Mercredi 8 février 2012

Pratique et spiritualité 1

Les trois degrés

En cette occasion unique, s’exacerbe la pratique tout autant que les intentions d’ordre spirituel. Ramadân est en soi la parfaite démonstration que pratique et spiritualité sont intimement liées, et que l’on ne peut prétendre à l’une sans l’autre, l’argument, qui est en réalité une expérience, paraîtrait suffisant. Aussi, en ce bref rappel, proposerons-nous une méditation et une invitation à la voie médiane, l’Islam comme chacun sait. Nous envisagerons à cette fin deux célèbres hadîths de notre noble Prophète SBSL qui éclaireront notre chemin.

Partagez :

"Ô croyants, il vous a été prescrit le jeûne, tout comme il l’avait été à vos prédécesseurs. Puissiez-vous atteindre ainsi la véritable piété."S2.V183.

>Notre année ne connaît qu’une seule saison en laquelle se récoltent les
fruits de Ramadân ; qu’il nous soit donné d’en connaître la suave douceur. Mais
les mots sont tel les vêtements, ils habillent ou dévoile l’indécence ; ainsi
le jeûne est-il tout d’abord astreinte au silence…

>En cette occasion unique, s’exacerbe la pratique tout autant que les
intentions d’ordre spirituel. Ramadân est en soi la parfaite démonstration que
pratique et spiritualité sont intimement liées, et que l’on ne peut prétendre à
l’une sans l’autre, l’argument, qui est en réalité une expérience, paraîtrait
suffisant. Aussi, en ce bref rappel, proposerons-nous une méditation et une
invitation à la voie médiane, l’Islam comme chacun sait. Nous envisagerons à
cette fin deux célèbres hadîths de notre noble Prophète style='font-size:10.0pt;'>SBSL
qui éclaireront notre chemin.

>• Il serait bien assurément utile de parler de la pratique en Islam. Le
sujet est vaste, bien connu aussi, l’on ne saurait le traiter en quelques pages
si ce n’est à répéter l’évidence. Le quotidien du croyant en est le meilleur
exposé et la plus parfaite démonstration ; par la pratique il reconstruit
patiemment ce que son existence, mue par le présent inexorable, détruit : "Par
le temps. L’homme, certes, est en perdition, exception faite des croyants qui
agissent vertueusement."S103.V1-3.

>De même, traiter de la spiritualité permettrait de parcourir des
horizons aussi larges qu’élevés mais de telles étendues ne se prêtent guère aux
cartes postales. Nous ne citerons qu’une sentence sans appel attribuée à Dâwûd
ibn Bâkhilâ class=MsoEndnoteReference>[i]
 : "Qui parle du soufisme n’est pas
un soufi. Vivre le soufisme est en être absent."

>•De manière bien plus immédiate et concrète, nous nous attacherons donc
à préciser les rapports entre la pratique et la spiritualité. Surgit un premier
antagonisme : la pratique est aisée à préciser en forme et en quantité mais la
spiritualité est matière improbable. De fait, il est donc préférable de
concevoir l’une et l’autre en un système de relations, comme deux lumières
éclairant respectivement le champ d’action de l’autre, les séparer plonge alors
ces deux domaines dans l’obscurité. Ainsi, à l’évidence, une pratique dénuée de
toute spiritualité ne serait que sécheresse stérile, un désert, une
spiritualité sans pratique ne serait qu’un discours vide de réalité, un néantmystique.

>En Islam les liens intrinsèques entre la spiritualité et la pratique
sont indissolubles, nous allons le démontrer, et ce serait tout autant un faux
problème qu’un faux débat que de vouloir argumenter de l’une contre l’autre.
Toutefois, la problématique est ancienne, et certains courants prétendument
soufis ont, au nom de la supériorité de la spiritualité, transgressé la
pratique de l’islam. Ibn Khaldûn, name="_ednref2" title="">[ii]
par exemple, a dénoncé le charlatanisme de son époque et l’intérêt de son
témoignage n’est pas seulement d’ordre anthropologique ou strictement
historique. L’orthodoxie et l’orthopraxie furent cependant la règle,
l’hétérodoxie et l’abandon de la pratique ou l’adoption de rituels étrangers à
l’Islam furent l’exception.

