Mise au point : éclaircissement de l’UOIF

Suite à l’article « Lettre ouverte aux responsables du CFCM » de Noureddine Aoussat paru le vendredi 26

samedi 27 décembre 2003

Suite à l’article « Lettre ouverte aux responsables du CFCM » de Noureddine Aoussat paru le vendredi 26 décembre 2003 sur la page d’accueil du site Oumma.com et dont lequel on peut lire : « Alors que dans le journal le Monde daté du mardi 14 octobre 2003, un article intitulé « Enquête sur ce foulard qui divise la société française » ; on pouvait lire également sous la plume du journaliste Xavier Ternisien, le titre suivant : « Ces musulmans de France hostile au port du foulard ». En bas de page, un autre article du même journaliste portait le titre suivant « L’UOIF, principale organisation musulmane, défend le port du voile mais souhaite une loi l’interdisant  ». L’UOIF tient à réexpliquer ces positions à propos de ce sujet :

1/ L’UOIF a déjà réagit à ce sujet le 15 octobre 2003 par la voie d’un communiqué qu’on reproduit intégralement :

La direction de l’UOIF a pris connaissance de l’article du quotidien « le Monde » du 14 octobre 2003 intitulé « L’UOIF, principale organisation musulmane, défend le port du voile mais souhaite une loi l’interdisant à l’école », déclare : Les allégations de l’auteur de l’article sont étranges et inexactes. En effet, la position de l’UOIF a été exprimée à plusieurs reprises.

Le 5 octobre le président de l’UOIF, monsieur Lhaj Thami Breze, a affirmé au « journal du dimanche » « Ce serait une erreur de l’interdire [le foulard] et les musulmans percevraient cela comme une injustice ».

Dernièrement le secrétaire général de l’UOIF, monsieur Fouad Alaoui, lors de son audition devant la mission d’information de l’Assemblée Nationale : « Concernant ce sujet, nous adoptons une position de cohérence. Si une loi est votée, les Musulmans concernés la respecteront. Mais on ne peut les empêcher de contester ce qu’ils jugent comme une injustice et contraire aux libertés publiques les plus élémentaires, à la charte européenne des droits de l’homme, et aux conventions internationales que la France a ratifiées, et qui sont favorables à la visibilité de la religion dans l’espace public. Nous maintenons qu’il est injuste, contraire aux valeurs républicaines, et non conforme à l’idéal laïc de stigmatiser les femmes musulmanes qui ont décidé librement de porter ce foulard. Stigmatiser ces femmes revient à les blesser dans ce qui est le plus cher chez un être humain : sa dignité et sa liberté de conscience. A qui veut-on faire croire que ce foulard menace la République et l’un de ses fondements, la laïcité ? »

Le port du foulard est une prescription religieuse et les femmes sont libres de s’y conformer ou non. L’UOIF continue à défendre les jeunes filles qui portent le voile librement et sans prosélytisme. Comme l’a dit le Conseil d’Etat en 1989, le foulard n’est pas incompatible avec le principe d’une laïcité ouverte et tolérante que nous revendiquons. L’urgence aujourd’hui, est d’éviter de légiférer pour interdire le voile ; ce sera une injustice et une discrimination.

2/ L’UOIF a réagi au rapport Stasi comme suit :

« Aujourd’hui, s’offre à nous un climat de suspicion qui prend la tournure malencontreuse d’un procès : au banc des accusés les citoyens de confession musulmane soucieux de pratiquer leur culte ; le délit : la volonté d’être à la fois citoyen français et musulman.

Ce réquisitoire crée d’une part un sentiment de peur et d’insécurité au sein de la composante musulmane, qui se sent orpheline des valeurs de la République parce que lésée dans sa liberté de conscience et accusée dans ses pratiques religieuses. L’agressivité de certains, en particulier à l’encontre des femmes musulmanes portant un foulard, ressurgit de façon inquiétante dans plusieurs villes.

Il attise d’autre part la crainte et la méfiance de nos concitoyens. Une République qui s’amuse à se faire peur de ses citoyens n’est pas menacée par le pluralisme de sa réalité mais toujours par le seul et même visage de l’intolérance.

L’esprit du rapport Stasi est également tendancieux dans sa formulation. Par exemple, il se positionne, à priori, par rapport à la pratique du culte musulman dans sa visibilité et la renvoie dans les affaires d’ordre public…

Un tel esprit et une telle approche ne sont, en réalité, point étonnants au vu de la composition de la commission et du choix partial d’un grand nombre de ceux qui ont été auditionnés. L’espoir d’un apaisement du débat apparaît être éteint malheureusement avant la lecture même des conclusions.

Somme toute, l’UOIF considère que le rapport Stasi, dans sa globalité, est loin d’interpeller sur les vraies questions. Il balaie dans une rapidité déconcertante les véritables difficultés que traverse le pays pour se focaliser, dans une démarche simplificatrice, sur un seul facteur qui devient, d’un seul coup, source de tous les malheurs et de toutes les inquiétudes. A se demander s’il n’avait pas comme horizon délibéré de détourner l’attention de nos concitoyens des véritables difficultés auxquelles il faudra faire face tous ensemble dans la lucidité collective et l’unité. »

3/ La réaction de l’UOIF au discours du Président :

Après le discours du Président de la République le 17 décembre l’UOIF s’est prononcé à nouveau contre tout projet de loi visant à interdire le port de signes ostensibles à l’école publique (grande croix, kippa et foulard). L’UOIF considère que cette loi sera injuste, vise les musulmans, stigmatise leur pratique religieuse, prive les filles de leur droit à l’instruction à l’école publique et accule les musulmans au repli.

(Ces propos ont été rapportés par les différent médias nationaux et internationaux : le monde, libération, le figaro, nouvel observateur, le parisien, LCI, RTL, France-info, beurre fm, Radio Orient, Radio Canada International, Al-jazera TV, AL-Arabiya TV, MBC, BBC, TV allemande …)

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