Oklahoma : la Sharia compatibilité de la justice en question

Avez-vous déjà remarqué comme la seule évocation connotée de la Sharia, empreinte d’un juridisme à fai

mercredi 10 novembre 2010

Avez-vous déjà remarqué comme la seule évocation connotée de la Sharia, empreinte d’un juridisme à faire frémir, sur lequel tout le monde spécule, et que l’on renvoie aux musulmans comme le reflet de leur archaïsme, sort bizarrement de son isolement sémantique dès lors qu’on lui reconnaît certaines vertus providentielles ?

De là à conjecturer que certaines synergies s’avèrent plus Sharia compatibles que d’autres, a fortiori quand elles constituent une alternative substantielle aux déviances du capitalisme, il n’y a qu’une petite déduction à faire à la lueur d’un pragmatisme très économique ... Si la finance conventionnelle parvient à créer des passerelles avec la finance islamique, au-dessus d’un océan de tumultes, la justice des hommes peut-elle exceptionnellement se rendre à la lumière de la loi religieuse, sans bousculer irrémédiablement des schémas de pensée traditionnels ?

Ce que la primauté de l’intérêt économique favorise, la politique le récuse en matière de justice, au risque de faire éclater au grand jour une ingérence transgressive, qui ne se résout toujours pas à couper le cordon avec ses prétoires et ses lieux de culte, surtout musulmans…

A la faveur du scrutin législatif de mardi dernier, l’État de l’Oklahoma, au sud des États-Unis, en a profité incidemment pour se prononcer en faveur de l’interdiction faite aux juges de se référer à la loi islamique de la Sharia dans leurs jugements, à l’issue d’un rituel référendaire qui ponctue chaque élection nationale.

Ce référendum local a fait ressortir que 75% des justiciables de l’Oklahoma s’opposent à des jugements imprégnés des lois internationales, et notamment de la loi islamique de la Sharia, des enseignements de Mahomet ou de quelque élément que ce soit basé sur le Coran.

Mais tel est pris qui croyait prendre ! Furieux, un administré musulman, Muneer Awad, a réagi au quart de tour en portant plainte contre une « violation grossière de la constitution » qui enfreint publiquement le principe inaliénable de la séparation de l’Eglise et de l’Etat. Une indignation qui a sensibilisé la juge fédérale Vicky Miles-LaGrange, laquelle a statué en faveur du plaignant, interdisant à l’Etat de l’Oklahoma d’appliquer cette décision éminemment politique.

La réaction procédurière de Muneer Awad a non seulement obtenu gain de cause, mais donnera lieu à une audience approfondie le 22 novembre prochain, sur la Sharia compatibilité ou non de la justice US…

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