>Cependant, sous l’influence d’un certain esprit de fusion spirituelle

 sous produit mystique et mystifiant de la mondialisation- on assiste
actuellement à l’éclosion d’un mouvement de pensée prônant une spiritualité
musulmane sans les contraintes de la pratique. Observons que ce même phénomène,
né des décombres de la destruction du fait religieux en Occident, tend aussi à
influencer les "études" coraniques.

>Aussi, nous propose-t-on régulièrement de remiser au placard de notre
histoire une bonne part des versets du Coran dont le prétendu archaïsme ne
pourrait s’accorder à une toute autant prétendue modernité. Prenons garde à ces
deux coquilles vides, dont les seules âmes sont le vent d’une plage inhabitée.
Le débat a donc quelques raisons d’être réactualisé.

>Loi des excès et des contre-réactions, des tendances sectaires
contemporaines ont propension, on ne sait par quel faux littéralisme aussi sec
qu’obtus, à vouloir condamner toute spiritualité en Islam. Prétexte : bon
nombre de pseudo soufis ou mystiques ont délaissé les commandements de la religion…c’est
prononcer la sentence sans avoir tenu procès.

>A moins que d’avoir le cerveau aussi sec que le cœur il n’ y a rien
dans les textes, Coran, Sunna et propos de tous les grands ulémas, qui
permettent de rejeter la spiritualité en Islam. Ibn Taymyya, référence
opposable de ces même laudateurs de l’islam "matérialiste", pour ne
citer que lui, a dit au sujet de l’attachement des soufis au Coran et à la
Sunna : "Les véritables cheminant en
Dieu ne se sont jamais écartés des ordres et des interdits de la char’ia
." class=MsoEndnoteReference>[iii]

>Dans ce jeux d’antagonisme il apparaît alors bien difficile de trouver
la voie médiane indiquée par Dieu et son Prophète style='font-size:10.0pt;'>SBSL,
les controverses ne sont point propices à la réflexion sereine et les vents
contraires, plus que d’autres, ne fécondent que misère…

>• Si tant est qu’il y ait à prouver qu’une accusation mensongère soit
infondée, les deux hadîths annoncés répondront sans ambiguïté à l’ensemble de
la problématique en indiquant avec précision les rapports entre la pratique et
la spiritualité.

I-
Un des hadîths, des plus fameux qu’il soit, nous renseigne quant à trois
composantes de la religion ou, plus précisément, trois degrés de la relation à
Dieu par l’Islam. Il nous permettra d’approcher des définitions essentielles de
la pratique et de la spiritualité et d’indiquer les liens qui les unissent.
Nous en donnons une traduction littérale résumée au thème de notre réflexion class=MsoEndnoteReference>[iv]

 :

Un homme tout de blanc vêtu et
à la chevelure de jais interrogea le Prophète en ces termes
> :

"…Ô Muhammad, informe moi
au sujet de
l’islâm. Le Messager de Dieu SBSL répondit : " L’islâm est que tu attestes qu’il n’ y
a de dieu que Dieu et que Muhammad est le Messager de Dieu. Que tu accomplisses
la prière, t’acquîtes de la zakât, jeûnes Ramadân et fasses le Pèlerinage de la
Demeure si tu en as la possibilité. "Il dit alors : " Tu dis
vrai." Nous fûmes étonnés qu’interrogeant le Prophète il pût le confirmer.

"Informe moi au sujet de l’îmân >, la foi." Il dit : "C’est que tu crois en Dieu, Ses Anges,
Ses Livres, Ses Messagers et au Jour Dernier. Que tu crois aussi aux arrêts du
Destin, qu’ils soient bons ou mauvais." : "Tu dis vrai."

 

Informe moi au sujet de alihsân, la vertu."Le Prophète répondit : "Cela
consiste à ce que tu adores Dieu comme si tu le voyais car, si tu ne le vois
pas, sache qu’Il te voit."

…C’était Gabriel venu vous
enseigner votre religion."

