Musulmans du Brésil : Entretien avec Ibrahim Yahia

Nous poursuivons notre tour d’horizon des musulmans issus des pays hispano-américains. Notre correspondant

lundi 9 juin 2003

Musulmans du Brésil : Entretien avec Ibrahim Yahia

Nous poursuivons notre tour d’horizon des musulmans issus des pays hispano-américains. Notre correspondant en Espagne Yusuf Fernández a interrogé, Ibrahim Yahia, psychologue brésilien qui a par ailleurs des responsabilités associatives en tant que musulman au Brésil.

Quelle est votre évaluation de la première conférence mondiale des Musulmans de langue espagnole et quand avez-vous embrassé l’Islam ?

La Conférence a recueilli la pluralité des points de vue des participants, ce qui m’a rappelé la pluralité de la société brésilienne. La Conférence a été aussi une formidable occasion de débattre entre nous. Elle s’est déroulée dans l’atmosphère luxueuse du Palais de la Cartuja à Seville. Il y a eu aussi des moments de grande simplicité que j’ai particulièrement appréciés.

Pour les futurs congrès, je souhaiterais que l’on effectue plus d’actes d’adoration, (comme des prières), ce qui nous aidera à marquer le temps qui s’ écoule chaque jour. Quant à ma conversion à l’Islam, j’ai prononcé ma Shahada il y a deux ans. Durant cette période, j’ai eu l’occasion de connaître l’Islam des deux rives.

Croyez-vous que cette conférence peut fortifier les liens entre les musulmans d’Europe et ceux d’Amérique Latine 

Bien sûr. J’espère que cette rencontre permettra une plus grande collaboration entre nous tous à l’avenir.

Pouvez-vous brièvement nous parler de l’Islam et de vos activités au Brésil ?

Au Brésil il y a approximativement un million et demi de musulmans. La plupart sont des descendants de palestiniens et libanais. Dans ce pays, il y a environ 50 mosquées et entre 80 et 90 salles de prière. La plus grande mosquée a été construite en 1922 par quelques descendants d’immigrants palestiniens.

En ce qui concerne les revues, nous en avons une qui s’appelle  : Al Urubat. Cette revue est éditée par la Société de Bienfaisance Islamique du Brésil.

Nous sommes cependant confrontés à un problème majeur. Au Brésil, il y a des cheikhs qui ne maîtrisent pas le portugais. La communication avec les populations locales devient donc particulièrement difficile. Toutefois, il existe un grand intérêt pour l’Islam au Brésil, depuis notamment les événements du 11 septembre. Beaucoup d’universités organisent des conférences sur l’Islam. De même que plusieurs initiatives ont été lancées en vue de favoriser le dialogue inter-religieux .

Propos recueillis par Yusuf Fernández

(Correspondant pour oumma.com en Espagne)

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