Alors que dans les stades des cinq continents, adversaires, supporteurs et coéquipiers m’ont toujours considéré comme un Français, en politique j’ai dû montrer patte « beur ». Au RPR, puis à l’UMP, on m’assignait une tâche ethnique : je devais faire l’Arabe de service pour racoler mes semblables afin qu’ils adhèrent au mouvement gaulliste.
Le droit à l’indifférence
Je suis engagé en politique depuis plus de dix ans. À droite, naturellement. Contrairement à ce
que fait croire la culture dominante de gauche, les
valeurs que véhiculent et professent à leurs enfants
les parents originaires du Maghreb ne sont pas de
gauche : elles sont plus proches du corpus idéologique
de ce qu’il convient d’appeler la droite que
de la permissivité censément être de gauche. Je
suis donc fidèle à mon éducation.
Je suis membre du bureau exécutif du parti radical (UMP), parti
de Jean-Louis Borloo, et membre de la majorité
parlementaire. Après avoir combattu sur les tatamis
du monde entier au sein de l’équipe de France
de judo, j’ai voulu rendre ce que la République
méritocratique m’avait donné : une citoyenneté,
un statut et une ambition.
Alors que dans les stades des cinq continents,
adversaires, supporteurs et coéquipiers m’ont toujours
considéré comme un Français, en politique
j’ai dû montrer patte « beur ». Au RPR, puis Ã
l’UMP, on m’assignait une tâche ethnique : je
devais faire l’Arabe de service pour racoler mes
semblables afin qu’ils adhèrent au mouvement
gaulliste.
Ce livre raconte mon combat contre le
communautarisme que tant d’hommes politiques,
de droite comme de gauche, affirment, la main sur
le cœur, combattre. Cependant, contrairement aux
habituels débats sur le sujet, il sera ici uniquement
question du communautarisme d’« en haut », celui
que les élites politiques pratiquent dès lors que les
caméras s’éteignent et que les stylos sont rangés.
Certes, il est difficile de définir le communautarisme.
Ses partisans, en général favorables au
modèle d’organisation sociale anglo-saxon, le
décrivent comme l’aboutissement de la société
idéale qui respecterait toutes les différences, ethniques,
culturelles, religieuses, sexuelles, etc., et où
les libertés individuelles primeraient sur les intérêts
de l’État-nation qui n’aurait alors plus sa raison
d’être.
Ses détracteurs invoquent l’Ancien
Régime, cette France constituée d’un agrégat
d’individus désunis où chaque ordre, le clergé et la
noblesse surtout, vivait selon ses propres intérêts
sans tenir compte de l’État. Après la Révolution,
lorsque la France se constitue en État-nation,
l’État n’est plus le roi, mais le peuple, tous les
Français liés par un intérêt commun ; la seule distinction
provenant du mérite des uns et des autres.
C’est un débat important que nombre d’intellectuels
ont entrepris d’éclairer. Mais il sera absent
de cet ouvrage. Jusqu’à présent, c’est l’intellectuel
ou le politique qui décrit le phénomène commu-
nautariste, pointant du doigt, voire mettant en accusation
le peuple, dont une partie se rendrait
coupable de dérives communautaristes : les musulmans
ou les homosexuels, par exemple. Certes !
Mais de mon point de vue, ainsi posé, le débat est
biaisé. Parce que, en réalité, ce sont bien les élites qui
instaurent ce système et non les citoyens. Ce sont les
politiques qui suscitent les demandes. Un exemple :
le débat sur l’entrée de la Turquie dans l’Union
européenne. Quand on observe de près les politiques
qui s’y opposent, on remarque qu’il existe
dans leurs communes une forte communauté
arménienne. C’est notamment le cas à Marseille.
Jean-Claude Gaudin, le sénateur-maire, se comporte
comme si tous les Arméniens étaient hostiles Ã
l’adhésion de la Turquie.
Voilà où commence le communautarisme d’en haut. Les élites supposent
ou prêtent un comportement ethnique et émotionnel
à une partie des Français. L’individu, ici l’Arménien,
est réduit à n’être qu’un représentant plus ou moins
typique de ce que le sénateur-maire imagine être le
groupe dans sa nature abstraite ou son essence.