>Le Prophète SBSL, en ces réponses
synthétiques, a parfaitement systématisé les trois constituants de la religion,
l’Islam avec une majuscule :

1- L’islâm >, ici avec une minuscule, est littéralement la soumission à Dieu. Il s’agit de la reconnaissance de l’unicité de
Dieu et de la prophétie de Son Messager et de l’acceptation de quatre pratiques
fondamentales : Prière, Ramadân, Zakât, Hadj. On constate que cette attestation,
shahada, est dès l’origine corrélée
indissociablement à une pratique rituelle minimale mais irréductible.
Soumission et obéissance étant liées l’on peut donc qualifier l’islam d’obédience à Dieu ce qui, sous un autre aspect, se dirait abandon à Dieu. Notons que le Prophète style=';'>SBSLa soigneusement mesuré les termes
employés et que "attester qu’il n’ y
a de dieu que Dieu"
, mode principalement verbal, diffère d’une
allégeance de foi ou de croyance. Ajoutons que le substantif de islâm est muslimun, soumis au sens
littéral et général, et musulman en
son application spécifique et courante.

>2- Al îmân, est la foi en Dieu, en Ses Anges, Ses Livres,
Ses Messagers, au Jour Dernier et en la détermination par Dieu de toutes choses
bonnes ou mauvaises. Si la shahada
est un engagement formel, la foi,
elle, relève de l’intime de l’âme. Elle est une certitude non intellectuelle,
une adhésion relative à des éléments appartenant au non-manifesté, l’insondable
ou ghayb.

>Elle est pur don de Dieu qui s’en attribue l’origine : "Telle
est la Guidée de Dieu par laquelle il dirige de Ses serviteurs qui Il veut
…"S6.V88.
Ainsi, la foi provient de Dieu et ramène à Dieu. Le
substantif de îmân est mu’minun, que l’on traduit couramment
par croyant.

>On trouve confirmation de la différence essentielle entre attester de
l’islâm, être musulman, et le fait
d’être croyant à la lecture du
verset suivant : "Des Bédouins ont dit : "Nous croyons (âmannâ)." Réponds leur : "Vous ne croyez
pas encore. Dites plutôt : "Nous nous sommes soumis
(aslamnâ)." car la foi (îmân) n’a pas encore pénétré vos cœurs. Mais si
vous obéissez à Dieu et à Son Messager toutes vos actions vous seront tout de
même comptées car Dieu est Pardonneur et Miséricordieux."S49.V14.

>D’aucuns prétendraient qu’en ce hadîth essentiel la foi n’est pas
assujettie en apparence à des pratiques particulières, elle serait donc comme
un degré supérieur dont les bénéfices et les contraintes diffèrent de ceux
imposés par la simple attestation, la shahada,
l’islam de base en quelque sorte. Nous avons là une première déviation dont
l’énoncé même n’appartient pas à l’enseignement de Dieu en Sa Révélation. Si
croire est réactualiser individuellement le pacte initial que Dieu fit
contracter à l’humanité, name="_ednref5" title="">[v]
ce n’est point pour autant une simple reconnaissance de cœur.

> En effet, le pacte de foi ainsi
contracté reste assujetti à la pratique : "A ceux qui s’acquittent du pacte de
Dieu
, tiennent leur engagement, respectent les liens ordonnés par
Dieu, craignent leur Seigneur, redoutent le Compte douloureux, supportent avec
constance désirant en cela la Face de leur Seigneur, prient, dépensent
discrètement ou ouvertement de ce que nous leur avons octroyé, répondent au mal
par le bien, à ceux-là il reviendra la Demeure finale."S13.V20 à 22.

