Mercredi 19 June 2013
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Non au hold up électoral de l’islam de France !

Non au hold up électoral de l’islam de France !
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Faute de répondre aux préoccupations réelles des citoyens, la stigmatisation et la quête du bouc émissaire sont devenues monnaie courante dans la bouche de certains politiques, ou autres thuriféraires d’une démagogie soporifique.

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Faute de répondre aux préoccupations réelles des citoyens, la stigmatisation et la quête du bouc émissaire sont devenues monnaie courante dans la bouche de certains politiques, ou autres thuriféraires d’une démagogie soporifique.

Face aux problèmes croissants des citoyens - emploi, logement, accès aux soins, retraites… - on préfère détourner l’attention en divisant, en suscitant la méfiance de tous envers tous : les jeunes, « tous des racailles » ; les immigrés, « tous des délinquants » ; les Gens du Voyage, « tous des fauteurs de trouble » ; les Roms, « tous des fraudeurs » et aujourd’hui, bien placés dans ce triste palmarès à la Machiavel, les musulmans, « tous des envahisseurs ou citoyens inassimilables, coupables et responsables des nombreux maux de notre société ». Nous pensons que la France et les Français, dans toute leur diversité, méritent mieux qu’une logique de haine. Nous croyons que la République est la République de tous les Français.

Nous sommes convaincus que la laïcité et la citoyenneté ne sauraient être confisquées à des visées purement électoralistes, en jetant l’opprobre sur plusieurs millions de nos concitoyens de confession musulmane. A l’instar de l’antisémitisme et du racisme, l’islamophobie, avec son lot quotidien de stigmatisation, de violences verbales et physiques, de profanation de lieux de culte, de cimetières… n’est pas une opinion, c’est un délit !

Pratiquée par des politiciens de tous bords, confortés par certains médias peu scrupuleux de la déontologie élémentaire, l’islamophobie, au nom de la liberté d’expression, ne saurait être réduite à un créneau politique porteur à l’approche d’échéances cruciales pour notre pays. La rupture que certains prônent, sous prétexte qu’il faut affronter « les sujets qui fâchent », constitue une imposture intellectuelle en plus d’un danger pour la cohésion nationale : la chasse sur le terrain des idées frontistes et le silence complice ou embarrassé d’une certaine classe politique sont le terreau de la mise à mal de nos valeurs républicaines.

Aujourd’hui, ce sont les valeurs d’Egalité, de Fraternité et de Liberté qui se débattent sur le terrain de l’inimitié et de la phobie du musulman. Mesdames et Messieurs les élus, responsables politiques ou candidats à la Magistrature Suprême, ce sont nos valeurs républicaines qui sont aujourd’hui remises en question par des discours haineux et des postures irresponsables qui minent notre vivre-ensemble et sapent la cohésion nationale. Les apprentis sorciers de la politique aux relents populistes, les discours extrémistes et les anathèmes à l’endroit de plusieurs millions de nos concitoyens mettent à mal le contrat social républicain et n’honorent pas la Politique : il est urgent, aujourd’hui plus qu’hier encore, de redonner à cette dernière ses lettres de noblesse.

Les musulmans de France représentent une composante importante de l’identité française d’aujourd’hui et la diversité fait partie du paysage sociologique français, de facto, multiculturel. En mettant l’accent sur un islam tombant sous une présomption d’incompatibilité avec nos valeurs républicaines, certains confortent la surenchère fantasmatique qui nourrit les peurs et alimente un climat de xénophobie et d’islamophobie ambiants dans notre beau pays.

L’islam ne saurait être pris en otage par des manoeuvres politiciennes quelconques, et encore moins céder aux rites sacrificiels sur l’autel des logiques électoralistes et des discours politiciens peu scrupuleux. Les musulmans de France ne sauraient être relégués dans un vulgaire « thème de campagne » des prochains scrutins nationaux : la division et la diversion ne sauraient suppléer une politique, cette Politique au service de l’Homme que nous appelons de nos voeux.

