Montpellier : la petite mosquée plutôt que la grande mosquée ?

Satisfaire son aspiration à Dieu dans la dignité, surtout quand on invoque Allah, peut soit tourner au prêc

jeudi 21 octobre 2010

Satisfaire son aspiration à Dieu dans la dignité, surtout quand on invoque Allah, peut soit tourner au prêche dans le désert, soit donner lieu à une situation cornélienne, à l’image du sursaut politique de la Ville de Montpellier qui projette soudainement de construire une grande mosquée, prenant la communauté musulmane locale au dépourvu.

Confinés à l’étroit dans la salle polyvalente louée à la mairie qui faisait office de lieu de culte, les fidèles musulmans de la Paillade ont décidé de prendre leur destin en main face à l’inertie municipale.

Le projet de bâtir une petite mosquée a mûri, une souscription a déjà réuni plus de 160 000 euros, un terrain à proximité de l’actuelle salle de prières a été repéré, les négociations avec le propriétaire sont prometteuses, quand la décision que plus personne n’attendait est tombée, produisant son petit effet, plus proche du coup de tonnerre que de l’agréable surprise fédératrice.

La capitale du Languedoc-Roussillon, fief du stentor local Georges Frêche, ne veut manifestement pas rester à la traîne des métropoles françaises, grandes bâtisseuses de mosquées d’envergure, et souhaite à son tour lancer un chantier ambitieux, éminemment politique, suprêmement complexe, et inéluctablement de longue haleine.

L’exemple de Marseille n’est pas de nature à dissiper le scepticisme des musulmans locaux, qui sont dans l’urgence, redoutant les atermoiements qu’implique un tel enjeu architectural et cultuel.

La petite mosquée sur le champ de vignes contre la mosquée majestueuse au cœur de la cité, le pot de terre, plus rationnel, contre le pot de fer, plus utopique ? L’élan spirituel passe par des méandres bien terre à terre dont, pour l’heure, personne à Montpellier ne connaît l’issue...

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