dire (gestion de la cité).
Ce que cite le texte ’la séparation des pouvoirs est connu dans l’histoire musulmane comme étant la cause de la chute du monde musulman.
D’ailleurs c’est connu même par les encyclopédistes français qui disent que depuis plusieurs siècles les gouvernements successif en terre d’Islam n’ont que peu à voir avec l’Islam mais que une certaine unité demeure dans le peuple.
C’est d’ailleurs à cause des assoiffés de pouvoir que l’ont ne peut plus parler de civilisation musulmane.
L’histoire post-coloniale des pays arabe va dans le même sens, la plupart des "républiques" arabe ont suivi soit la voie socialiste ou libérale et toutes ont stagné ou régressé voir disparu.
Les pays arabes musulmans sont le Maroc, l’Arabie saoudite, et l’Iran pour les perses. l’Iran n’en déplaise aux diabolisateurs et aux ignorants, de par ses institutions et son organisation politique est de loin l’état le plus moderne du monde musulman.
I-Feel-Pas-Good Allah ibarak fik
Salam aleykoum à tous et à toutes
J’aimerai ajouter inchAllah mon grain de sel à votre discussion, plus précisément en répondant à l’intervention d’Adapa, qui nécessite à mon avis des clarifications quant au concept de laicité.
Il est valable de parler de laicité en tant que "neutralité" religieuse de l’État mais ceci ne clôt pas la question et doit nous mené à approfondir notre reflexion à partir des pratiques historiques de l’État républicain laic français qui sert ici de modèle de référence et de revenir sur des notions de base en ce qui à trait au questions de la politique en terres islamiques.
D’abord, en Occident en général et en France en particulier, la sécularisation de l’État c’est-dire, l’avènement d’une approche des affaires de l’État d’une manière profane à été entamé dès le XVIIe siècle avec le traité de Westphalie de 1648 qui mettait fin une fois pour toute aux guerres religieuses en terres européennes.
L’approfondissement de la notion de "logique d’État" avec le développememt de science comme l’économie politique et le développement subséquent du nationalisme ont participé d’un mouvement de soustraction des autorités étatiques et nationales de l’influence de la religion et surtout des religieux mais n’en a pas signé la fin.
La révolution de 1789, moment prométhéen s’il y en a eu un, a mené avec la révolution -moins retentissante à court terme mais très influente dans l’histoire de l’humanité- américaine de 1776 à la consécration de la séparation de l’Église et de l’État en Occident.
Les autres nations occidentales ont tous suivi le mouvement.
Ceci dit, cela n’a nullement signifié la fin de la place de la religion et surtout de la croyance dans les affaires politiques en Occident mais seulement que les leaders politiques ne seraient plus des religieux et dans leur majorité ne traiteraient plus des affaires de l’État en suivant une logique strictement religieuse.
Nombre d’État occidentaux, bien que sécularisé, continu de posséder des Églises nationales et des religions officielles.
C’est le cas de l’Angleterre, des pays scandinaves, de l’Autriche etc. La France n’a d’ailleurs jamais été toujours totalement neutre.
Elle a favorisé le culte catholique sur les autres, elle a encouragé les missionaires dans les colonies et aujourd’hui des leaders prennent des libéralités avec l’application de la loi pour freiner la construction de mosquées et ont votent des lois pour interdire le port du hijab (la loi sur les "signes ostentatoires" n’a dupé personne).
Autre réalité importante : les codes civils, les lois, les constitutions et les tendances philosophiques sous-jacentes au droit dans les États occidentaux puisent à deux sources : l’héritage gréco-romain et l’Ancien et le Nouveau Testament.
Une grande part des lois et principes en vigueur en Occident viennent de la Bible, un grand nombre de celles-ci sont des rationnalisations séculières des principes, lois, règles et codes moraux émis dans la Bible.
Ce fait ne peut être ignoré et le Pape Benoit 16 en traite incessement et motive en partie ses rappels sur le caractère chrétien de l’Europe.
Et tout ce dont je viens de rappeler à co-exister avec la présence d’athées radicaux.
Et la laicité et la croyance n’ont jamais été incompatible.
Ce qui nous mène enfin à l’Islam.
Si plusieurs auteurs n’hésitent pas à parler de forme "théocratico-laique" lorsque vient le temps de vouloir catégoriser la plupart des États musulmans passé, c’est que depuis Mouawiya (1er siècle de l’Hégire - VIIe siècle ap. JC), la vaste majorité des leaders des États musulmans (les plus grands et plus connus) n’étaient pas des imams, mullahs ou des fqihs mais des "laics" dans le sens premier.
Le Sultan ou Amir dirigait en étant surveillé par les autorités religieuses du pays.
Il devait ne pas enfreindre les principales lois religieuses de l’Islam sans quoi il risquait la sédition mais il possédait le dernier mot en matière de politique et parmi ses conseillers se trouvait des diplomates, des guerriers, des scientifiques, etc.
C’est une forme d’équilibre des pouvoirs si vous voulez.
Évidemment, c’est un modèle générale que j’ai brossé ici mais il est certain que des dirigeants avant la période coloniale ont pris des "libéralités" avec les lois du iIvre Saint et que des religieux ont mis la main sur le pouvoir.
Néanmoins, ce que je vous ai indiqué fut le modèle le plus courant.
À l’heure actuelle, les choses ont passablement changé.
Le Maroc a fondu les pouvoirs spirituels et temporels : le Roi est la première autorité politique ET religieuse du pays.
La majorité des pays musulmans ont soustrait le pouvoir législatif et toute forme de pouvoir de révision des lois des mains des religieux.
