Nouveau gala en faveur de l’armée israélienne

Nous apprenons avec stupéfaction qu’après les galas tenus à Paris pour l’armée de l’air israélienne

lundi 3 janvier 2005

PARIS, le 31 décembre 2004

M. Dominique de VILLEPIN
Ministre de l’Intérieur
Place Beauvau
75008 PARIS

OBJET : Armée israélienne à Paris

Monsieur le Ministre,

Nous apprenons avec stupéfaction qu’après les galas tenus à Paris pour l’armée de l’air israélienne, puis pour le bien être du soldat israélien afin de financer des aires de repos pour les soldats et leur famille sur des terres confisquées aux bédouins du Néguev, c’est à nouveau à Paris, au Bataclan, qu’est organisé par le groupe Migdal un Gala qui accueillera le 12 janvier la Police des frontières israélienne " Magav ". Il s’agit là d’un corps de l’armée israélienne particulièrement redoutable - appelé avec cynisme par le titre du gala : " les soldats de la paix " - il sévit au coeur des territoires occupés palestiniens et fait subir violences et humiliations quotidiennes à la population civile palestinienne sur les quelques 750 barrages qui entravent la liberté de circulation de toute cette population, enfermée entre les enclaves dessinées par le mur.

Nous sommes indignés qu’une telle manifestation de soutien direct à une armée étrangère d’occupation qui viole toutes les conventions internationales et les droits humains le plus élémentaires puisse se tenir avec votre approbation dans une ville comme Paris, dans un pays comme la France, et cela en contradiction flagrante avec la politique déclarée du gouvernement français. Un tel événement constitue une véritable provocation pour tous ceux qui sont concernés par l’injustice et la violence exercée contre un peuple qui ne réclame que son droit. De telles manifestations ne peuvent que provoquer des sentiments antijuifs en laissant entendre que les Juifs dans leur ensemble soutiennent ce genre de manifestation, d’autant que le grand rabbin de Paris fait partie des invités d’honneur.

Notre sensibilité à toute discrimination nous oblige à souligner de plus que de nombreux événements pacifiques de soutien ou d’information sur la population palestinienne, festival de cinéma, projections ou débats publics, ont été interdits sur le territoire national sous prétexte d’un trouble à l’ordre public totalement théorique et non avéré (parfois sur un simple courrier). Il nous semble évident que c’est la politique du " deux poids deux mesures " pratiquée par les institutions françaises dans ce domaine qui est de nature à troubler l’ordre public, et à aggraver les tensions entre citoyens français en favorisant un vif sentiment d’injustice.

Nous vous prions de croire, Monsieur le Ministre, dans l’expression de notre plus haute considération.

Richard WAGMAN

Président, UJFP

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