Dans le cas de la Turquie, les citoyens français
de descendance arménienne sont aussi divisés que
n’importe quel citoyen dont l’histoire ne comporte
pas d’épisodes tragiques avec la Sublime Porte.
On peut multiplier les exemples et les situations
à l’infini.
Quand le maire socialiste de Montpellier
mit le drapeau français en berne au fronton de son
hôtel de ville en 1984 pour protester contre la
visite en Algérie de Claude Cheysson, alors ministre
socialiste des Relations extérieures, pour commémorer
le trentième anniversaire du début de
l’insurrection, ce n’était pas par conviction politique,
mais bien parce que sa ville compte un
important contingent d’électeurs rapatriés d’Algérie.
Ou encore lorsque les partis politiques représentés
à l’Assemblée nationale investissent un
candidat à Sarcelles, dans le Val-d’Oise, ils le choisissent
de confession juive, simplement parce que
cette commune compte un nombre important de
citoyens de cette religion.
Il est temps d’éclairer nos concitoyens sur le
double discours des politiques, qui font croire aux
électeurs qu’ils combattent le communautarisme
alors qu’ils le fabriquent de manière tout à fait
consciente. Et pourtant, avec l’aide d’une grande
partie des médias, ils réussissent à faire croire que
ce sont les minorités qui appelleraient le communautarisme
de leurs vœux.
À droite comme à gauche, on essaie d’organiser
le communautarisme. Certains s’en cachent encore ;
d’autres, tels que Nicolas Sarkozy, l’affirment déjà .
C’est le parti socialiste qui a ouvert la voie. Une
partie de la droite a suivi, pensant que cette façon
d’ordonnancer la société pourrait l’amener au
pouvoir, et surtout le conserver.
Longtemps, les politiciens ont méprisé les gens
dits « issus de l’immigration », qu’ils soient de première,
de deuxième, voire de troisième génération.
Nos parents baissaient la tête lorsqu’ils sortaient de
la maison : ils ne se sentaient pas chez eux, car Ã
aucun moment on ne leur avait dit ou même fait
remarquer qu’ils étaient des citoyens comme les
autres.
Pis encore, le discours se voulait ouvert,
mais dans les mots seulement : « Oui, vous pouvez
payer les taxes et les impôts », « Oui, vous pouvez
enrichir la France en faisant des enfants lorsque
la France souffre de sa démographie ! »,
surtout lorsque le renouvellement des générations
n’est pas assuré alors que la France repose sur un
système mutualiste. « Oui, vous pouvez vivre sur le
territoire français ! », mais surtout pas en centreville.
« Oui, vous pouvez et devez vivre tous
ensemble ! », car la mixité sociale, ethnique ou religieuse
on en veut, certes, mais pas devant chez
nous. « Oui, vous pouvez aller à l’école ! », mais
surtout restez entre vous et ne venez pas vous
mélanger au reste de la population vivant dans les
résidences ou dans les secteurs pavillonnaires.
D’ailleurs ne critique-t-on pas telle ou telle école,
non parce que les professeurs sont plus mauvais
qu’ailleurs, mais tout simplement parce que ses
effectifs sont trop colorés ? « Oui, vous pouvez avoir
des activités sportives ! », mais, pardonnez-nous, si
possible dans vos quartiers avec des installations et
de l’encadrement… pas forcément les meilleurs,
mais surtout n’allez pas en centre-ville pratiquer
votre sport, le prix déjà est dissuasif et, pour le
transport, débrouillez-vous ! « Oui, vous avez accès
à la culture », mais pardonnez-nous encore, pas en
centre-ville, le prix est prohibitif. Alors, que dire Ã
son enfant ? « Ce n’est pas bien grave, tu joueras
de la darbouka, cela coûte moins cher ! »
Voilà , en résumé, la réalité qui favorise le communautarisme.
Et ce sont bien les élites politiques
qui ont tenu ce discours et mis en place cette pratique
en regroupant les écoles, les collèges, les
supermarchés, les équipements sportifs dans un
même quartier, empêchant ainsi toute mixité
sociale et culturelle. Ce ne sont pas les minorités
ethniques qui déposent le permis de construire de
l’école ou qui donnent leur accord pour ouvrir un
supermarché en bas de leur immeuble.
