Où est la liberté d’expression ?

Nous avons appris ce mercredi soir que les pressions, et singulièrement les injonctions gouvernementales tra

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jeudi 19 février 2004

Où est la liberté d’expression ?

Nous avons appris ce mercredi soir que les pressions, et singulièrement les injonctions gouvernementales transmises par la Préfecture de Police de Paris, ont eu raison des gestionnaires de l’Olympia, qui devait accueillir le spectacle de Dieudonné vendredi soir : ce spectacle est annulé pour cause de "risques de troubles à l’ordre public".

Les voyous , dont un agresseur identifié comme un certain Michel Bensoussan, qui ont commis des agressions lors du dernier spectacle de Dieudonné à Lyon, traitant ce dernier de "sale nègre" et blessant une fillette parmi les spectateurs, ont eu gain de cause.

Il est important de manifester notre soutien à la liberté d’expression, dont l’artiste Dieudonné est ainsi privé, uniquement parce qu’il ose brocarder la politique d’Israël et le communautarisme juif, les éventuelles outrances de l’humoriste à l’égard d’autres cibles (les prédicateurs islamistes, ou Le Pen, par exemple), n’ayant jamais suscité la moindre réaction.

Mais quand il s’agit de Sharon, qui est un Le Pen en action, le lynchage se déclenche aussitôt. Le terrorisme intellectuel et moral, le chantage à l’antisémitisme, démarre au quart de tour, afin de "pestiférer" , d’isoler ceux qui s’en prennent à Israël. Que l’on apprécie ou pas l’humour de Dieudonné, il est important de faire savoir que nous tenons à la liberté d’expression, et que nous n’acceptons pas que l’on amalgame une critique virulente d’un gouvernement raciste et criminel (qui a au demeurant soutenu jusqu’au bout le régime d’apartheid de l’Afrique du Sud) à de l’antisémitisme.

Après José Bové, après Daniel Mermet, après les universitaires de Paris 6, on veut faire taire Dieudonné, en le privant de public sans que le public ait son mot à dire.

Le comité de soutien à Dieudonné, en même temps qu’il évaluait, mercredi soir, les voies judiciaires de recours contre la décision inique dictée à l’Olympia par le gouvernement aux ordres du lobby israélien, maintenait son appel à manifester contre le chantage, et pour la liberté d’expression, vendredi soir à 19 heures devant la salle de l’Olympia, Boulevard des Capucines, à Paris (stations de métro : Madeleine, Opéra).

Comité de Soutien à Dieudonné. Théatre de la Main D’Or. 15 rue de la Main D’Or. 75011 Paris. E-mail : [email protected] Tel : 06 21 34 59 02.

D’autre part, le cinéaste israélien, Eyal Sivan, également en butte aux attaques des pro-Sahron, a décidé de riposter aux propos infamants d’ Alain Finkielkraut, qui s’est permis sur l’antenne de Radio Communauté Juive (RCJ), de le qualifier de "l’un des acteurs de l’antisémitisme juif qui sévit aujourd’hui". Commentant le film de Sivan "La route 181", qui n’avait pas l’heur de lui plaire, la voix de son maître a accusé Eyal Sivan de vouloir "tuer" les juifs, "de les liquider, et de les faire disparaître". Eyal Sivan annonce que son avocat, Me Antoine Comte, a déposé plainte mardi 17 février. Ces propos diffamatoires s’ajoutent aux menaces de mort et au harcèlement téléphonique anonymes, ainsi qu’aux pressions que subit le cinéaste depuis deux ans." "Cette stratégie d’intimidation utilisée par les soi-disant amis d’Israël et qui consiste à nazifier l’adversaire politique vise à empêcher toute évocation de la réalité criminelle de l’occupation israélienne dans les territoires palestiniens, souligne Eyal Sivan. Leur conduite qui consiste en violence verbale, harcèlement juridique, chantage à l’antisémitisme, menaces et pressions est le reflet de la politique israélienne, qui se considère au-delà de toutes les lois internationales".

Plus généralement, la tournée en France que vient d’effectuer le Président de l’Etat d’Israël Moshe Katzav a été l’occasion de manifestations de veulerie et d’indécence rarement atteintes par "nos" représentants gouvernementaux.

La prose de Jacques Chirac et celle de Jean-Pierre Raffarin peut être consultée sur notre site http://www/paixjusteauproche-orient.asso.fr. Chirac s’est notamment fait le chantre, voire le pionnier, du sionisme, tandis que Raffarin, dans un discours halluciné, a dit qu’il fallait prendre modèle sur la société israélienne, "modèle de métissage global" (Palestiniens s’abstenir, bien entendu).

A aucun moment, ces gens n’ont eu la correction de rappeler à leur hôte, ne serait-ce que "diplomatiquement" comme on dit, qu’il était le Président d’un pays qui opprime cruellement tout un peuple, le peuple palestinien, et qui est en train d’enfermer ce dernier dans des ghettos afin de lui rendre la vie plus infernale encore, avec le mur-prison en cours de construction. Leur lâcheté devant Katzav n’a pourtant pas été récompensée : ce politicien issu des partis d’extrême droite Bétar puis Likoud) s’est senti plus impudent encore : parlant à la place des morts, il a publiquement affirmé, en plein Paris, que si Itzakh Rabbin -assassiné par un juif fasciste en 1995- avait connu la suite des événements, il n’aurait jamais signé les -modestes- accords d’Oslo avec Yasser Arafat.

Jean-Pierre Gaudin, maire de Marseille, avait quant à lui pris les devants, en se rendant au début de l’année dans la plus grosse colonie israélienne de Cisjordanie pour y déclarer : "La terre d’Israël ne peut se donner aux autres".

Mais le maire PS de Paris n’a pas été en reste. Bertrand Delanoé a également montré ses certificats de bonne conduite et s’est vanté, lors de la réception du président israélien, de la longue liste des maires israéliens qu’il avait reçus à l’Hotel de Ville. Il a aussi abondamment loué cette " grande démocratie" qu’est Israël. Pour toute récompense, Moshe Katzav, a axé son intervention sur la responsabilité de la France dans la déportation des juifs pendant la seconde guerre mondiale et s’est plaint de son lourd passif en matière d’antisémitisme. . Quant au président de Sorbonne-Paris IV, il n’a pas été gêné de décerner le titre de docteur honoris causa, au milieu d’un déploiement policier rarement vu dans cette université qui en a pourtant connu d’autres. Ce n’est pas grave, c’est le contribuable qui finance.

Sachant que toutes ces courbettes ne vont pas entraîner de bénéfice sur le plan électoral ( le soi-disant "vote juif" n’a pas vraiment aidé Jospin aux présidentielles) ou encore en matière économique, nombreux sont ceux qui s’interrogent sur les raisons d’une telle attitude. Veut-on vraiment développer l’antisémitisme en France ?

Nous avons pour notre part, avec l’ensemble des associations et organisations luttant pour une paix juste au Proche-Orient, dénoncé l’imposture, en manifestant lundi soir à plusieurs centaines, Place de la Bastille, à Paris.

Nous vous encourageons par ailleurs à vous associer à la campagne contre la propagande sharonienne en commandant des autocollants à [email protected].

CAPJPO

http://www.paixjusteauproche-orient.asso.fr/

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Auteur : CAPJPO

http://www.PaixJusteAuProche-Orient.com

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