Ce que résume la célèbre sentence : "La foi n’est en rien apparence, elle ne consiste pas non plus en
un simple espoir, mais elle est ce qui s’enracine dans le cœur et que les actes
confirment."
" class=MsoEndnoteReference>[vi]

>3- Al ihsân que l’on traduit régulièrement par perfection ou excellence
signifie étymologiquement bienfait ou
bienfaisance. Le substantif muhsin
désigne un vertueux ou un bienfaisant bien plus qu’unparfait
ainsi préférons-nous présentement traduire ihsân par vertu. En religion, cette qualité indique l’effort mis au service
du respect des règles et des lois morales.
Le Prophète SBSL, en ce hadîth,
nous en propose une définition forte : "La
vertu consiste à ce que tu adores
Dieu comme si tu le voyais car, si tu ne le vois pas, sache qu’Il te
voit."
Adorer Dieu comme si on le voyait est l’indication de proximité
maximale et, concernant l’adoration, le degré maximum ontologiquement possible
ici-bas tel que l’indique le conditionnel comme
si

>La vertu, al ihsân, est
ainsi fortement corrélée à la piété révérencielle, at-taqwâ, laquelle revêt d’autant plus d’intensité que l’on est
proche de Dieu. Les bénéfices spirituels de ce degré d’adoration sont indiqués
en un verset célèbre : "A ceux qui agissent vertueusement (lilladhîna
ahsanû) il revient la plus belle part (al husnâ) mais, bien plus
encore, une attribution supplémentaire
(wa zyyâda).
Plus aucune indignité n’assombrira leurs faces. Tels
sont les hôtes du paradis, éternellement." S10.V26
.

>La récompense de la recherche de la proximité est l’illumination de la
"face" de l’être puis la contemplation de la "Face" de
Dieu. Cette assurance provient du Prophète SBSL lui même qui
nous a offert la clef interprétative de l’expression wa zyyâda que nous avons traduit au plus précis par : "mais,
bien plus encore, une attribution supplémentaire."
. En effet,
après avoir récité ce verset il fit le commentaire suivant : "…Dieu après vous avoir donné le
Paradis voudra encore vous récompenser…Il soulèvera alors le voile qui
s’interposait entre Lui et ses créatures, et rien de plus sublime que de Le
contempler."
name="_ednref7" title="">[vii]
Cette contemplation directe de Dieu est donc un surplus spécifique à l’au-delà,
en notre réalité subsisteront toujours des "voiles".

• Islâm >, îmân, ihsân, la graduation
spirituelle est évidente, la relation à Dieu est toutefois en ces trois stades
de nature différente. L’islâm est
soumission, la foi est respect de
l’engagement et la vertu est
adoration dans la proximité. Il s’agit donc d’une hiérarchisation où chaque
élément n’est jamais inférieur mais connaît en l’autre un complémentaire et une
continuité.

>Nous avons vu que le premier et le second étaient directement corrélés
à la pratique et que le troisième n’est en aucune manière une spiritualité
dénuée d’effort et d’action. De plus, le Prophète SBSL a clairement
précisé "La vertu consiste à ce que
tu adores Dieu"
or l’adoration est actes de piété et pratiques
rituelles. La spiritualité est donc entièrement dépendante d’une progression
harmonieuse selon ces trois étapes mais, à aucun moment, il n’est concevable qu’elle
puisse se désolidariser des précédents. Retirez un barreau à cette échelle et
elle s’effondre sur elle-même.

II-
Le deuxième hadîth est tout aussi connu et essentiel que le précédent. Si l’on
considère que al ihsân est entièrement tourné vers la réalisation supérieure, la
proximité de Dieu implique une action plus encore vertueuse. Celui qui chemine
vers Dieu ne peut se limiter à l’obligatoire, al fard, mais doit s’astreindre plus que quiconque aux actes
surérogatoires, an-nawâfil.

>Al Bukhârî a rapporté d’après Abû Hurayra le hadîth qudsî suivant :
Dieu, qu’il soit exalté, a dit :
"Qui fera montre d’hostilité envers un de mes amis, waly class=MsoEndnoteReference>[viii],
je lui déclarerais la guerre. Mon serviteur ne se rapprochera de Moi par aucune
action qui ne Me soit plus agréable que l’accomplissement de ce que je lui ai
prescrit,
fard. Et par l’accomplissement des actes
surérogatoires,
nawâfil, il ne cessera de se rapprocher de Moi
jusqu’à ce que je l’aime…"

>L’ordre des termes est clair : l’agrément de Dieu passe d’abord par la
pratique du fard, comme un prérequis
indispensable, puis le rapprochement est fonction de l’effort surérogatoire.
Enfin, l’amour de Dieu envers Son Ami est la récompense de cette dure voie
ascensionnelle.