Parlons aussi des faux amis de la gauche. On
peut dire qu’ils aiment les minorités visibles tant
qu’il s’agit de tenir un stand de merguez ou pour
prêter une salle lors de la célébration de l’Aïd El-
Kébir. Mais quand il s’agit de permettre l’accès Ã
des postes d’employés communaux, cela devient
tout de suite plus compliqué. Je ne demande pas
qu’ils viennent faire la danse du ventre ou manger
des makroudes, ou encore s’avaler un couscous,
mais tout simplement qu’ils acceptent cette population
au même titre que les autres, sans favoritisme
ni discrimination positive, sans charité ni
pitié.
Je réclame simplement le droit à l’indifférence,
qu’on ne fasse pas attention à vous malgré
vous, car, aujourd’hui, nous assumons tous nos
devoirs en respectant les lois de la République, en
étant aussi des acteurs économiques.
Le droit à être différent ne veut pas dire être
soumis à un traitement différent de celui des
autres. Oui, on peut être jaune, noir, métis ou
marron et être français ; je n’y vois aucune incompatibilité.
La couleur blanche n’est pas obligatoire
pour être français. C’est même une chance que
d’avoir un look hors du commun. Beaucoup ont
oublié que nous sommes sous le régime du droit
du sol et non du droit du sang, ce qui signifie que
tout individu né sur le territoire peut demander la
nationalité française. N’oublions pas que la France
a un passé colonial et dans les DOM et les TOM il
n’y a pas que des Blancs.
Oui, on peut s’appelerRachid, Bakari, Enzo, Rocco, Manuel ou Kim et
être français. Je ne connais aucune loi qui interdise
en France d’avoir un prénom hors du calendrier
catholique. On me demande souvent comment je
peux être français et m’appeler Mourad. Je ne
veux pas changer mon identité comme certains
l’ont fait pour être acceptés en tant que Français.
C’est un patrimoine culturel et je ne vois aucune
importance de changer de prénom ou de nom
pour être considéré à égalité.
Oui, on peut être athée, agnostique, musulman,
juif, bouddhiste ou protestant et être français.
Nous avons la chance extraordinaire que nos responsables
politiques, au début du siècle dernier,
aient créé la laïcité qui offre à tout un chacun le
droit de choisir ou de ne pas choisir une religion.
La religion, oui, mais dans un cadre privé et non
public et politique. En conséquence, on peut être
juif, bouddhiste ou musulman et être français. On
se trompe quand on critique ceux qui se revendiquent
français et musulmans : la France n’est plus
un pays uniquement catholique.
Le communautarisme, à quel prix ? Celui d’une
division de la République en intérêts particuliers
et parfois contradictoires. On voudrait transfor-
mer notre vieux pays en États-Unis de France. Ce
n’est pourtant ni notre histoire ni notre culture. Et
cette façon de vouloir faire plaisir aux uns et aux
autres a de très lourdes conséquences : d’une part,
la violation des valeurs de la République, qui parle
d’« þégalitéþ » entre les citoyens, c’est-à -dire les
mêmes droits et devoirs pour tous, tandis que,
d’autre part, certains hommes politiques habiles
profitent de ce mode de gestion pour favoriser
l’enfermement d’une catégorie de Français en pratiquant
la surenchère.
Mes propos sont illustrés de faits vécus et non
de résumés de rapports officiels ou d’études sociologiques
au rabais. J’ai choisi le chemin le plus difficile
pour faire de la politique en essayant de me
préoccuper de l’ensemble des problèmes ou des
réponses à apporter à tous les Français sans distinction
particulière.
Dénoncer la réalité ne m’apportera pas que des
amis dans le monde politique qui fait ses emplettes
sur un marché où tout est à vendre : les gens, les
valeurs, jusqu’à son âme. Au grand bénéfice des
extrêmes. Et si aujourd’hui un de Villiers peut
reprendre sans faire de vagues les propos de Le
Pen ou de Mégret sur la soi-disant islamisation de
la France, c’est que d’autres lui ont ouvert la voie.
