Non à la discrimination positive en politique !

Des militants politiques issus de l’immigration - ou de la colonisation devrais-je dire plutôt - ont fait e

jeudi 18 mars 2004

Des militants politiques issus de l’immigration - ou de la colonisation devrais-je dire plutôt - ont fait entendre leur déception de ne pas être intégrés de façon conséquente dans les listes présentées aux élections régionales. La classe politique aurait, nous dit-on, perdu une occasion de plus de rattraper son retard et de ressembler un peu plus à la population qu’elle représente. Le simplisme, mais pas seulement, a en effet réduit toute la problématique à une histoire de quotas, en somme, que l’absence de courage politique - réelle au demeurant - renverrait perpétuellement aux calendes grecques. Il manque de la profondeur à cette analyse et la crise de notre démocratie exige d’y réfléchir avec plus de rigueur et d’honnêteté.

Car nos élus, rattachés aux partis, dans leurs pratiques, forment une catégorie à part de la société française tant ils sont distants et décalés de leurs administrés. (Nous avons les élus qu’on mérite… Mais peut être qu’un sursaut de citoyenneté nous offrirait une classe politique de meilleure qualité ?) Aujourd’hui l’accentuation de l’abstention comme du vote protestataire ou extrême témoignent de cette cassure. Le désintérêt pour la chose publique qui augmente avec l’individualisme n’explique qu’en partie l’abstention. Cette cassure donc, dépasse la question de la représentativité ethnique de la population au niveau politique. Ah quoi bon ajouter un Malek, une Loubna, ou un Kofi si le fonctionnement politique et les partis ne sont pas engagés dans une révolution radicale ? Transformation qui se fixerait pour objectif de rétablir des liens et finalement de revivifier des idéaux collectifs : La république. Une république qui ne serait pas accaparée par les partis politiques à tour de rôle, pour le plus grand bénéfice de leurs familles, de leurs proches et de leurs carrières. Bien plutôt une république où les partis quels qu’ils soient, seraient, une fois au pouvoir, au service de tous les citoyens, sans distinction, que ce soit dans une ville, une région où à l’échelle de la nation. Aujourd’hui, le pouvoir, pour celui qui l’acquiert, crée des dettes envers qui ont ceux qui ont rendu possible cette accession. Pas envers les autres. De la même manière les intérêts particuliers de tel ou tel groupe (Mais qu’est-ce donc, si ce n’est du communautarisme ?) sont pris en compte dès lors qu’ils sont organisés. Gerbes de voix tendues au plus offrant, qui manifeste l’électoralisme galopant qui affecte de plus en plus notre démocratie.

Quant à la discrimination positive en politique elle a cet inconvénient fâcheux d’activer les opportunismes en agitant des postes et des situations privilégiées que s’empressent de convoiter d’ex-exclus qui ont vite assimilé les mauvaises habitudes des partis que nous dénonçons. Le produit fini est un beur de service - soumis aux injonctions de son parti à qui il doit tout- qui occulte par sa présence et la persistance des discriminations et la poursuite du médiocre en politique. Processus artificiel qui accroît l’insatisfaction au lieu de l’atténuer durablement.

Au contraire, la politique doit redevenir un milieu exigent où on n’entre pas pour un « poste »ou pour être à l’abri de la précarité matérielle, judiciaire…quand bien même ce serait pour compenser une appartenance à une population fortement ostracisée.

Ceux qui prônent aujourd’hui ces solutions se moquent de nous et nous orientent dans le chemin inverse de celui que les citoyens (je crois sincèrement, dans une démocratie, que le salut ne viendra que d’eux à condition que des hommes courageux, marchant à contre courant leur offrent des perspectives) doivent emprunter. Les abstentionnistes forment d’ailleurs une population très hétérogène et sont loin d’être tous des victimes de racisme. C’est bien qu’il faut s’interroger sur notre fonctionnement politique de manière plus globale.

Ne confondons pas les symptômes et la maladie. Si les attitudes teintées de racisme perdurent au plus niveau, c’est bien l’idéal démocratique et les valeurs qui fondent la nation qui sont foulées au pied et reniées par les responsables politiques eux mêmes.

Les français attendent l’effectivité d’un projet pour tous (n’est-ce pas cela, d’ailleurs, la République ?), qui assure une égalité, une fraternité et une liberté qui ne connaissent pas de différence selon son sexe, sa religion ou sa culture. Il ne faut plus attendre, ni s’abstenir de voter, mais imposer le respect de ces principes par une participation accrue, y compris en s’engageant en politique, mais hors des partis.

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