Pays-Bas : le grand soir de l’extrême-droite de Geert Wilders

Sur le Vieux Continent de tous les possibles, l’hydre de l’ultranationalisme, brutale, raciste et vengere

jeudi 10 juin 2010

Sur le Vieux Continent de tous les possibles, l’hydre de l’ultranationalisme, brutale, raciste et vengeresse, peut resurgir à tout moment, et repartir en croisade pour ensemencer un terreau islamophobe, déjà très fécond.

Le bond victorieux que vient de franchir le leader frénétique de l’extrême-droite néerlandaise, Geert Wilders, lors des législatives, en passant de 9 à 24 sièges au parlement de la Haye, sonne le glas des espoirs de voir le spectre hideux du fascisme à jamais enseveli sous les cendres du passé.

Populiste, viscéralement islamophobe, et farouche détracteur de l’idéal européen, Geert Wilders a tout pour plaire aux esprits chagrins et frileux, impressionnables à loisir, et réceptifs à une rhétorique de la haine. Son plébiscite populaire, qui fait l’effet d’un coup de tonnerre au pays de la Reine Beatrix, est à l’aune de son influence croissante, dont la résonance dépasse les seules frontières nationales. Parmi les premiers à le congratuler, les Lepénistes n’ont pas dissimulé leur satisfaction de voir un des leurs et proche voisin damer le pion aux autres formations politiques.

Le Parti pour la liberté (PVV) de Geert Wilders s’est ainsi illustré par une progression fulgurante, le faisant accéder d’office à la troisième marche du podium, lui qui n’est entré au parlement qu’en 2006, juste derrière les libéraux de Mark Rutte, qui obtiennent 31 sièges, et les travaillistes de Job Cohen, qui totalisent 30 des 150 sièges de la chambre basse.

Alors que les Pays-Bas s’acheminent vers la formation d’une difficile coalition politique, la montée en puissance de Geert Wilders, qui a créé la surprise et inquiète, fait exulter ce dernier, dont on peut déjà prédire qu’il n’aura pas le triomphe modeste et que sa soif de puissance sera immodérée : "A La Haye maintenant, on est obligé de compter avec nous", a-t-il lancé, plastronnant, à ses militants en liesse, ajoutant "nous voulons vraiment entrer au gouvernement". N’en jetez plus !

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