Des gens très respectables. Merci Malek Boutih,
merci Julien Dray, merci Alain Finkielkraut, merci
Nicolas Sarkozy…
Les élites politiques organisent le communautarisme
pour séduire et faire passer un minimum de
réponses à un maximum de personnes. Alors on
particularise les citoyens : il y a les Français issus
de l’immigration, les Français musulmans, les
Français homosexuels… et quand la méthode
échoue, on crée des satellites, à l’image de SOS
Racisme ou Ni Putes Ni Soumises au PS, ou Gay
Lib à l’UMP…
Extrait du livre de Mourad Ghazli, "Ne leur dites pas
que je suis français, ils me croient arabe" aux éditions Presses de la Renaissance, 2006.
Commentaires
Que dire ?Vous avez tout dit,et merveilleusement bien !Vous d’en haut,nous d’en bas,nous constatons la même dérive.Que faire ?Telle est la question.
Vous dites : "Je suis engagé en politique depuis plus de dix ans. À droite, naturellement. Contrairement à ce que fait croire la culture dominante de gauche, les valeurs que véhiculent et professent à leurs enfants les parents originaires du Maghreb ne sont pas de gauche : elles sont plus proches du corpus idéologique de ce qu’il convient d’appeler la droite que de la permissivité censément être de gauche. Je suis donc fidèle à mon éducation
."
et puis je lis sur votre profil :
"Mourad Ghazli
Membre du bureau exécutif du parti radical (UMP), président fondateur du Club France-Fraternité, Mourad Ghazli a 32 ans. Fils d’ouvrier communiste, il a grandi dans un quartier HLM d’Aubagne (Bouches-du-Rhône), avant de s’installer à Paris à l’âge de 17 ans, pour entrer à l’Insep."
Je n’ai pas très bien compris là ...
Mourad Ghazli nous gratifie d’un essai plein de vérité et de bon sens. En politique, jouer la carte de la vérité et du bon sens est rarement payante. Les ingrédients de la réussite, en politique, sont plutôt le clientélisme, le double discours, l’amalgame, ... Mourad, aussi convaincant qu’il puisse paraître le reconnait lui même en s’assignant de nombreux ennemis potentiels. Derriere le masque de la laïcité, de la Liberté/Egalité/Fraternité, de nombreuses communautés (juives, arméniennes, asiatiques, portuguaises, italiennes,...) se structurent, se renforcent, s’organisent,... depuis longtemps. Dès lors, la communauté musulmane pratiquante ou non peut difficilement suivre un chemin différent. A quel titre ? Le combat de Mourad risque fort de ressembler à celui de Sisyphe. Je ne serais que tenté de conseiller aux communautés françaises différentes et minoritaires, de se transformer en véritables puissances politiques et financières, de façon à être considérees plus sérieusement. Il faut prouver que nous sommes un plus pour la France, pas un ensemble d’assistés sociaux défavorisés. JFK a parfaitement résumé : "demande toi ce que tu peux apporter au pays, pas ce que le pays peut t’apporter". Dès lors, les portes de la diversité, à peine entr’ouvertes aujourd’hui, s’ouvriront pleinement.
Je rend hommage à votre analyse du probléme M.Ghazli qui va à l’encontre de tout ce qu’on voudrait nous faire croire ; Oui cette classe politique médiocre et dépourvue d’imagination cherche à nous faire croire que la france est menaçée par le communautarisme.
Aujourd’hui la réalité est qu’il y a des français qui exigent d’avoir les mêmes droits et les mêmes chances que tout le monde ; la République une et indivisible doit leur garantir ces droits au risque de se discréditer comme c’est le cas en ce moment ; la devise républicaine est pour une bonne partie de la population un message creux et nos politiciens ont tous échoué lamentablement à redonner un vrai sens à la liberté, à l’égalité et à la fraternité.
Ne leur dites pas aussi :que je suis chef d’entreprise,ils me croient ouvrier.
Je pense qu’aujourdh’ui nous devons etre volontaire dans nos actions citoyennes et etre de droite ou de gauche ne dois pas influer dans la reconnaissance du peuple et des institutions gouvernementales,nous devons etre reconnu a notre juste valeurs.
Mr MANSOURI
Je ne suis pas tout a fait d’accord, et j’ose esperer que mon avis sera publie, meme si il ne va pas dans le sens des positions prises par l’auteur de l’article.
