Le 12 janvier dernier, des associations musulmanes ont rencontré, à sa demande, Mme Lise Thiriault, ministre québécoise de l’Immigration et des Communautés culturelles. Au cours de cette rencontre, ces associations ont demandé à la ministre libérale la mise en place d’un mécanisme de concertation pour enrayer la montée de l’islamophobie dans la province
style='color:black'>Le 12 janvier dernier, des associations musulmanes ont
rencontré, à sa demande, Mme Lise Thiriault, ministre québécoise de
l’Immigration et des Communautés culturelles
title="">
lang=FR-CA style=';;color:black'>[1].
Au cours de cette rencontre, ces associations ont demandé à la ministre
libérale la mise en place d’un mécanisme de concertation pour enrayer la montée
de l’islamophobie dans la province
class=MsoFootnoteReference>
lang=FR-CA style=';;color:black'>[2].
Selon ces associations, seul un tel mécanisme composé d’un comité permanent
regroupant des représentants du gouvernement et des cadres associatifs
musulmans permettra d’éviter de nouvelles erreurs politiques, à l’image du vote
de la motion du 26 mai 2005.
On
se souvient en effet que l’Assemblée législative du Québec avait voté, Ã
l’unanimité, une motion relative à la question controversée des tribunaux
islamiques qui soulignait : «Â
style=';;color:black'>Que l’Assemblée
nationale du Québec s’oppose à l’implantation des tribunaux dits islamiques au
Québec et au Canada ».
style=';;color:black'> Le tissu associatif
musulman, structuré autour d’associations et de personnalités n’était pas
favorable à la création de ces tribunaux et avait jugé la motion
inutile, en raison du code civil québécois qui interdisait déjà tout
recours à un arbitrage religieux. Selon ces mêmes cadres associatifs, la
formulation même du texte de la motion stigmatisait les musulmans. Aussi, à la
mi-septembre 2005, une vingtaine d’organismes musulmans, outrés par l’adoption
de la motion, avaient publié une déclaration citoyenne dans laquelle ils
réclamaient son retrait
class=MsoFootnoteReference>
style=';;color:black'>[3].
lang=FR-CA style=';;color:black'>Suite Ã
cette déclaration relayée par les principaux quotidiens de la province (La Presse, Le Devoir et la Gazette), des représentants associatifs
style=';'> ont été reçus par plusieurs
personnalités politiques et parlementaires de premier plan, presque tous
membres du Parti Québécois (PQ). Une de ces rencontres a permis aux
délégués de se réunir à la fois avec Mme Louise Harel,
style=';'>chef de l’opposition officielle Ã
l’Assemblée Nationale, Mme Monique Richard, Présidente du
lang=FR-CA style=';'>Parti Québécois
lang=FR-CA style=';'> (
lang=FR-CA style=';'>PQ), et Mme Elsie
Lefebvre, députée et porte-parole de l’opposition officielle en matière
d’action communautaire, mais aussi avec Mme Jocelyne Caron, députée et
porte-parole de l’opposition officielle en matière de condition féminine, ainsi
que trois de leurs attachés politiques.
Du côté du Parti
Libéral du Québec (PLQ) actuellement au pouvoir, à l’exception d’une
entrevue avec le député et ministre délégué aux Affaires autochtones, M.
Geoffrey Kelley, toutes les audiences demandées à la fois auprès du Premier
ministre M. Jean Charest, du ministre de l’Immigration Mme Lise Theriault, et
de Mme Fatima-Houda Pépin (députée d’origine marocaine qui a proposé au vote la
motion du 26 mai) ont été refusées. Seule Mme Lise Theriault,
lang=FR-CA style=';'>
lang=FR-CA style=';'>ministre libérale a
jugé bon de rencontrer les cadres associatifs musulmans suite aux contacts
établis par ces derniers avec les responsables de l’opposition incarnée par le
Parti Québécois.
Même si elle
n’a pas atteint son objectif de départ (le retrait de la motion), la démarche
initiée par les signataires de la déclaration semble néanmoins avoir porté
ses fruits. La rencontre du 12 janvier, leur a en effet permis de déposer
officiellement une requête qui, en cas d’acceptation, institutionnalisera au
Québec la concertation entre les autorités publiques et les militants
associatifs musulmans. Cette institutionnalisation, nécessaire pour juguler
l’islamophobie grandissante dans la province, risque toutefois de déboucher sur
un processus semblable à celui du CFCM français : l’officialisation d’une
voix musulmane inféodée au pouvoir politique.
Au Québec,
sans être contre le principe même d’une représentation crédible et légitime de
l’islam québécois, beaucoup de cadres associatifs musulmans demeurent cependant
sceptiques quant à la maturité du terrain associatif pour une telle
représentation. Selon ces derniers, il est impératif, avant de penser à cette
représentation, de régler le déficit démocratique qui caractérise actuellement
le fonctionnement de la plupart des organismes formant le tissu associatif
musulman de la province.
name="_ftn1" title="">
style='font-size:9.0pt;'>
lang=EN-US style='font-size:9.0pt;'>[1]
lang=FR-CA style='font-size:9.0pt;'> Étaient présents notamment :
le Conseil Musulman de Montréal, le Forum Musulman du Canada, Astrolabe,
Présence Musulmane Montréal, l’Association Bel Agir, la Fondation Internationale Azzahra (shi’it), l’Association musulmane de bienfaisance (les
ahbash) et les responsables d’un groupe soufi Naqshbandi.
class=MsoFootnoteReference>
style='font-size:9.0pt;'>
name="_ftn2" title="">[2]
lang=FR-CA style='font-size:9.0pt;'> Dans un article récent,
Flux migratoire des pays musulmans et discrimination de la communauté
musulmane au Canada (in L’Islam entre discrimination et reconnaissance. La
présence des musulmans en Europe occidentale et en Amérique du Nord, ouvrage
collectif publié sous la direction de Ural Manço, Paris, L’Harmattan, 2004,
la sociologue québécoise Denise Helley, rapporte que 40 crimes
haineux ont été perpétrés dans la seule ville de Montréal durant le mois
d’Octobre 2001, et que « ces attaques diminuèrent par la suite mais ne
disparurent comme le montre le recensement de 83 évènements à caractères
haineux à Montréal entre septembre 2001 et septembre 2002 ». L’auteur
remarque par ailleurs : « que l’intervention du gouvernement
fédéral en matière d’islamophobie est déficiente ».
style=''>Le même constat peut être établi quant à l’action du
gouvernement provincial.
class=MsoFootnoteReference>
style='font-size:9.0pt;'>
name="_ftn3" title="">[3]
lang=EN-US style='font-size:9.0pt;'>
lang=FR-CA style='font-size:9.0pt;'> Voir le texte de la
déclaration publié le 15 septembre 2005 sur Oumma.com.
href="http://oumma.com/article.php3?id_article=1682&var_recherche=canada">
style=''>http://oumma.com/article.php3Â ?id_article=1682&var_recherche=canada