>La verticalité dans la relation à Dieu ne peut se concevoir sans le
soutien d’une base solide et stable. Bien plus, Al Ghazali centra son œuvre
maîtresse sur cet axe, il n’y a de pratique qui ne contienne en elle même un
moyen de progression spirituelle. La spiritualité est donc la recherche de l’amour
de Dieu par l’amour de Dieu selon une voie établie et structurée par la
pratique, cette quête ne peut rester de l’ordre du sentiment. Dire que l’Islam
est essentiellement spiritualité n’est donc pas une élévation mais une
réduction. Affirmer que l’Islam est uniquement une pratique est prétendre que
le désert puisse donner vie.

>On attribue à l’Imam Mâlik name="_ednref9" title="">[ix]
une sentence résumant parfaitement le propos : "Qui s’applique à la Voie sans suivre la Loi commet acte
d’impiété. Qui respecte la Loi sans connaître la Voie fait acte
d’ignorance."

>• Par pratique il faut bien évidemment entendre l’ensemble des
obligations rituelles, des injonctions coraniques, et des recommandations de la
Sunna authentifiée. Cette orthopraxie ne peut se concevoir sans ce qui l’habille
de sens et de beauté, le bon comportement ou le bel agissement. Le Prophète style=';'>SBSL > a dit : "La piété c’est le
bon comportement."
name="_ednref10" title="">[x]
Et aussi : "Je n’ai été suscité que
pour parfaire les plus nobles caractères." href="#_edn11" name="_ednref11" title="">[xi]

>A ce propos on a dit : "La
spiritualité n’est que bon comportement. Quiconque te surpasse en comportement
te surpasse en spiritualité."

>• Il y a donc nécessité à rejoindre la voie du milieu, celle de
l’équilibre entre la Loi et la Voie, celle de l’équilibre entre le coeur et la
raison, entre la vie et la mort, entre la présence et l’absence, la réflexion
et l’action. Le différentiel entre la raideur et la faiblesse s’appelle la
souplesse, tout comme la différence ente bêtise et intellectualisme est
intelligence. La juste voie médiane cherche donc à accorder l’intelligence du
coeur au cœur de la raison.

>Il n’y a aucune opposition, pas plus qu’il ne peut y avoir de
séparation, entre le respect de la pratique et la spiritualité. Toutes deux
sont lumières éclairant la voie du retour vers Dieu. Toutes deux sont
indispensables à l’harmonie du croyant. Nul ne peut prétendre à la spiritualité
en négligeant les obligations et les actes surérogatoires et nul ne peut
prétendre adorer Dieu sans spiritualité.

>Qu’il me soit donné l’occasion de souhaiter à toutes et à tous un
Ramadân de lumière.



name="_edn1" title="">[i]Shaykh Shâdhilî du VIIIèmesiècle de l’Hégire.

name="_edn2" title="">[ii] > Al Muqaddima. XVII. fî ’ilmi-t-tasawwuf.

name="_edn3" title="">[iii] > Extrait de majmû’u fatâwâ Vol X, p 516.

class=MsoEndnoteReference>[iv] > Il s’agit du hadîth dit de Gabriel, transmis par Umar et rapporté dans
cinq des six Sunan. Il est le deuxième hadîth mentionné par An-Nawawî dans son
célèbre recueil. Ici selon la version donnée par Muslim, le texte intégral est
assez long et bien connu de tous, il n’est pas nécessaire que nous le citions
intégralement.

class=MsoEndnoteReference>[v] > S7.V172. "Lorsque ton Seigneur prit
des reins des fils d’Adam leur descendance et les fit témoigner sur eux-mêmes :
" Ne suis-je point votre Seigneur ?" Ils répondirent :
"Certainement, nous en attestons." Ceci afin qu’au Jour de la Résurrection
vous ne disiez : "Nous ignorions cela."

name="_edn6" title="">[vi] > Sagesse attribuée à Al Hasan
le petit fils du Prophète SBSL selon une voie de
transmission en mode unique, ahâd,
et bien trop souvent citée comme étant une parole du Prophète
style=';'>SBSL >.