Le communautarisme est, selon moi, une entente tacite, et elle releve de la non assimilation plus que de la consequence d’un complot fomente par les "elites dirigeantes" ou bien les "hautes spheres politiques".
Ces dernieres sont effectivement responsable de la situation actuelle pour laquelle d’ailleurs il n’existe aucune solution qui peut s’echelloner sur une generation, mais plutot sur un a deux siecles.
Oui, elles sont responsable, mais elles ne sont pas les seules : le public qui s’est enferme dans une logique de non-assimilation est tout aussi coupable !
Les ghettos naissent d’un commun accord, et pas seulement du fait d’une situation socio-economique.
Vous vous appelez Mourad, et bien entendu ce prenom est tout a fait respectable, mais il ne fait pas parti de l’inconscient collectif et de l’histoire de l’exagone, tout comme John ou Toshiro d’ailleurs : votre prenom est arabe et musulman. Le fait que vous soyez un citoyen francais est acquis, certes, mais de grace, evitez d’enoncer des absurdites au sujet des prenoms, car c’est plus le patronyme qui est depositaire de l’identite et du bagage culturel, et au demeurant nombre de francais ont decide de franciser le leur...
Je fini en disant de maniere simple ce que vous avez distordu : l’enorme fracture francaise est certainement socio-economique, mais l’inaptitude observee a assimiler des populations nouvelles (dont TOUS sont responsables) exacerbe un climat de tension qui, au regards des developpements des cinq dernieres annees, tend a donner raison aux Cassandres... et je doute que que vos propos aident a apaiser ce climat.
Cordialement,
Reza.
Tout le monde commence à être d’accord avec le diagnostic mais que faire ?
En fait, il faut être déjà massivement investit dans le local car c’est là que le concret existe et vous l’avez bien souligné hier à Ripostes.
Bravo Mourad pour ta franchise et ton courage
les valeurs des familles maghrébines sont proches de celles de droite..c’est vite dit, qu’est ce que vous dites des intérêts de classe, je suis salariée je vote toujours à gauche.
oumayma
Sans aucune agressivité, sans rancoeur, seulement empreint d’une tristesse légitime, votre témoignage est celui d’un homme politique responsable qui force le respect, independemment de toute opinion politique personnelle.
Pour répondre à celles et à ceux qui posent la question : que faire ? La réponse est : d’abord s’intéresser aux questions politiques, s’informer à diverses sources , en discuter et exprimer publiquement son opinion, ensuite ne pas s’abstenir de voter et exclure, à priori, tous les extrémismes de droite et de gauche, enfin se méfier des partis défendant un programme trop centré sur les notions d’identités, ce qui signifie exercer un esprit critique à l’égard de ses choix électoraux et le maintenir en éveil après le vote. C’est également, pour certaines et certains, se lancer dans l’aréne politique. Bref c’est avoir une activité civique responsable.
Amicalement votre,
Pierre Lavoisy
les valeurs que véhiculent et professent à leurs enfants les parents originaires du Maghreb ne sont pas de gauche : elles sont plus proches du corpus idéologique de ce qu’il convient d’appeler la droite que de la permissivité censément être de gauche.
parle pour toi Mourad ne généralise pas. Je suis d’extrême gauche ca mes parents ouvriers sont de gauche et m’ont éduqué avec des idées de gauche : je suis fidèle à mon éducation et donc je suis extreme gauche
le début de votre texte m’a quelque peu refroidi : comment pouvez vous affirmer aussi brutalement "Je suis engagé en politique depuis plus de dix ans. À droite, naturellement. Contrairement à ce que fait croire la culture dominante de gauche, les valeurs que véhiculent et professent à leurs enfants les parents originaires du Maghreb ne sont pas de gauche : elles sont plus proches du corpus idéologique de ce qu’il convient d’appeler la droite que de la permissivité censément être de gauche. Je suis donc fidèle à mon éducation."
non seulement votre affirmation est caricaturale et schématique ("permissivité de gauche vs conservatisme de droite") mais en plus vous faites d’un ressenti personnel une généralité ! C’est à dire exactement ce que vous reprochez plus loin à ceux que vous fustigez justement !
