Nicolas Sarkozy, un agent sharonien plus irresponsable encore que le CRIF

Avec sa nouvelle provocation, mercredi à l’Assemblée Nationale, Nicolas Sarkozy a révélé qu’il était

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jeudi 29 avril 2004

28 avril - Avec sa nouvelle provocation, mercredi à l’Assemblée Nationale, Nicolas Sarkozy a révélé qu’il était non seulement le politicien ambitieux et arrogant auquel le public est désormais habitué, mais aussi et peut-être surtout -l’avenir le dira- un dangereux agitateur au service du gouvernement israélien, propagateur de haine raciale et d’antisémitisme.

Un député socialiste interrogeait Sarkozy, pour demander à ce dernier s’il avait bien respecté sa mission de ministre de l’Economie et des Finances, lors d’un récent voyage à Washington (voir notre article de la semaine dernière « L’étrange emploi du temps de Nicolas Sarkozy », sur ce même site).

De fait, et c’est sur ce point que portait l’interpellation du député socialiste : le patron de Bercy, qui est payé entre autres pour gérer le problème des dizaines de milliards d’euros du déficit budgétaire, est-il resté dans son rôle pendant ce déplacement aux Etats-Unis, où il s’est surtout montré en compagnie de la va-t-en guerre Condoleeza Rice, et du lobby busharonien dénommé American Jewish Committee (AJC) ?

Sarkozy a alors accusé, avec toute la vulgarité dont sait faire preuve le personnage, le gouvernement socialiste de Lionel Jospin d’être parvenu, en cinq ans (1997-2002) d’exercice du pouvoir « à faire croire aux Etats-Unis d’Amérique que la France était un pays antisémite ».

Evidemment, les socialistes ont mal digéré l’insulte, d’autant plus que lorsqu’ils étaient au gouvernement, ils ont eu rigoureusement la même politique sur ce dossier que leurs homologues de droite, pour le meilleur et plus souvent pour le pire.

Certes, depuis qu’il n’est plus au pouvoir, le Parti Socialiste a moins d’occasions de pratiquer le suivisme à l’égard des maîtres-chanteurs de tous poils, pour qui critiquer Israël, c’est être antisémite. Mais même dans l’opposition, de nombreux dirigeants du Parti Socialiste savent encore donner des gages à la politique israélienne.

Cela va du choix de leur future tête de liste Ile-de-France aux élections européennes, Harlem Désir, qui refuse par principe l’application du droit international quand il s’agit d’Israël, à Dominique Strauss-Kahn qui calomnie son (désormais ex-) camarade de parti Pascal Boniface, au président socialiste de la région PACA Michel Vauzelle qui se flatte de travailler avec le responsable marseillais de l’A.B.S.I. (Association pour le Bien-Etre du Soldat Israélien), et à cette ribambelle de dirigeants (de Lionel Jospin à Bertrand Delanoë) qui se sont ridiculisés, l’an dernier, aux côtés de Sarkozy et consorts d’ailleurs, dans la lamentable affaire du rabbin Farhi. On comprend alors que les parlementaires socialistes aient été sincèrement indignés par l’apostrophe du ministre.

Mais avec Nicolas Sarkozy, on change de registre. On est en effet en présence d’un homme qui déclare désormais publiquement servir, en conscience, les intérêts de l’American Jewish Committee (AJC).

Car, qui a « fait croire aux Etats-Unis d’Amérique que la France était un pays antisémite » ? Qui, sinon l’AJC elle-même, un lobby qui n’est ni juif, ni américain, en ce qu’il ne sert ni les intérêts des Juifs en général, ni ceux des Américains, ni ceux des Américains juifs, mais uniquement la politique de l’axe gouvernemental américano-israélien, incarnée aujourd’hui par le couple Bush/Sharon, et dont le peuple palestinien est la principale victime.