name="_edn7" title="">[vii] > Hadîth authentifié rapporté
par Ibn Hanbal, Muslim, At-Tirmidhy et An-Nisâî’.

name="_edn8" title="">[viii] > Waly signifie tout à la fois,
ami, allié, saint.

name="_edn9" title="">[ix] > Cité par l’Imâm Malâ Ali al Qârî sans chaîne de garants.

href="#_ednref10" name="_edn10" title=""> >[x] > Hadîth rapporté par Muslim.

class=MsoEndnoteReference>[xi] > Hadîth authentifié rapporté par Al Hâkim.

Publicité Oumma Media

Commentaires

X
0 points

Bon Ramadân à vous, Dr Al ’Ajamî ! Merci pour ce texte qui m’inspire les réflexions suivantes :

Dans votre commentaire en 3- Al ihsân, très clair et où l’on progresse mieux en effet qu’en collectionnant des cartes postales, vous qualifiez curieusement "comme si" de "conditionnel". Il doit y avoir eu erreur ou inattention, car "comme si" n’est pas un conditionnel, il ne l’est pas grammaticalement, mais il ne l’est surtout pas en cette circonstance de la vision divine. Ce n’est pas une condition, c’est proprement la mise en place du mécanisme (psychique) qui permet (ouvre la voie à) l’adoration. Le "comme si" est au coeur du mécanisme, il n’en est pas extérieur comme le serait une "condition". Le "comme si" est l’élément central de l’adoration. Le stade suprême de l’adoration est décrit par ceux qui l’ont atteint comme, justement, celui où lorsque "Il te voit", Dieu se contemple Lui-même.

Ensuite, énoncer que "l’adoration est actes de piété et pratiques rituelles", parler ensuite de "prérequis", contredit tout ce qui venait d’être dit au paragraphe 3- Al ihsân. Aussi cela m’est totalement incompréhensible. Et comprenez bien que je ne critique en aucune façon que Islâm, îmân, et ihsân doivent se tenir ensemble, mais simplement que l’adoration n’est pas "actes de piété et pratiques rituelles", que l’adoration est un acte libre et totalement détaché du quelque rituel que ce soit, et que le "fard" n’est pas prérequis, que dire qu’il y aurait un "prérequis" à l’adoration est tout ce qu’il ne faut pas prétendre, il ne s’agit pas de les opposer, cela n’a rien à voir, ce ne sont pas les mêmes temps.

X
0 points

"Qui parle du soufisme n’est pas un soufi. Vivre le soufisme est en être absent."

L’Amour de Dieu

La vie, life, la vida
A tourné le dos à Dalida,
Qui n’avait pu avoir
Assez d’espoir
Pour attendre l’amour et la paix.
Mais la vie n’est pas si avare
Pour ceux qui tendent leur regard
Vers le ciel,
Là où Dieu tend sa main aux pieux
Auxquels il révèle
Le chemin de la tranquillité
Qu’ils doivent emprunter
Tous les soirs et tous les matins
En toute simplicité.
Il faut être sage
Pour voir les rivages
Du bonheur divin
Que ressentent les pieux, jeunes et vieux,
Tous les soirs et tous les matins.
A quoi bon penser au regard de l’autre
Quand on suit la voie de Dieu et de l’apôtre ?
Dieu aime tous les hommes et toutes les femmes
Qui ont dans leur âme
L’Amour de Dieu.

http://mohamed.ali.over-blog.com/article-27720251.html

X
0 points

réponse à waglioni,

à votre premier commentaire : Même si il est vrai que je ne vois pas de conditionnalité dans l’acte d’aimer et que le "comme si" est partie inhérente du processus d’adoration, je crois qu’on ne peut pas pour autant - sans contrevenir fortement avec le message coranique- affirmer qu’à son stade ultime Dieu puisse se voir Lui-même en contemplant sa créature. Ni le coran (la seule parole de Dieu reconnue) ni la tradition prophétique ne l’affirme nommément. A ce stade ultime, ceux qui l’ont vécu peuvent au mieux avoir l’impression d’une fusion/union entre leur soi (l’amant) et l’objet de leur dévotion (l’Aimé). Ce dernier en tant que sujet, ne dit pas qu’il se voit dans sa créature comme dans un mirroir. Cependant il énonce, dans le coran de manière explicite Ses conditions pour aimer en retour ( il suffit de s’aquitter des obligations religieuses et de s’addonner aux prières surrérogatoires et au dikhr).