"Les élites supposent ou prêtent un comportement ethnique et émotionnel à une partie des Français. L’individu [ici l’Arménien] est réduit à n’être qu’un représentant plus ou moins typique de ce que le sénateur-maire imagine être le groupe dans sa nature abstraite ou son essence."
 !!!
vous ne voyez aucune contradiction ?
Comme l’a rappellé la première intervenante (oumeyya), que faites vous des classes d’intérêt ?
Dommage car le reste contient des élèments de réflexion intéressants
Enfin je suis impatiente de lire votre réponse à la remarque judicieuse d’olivier ( votre profil fait état d’un père ouvrier communiste !)
M.JAMAL
Le communautarisme , réalité sociale ou marchandise élctorale
combattre le communautarisme sera très certainement le cheval de bataille de la prochaine et proche élection présidentielle.L’époque de comabattre le chômage , l’inflation et autres maux sociaux est révolue. La mode est au communautarisme,une marchandise obéissant parfaitement aux lois de la rentabilité,bon marché et rapportant gros.A gauche comme à droite les poly-ticiens et les intellectuels (vrais ou auto-proclamés) jouent avec ce terme comme un magicien transformant le mouchoir de poche en pigeon s’envolant trés haut capturant avec lui le regard trés admiratif des spectateurs.Sur ce sujet il n y a plus de clivage gauche-droit , on dirai un nouveau conssensus du club Jean Desmoulin.Mais à qui ce thème rendra t-il profit ? au simple citoyen que je suis ?vivant dépuis 20 ans avec une française "gaulise" et ayant coloré et animé notre vie commune avec les meilleurs du christianisme et de l’islam,il est très beau l’arbre de Noêl décoré par de petits croissants.Le discours de l’élite intellecuelle et celui du politique ne nous obligera jamias à faire deux décorations differentes.Nous sommes harmonieux, complets, et consubstantiel avec comme seul et unique moyen ma différence avec la plus chère de ma vie .
Mr Bush a gouverné l’Amérique deux fois ,avec la fraude pour la pemière et l’utilisation de la peur pour la deuxième.Nos poly-ticiens ne sont- ils pas en train d’imiter la détestable méthode Rove-Bush ?
Que vous êtes de droite ou de gauche, on s’en fiche un peu car selon moi les partis traditionnels sont là pour écarter les extremistes (Hélas ils n’en prennent pas le bon chemin). L’essentiel est le respect que vous inspirez car vous avez tellement raison sur votre constat.
Un autre constat, les gens ont peur de l’islam.
Questions ?
De quelle manière compter vous défendre la laïcité face aux fanatiques de toutes réligions, de toutes idéologies et de toutes pulsions. Les Français peuvent provoquer, blasfémer depuis 200 ans. Pensez vous que nous revenons en arrière avec les affaires de type Redeker panflétaire sûrement mais et alors...
Pensez vous qu’un courrant réformiste puisse exister au sein des musulmans de France en abrogeant les sourates menaçants sur les infidèles à l’islam. Si oui, le soutiendriez vous s’il est fondé sur le sourate suivant ?
Sourate 2 Verset 106
Antoine
Bonjour,
Je suis arabe et musulman. Je sais qu’aujourd’hui, en France, républicaine, je devrais avoir honte de le dire mais en fait non.
Je sais que la France traverse une crise identitaire, que les prétendues "élites" sont à la ramasse et que s’ils devaient écouter le peuple, ils leurs faudraient être comme le peuple et cela leur coûteraient.
je sais aussi que le rassemblement des concervateurs et populistes (UMP) ne tolèrent pas la différence. Les conservateurs la considèrent comme une dénaturation (et naturellement Nous le savons et l’évitons).
Il paraît qu’en France, il y ait des problèmes "d’intégration", certains ne seraient pas "intégrés". Il s’agit déjà là d’une manière étrange de présenter les choses, d’un parti pris. Pourquoi ne pas s’en tenir à "la République" et dénoncer les discriminations des institutions (école, médias, police, politique(s), ...) et sociales (travail, logement, loisir).
