Nicolas Sarkozy légitime le débat parlementaire sur la burqa et le niqab

Dans un virage monarchique passant par la voie royale de Versailles, Nicolas Sarkozy, le précurseur du market

lundi 22 juin 2009

Dans un virage monarchique passant par la voie royale de Versailles, Nicolas Sarkozy, le précurseur du marketing politique, a changé radicalement de symboles et de sanctuaire pour asseoir un quinquennat sous le sceau de la présidence absolue.

Loin du luxe ostentatoire d’affairistes milliardaires, le chef de l’Etat s’est offert un décorum patrimonial prestigieux, l’hémicycle du château du Roi Soleil, pour inaugurer une nouvelle ère révolue depuis plus d’un demi siècle, lui permettant de s’exprimer devant l’ensemble des parlementaires, députés et sénateurs, ou presque… les verts et les communistes ayant déclaré forfait…

Alors qu’il déroulait son plan de bataille à mi-mandat face à une crise économique sans précédent, le point d’orgue ovationné de sa déclaration d’intentions ne fut pas, comme on aurait pu l’imaginer, sa réponse socio-économique, non, ce fut sa posture sur la question cruciale pour l’avenir de la France : doit-on légiférer sur le port de la burqa et du niqab… ?

« La burqa ne sera pas la bienvenue sur le territoire de la République", c’est en ces termes choisis que le chef de l’Etat a levé toute ambiguïté sur sa position, tout en veillant à rassurer les instances nationales musulmanes : « Nous ne devons pas nous tromper de combat, dans la République la religion musulmane doit être autant respectée que les autres religions », a-t-il ajouté.

Soucieux de s’attacher le soutien des ardents défenseurs de la laïcité qui l’avaient fustigé pour ses propos liés à la place de la religion, Nicolas Sarkozy a cautionné une perception très occidentale et française de la femme voilée : « Le problème de la burqa n’est pas un problème religieux, c’est un problème de liberté, de dignité de la femme. Ce n’est pas un signe religieux, c’est un signe d’asservissement, c’est un signe d’abaissement ».

En donnant le feu vert à la coalition parlementaire avide de légiférer en la matière, Nicolas Sarkozy a légitimé une démarche extrêmement délicate et peu opportune, dont on a mesuré aujourd’hui, face aux applaudissements nourris qu’elle a suscités, toute la dangerosité.

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