La République doit reconnaître tous ses enfants car tous, dans leur altérité et leur diversité, sont légitimes. Apporter des réponses politiques aux inquiétudes légitimes des Français (emploi, mal logement, insécurité, précarité…), promouvoir le vivre-ensemble, la citoyenneté, voire la fraternité qui fait tant défaut aujourd’hui, voilà les priorités auxquelles tout responsable politique doit s’atteler. Et si le véritable enjeu des prochaines échéances était le respect des droits et des libertés, des principes d’égalité de tous sans distinction devant la loi et d’égale dignité de la personne humaine ? Et si le vrai changement espéré passait par la promotion d’une politique de rupture au service des citoyens ?

Mesdames et Messieurs les Serviteurs de la Nation, il est impérieux d’agir contre ce nouveau fléau qui mine les fondements de notre vivre-ensemble. Il est tout autant urgent d’agir afin d’éviter que l’islam de France ne soit victime d’un quelconque hold up électoral….

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Commentaires

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salam alaikoum
Ce qui est malheureux c’est de ne pas lire ce genre d’articles dans notre presse nationale. A défaut, il serait mieux d’envoyer ces articles sous forme de lettre ouverte à tous les candidats à la magistrature suprême pour leur faire comprendre que les musulmans sont aussi des électeurs et qu’il faut enfin qu’ils prennent conscience de ça.
La seule chose qui peut faire peur à nos politiciens c’est notre union pour constituer une force, mais ce jour ou nous serons tous unis est encore trèstrès loin

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Merci pour cet article qui résume parfaitement la situation sociopolitique en France, situation qui malheureusement n’est pas nouvelle, récurrente et culmine à l’approche de chaque échéance électorale majeure. Les politiques en général ne sont pas des femmes et des hommes de convictions : la soif du pouvoir fait que la division, l’hypocrisie et la diversion sont des options qui peuvent faire la différence dans un pays en situation de crise et manquant de braves visionnaires capables de prendre le taureau par les cornes en affrontant les vrais problèmes de la société française plurielle. Nous n’avons pas fini avec la stratégie "Divide et impera" (Diviser pour régner)...

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Kamel Meziti : Et si le véritable enjeu des prochaines échéances était le respect des droits et des libertés, des principes d’égalité de tous sans distinction devant la loi et d’égale dignité de la personne humaine ?

Ouf ! Car jusque là il était surtout question de République, d’Etat, de Nation, de Contrat Social...

Kant avait très distinctement perçu l’irrationalité de ce système que recouvrent ces "mots magiques". Il écrivait, dans son "Werke", 4ème tome, :

"Une sagacité prompte à saisir les analogies qu’une imagination audacieuse sait ensuite utiliser, combinée à une grande aptitude à soulever des émotions pour un sujet toujours enveloppé de mystère (Aaah Kant et son sens de l’équilibre et de la retenue !), et qu’on fait passer pour des pensées ou tout au moins pour des allusions pleines de profondeur [...] les synonymes devenant des explications et les allégories des vérités."

Faut être bigrement sinon amoureux du moins respectueux de la vérité pour griffonner ces qques lignes en pleine période de réhabilitation du nationalisme historiciste (Fichte, le songe-creux, et Hegel, le charlatan (comme les appelait Schopenhauer) !).

M. Meziti, j’aurais aimé que vous, qui vous souciez de la dignité humaine, vous adressassiez davantage à nos consciences individuelles (ce que Hegel nommait, avec le mépris qu’on lui connaît, "la rectitude formelle"). Au lieu de ça, vous semblez nous inviter (indirectement) à ne pas désespérer en l’efficacité de ce mythe qu’est l’Etat-Nation, l’"Etat Nounou"...

Schopenhauer, certes, platonicien comme Hegel, mais dont l’intégrité ne saurait être remise en question, avait ces qques mots pour ces pseudo-philosophies (Hegel et sa philosophie de l’identité) dont il était le contemporain : " Le succès de Hegel, disait-il, marqua le début de l’âge de la malhonnêteté". Et pour ceux qui seraient tentés de dire qu’il était jaloux de son succès, Schopenhauer n’était pas le seul parmi les "pairs" à l’avoir "révoqué"...

Et nous ne sommes, visiblement, pas encore sortis de "l’ère des formules ronflantes et propagandistes"...