Les plus radicaux d’entre eux, ceux qui ont écarté le plus radicalement les religieux et la place des prescriptions religieuses islamiques des lois et codes civils de leurs pays sont : la Turquie, la Syrie et la Tunisie.
On pourrait aussi mentionner le Sénégal ou le Mali qui entre dans ce moule.
L’important y est que les leaders ne légifèrent pas des lois qui attaquent trop directement les sensibilités religieuses des Musulmans dans ces pays.
En Algérie, les religieux ont peu de pouvoir direct sur les hautes sphères de l’État mais leur influence dans les échelons inférieurs des institutions publiques et dans la société accouplé à l’attachement du peuple à la religion oblige les autorités à faire une place à la religion et à ses prescriptions dans l’espace publique.
En Lybie, les religieux sont sous la botte de Qaddafi qui aime jouer à l’érudit.
En Égypte, le scénario ressemble à l’Algérie.
Depuis 25 ans environ, le pouvoir de Mubarak doit ménager la susceptiblité religieuse de son peuple.
Il doit jongler entre l’élite occidentalisé et a-religieuse et les leaders religieux populaires.
C’est ainsi qu’on voit de la part de son régime des mesures juridiques religieuses "cosmétiques" et les discours de Mubarak sont assaisonnés de références religieuses.
Le monopole de la parole religieuse est essentielle pour celui qui veut garder le pouvoir en terre islamique même si l’orateur est un hypocrite.
L’Arabie Saoudite est dirigée par une famille qui passe les postes d’autorités entre ses membres.
Les autorités religieuses sont soumises à la famille royale qui sait jouer le jeu : l’alliance de la famille Al-Saoud avec les leaders wahabis signifie qu’il est à l’avantage des Al-Saoud d’être le plus rigoriste possible.
Quoi qu’il ne faudrait pas prétendre à priori que les leaders saoudiens soient tous des hypocrites.
La plupart peuvent être convaincus, ce qui ne contredit pas les histoires que l’on a tous entendu sur les escapades de certains importants saoudiens au Maroc, aux États-Unis, en Égypte, en Europe ou ailleurs...
Enfin, l’Iran dispose d’institutions démocratiques à l’exception fondamentale qu’il existe au-dessus de celles-ci, une Assemblée de mullahs dirigée par l’Ayatollah qui supervise ces institutions et possède le dernier mot en matière religieuse ET politique.
Je n’ai pas nommé tous les pays musulmans mais dans la majorité des pays musulmans, les élites sont fortement occidentalisés ce qui additionné à leur incompétence et prévarications et à l’injustice de leur règne, ont participé à l’éveil du militantisme sociopolitique islamique séditieux dans leur propre maison.
La recherche des appuis étrangers mènent à la logique infernale d’aujourd’hui : pas de démocratie par peur de prise de pouvoirs des islamistes : mécontentement populaire par absence de démocratie : militantisme islamiste : répression et continuité du refus de l’octroi de la démocratie pour cause d’islamisme-terrorisme-immaturité du peuple etc. : manifestations : représsions et ainsi de suite.
La solution des problèmes des pays musulmans n’a rien à voir avec plus ou moins de "laicité" mais je digresse.
La France est laïque parce que le clergé catholique (ou protestant) n’a aucune influence directe sur les décisions politiques mais la neutralité en matière religieuse n’a jamais été complète et la loi de 1905 fut gravement entamée par la loi de 2005 et enfin,
traiter de laicité en terres islamiques se prête mal car il n’y a jamais eu d’Église et parce que les religieux ont presque toujours été soumis au pouvoir temporel des sultans, amirs, rois et présidents à vie.
Mais en Vérité Dieu -Exalté Soit-il- est Plus Savant.
Paix à tous et à toutes,
Comme d’habitude excellente contribution de Karim de Montreal.
Enfin, l’Iran dispose d’institutions démocratiques à l’exception fondamentale qu’il existe au-dessus de celles-ci, une Assemblée de mullahs dirigée par l’Ayatollah qui supervise ces institutions et possède le dernier mot en matière religieuse ET politique.
Il existe 11 acteurs dans le jeux politique Iranien !
L’assemblee des experts (Mullahs) est renouvelee tout les 8 ans democratiquement par les electeurs. Theoriquement l’Assemblee des Experts peut renvoyer le Leader Supreme et evaluer deux fois par ans ses actions. Les Mullahs choisissent le Leader Supreme. Malheureusement elle n’a pas ete a la hauteur de sa fonction de supervision.
Agnostique d’éducation chréienne, partisan de la laïcité mais abhorant le cléricalisme des laïcards prétendument anticléricaux, je visite régulièrement oumma.com et y trouve toujours de quoi enrichir ma réflexion non seulement à la lecture des articles mais à celle des commentaires.
Il est malheureux que ce site soit régulièrement qualifié d’islamiste dans les médias et encore récemment sur i-Télé à propos de la révocation de Bruno Guigue.
Il serait du reste intéressant que l’un des collaborateurs de ce site ayant des compétences en linguistique historique rédige une courte étude pour savoir à partir de quelle époque et dans quel contexte ce terme a pris une connotation péjorative dans la langue française.
En effet, au XIXième siècle, Ernest Renan l’employait comme synonyme de "religion musulmane" et formé par dérivation comme "christianisme" pour "religion chrétienne" et "judaïsme" de "religion juive.
Cette discrimination sémantique est-elle à mettre en relation avec la révolution islamique iranienne ?
Je n’en sais rien...
Salaam, shalom, pax vobiscum.