L’AJC, et une série d’autres officines sharoniennes, ont entrepris depuis plusieurs années de répandre du venin sur « la France », dont ils accusent en bloc les dirigeants et la population d’être antisémites. Racontant à longueur de colonnes que la France est un pays dont les habitants (de préférence s’ils sont d’origine arabe) brûlent les synagogues avec le soutien tacite de leurs dirigeants politiques, l’AJC a publiquement lancé une campagne « boycott France », pour punir son gouvernement de ne pas être à l’unisson de George Bush, tant pour le conflit israélo-palestinien que pour la guerre contre l’Irak.

L’AJC ne connaît rien à l’antisémitisme, réel ou potentiel, prévalant en France, au point que les dirigeants du lobby sharonien français, le CRIF notamment, ont bien été obligés de reconnaître que leurs amis d’outre-Atlantique « manquaient peut-être un peu du sens des nuances ». Sans vergogne, parce qu’impunie à ce jour, l’AJC ne cesse cependant d’étendre son champ d’intervention, en étant le principal organisateur d’une conférence qui se tient actuellement à Berlin, sur le thème de « L’antisémitisme en Europe ».

Et ce sont ces gens-là que Sarkozy reconnaît comme juges de la situation. Hilare, il va même jusqu’à se féliciter d’avoir reçu une « récompense » (le « Prix de la tolérance ») de la part de l’AJC ! Ce faisant, le ministre apporte de l’eau au moulin du véritable antisémitisme. Car il accrédite, dans le public, l’idée qu’il y a des forces « juives », étrangères de surcroît, qui sont assez puissantes, bien que largement occultes, pour dire à un ministre ce qu’il doit dire et faire, quand et comment.

Pour autant, Sarkozy n’a apporté mercredi qu’une preuve supplémentaire de son mépris de toute vérité, et de toute légalité, dès lors que les intérêts de la politique israélienne sont en jeu.

Car, comme ministre de l’Intérieur (jusqu’à fin mars 2004), Nicolas Sarkozy a franchi dans ce domaine la ligne rouge à de nombreuses reprises.

Cela vaut notamment, pour l’incroyable syllogisme inventé à l’occasion de l’incendie de l’école juive de Gagny (banlieue parisienne) en novembre dernier. « L’incendie est d’origine criminelle ; il concerne une école juive », avait annoncé Sarkozy au premier micro qui lui était tendu. Puis, marquant un temps d’hésitation d’une demi-seconde, sans doute conscient de l’énormité qu’il s’apprêtait à proférer, il avait ajouté ; « on peut donc bien dire que c’est un acte antisémite ». Six mois après l’événement, aucun élément étayant la piste antisémite n’a été rendu public, bien au contraire.

Cela vaut aussi pour les nombreuses affaires de violences physiques, en France, perpétrées par des groupements fascistes comme la Ligue de Défense Juive, qui n’ont eu aucune suite judiciaire, alors même que la police de Nicolas Sarkozy disposait d’éléments pour agir. On pense notamment au poignardage d’un commissaire de police le 7 avril 2002, à la protection apportée par la police à des extrémistes hurlant « Mort aux arabes » devant le siège de la délégation générale de Palestine en octobre 2003 à Paris, au tour de passe-passe qui a permis, le 30 septembre 2003, à des voyous (dont un nommé Anthony Attal) de quitter tranquillement le Palais de Justice de Paris où ils étaient venus proférer des menaces contre des Juifs opposés à la politique de Sharon, et ce dans l’enceinte même d’un tribunal, ainsi qu’ à l’agression d’étudiants de Nanterre en décembre dernier, par ces mêmes nervis en plein tribunal administratif de Paris.

Ce qui est bon pour Sharon et l’AJC est donc bon pour Sarkozy, en toutes circonstances, on l’aura compris. Mais ses aveux impudents de mercredi auront eu le mérite d’éclairer un nombre croissant de citoyens, et il lui faudra bien rendre des comptes un jour, sur des états de services aussi particuliers.

 

CAPJPO

http://www.PaixJusteAuProche-Orient.com

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