à votre second commentaire : à trop vouloir essentialiser l’ihsan, ne croyez vous pas que vous prennez le risque de vider la spiritualité de sa réalité ontologique telle que décrite dans le coran et de la sorte vous n’entriez dans ce que le Dr Al ’Ajamî désigne par le terme "néant mystique" ?

X
0 points

que la paix soit avec vous Dr Al ’Ajamî,bonne leçon sur l’islam avec detail sur les hadiths et bon tafsir,bien c’est bien.on n’en aprend jamais assez meme si on en connait un bout.

X
0 points

Je peux parfois m’exprimer maladroitement, mais je n’aurais jamais commis cette phrase, que

« à son stade ultime Dieu puisse se voir Lui-même en contemplant sa créature »

J’ai écrit, reprenant la citation que fournit notre cher Dr Al ’Ajamî :

« Le stade suprême de l’adoration est décrit par ceux qui l’ont atteint comme, justement, celui où lorsque "Il te voit", Dieu se contemple Lui-même. »

Ce qui n’est pas du tout la même chose. Il est outrageant de se voir ainsi déformer ses propos. L’idée que Dieu puisse "contempler" sa créature est une absurdité et elle n’est pas de moi (Dieu merci, puis-je dire !). Cette image pour décrire ce que peut être le "stade ultime", n’est bien sûr qu’une image. On peut lui préférer cette autre, du très cher Ghazali, le vrai, Ahamad Ghazali (il s’agit du jeune frère de l’autre Ghazali, Abû Hamid, grand favori des auteurs de Oumma.com) :

«  Lorsque l’amour existe réellement, l’amant devient la nourriture de l’Aimé. ce ne peut être l’Aimé qui est la nourriture de l’amant, car l’Aimé ne peut être contenu dans la capacité de l’amant. (...)
Le papillon qui est devenu l’amant de la flamme a pour nourriture, tant qu’il est encore à distance, la lumière de cette aurore. C’est le signe avant-coureur de l’illumination matutinale qui l’appelle et qui l’accueille. Mais il lui faut continuer de voler jusqu’à ce qu’il se rejoigne. Lorsqu’il y est arrivé, ce n’est plus à lui de progresser vers la flamme, c’est la flamme qui progresse en lui. Ce n’est pas la flamme qui lui est nourriture, c’est lui qui est la nourriture de la flamme. Et c’est là un grand mystère. Un instant fugitif, il devient son propre aimé (puisqu’il est la flamme). Et sa perfection, c’est cela.
 »

On peut observer ce phénomène avec une étoupe de coton et en l’approchant d’une flamme : l’étoupe s’enflamme à distance : on reconnaît bien là un véritable soufi, au fait qu’il est capable de parler d’amour divin en termes de physique amusante !

Ensuite je ne vois pas en quoi aborder ce genre de question revient à en essentialiser le domaine. Mais à propos, d’alihsân et d’adoration, je préfèrerais parler de "rapprochement", ce que suggère bien l’image du papillon.

X
0 points

réponse a waglioni (véritable soufi) :
Abu Bakr cheminait avec quelques disciples. Le Cheikh allait devant, assis sur son baudet. Les autres étaient à pied. Comme ils allaient ainsi, l’âne lâcha un pet. Emoi, surprise d’Abu Bakr. Il poussa un cri éperdu, il se déchira la chemise, la face au ciel, extasié. Ses disciples déconcertés, les sourcils hauts, se regardèrent. L’un d’eux osa lui demander :

  •  « Maître, que vous arrive-t-il ? Un âne pète et Dieu vous vient ? L’air nous manque, expliquez-nous vite ! »

    Il répondit :