Voilà en fait, la discrimination, n’est pas un problème en soit, en France, c’est un facteur positif d’assimilation, il faut gommer les différences pour éviter la discrimination. Pour ceux qui partent tard au travail (c’est mon cas), ce matin une énième émission (prétendue intéressante) évoquer les "problèmes" de discimination à l’école : "on a noté qu’en fonction du prénom on été plus ou moins bien noté". Le sociologue ou psycologue, l’expert en somme, intervient (naïvement) et rajoute "c’est aussi vrai pour le sexe, on note plus sévèrement les garçons que les fi...". Il est coupé sèchement "oui mais le sexe on ne peut rien y faire alors que le prénom...". Cela m’aurait intéressé d’entendre une description impartiale des phénomène discriminatoire. Mais en fait, ça n’était pas l’objectif de cette "émission" (tout à fait neutre bien évidemment. liberté d’expression mais bien sûr).
désolé mais je fais partie du genre humain, vous pouvez me diaboliser si ça vous chante, je m’appelle Mohamed.
Réponse à Antoine
Les Redeker, Fallaci, Houllebecq et compagnie ne sont que les symptômes apparents d’une plaie sournoise et dangereuse appelée.... l’ignorance.
Les interprétations à l’aveuglette, de certains passages du coran, sont aussi une manifestation de cette ignorance :
Les versets "menaçants"dont vous parlez, Antoine, ne sont pas plus que des autorisations divines à la défense de soi en cas d’oppression, et le contexte, pour peu qu’on prenne le temps et le soin de le lire, l’exprime clairement.
Où avez-vous lu qu’un "infidèle à l’islam" devait être combattu pour ce qu’il croit ?
D’autre part, vous ne semblez pas avoir compris qui parle dans le verset que vous citez sur l’abrogation !
Ce NOUS est exprimé par Dieu et par conséquent, seul LUI est habilité à abroger et à remplacer.
Aucun courant réformiste, qui se prétendrait musulman, ne pourrait donc changer quoi que ce soit au contenu du livre saint.
Je salue, Mourad, la franchise exprimée dans votre article et la dénonciation courageuse de quelques bassesses de ces "gens d’en haut"...
C’est normal de se sentir français sur un tatamis et nulle part ailleurs. Tout le monde sait que pourquoi Zidane est le plus aimé des français ? T’es français si tu ne parles pas de ta religion ou de politique et si tu remplis une de ces conditions :
Dommage mais les seules conditions d’admission (à gauche ou à droite)
Je me demande si Mourad Ghazli n’essaie pas sunoisement de tous nous convaincre d’être de gauche.
Mais bon de gauche ou de droite suivre Sarko, cela relève de la pathologie.
Antoine,
Ce que tu dis est amusant. Tu tiens visiblement pour acquis de drôle de vérités. En ce qui concerne le Coran, les musulmans eux-mêmes ne prétendent pas le comprendre et le connaître ( c’est pour ça qu’il y a tout une organisation complexe autour du savoir et non pas autour du pouvoir donc pas de pape).
je pense qu’il vaudrait mieux s’en tenir aux faits et c’est déjà pas si simple. Expliquer ce qui se passe en Iraq, en Afganistan, en Palestine, au Liban (pour ne s’en tenir qu’à l’actualité) en se basant sur des conflits de religions ou des problèmes de fanatisme est à mon avis niais. Je pense que les écrans de fumée que tu cites, servent avant tout à justifier les crimes et les colonisations : "ce sont des sauvages vous comprenez".
Une fois j’ai chatter avec un américain qui me reprocher d’être français (ce que je ne suis pas), j’ai pu me rendre compte au travers de son discours à quel point les médias servaient l’endoctrinement.
Les occidentaux sont tellement persuadés d’etre le bien ( normal c’est ce qu’on leur dit, ils vont pas se mette à croire le contraire), qu’il ne s’interrogent même sur ce qu’on leur dit. C’est à se demander ce qu’il reste du fameux siècle des lumières.
je sais pas dans quel pays vous vivez ,mais je sais moi qui suis né ici en france depuis 43a ,nous sommes toujours traités comme des fils d indigenes, voir pire ,qu une acceptations de facades ,malheureusement.