  •  « Mes chers enfants, comme nous allions sous la brise, l’âme en paix et le corps aussi, je pensais : « Je chevauche en croupe, bien au chaud dans mon grand manteau, mes disciples sont là autour, trottinant au plus près de moi. Ils sont discrets, ils me respectent, ils se disputent le plaisir de tenir la bride de l’âne. Décidément, je suis quelqu’un. Je suis un cheikh considérable, autant estimé du Seigneur que le bien-aimé Bayazid. Voilà comment, le jour venu, j’entrerai dans la haute gloire de la résurrection des saints ! » Comme je me disais cela, l’âne péta. Réponse juste à ma litanie d’âneries. J’en fus soudain extasié. »

    Plus tu te gonfles d’importance, plus s’éloigne la vérité. Ecrase donc tes boursouflures, renvoie ton âme à ses bas-fonds, elle n’est qu’une hyène affamée. Un jour tu fais le fier-à-bras, un autre jour le saint ermite, c’est selon la couleur du temps. Un pharaon est à l’affût derrière chacun de tes poils ! Tant que te restera un grain de cette absurde vanité qui te pousse à hausser le ton quand tu ferais mieux de te taire, tu seras séparé de Dieu par milles montagnes gelées. Reste fat, satisfait de toi, et tu seras considéré, dans le monde des âmes nues, comme un ennemi de la vie. Abats les murs de ta prison, et même au fond des pires nuits tu seras vêtu de lumière. Le diable est en toi, sache-le. Dès que tu dis « moi je », il sort.

  • X
    0 points

    sayfodine, je ne me prends pas pour un soufi, véritable ou non. J’ai écrit que Ahamad Ghazali (le frère de l’idole des auteurs qui publient sur Oumma.com) l’était. Alors rentrez donc en vous même vos sarcasmes, vous devez en avoir besoin pour vous guérir de la morgue et de votre goût pour la pétomanie.

    X
    0 points

    Désolé pour la confusion il me semblait que la démonstration physique amusante dont il était question était liée à l’étoupe de coton. Démonstration dont vous êtes - à vous lire - l’auteur.

    Mon dernier poste ne se voulait pas désobligeant. Si vous l’avez pris de la sorte sachez que j’en suis sincèrement désolé. C’était peut être juste une invitation à plus de retenu voir d’humilité dans vos affirmations. car à mes yeux le dialogue que j’appelle de mes voeux devrait être plus ouvert et respectueux des points de vue de chacun.

    Sur le fond, votre avant-dernier poste a été pour moi l’occasion de mieux appréhender ce que Vous vouliez dire en décrivant le stade ultime de l’adoration divine. Cependant, j’ai encore beaucoup de mal à comprendre en quoi le fait de considérer l’Islam et L’imane comme un prérequis pour accéder à l’Ihsane vous pose problème. A l’avance merci pour votre réponse

    X
    0 points

    Oui, enfin, sayfodine, le coton n’est qu’une traduction à l’usage de ceux qui n’ont pas la chance (au sens probabiliste) d’observer un papillon s’approchant d’une flamme d’assez près. Pour Ahamad Ghazali (le frère de l’idole des auteurs qui publient sur Oumma.com), le papillon et la flamme sont d’observation presque courante, et c’est donc une expérience de physique amusante de son temps. Et c’est bien, peut-on dire par boutade, en cela que l’on reconnaît un "véritable soufi", qu’il puisse parler de l’amour divin en termes de physique amusante. Est-ce assez clair ?

    Maintenant je vous retournerai simplement la question : considérez-vous que poser quelque requis préalable au mouvement de rapprochement d’avec Dieu ne pose aucun problème ? L’amour peut-il se décommander si l’on n’a pas respecté telle ou tel disposition "prérequise" ? Excusez-moi d’être aussi direct, mais la réponse tombe sous le sens.

    Par contre, et peut-être ne nous comprenons-nous pas, il est certain que certaines disposition (de préparation mentale ou physique) puissent faciliter ou au contraire rendre plus difficile l’expérience. Mais il ne me semblait pas que ce fût cela que l’on entendait par "prérequis". Enfin, à chacun selon ses capacités (sans qu’il y ait une échelle de valeur pour comparer ces capacités).