Je vis en France et depuis 31 ans, mais franchement, je ne vois pas pourquoi j’irai pleurer et dire "oui je suis français moi aussi." pour que l’on me réponde "ben si t’es français, c’est comme ça comme ci et oublie ton nom".
Je suis debout et je n’ai surtout pas honte de ce que je suis, que ceux qui haïssent font ce que nos parents ont fait et que l’on parle un peu de ce que la génération des années 60-70 à vécu (la France c’est mieux que le reste du monde, je sais mais je ne partage pas ce point de vue et je le dis. Et c’est pas un gars qui va aux US rendre compte à lobbies extrémistes boycottant la France, qui a des leçons à me donner).
Plutôt que de pleurer, il faut agir. C’est tout de même fort qu’autant de personnes puissent être insultées, diffamées, accusées, ridiculisées, infantilisées, harcelées sans quasiment réagir.
Je ne crois pas à l’action dans un parti politique tel que le PS ou l’UMP, je crois à l’action sur le terrain. Plusieurs petites gouttes, sans se le dire, peuvent venir à bout de tous les barrages...
La France est malade et elle compte sur nous pour guérir
Et oui le francais est celui qui est né en france comme vous le dite selon le droit du sol la question ne sepose tuas des ppiers francais tu es francais , le regard de l’autre ne doit pas nous ameneé a adopte une pensee un style different de ce que nous sommes. Penser que nous ne souhaitons pas plaire a l’autre c’est deja ce poser par rapport au regard de l’autre ....
Hors nous sommes francais c’est le droit qui le dit et nous pouvons construire la france qui nous plais mais cela passe par le fait de s’engager et de ne pas regarder les autres enfin pas tout le temps car c’est aussi en ayant une pensee pour le bien de tous que l’on ce dois d’avancer ...
Bravo pour votre sincérité !!!
Vous dites tout haut ce que bon nombre de personnes pensent tout bas, au risque de déchaîner l’incompréhension de vos détracteurs. La vérité n’est pas toujours bonne à dire mais c’est comme ça. Ca me rassure de voir que l’on a raison de ne pas avoir confiance en des politics qui sont les rois de la démagogie et qui derrière sont les premiers à vous montrer du doigt :"Le problème...c’est toi !regarde-toi dans un mirroir, t’as vu ta tête...décidemment tu veux pas t’intègrer !"Le jour où il comprendront qu’ils ne sont pas les mètre-étalon de l’échelle de l’intelligence et de la beauté...la diversité est une richesse !
Nous sommes en 2006 et avec tout ce que la France a connu, ces brillants enarques ont toujours besoin d’"arabe de service". Vive la démocratie à la française !
"surtout n’allez pas en centre-ville pratiquer votre sport, le prix déjà est dissuasif et, pour le transport, débrouillez-vous ! « Oui, vous avez accès à la culture », mais pardonnez-nous encore, pas en centre-ville, le prix est prohibitif."
D’un coté vous sous-entendez qu’il faudrait baisser les prix pour l’accès a la culture en centre-ville ainsi que le sport et d’un autre coté vous ne dites "mais tout simplement qu’ils acceptent cette population au même titre que les autres, sans favoritisme ni discrimination positive, sans charité ni pitié."...
Ces deux notions en elle-même se contredisent mais sur l’ensemble de votre article je suis assez d’accord avec vous à savoir que la nationnalité française vient du droit du sol et non du sang... on peut s’appeler mouloud, aicha ou mohammed en étant français ça me semble évident mais la question à se poser est plutot vers les autres français.. Parfois je me questionne sur le fait que ça vienne des politiques ou des français eux memes ce sentiment de rejet de l’autre... peut-etre que la nature humaine se ferme en période de récession....
Quoiqu’il en soit la discrimination positive pronnée par le président de votre parti ne pourra rien y changer bien au contraire.. à trop jouer à ce jeu on stigmatise une parti de la population au détriment d’une autre qui peut voir sa colère monter...
Le francais moyen part le matin travailler et rentre tard le soir , sa seul distraction et le saturage mediatique assuré par une certaine categorie de la population (qui je pense ne souhaite pas le changement des mentalité affirmé par mourad gahzli).Alors quand on balance a tout bout de champs toujour le meme stereotype de l’etranger ,au final voila la france d’aujoud hui .